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O. M. AVSONU MOSELLA

LA MOSELLE

D'AUSONE

l'édition critique et Traduction française

précédées d'une Introduction

suivies d'un Commentaire explicatif

et ornées

d'une carte de la Moselle et de fac-similés d'éditions anciennes

H. DE LA VILLE DE MIRMONT

MAÎTRE DF. CONFtRENXES A LA FACVLTÉ DES LETTRES DE lîORDEAVX

BORDEAUX

G. GOUNOILILHOU, IMPRIMEUR-EDITEUR

PARIS

J. ROUAM & C% LIBRAIRES-ÉDITEURS

i.:], rue du Helder, k|

1S89

COLLECTION BORDELAISE

D. M. AVSONII MOSELLA

LA MOSELLE

DAUSONE

D. M. AVSONII MOSELLA

LA MOSELLE

D'AUSONE

Édition critique et Traduction française

précédées d'une Introduction

suivies d'un Commentaire explicatif

et ornées

d'une carte de la Moselle et de fac-similés d'éditions anciennes

II. OE LA VILLE DE MIRMONT

JUÏTKn l)E CONIÉRENCES A LA FACULTÉ DES LETTRES DE BORDEACX

BORDKAUX

G. GOUNOUILHOU, IMPRIMEUR-ÉDITEUR

PA R I S

J. ROUAM .'^ Ce, LIBRAIRES-ÉDITEURS 14, rue du Hclder, 14

1889

6221 U^9

1135311

A Monsieur Charles LÉVÊQUE

DE l'institut PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE

HOxMMAGE DE PROFOND RESPECT

ET

D-AFFECTION DÉVOUÉE

H. DE LA Y. DE M.

INTRODUCTION

ESSAI

SUR

L'HISTOIRE DU TEXTE DE LA MOSELLE

i^^4^'<CàA Moselle, qui est le chef-d'œuvre du

-Mf^^'^i^^ poète Ausone, peut donner matière à ^^^^ de nombreuses recherches d'ordres "^^M. divers et d'un intérêt égaL A quelle '^^ date et dans quelles circonstances le poème a-t-il été composé; à quel genre défini semble- t-il appartenir; quel art et quelle industrie le poète dépense-t-il dans cet ouvrage de longue haleine et de grand style, si différent des courtes épigrammes et des épîtres familières dont Ausone a l'habitude ; en quoi la langue, le style, le vers de la Moselle s'écar- tent-ils des procédés grammaticaux et métriques des autres poésies d' Ausone; quels poètes anciens l'au- teur de la Moselle s'est-il principalement appliqué à imiter; par quels poètes postérieurs a-t-il été imité à

VIII INTRODUCTION

son tour: autant de problèmes dont un autre travail^, auquel la présente étude est un complément naturel, essaie de donner la solution.

Il a semblé bon de laisser ici toutes ces questions de côté, sauf à en indiquer l'indispensable dans le Commentaire explicatif, pour s'occuper unique- ment des manuscrits et des éditions de la Moselle.

Je me propose, dans cette Introduction, de décrire et de classer les manuscrits de la Moselle, et d'étudier quel usage en ont fait les divers éditeurs d'Ausone depuis Ugolet qui, le premier, a publié la Moselle, à Venise, en 1499, jusqu'à Peiper dont l'édition d'Ausone a paru à Leipzig, en 1886.

^ De Ausonii Mosella, thèse latine pour le doctorat es lettres.

Première Partie

LES MANUSCRITS DE LA MOSELLE

A. LISTE DES MANUSCRITS DE LA MOSELLE.

VOICI la liste des manuscrits qui nous ont conservé le texte de la Moselle :

G Le codex Sancti-Galli 899 (manuscrit de Saint-Gall, Sangallensis, que je désignerai par la lettre G), écrit sur parchemin au X^ siècle. En même temps que quelques poèmes de divers auteurs, il contient, avec la Moselle et la lettre écrite par Symmaque à l'occasion de cet ouvrage, d'autres pièces qui appartiennent à Ausone ou qui lui ont été attribuées.

B Le codex Bruxellensis 5369/73 (manuscrit de la bibliothèque de Bruxelles, provenant de la bibliothèque des ducs de Bourgogne, que je désignerai par la lettre B), écrit sur parchemin au xiF siècle. Avec la Moselle et la lettre de Symmaque, il contient quelques autres pièces d' Ausone, les Fastes d'Ovide et les Gesta Tancredi régis. Reg Le codex Reginensis {Vaticanus Reginae 1650, que je désignerai par les lettres Reg), écrit sur parchemin au X'^ siècle. Il contient, au milieu d'une réunion de frag- ments disparates (Commentaires sur Orose, Extraits de Priscien, etc.), les vers 1-180 de la Moselle. Rh Le codex Rhenaiigiensis (de Rheinau dans le canton de Zurich, qui porte aujourd'hui le LXII à la biblio- thèque de l'Université de Zurich, et que je désignerai par les lettres Rh), écrit sur parchemin au XiF siècle. La plus

II

X INTRODUCTION

grande partie de ce ms. contient les œuvres de Prudence. La Moselle vient ensuite.

et Le codex Laiirentïamts LI, 13 (de la biblio- thèque Laurentienne de Florence, que je désignerai par la lettre L), et le codex Harleiamis 2578, écrits tous deux à la fin du xv^ siècle. Ce sont des copies du codex Magliabecchiamis de Florence, manuscrit du couvent de S*-Marc, écrit sur parchemin au milieu du xiv« siècle. Le codex Magliabecchiamis renferme une partie des oeuvres d'Ennode et quelques fragments d'Ausone. Il contenait avissi, dans le principe, la lettre de Symmaque et la Moselle : mais les pages se trouvaient ces deux ouvra- ges ont été arrachées. C'est sur ce ms., alors qu'il était complet, qu'un certain Alexander Verrazanus a copié les œuvres d'Ausone qui y étaient contenues : en effet, dans le Laiirentiamts, on lit, à la suite de l'ouvrage de Martianvis Capella, la Moselle, moins le dernier vers, avec ce titre : « Incipit fragmentiiin Atisonii poetae » , et cette suscrip- tion : «Explicit Moysella Ausonii» ; puis la lettre de Sym- maque et les divers fragments d'Ausone contenus dans le codex Magliabecchiamis . Les titres communs et la colla- tion des leçons de ces deux mss. montrent bien que le second est une copie du premier. La suscription des frag- ments d'Ausone contenus dans le Laiirentiamis nous donne le nom du copiste, et, ce qui est plus important, la date de la copie : « De hoc opère corrupto ut phirimum nil alte- riîts repperi et ideo explicit. Alexander Verrazanus escripsit MCCCCLXXXX. »

Le codex Harleiamis 2578 date de la fin du xv« siècle; il contient divers ouvrages, entre autres les Bucoliques de Calpurnius, ensuite les fragments d'Ausone déjà imprimés dans l'édition princejis procurée par Bartholomaeus Girar- dinus (Venise, 1472), et la Moselle ne se trouve pas. Ces fragments sont copiés par l'auteur du ms. d'après le texte de l'édition : «Hec stmt ea Atisonii fragmenta quae snnt scripta in codicibus impressis. Qiiibus appostii alia

PREMIÈRE PARTIE XI

qicedam ehtsdem quae leguntur in iiehisto codice exbiblio- theca diui viarci florentiae.» Parmi ces autres pièces du même auteur se trouvent la Moselle et la lettre de Sym- maque; le vieux ms. de la bibliothèque de S'-Marc est évidemment le Magliabecchiamis actuel. Mais cette copie est bien inférieure à celle d'Alexander Verrazanus; dans la Moselle, en particulier, il y a beaucoup de lacunes attri- buées par Schenkl à l'ignorance du copiste qui n'a pas su toujours lire le texte du ms., quoique ce texte n'offre pas de difficultés particulières.

Le codex Harleianus a donc été mis de côté par la critique, et les deux derniers éditeurs d'Ausone, Schenkl et Peiper, aux Préfaces desquels j'emprunte ces rensei- gnements sur les mss. de la Moselle, n'ont usé que des cinq premiers. Schenkl mentionne encore un ms. de Vienne (Autriche) se trouvent la Moselle et la lettre de Syni- maque {cod. Vindohomensis lut. 358, écrit au XVP siècle). Mais ce ms., simple copie du texte d'Ugolet, n'a aucune importance.

On trouve, dans le codex Sanorallensis 265, une lettre en vers adressée à l'archichapelain Grimoldus par le moine Ermenricus, qui avait entrepris, vers l'an 850, d'écrire la vie de S' Gall, et qui, tant dans cette lettre que dans une épigramme qui la suit, s'approprie, en les modifiant par- fois, un certain nombre de vers de la Moselle. Les leçons adoptées par Ermenricus ne permettent pas de décider s'il a usé d'un ms. semblable au Sangallensis, ou d'un autre. L'auteur des Gesta Trevirenshim, qui écrivait au XIP siècle, dit qu'il y avait un ms. de la Moselle à Trêves, au couvent de S«-Euchaire. Il n'est pas resté plus de traces du ms. de Trêves, dont parle l'écrivain du XIF siècle, que de celui dont le moine Ermenricus se servait au IX«.

Enfin, deux éditeurs d'Ausone, Aleander (Aleandro) et Pulmannus (Poelmann) auraient usé d'autres mss. Alean- der, suivant Schenkl, dit avoir eu entre les mains un ms. du couvent de S'- Victor, dans le faubourg de Paris, se

XII INTRODUCTION

trouvait la Moselle. Poelmann dit lui-même qu'il s'est servi d'un codex Gemblacensis et d'un certain Cornelii Gîuil- theri Mosella, liber aniiqtiîis. Nous verrons, en étudiant les éditions d'Aleander et de Poelmann, ce qu'il faut penser de ces mss.

B. ORIGINE DES MANUSCRITS DE LA MOSELLE.

Tout d'abord je crois utile de rechercher quelle est l'ori- gine des mss. de la Moselle que nous possédons, et quelle est la valeur respective de chacun d'eux. Pour la première question, il suffira de résumer ce qui s'y rapporte dans les deux études que Peiper a consacrées à l'histoire des mss. d'Ausone *.

Suivant Peiper, Ausone a donné lui-même des éditions partielles de ses œuvres. Certaines pièces, comme la Bis- siila, revues et corrigées, n'ont été publiées que longtemps après la date de leur composition. La Moselle, précédée ou non d'une préface, qui, en tout cas, est perdue pour nous, a été éditée séparément par Ausone, qui en distribuait les exemplaires à ses amis, comme le prouve la lettre ovi Sym- maque se plaint d'être le seul à ne pas avoir reçu le poème.

Les ouvrages, précédés d'une préface adressée à des amis désignés ou au public, ont paru soit avant qu' Ausone eût réuni en un tout complet l'ensemble de ses œuvres, soit plus tard, au moment il en préparait une deuxième ou une troisième édition. Quant à ceux qui n'ont pas de préface, ils ont été simplement compris dans une édition générale, soit la première, soit la deuxième. Peiper établit en effet, au moyen des Praefatinnculae, qu' Ausone a donné lui-même deux éditions; il démontre aussi que le poète en préparait une troisième seraient entrés les

^ Die handschriftliche Ueberlieferung des Ausonius, von R. Peiper. (Separatabdruck aus deni elften Supplementbande fur classische Philo- logie.) Leipzig, 1879. De codicibus opiisctiloritm Ausonianorum (Decinii Magni Ausonii Opuscula recensuit R. Peiper, Lipsiae 1886; Prae- Jatio, p. V-LXXXV).

PREMIERE PARTIE XIII

poèmes que leur date empêche d'avoir été compris dans la deuxième, et qui on le voit par les dédicaces qui les précèdent avaient déjà été édités séparément.

La première édition fut adressée par Ausone à Syagrius, la deuxième à Théodose. La troisième n'a pas été terminée par le poète lui-même, mais par quelqu'un de ses proches ou de ses amis, puisque nous n'avons pas la troisième préface dont Ausone aurait certainement fait précéder son édition s'il l'avait donnée lui-même. Le plan de l'édition complète devait avoir été entendu ainsi par l'auteur : d'abord, ses poèmes personnels, ayant trait à sa famille, ses amis, ses affaires; ensuite, ses exercices et fantaisies d'école; en troisième lieu, les lettres; enfin les épigrammes. La disposition des matières dans le Vossiamis ^ semble à Peiper une preuve convaincante de l'existence de ce plan d'édition : cependant, dit-il, le Vossiamis ne contient pas toutes les œuvres que lîarchétype devait avoir, puisque la Moselle, entre autres, manque dans ce ms.

On a voulu expliquer l'absence de la Moselle en préten- dant soit que ce poème, déjà publié à part, ne fut pas compris par Ausone dans une édition complète, soit que l'ordre des ouvrages n'est pas dans le Vossiamis le même qu'il devait être dans l'édition complète. Peiper répond à cela qu'il lui semble étrange de supposer que la Moselle, principal titre de gloire du poète, ait été volontairement écartée par lui de son édition définitive; qvi'il est bizarre, d'autre part, de supposer que, parce que le Vossiamis ne contient pas les Obscena, il doit être la copie d'un recueil fait pour les écoles : la Moselle n'aurait-elle pas eu néces- sairement sa place marquée dans une Anthologie scolaire?

Non, la Moselle a être le centre des deux éditions, de celle de 383, comme de celle qui compléta la première en 390. Après sa deuxième édition, le poète mit quelques

Le Vossiamis 1 1 1 de la bibliothèque de l'Université de Leyde, autre- fois ms. de nie-Barbe, sur la Saône, dont il sera parlé à propos de l'édition de Lyon de 1558.

XIV INTRODUCTION

unes de ses pièces nouvellement composées à la place qu'elles devaient occuper dans vme troisième édition préparée sur le plan des deux premières ; quelques autres morceaux furent provisoirement laissés à la fin du recueil avant d'être placés comme il convenait ; et les héritiers d'Ausone publiè- rent ce recueil tel qu'ils le trouvèrent à la mort du poète.

C'est de ce recueil que viennent tous les mss. d'Ausone, que Peiper divise en deux classes :

Ceux à qui on a enlevé les derniers cahiers qui termi- naient ce ms. en préparation. Le type de cette classe est le Vossianus .

Ceux qui reproduisent ces derniers cahiers avec des additions se composant de pièces empruntées à d'autres parties du recueil. Le t3'pe de cette classe est le Tiliamis ^.

Les manuscrits de la première classe ont fait une perte importante : ils n'ont plus la Moselle. Comme le Vossianiis commence aujourd'hui seulement au cinquième cahier fg7<«- ternio), on a supposé que la Moselle se trouvait quelque part dans les quatre premiers : c'est une erreur, dit Peiper. Les œuvres d'Ausone ne commençaient qu'au cinquième cahier, puisqu'en tête de ce qui reste du Vossianus on lit : « Abhinc Ausonii opiisciila. » Dans les quatre pre- miers cahiers, il y avait des fragments d'autres auteurs; mais la Moselle ne s'y trouvait sûrement pas. Le Vossianus est donc la copie d'un ms. la Moselle n'était déjà plus.

A cette première classe se rattachent deux séries de recueils de fragments d'Ausone dont on ne devine pas nettement l'origine et dont on ne comprend pas bien le plan. Parmi ces mss., les vins, dont le Parisimis est le type, n'ont pas la Moselle, qui se trouve dans les autres, les Excerpta de opnscnlis Decimi Magni Ausonii, à côté de morceaux médiocres et peu intéressants. Comment a-t-on pu comprendre dans un même choix des oeuvres d'une

^ Ou Leidensis Voss. hit. Q 107, manuscrit Ju xv" siècle qui a appar- tenu à Jean du Tillet, d'Angoulême, évêque de Msaux, et qui a été consulté par Vinet et Scaliger.

PREMIÈRE PARTIE XV

valeur si inégale et qui font disparate? Ce n'est pas un choix, dit Peiper, mais une réunion de fragments dépa- reillés, empruntés à un ms. de la même famille que leVos- sianns, et plus ancien que lui, puisque le ms. d'où l'on a tiré les Excerpta possédait encore la Moselle que n'avait plus l'original dont le Vossiatms est une copie. Tous ces fragments proviennent d'un seul ms., plus voisin de l'ar- chétype que le Vossianiis : ils ont été dispersés au hasard dans le Parisinus et dans les Excerpta. Tous ces Excerpta composaient primitivement un seul recueil, constitué avant le VHP siècle, dont les diverses parties se trouvent main- tenant disséminées dans des mss. plus ou moins complets : les mss. de la Moselle, que nous possédons, appartiennent à cette classe des Excerpta de opuscidis Decimi Magni Aiisonii.

C. VALEUR RESPECTIVE "des MANUSCRITS DE LA MOSELLE.

Cette question de Torigine des mss. de la Moselle étant ainsi résolue, d'après Peiper, il favit nous demander quelle est leur valeur respective.

Abstraction faite de VHarleianus, qui, comme il a été déjà dit, est une copie, inférieure au Laurentianus. du Magliabecchiamis, copie dont les éditeurs ne se sont jamais servis, le meilleur des cinq autres est le Sangal- lensis. C'est lui que je suis le plus souvent, ainsi que l'ont fait Bœcking, Schenkl et Peiper. Voici la liste des princi- pales leçons qui lui sont particulières que j'abandonne pour adopter celle des autres mss. ^ :

Vers '^'ers _

42 colla, pour collo. 52 In.xuria, pour luxurtatur.

50 dispectis, pour despectis. 54 fuguras, pour figuras.

f Te ne cite ni les premières leçons fautives corrigées ensuite dans le texte du ms., ni les mots je n'adopte pas l'orthographe du G ; par exem- nl'e le G a, v. 36 extantes, v. 70 concarum, etc. Il a aussi beaucoup de fautes dans l'orthographe des noms propres: v. 106 tlliriciim, y. 159 tracia, etc. Je ne parle pas non plus ici des cas j abandonne les leçons

XVI

INTRODUCTION

Vers

6i maneant, Tponr meanf. 76 ludibrica piscis, pour hi-

hrica pisces. 131 flumineis, pour fitimi-

neas. 160 fluentem, pour fiauen-

tem. 194 niontibus, pour motibus. 196 uites, pour ni rides. 198 animi, poura;»;»/. 209 omission de /j^r. 217 laçantes, pour tocantes. 219 pontes, pour pont us. 258 motuque, pour motoque.

Vers

312 qitadra, pour qiiadro. 360 adlabere, pour adlambere. 372 Clinique, pour quemque. 391 ;î(?os, pour jzeruïs. 399 ineuterabo,'pourmeniorabo. 403 protextati, pour praetex-

tati. 405 retexere, pour rexere. 407 aquilogenas, pour aqinlo-

ni gênas. 419 panda, pour pande. 427 prape litora, pour prapel-

nte.

463 sajx^onïCMs^poursantonzco.

A côté de ces mauvaises leçons qui, pour la plupart, sem- blent dues à l'inadvertance du copiste, il en est d'autres que je n'adopte pas, mais dont quelques-unes sont acceptables et pourraient se défendre :

Vers

80 eMra |.

93 famae melioris in anineni (cf. ^eJ2., IV, V. 221, fa- mae melioris amantes).

Vers

132 geminis maior (admis par

Schenkl et Peiper). 166 tenens. 242 defensus... piscis.

D'ailleurs, en bien des cas, le G est le seul des mss. qui donne la bonne leçon :

Vers

35 spirante.

praperare. 60 profundi. 178 aureus.

Vers

198 confundit. 202 aras. 240 faciles. 247 deiectas.

Vers

249 inductos, 281 canuerrere. 285 quas. 297 concurrens.

du G sans adopter celles d'un autre ms. : en effet, pour les corrections, l'indique au bas des pages de mon texte le nom des éditeurs à qui je les emprunte; quant à celles que j'ai hasardées moi-même, j'essaie de les jus- tifier dans le Commentaire qui termine ce volume. Je cite les leçons du G, du B et du Rh, d'après Bœcking, Schenkl et Peiper; celles du Reg et du L, d'après Schenkl et Peiper.

^ A propos de ce mot, Schenkl écrit dans ses notes critiques : « iura G volgo ».— C'est par inidvertance qu'il attribue au texte vulgaire cette leçon que je ne trouve dans aucune édition.

PREMIERE PARTIE

XVII

Vers

306 iiolumine. 326 felix. 329 aethera. 367 mole sarauus.

Vers

378 da Roma.

414 at modo.

415 detexatur. 417 undas.

Vers

426 Hlnc. 452 mimera. 470 sM/>er?îo^.

Le Bnixellensis est, après le Sangallensis, le meilleur des mss. Quelquefois, il donne seul la bonne leçon: v. 79 nominaque et cimctos ; v. 118 nam neqiie; v. 360 allatii- bere. D'après Schenkl et Peiper, le B donne aussi, au v. 39 1 , la bonne leçon, netis, suivie par ces deux éditeurs.

Mais il y a souvent des négligences dans la copie : mots substitués, omissions, etc. Par exemple :

Vers

10 geIbartii)i,po\irBeIgaruin. 12 campus, pour campis. 20 saxis, -pour ripis. 28 imitante, pour imitai. 52 hixuriantur , pour luxii-

riatur. 55 îiiteo, pour iiitreo. 63 meatus, pour ineatii. 84 cateriiis, pour cateritas.

91 sauari, pour Saraui.

92 qualis, pour çwa ôfs.

103 incorrupta, pour incor- rupte.

112 siicus, pour fucus.

1 13 médium pinguescis [ ]

a^ illum, pour médium fartim pinguescis, at illinc.

1 15 perta, pour perça.

134 barba, pour barbi.

151 multipliées satis enunie- rasse, pour rnidtiplices- que satis nunierasse.

171 jn<f?as^ pour iVaîc^as.

Vers

181 cetas, pour coetu.

184 ci<;;i, pour dxim.

196 deriuis, pour derisus.

228 similamine, pour simula- mine.

236 aii/s, pour acws.

241 populatur,po\X'c populatrix

262 anhelantis, pour anhelatis.

264 subremos, pour supremos,

267 ^/6/, pour î<6î.

269 parua, pour parma.

275 solido, pour stolido.

281 nereus, pour Nereos.

2S6 aller [ ]petroria.

307 hebdoinadas, pour hebdo- mas.

317 sfra^o, pour /erra^o.

330 aliam, pour altam.

331 concepto, pour consepfo. 342 flumina, pour frigora. 368 /oca et la place d'une lettre,

pour uocaf. 387 speculator, les autres mss. ont spectator.

^J'essaie dans le Commentaire explicatif (p. 136, note au v. 470), de justifier l'introduction dans mon texte de la leçon superno, qui n'a été adoptée par aucun éditeur.

lU.

XVIIl

INTRODUCTION

Vers

390 une lacune après amore, et, en marge, tiio au lieu de tui.

Vers

409 Roniatn e-t omis. 42 1 uenies, pour ueniens. 475 /n /2/s est omis.

Je ne donne pas dans cette liste les mauvaises leçons que le B a en commun avec d'autres mss., et les fautes d'ortho- graphe, comme aganippe, aiixona, etc.

heReginensis se rapproche du Sangallensis{^. ex., v. 4, le Reg a sinopes, leçon que le G avait avant d'être corrigé ; v. 35, le G a spirante, le Reg, par une transposition de IqUxqs^ speraiiti , alors que les autres mss. ont sperante; le G a. properare, le Reg preparare, mavivaise copie, au lieu que les autres mss. ont reparare qui est un autre mot ; v. 47, le G a sicca imprimores pergunt, et le Reg, siccampjri- mores pergiLut ; v. 100, le G a aeqiio repulsiis, et le Reg, eqtio reptilsits ; v. 119, tous deux ont secnientis; v. 144, adlantiaco; v. 156, ads7irgiinf, alors que les autres ont assiirgunt; v. i6y, adstfejn't, alors que les autres ontastre- pit). Mais ce ms., très négligemment écrit (des mots sont omis, le v. 36 est passé, beaucoup de leçons sont absurdes : V. I naîiem, v.4 inflecteque . . . catenies, v. 5 apertiia, etc.), n'offre une utilité, d'ailleurs médiocre, que pour le commen- cement de la Moselle : car il s'arrête après le v. 180.

Le Rhcnaîigicnsïs a beaucoup de fautes matérielles et de mauvaises variantes, entre autres :

Vers

13 reserabat sydtis.

17 aida.

25 odoriferi.

27 ditiexas.

28 et.

29 aeqiiiparare. 33 pricelapsiis. 51 miramur.

56 iiichil... Iiabes. 59 dimersa. 65 frontibus. 77 inccitiis.

Vers

86 harisfis.

87 cibaria.

90 ociilos homintiin.

92 hostia.

95 contigit uni.

10 1 f route.

102 ferculamense. 107 natatu.

1 13 pinguescit. 1 16 amnigeros. 1 18 7ia7U que... so- lide.

Vers

123 letiis.

144 athlanciaco.

145 hoi'as.

174 fluctus.

1 75 furate.

176 panape. 206 spectant. 225 atque.

233 itirgungtda. 237 libratos. 252 saera, 294 plausu.

PREMIERE PARTIE

XIX

Vers

298 ciiltns habifiis-

qite. 309 noctia. 313 suos. 3 16 tôt us. 323 îietidicat. 326 atqiie. 339 fia mas. 345 horis.

Vers

358 hosfia.

360 allabere.

361 celebratiir. 369 /esta.

376 horis. 389 uaerum.

395 crtnrt.

396 iniclii. 414 ceptiim.

Vers

418 hialoqiie. 427 /acf//. 429 nichil. 436 amne. 469 moselle per ha- ras. 471 taurinthes. 474 îtalet.

Voici, parmi les leçons qui lui sont particulières, celles que je lui emprunte : v. 80 haud; v. 1 49 inagnusqiie; v. 3 1 2 quadro eut; v. 391 neruis (corrigé en 7ie^/s dans le Rh-).

Le Rh se rapproche du B ; voici un certain nombre de leçons, communes à ces deux manuscrits, qui montrent qu'ils doivent procéder Tun et l'autre du même original :

Vers

2 1 et 25 bacho.

35 veparare.

47 sicca iii primo respergunt.

82 horis. 1 1 1 yris. 144 balena.

Vers _

158 et 162 lieo. 196 annumerat. 227 humentia. 249 indiitos... leta-

libtis. 260 létal in. 293 praelia.

Vers

354 pronee. 372 qiienque. 376 symois. 378 ora. 401 presidiiim. 442 aquitania. 483 garunne. ^

Le Laurent iamts est le plus mauvais des cinq mss. : fautes matérielles, variantes téméraires, mots vides de sens, vers faux, rien ne lui manque pour lui enlever à peu près toute autorité. Je ne cite pour le moment aucune des leçons particulières au L : j'aurai à m'en occuper à propos de l'édition d'Ugolet, constituée d'après ce ms. Je me borne à citer un certain nombre de leçons communes au L et au Rh, au L et au B, et à ces trois mss. Il y a en effet une iden- tité évidente entre certaines leçons du Rh et du L :

Vers

21 amena. 187 tegantiir. 254 consensit.

Vers

288 lit fore. 303 laudatiir. 369 liostia.

Vers

375 smirna. 377 tibris.

XX

INTRODUCTION

et entre un plus grand nombre de leçons du B et du L :

Vers

27 deuexus.

47 limphas. 128 iitriinqiie. 1 58 panchea. 216 cynibe. 224 rediit. 266 brantia.

Vers

272 oinne. 307 hebdomadasB, ebdoinadasL. 320 decoramine. 329 irrupit. 357 nobilibus. 359 erubrus.

Vers

368 /oca (et la place d'une lettre) B, /oca/ L.

384 seuera.

390 B a en marge , et L

dans le texte, /ho

391 7îe/is B,jiecis L.

Ces deux derniers mss. ont, de plus, un certain nombre de leçons communes, et la même lacune (unde... credi- disti, ligne 5 de Symmachus Aiisonio, édit. Schenkl, page 81) dans le texte de la lettre de Symmaque. Enfin, le B, le Rh et le L ont beaucoup de leçons identiques :

Vers

35 sperante.

36 exstantes.

53 et 243 humentia. 76 illier ludentes. 93 niaioris.

Vers

240 facilis. 247 subiectas. 281 conuertere. 285 quos. 289 calcedonio.

194 ;no//6Hs (L,Rh^B^) 297 concurrit.

198 confudit. 306 uoliimina.

202 horas. 309 hictiniis.

215 milasena. 326 diues.

Vers

329 aethere.

359 èe/g-zs.

367 mollis arauîis.

378 înz/fî roma.

414 adinodo.

415 detestatiir. 417 tendis.

426 ?MOX.

452 tempora.

Nous nous trouvons donc en face de deux groupes de mss. de la Moselle : d'une part les deux plus anciens, le G et le Reg, qui sont l'un et l'autre du siècle, entre lesquels on constate bien des ressemblances sans pouvoir soutenir pourtant que le deuxième soit une copie du premier; d'au- tre part, le B, le Rh, mss. du XIP siècle, et le L, ms. de la fin du xv^ siècle, copie d'un ms. du XIV^ siècle, qui ne procèdent pas évidemment du G, mais qui sont des copies du même archétype que le sien, lequel devait être déjà assez médiocre lui-même. Cette communauté d'origine des cinq mss. me semble démontrée par l'identité d'un certain nombre de leçons qui leur appartiennent à tous, et qui, corrigées ou laissées telles quelles par les éditeurs, ont

PREMIERE PARTIE

XXI

été, en tout cas, partout :

Vers

29 potes.

32 muniinine.

57 intuitu. '39 defensa. 176 oreadas. 179 M^. 2i8 spectata. 221 ainms et, 276 boetia.

discutées par la critique. En effet, on lit

Vers

277 dirces.

290 iinignmn.

307 menecratos.

316 achates.

321 natiira.

361 ce! sis.

380 roiiiae tenuere

parentes. 409 popuUqiie.

Vers

423 n / o-rw . . . /t</)o-

438 uiuifica.

440 latius.

450 augustus . . .nati

462 fines.

463 profluus. 468 noniine. 472 quaque.

Je suis loin de prétendre que toutes ces leçons soient mauvaises; il en est que j'adopte moi-même (p, ex., v. 321 natii,ra)\ d'autres se trouvent chez Schenkl et Peiper. Mais il en est d'inadmissibles (Oreadas, Dirces, menecratos, celsis, Ltiponudum, JtinificaJ; en outre, la plupart des éditeurs croient trouver une lacune au v. 206, et une autre après le v. 379 : comment expliquer que ces lacunes, ces leçons dont quelques-unes sont inacceptables, et qui toutes sont discutables, se trouvent à la fois dans les cinq mss., si l'on ne suppose qu'ils procèdent tous d'un même arché- type, dont le Sangallensis s'éloigne moins que ne font les autres ?

CONSVLARIS INOPIT,

R ANSÎERA M CÊIÏÏRÊM NEE VIO

SO FLVMlt^ENAVAM « Addita miratus ueteri noua mecnîa mnro

.Aequauit latfas ubi' qiiondl gaîîiVcannas

înfietasc^ iicent inopes fuper arua cateru^ Vn^e îtcr iiigrediens nemorofa psr auia folum Et nuîla humani îpcdans nsftîgîa cultus Prstereo arentem fidcntibus undî^ îtnîs Dum n&tn:ù^zCc^ perenni fonts tabernaf Arua9 fauîomatum nuper comitata colonis. Bt tandem prmiis beigarum conîpicoî orfs Niaomagum dimeaft inditaconilanrinL Purior hic campîs aer.ptebuf*:^ rercno Lomr'ne pnrpureum reiêratiam fudus olimpum, Nec iam conferris per mutiia uincula ramis Qusrîmr exdofuni uiîidi caligine cjslum: Std liquidum iubar ôc ratiîam uifetitibas 22thram Libéra perfpicui non inuidetaura did. In fpedem cûm me patris^cuîtu^ nitentîs Burdîgals blando pepnkrunt omnîa nifu; Cuîmina niîlarum pendennbus édita ripis. Et uîrides bachocolles:& amoena f luenfâ Subter labentes taâo rumore mofellae. Salue amnis laudate agtisrîaudate colonis Dignata imperio debeiit eu; msnia belge: Amnîs odorifero inga uitec confite baccho: Confitcrgramîneas amnis HiridifTime ripas. Nauigct pdagus deuexus promis iu undas Vt f luuiuî U!treoc0 ïacus imitareprofimdo Et îiuoî trepido potes xquiperare meatu: Eîliquido gelidos fontes pr«cellere potuî

Fac-similé de la première page ik la Mosklla âam l'àlilion J'Ugolel (icclodii folio LXI),

pVJm^à:^^^

Deuxième Partie

LES ÉDITIONS DE LA MOSELLE

I

Éditions fondées sur le Laurentianus.

A. l'édition PRih'CEPS d'ugolet (1499).

LA liste complète des éditions d'Ausone, des recueils divers se trouve la Moselle, et des éditions particu- lières de ce poème, jusqu'à 1845, a été donnée parBoecking, dans les pages 3-1 1 de sa troisième édition de la Moselle ^ . Je m'occuperai ici principalement des publications qui ont fait faire quelques progrès au texte.

La Moselle ne se trouve ni dans l'édition princeps d'Ausone, publiée à Venise par Bartholomaeus Girardinus (1472), ni dans l'édition donnée à Milan (1490), sous les auspices de Georges Mérula, par Jules-Emile Ferrarius, ni dans les deux autres éditions de Venise : la première (1494) qui reproduit celle de Milan, la seconde ( 1 496) qui la corrige et la complète, par les soins d'Hieronymus Avantius.

L'édition princeps de la Moselle est celle d'Ugolet : c'est un in-4° intitulé <ùftxa ^JuCcnij Uupcr Htffrta; la Moselle occupe les feuillets LXI-LXVII. L'ouvrage est précédé d'un privi- lège accordé par « Ludovicus Maria Sfortia Anglus, dux Mediolani & ceetera » à Ange Ugolet, citoyen de Parme,

'^ Moselgedichte des Deciiniis Magnus Ausonius tind des Venaniius Honorius Clementianiis Fortiinatiis, dans Jahrbiicher des Vereins von Alterthumsfreunden im Rlieinlande , 1845.

XXIV INTRODUCTION

pour faire imprimer la Moselle et autres opuscules d' Ausone découverts par Thadée Ugolet, frère d'Ange. (Cum Angélus Vgoletus ciuis Parmeiï. nofter diledus fignificauerit nobis fe optare imprimi facere Mofellam Aufonii poetce Opufculû cum aliis eiufdem quae maiorum incuria delituiffe & opéra Thadei Vgoleti eius fratris reperta fuifïe afferuit.) Le pri- vilège daté de Milan, 28 juillet 1498, était accordé pour deux ans. On lit à la fin du volume (recto du feuillet LXXVIII) : <: Impreffum Parmae per Angelum Vgoletum Parmenfem Anno Domini 1499. Die. x. menfis lulii^.^

On voit que, d'après Ugolet lui-même, la grande nou- veauté de l'édition consistait dans les fragments inconnus jusqu'alors qui paraissaient pour la première fois. C'est à ces fragments que le titre « OPERA AUSONii NUPER reperta » fait allusion, quoique le recueil renferme aussi les œuvres déjà publiées. Et, parmi ces fragments nouveaux, c'est la Moselle, qui à juste titre tient la première place dans les préoccupations de l'éditeur; c'est la Moselle qui est expres- sément désignée dans le privilège : « fe optare imprimi facere Mofellam Aufonii poetae Opufculû... »

Pour ce qui est de la Moselle, Thadée Ugolet n'avait eu en mains qu'un ms., comme il l'apprenait au médecin Lazare Cassola, dans son épître dédicatoire : « Mofella uitiatus & mutilatus inlucê gpdibit : ut pote efcriptus ex unico exëplari : eodëqj ab indiligëte librario exarato. Nônulla tiï in eo corri- gere têtauimus : & ea potiffimu quae ratione emé'dari pofïe uidebant' . Caetera q uix conieét : affequebamur retulimus. »

L'unique ms. dont Ugolet s'est servi est évidemment le Laurentianus : dans le L, la Moselle se termine avec le V. 482; après le v. 482, Ugolet écrit «Déficit Reliquum Mofellae ». Dans l'édition comme dans le ms., le v. 407 est omis, et les vers 418-42086 trouvent placés après le v. 445. Enfin Ugolet suit, le plus souvent sans les corriger, les leçons du L : pour rendre évidente l'étroite parenté qui unit

^ Je cite l'édition d'Ugolet d'après l'exemplaire que M. Dezeimeris a bien voulu me communiquer.

DEUXIÈME PARTIE

XXV

Tédition au ms., il suffit de relever quelques-unes des leçons mauvaises ou réellement absurdes du L on n'a que l'embarras du choix qui ont passé dans l'édition :

Vers

1 1 climeaft ^ [ ] inclyta (Ug., inclita) .

22 l abêtîtes tacîo.

31 riuus ianthis.

33 murmure.

40 cereres... remis.

44 fegnis.

49 mafmoriim.

54 Nec reniient.

65 ingenis.

^o fédère ^^.

87 thioria.

89 Thedo.

91 iiecate (Ug., Vecate).

06 illipicum.

i2 focus.

17 efi tendsre.

20 et 123 hinc.

24 Eruet...nitore.

38 corpora agmi-

nafoli.

39 «//ï. 48 balla.

58 panchea (L,B).

67 Prohra ferunt.

68 £^ riibens ^3. 74 Torrent.

85 MembrafpecTit .

8g fuenda... con-

claueiis.

Vers

191 conjlitit.

214 artes.

217 pulfos.

224 ré>rfz7f (L, B).

231 expeâîantis.

234 fpsciate.

236 praetendatdjg. ,

pretendat). 240 A^a;;t wero. 244 uerret. 246 fena Jîgnis.

249 Ic'tabilis.

250 ignota.

253 inclytum (Ug.,

. inclitiim). 259 iindœ. 275 Impedit. 278 vtoribundus. 296 utriimq^. 306 noJiimina TL,

B, Rh). 308 vianus tibi. 312 cé-c^ro ?7i /o/?/-

^/a conor

3 '3 «>yè.

314 a6.

320 decoramine

(L, B). 322 prociir rentes. 324 Vllatemis, 332 captate. 336 colonis.

Vers

337 fubdu&a.

338 «/>er^o.

350 dignandiim ma- ri memorajfe.

353 «'^f (Ug., laYo?).

354 pronea efi...

adu6ia. 357 iVo6z7ï6»s(L,B). 360 alabere. 370 Non... tacitam. 381 frigumq^... ma-

fellam.

389 9«orf (L, G).

390 z'wo.

391 necis.

392 orrt. 40 1 régis,

408 PerfeClurarum.

414 arf 7«orfo (B, L,

Rh).

415 dilata efi. 418 haloq^.

422 ninâîos.

423 fiiperefi.

424 lattis. 448 tanta. 454 /««^o g'MÎ. 457 niinc... horea.

464 duraui.

465 pofiponat...

tandem. 470 celebranda.

^ D'après Schenkl, climcast.

V Un des anciens possesseurs de l'exemplaire de M. Dezeimeris a écrit en marge feiiere.

«[3 Le même a' écrit en marge r/^a rwôis, conjecture qui se rapproche de celle d Avantius, Terra rubens. Les notes de cet anonyme sont d'une écriture très ancienne, mais elles datent d'un temps l'Ascensiana avait paru, car le v. 483 est restitué de la même main au-dessous du dernier vers du texte d'Ugolet.

IV

XXVI

INTRODUCTION

Dans sa lettre à Lazare Cassola, Ugolet annonçait Tin- tention de corriger son texte. On voit qu'il en a laissé subsister les fautes les plus grossières : il en a même ajouté; par une coïncidence singulière, quelques-unes de celles-ci se trouvent dans le G qu'Ugolet ne connaissait certainement pas : v. 96 Spirantem (L a spirantuin et G, spirantem corrigé en spirantuni)\ v. lôo flitentem (L a flauentem). On lit en outre dans le texte d'Ugolet entre autres fautes ajoutées à son ms. :

Vers

18 ctiltuqi (L cultumqiie).

2 1 bacho, comme B et Rh (L baccho) .

27 Nauiget (L nauiger).

60 fluentis (L Jiiienti). 106 bnioiiis (L binominis). 1 14 Vfq} ad (L usque sub). 124 fainojis (Lfuinosis). 1 7 1 Nai'adas (L naidis, Schenkl;

naidas, Peiper). 215 miffena (L milaseiia). 220 in/peciem(L speciem). 222 perfunderit (L perfude-

rit). 227 Vnde (L unda). 229 redite (L redire). 237 extende (L extendere).

Vers

292 furenteni (L furentuni) . 321 yaȔ (L saxi). 363 far ras (L serras).

368 /oca, comme B (L locat).

369 angujiam (L augustam).

370 pingiia (L pinguia). 372 quœq:} (Lqueniqiié).

374 moles (L mores) ...tibi Ji

(L ^î6/). 390 crede (L coude). 403 prœtejîati (L praetextati). 41 1 primiis (L primis). 432 ex tendit (L extendet). 437 wno (L iinus). 443 circino (L concino). 460 Strigentem (L stringen-

tem).

Quelques-unes de ces fautes (nauiget, moles, uno) ont passé dans beaucoup d'éditions.

Parmi les corrections d'Ugolet, quelques-unes ne font que remplacer une faute du ms. par une autre :

Vers

45 lagceis (L legenis), pour

limigenis. 66 liitoqi latofqj (L lucoque

latosque), pour lucetqiie

latetqe. 127 obfenio pleno (L obsenia

^/ëo), pour obsonia plebis

Vers

182 £1^ cum/uItantef(L et cum

insultantes), pour Tune

insultantes. 22 1 Pupiartafq:} (Lpicppi erfas-

que), pour Pubertasque. 253 treniendo (L tremô), pour

tremori, etc.

DEUXIÈME PARTIE

XXVII

D'autres constituent un progrès

Vers

2 miiro (L a 7nco, surmonté d'une sorte d'w entre le m et le c) . 33 prolapfiis (L praelaxus). 71 locitpletihiis iifq^ J'iih (L lo-

cupletibtis sub). 94 facrof(L saxos). 99 Surgit & e(L surgi te de). 118 Namqi & (L naiiiqne). 204 alacris (L alicris). 249 Implicitos (L iiiclytos).

Vers

286 coinit (L contra).

307 Ebdomas (L ebdomadas).

309 /oco (L/aco).

388 ueteres qui clarat athenas

(L îieteresque athenas). 394 iiirorum (L ii/ruiii ; que

est ajouté d'une autre

main).

397 fe/îifî captas (L tenuique

captas).

398 fa/îis CLfustis).

Enfin, quelques corrections d'Ugolet sont d'accord avec le texte reçu des autres mss., ou même réparent des erreurs communes à tous, et subsistent définitivement :

Vers

131 ntemorande{meinorante L).

164 Vertice (uerticein L).

166 labens (lambens L).

183 natandi (iiatanti L).

198 coiifundit(confudit L,Rh.,B).

Vers

276 6oeo^/a(les mss. ontboetia).

277 circes (les mss. ont dirces). 442 aquitania, comme Rh et

B {equitania L). 468 /6?Y aturrus (ibi aturrus L).

On voit qu'il y a encore bien des fautes dans l'édition d'Ugolet; plusieurs pourront être corrigées par les éditeurs qui viendront après lui. Mais beaucoup de ses propres corrections qui sont insuffisantes, et qui donnent cependant un sens à peu près satisfaisant, passeront dans les éditions suivantes, jusqu'au moment l'usage de mss. meilleurs que le Lmirentianiis permettra de rétablir la vraie leçon.

B. LA CONTREFAÇON DE L'ÉDITION D'UGOLET (VENISE, 15OI).

Un peu plus de deux ans après l'édition de Parme, une contrefaçon parut à Venise. On lit à la fin de ce volume in-4° qui n'est pas paginé : « Impreffum Venetiis Anno. M. CCCCCI Die. XXX Oc1;obris.»T Cette nouvelle édition

* Je cite également cette édition d'après l'exemplaire de M. Dazeimeris.

XXVIII

INTRODUCTION

ne portait aucune amélioration à la première; au contraire, pour la Moselle en particulier, si quelques fautes d'impres- sion sont corrigées, beaucoup d'autres sont ajoutées au texte primitif par l'éditeur anonyme de Venise. Voici la liste des différences qu'on remarque dans le texte des deux éditions :

Vers Éilition 1499.

Édition 1501.

2i baclio.

baccho.

25 iiitev.

viter.

27 iii.

in.

31 riiiiis ianthis.

riiius Ianthis.

37 ne.

nec ne.

60 arcaniq^.

arcamqj .

61 liquidariiin.

loquidarum.

67 glarea.

gâtera.

71 Délit iafq^.

Deliciafq}.

72 monilia.

nonilia.

77 fpecies.

. Jpecis.

79 niunerofœ.

nnmerofœ.

84 Diffère.

Difcere.

95 contigit.

contingit.

96 inlaïuiata.

mandata.

99 fummaf.

fumas.

108 mofellœ.

moffellœ.

1 16 Amnigenos.

Ainiiigenns.

123 inenfarmn.

men/urarutn.

134 Propexiq^.

Pro/pexiqj ^ .

147 decre/ere.

decre/cere.

148 mitis.

mittis .

154 traâln.

tra6îu.

161 tendentîs.

tentdentis.

162 fluuialis.

fliiialis.

187 Fas mihijîfpro.

Fas mihi pro.

189 fpeties.

fpecies.

190 fliiuius.

fîuiiis.

193 Hefperus.

Hfperus.

202 oras.

ho ras.

208 œqnore.

œquore.

227 a/ios.

alio.

^ C'est cvideminent le simple hasard d'une faute d'impression et non l'usage du L qui a prospexit, ou du Rh et du Reg qui ont précisément prospexi, qui amène cette variante dans l'édition de 1501.

DEUXIEME PARTIE XXIX

Vers Éilition 1499. Édition ijoi.

232 alunnœ. alumnœ.

255 preclîl. prœclà.

299 predia. prœdia.

309 Hic tiniis. ///c//»as(sembleenunmot).

310 perimitqj. peremitq^. 318 dtgnum, di'giitint. 352 differre. differre. 399 uicmorabo. meniorabo. 429 potière. protiere. 459 hoiimqj. bonumqj.

Il y a aussi quelques variantes peu importantes dans la ponctuation, dans Temploi des v ou des te au commencement des mots, et des s ou des/ à la fin. L'éditeur de 150 1 use aussi plus volontiers des abréviations que ne faisait Ugolet : il écrit, par exemple mirât' (v. 2), carias (v. 3), aqtiaR\ (v. 6i ).

Dans l'Introduction de son édition de la Moselle, Tross cite parmi les ouvrages qu'il a eus entre les mains un Ausone d'Ugolet, daté de Venise i 500, réimpression de l'édition de Parme, 1498 : « Die Ausgabe des Thadaeus Ugoletus; Venedig 1500 4'°. Sie ist, wie die meisten Varianten ausweisen, ein so genauer Nachdruck der von Ugolet 1498 zu Parma besorgten^. » Tross est généralement inexact: ici, il écrit évidemment 1498 et 1500 pour 1499 et 1501. La Notitia Literaria de l'édition des Deux -Ponts mentionne aussi un Ausone d'Ugolet publié en 1 500 : «i 500 Veneta IV, 4. éd. Thad. Ugoleto. Hujus exemplum habuit Fabricius, quodfuit olim Alciati, qui loca quaedam fua manu correxit. » Mais ¥3hx\c\\xs,{Bibliotheca latina mediœ et infimœ cetatis, lib. I, p. 42 1 , Hamburgi, 1734) dit que cet exemplaire est de I 50 1 : <■< Poffideo editionem cum Thaddœi Ugoleti Par- menfis praefatione vulgatam Venetiis 1501. 4. paffimque notatam manu viri fummi Andreœ Alciati. »

Il ne semble donc pas qu'il y ait eu vuie édition d' Ausone publiée à Venise en 1 500.

^ Des D. M. Ausonius Mosella von D'" Ludvvig Tross. Zweite. Hamm, 1824. Einleitiuig, X.

Mufonim

PEU HiEROKVMVM AVAHtlVM VERONE^/

«. V-

fponiîo Auronii Ad Theodofâum» Falio*

Hpiilok Afila^ir? ad Paulmt^m Folio»

DîLîinû Catmi'Sî larnbii paoliol Ad Âafbaiu, FoUo? â^i*

Pauîini Aufonio Epiiloiaic^unda* 7^?^

Pauîirij Aî^roino Epiltoh tsid^ 70^

Pauii.rl Aisfonio Epiflcla qasria» 7!^

Epiîtola Symachi ad Auf^^nium tS-g

Âatonii Qïmen impe^feSum^ 7^*.;

^ AL^ant! dccus omnmmî

È'i :vji€a£iorommb>yFd

Ingens ocsanum ^^idiiiôi ^Itimog

Europx:aE9 afisE uiditî& Aphiis^»

^nfraâiijiram h^^c lua

Non curât tumidi b>Uns

ScylIamîqiK) hûo d'mtia^i pare?*

En en Aafonis parsipmeas comass]

fl8dsnK% Rac€muîos

Donat Pieiidum choro.

LïtemurmihiS hoc munerc r LirJusj

Bacchemur nimium plauabeî,^ Mcros

NamiamïuauiusedaihU;

Ac ail. cil opuiçmi^s*

l-'ac-simUèdii lilre àe V Kviow. d' Av.iuhiis.

DEUXIEME PARTIE XXXI

C. l'Édition d'avantius (1507).

Six ans après la contrefaçon de rédition d'Ugolet, Avantius publiait un nouvel Ausone à Venise; c'était un in-4° intitulé:

AufonillS II PERHIERONYMUMAVANTIUMVERONEN || SEM

AR. DOC. EMENDATVS On lit à la fin du volume, charf.

LXXXIII, au recto : (Impreffum Venetiis per loannem Tacuinum de Tri || dino : Anno Domini. MCCCCC. VII. Die. VII. Aprilis^.

Dans cette édition, Avantius ne suivait pas son propre texte de 1496, mais celui d'Ugolet.

Il explique lui-même, dans une dédicace adressée «MARCO Gornelio. s. m. in Porticu Cardinali », qu'il a ajouté à ce que l'on connaissait d'Ausone beaucoup de pièces inédites, et que, pour le reste, il s'est reporté à rédition d'Ug-olet dont "il s'est attaché à corrig-er les nombreuses fautes dues à la négligence des imprimeurs : «... cum nuper repererim aliquot Aufonii Carmina diu in fitu iacentia : & locis plcerifq3 deprauatiffima : Ea ftatim

(ne prorfus périrent) pro uiribus Emendans reformaui

Iterum enim Emendandum fufcepimus Aufonii codicem non Venetiis fcilicet noftra cafligatione olim Impreffum : fed Tadei Ugoleti beneficio a parmenfibus imprefforibus*- nuper emiffum : hune igitur ut pote locupletiorê Emaculandum adfumpfimus : diligentiam quidam non Tadei : qui uir ifte inter dodlos optimus nequaquam potuit prœltare : fed parmenfium aliorumq3 omnium imprefforum pluribus locis defideramus.. . > Nous n'avons pas à nous occuper des pièces inédites ajoutées par Avantius, et dont il donne la liste à la première page de son édition : « Opéra quae nunc addidimus alias îpreffa fût haec : uidelicet... » (suit la liste). A la

^ Je cite l'édition d' Avantius d'après la collation que M. Jean Larocque a faite pour moi de l'exemplaire de la Bibliothèque nationale {Réserve Y, 14J4 ; au dos du volume, m Y c, 608).

*2 On voit qu' Avantius ne tient aucun compte de la contrefaçon de Venise et qu'il s'occupe uniquement de l'édition de Parme.

XXXII INTRODUCTION

même page, il donne aussi cette indication : « Diétiones emendatae hiït primas duas litteras maiufculas. » Pour la Moselle, en particulier, cette indication n'est pas rigoureu- sement exacte : on peut relever plusieurs corrections au texte d'Ugolet qui ne sont pas signalées par ces deux majuscules initiales.

Il est assez curieux qu'Avantius ne se soit pas préoccupé de se procurer le Lanrentianus, et qu'il ait mieux aimé corriger l'édition d'Ugolet d'une manière conjecturale que de recourir au ms. dont il devait se rendre compte que l'éditeur de 1499 avait tiré un parti insuffisant. J'ai donné la liste des fautes qu'Ugolet a ajoutées à son ms. en le transcrivant néofliffemment : la liste des corrections d'Avantius fera voir que celui-ci a laissé subsister beaucoup de ces mauvaises transcriptions. Un exemple de correction conjecturale prouve bien qu'Avantius n'a pas usé du L : au v. 390, ce ms. a conde, qui est la bonne leçon ; Ugolet en fait crede qui n'a pas de sens. Avantius corrige crede en cède, sans doute par un souvenir de ce passage de Stace: Cedamus, chely (Silv. I, V, 3, V. 1 19). D'autre part, quelques changements o'.i Avantius, en s'éloignant du L et d'Ugolet, rétablit par hasard la leçon du B, du Rh ou du Reg, ne démontrent pas suffisamment qu'il ait usé de ces mss. : p. ex., v. 1 na-iiem (Reg), V. I o 1 fronte (Rh), v. 1 92 prottiUt (B, Rh ';, v . 360 alla- here (Rh), v. 391 neruis (Rh') : s'il avait connu le Rh ou le B, il aurait restitué les v. 407 et 483, et n'aurait pas laissé les V. 418-420 placés entre les v. 445 et 446, comme ils le sont dans le L et dans Ugolet.

C'est donc sans autre secours que sa propre inspiration et avec des succès divers qu'Avantius a corrigé le texte d'Ugolet : toutes ces corrections n'ont pas une égale valeur. Quelques-unes sont des conjectures définitives; d'autres, en plus grand nombre, restituent le texte des mss. ; d'autres encore essaient, sans y réussir, de faire disparaître les absur- dités d'Ugolet. Il en est enfin qui ajoutent des fautes au texte de 1499.

DEUXIÈME PARTIE

XXXIII

Voici les corrections d'Avantius qui ont passé dans le texte de la Moselle:

V. 169 homines (correction définitive à la leçon homintim d'Ugolet et des mss.)-

V. 237 ceptat (correction inutile à la leçon captât, passera dans le texte vulgaire).

V. 261 Ciiiq^ (bonne correction au QnJqi d'Ugolet et aux leçons des mss.).

V. 440 /a^/■^7 (bonne correction au latins d'Ugolet et des mss.).

V. 450 natiis (correction au nati d'Ugolet et des mss., passera dans le texte vulgaire).

Voici la liste des corrections d'Avantius qui restituent soit la bonne leçon des mss. dénaturée dans le texte du L, soit la leçon même du L inexactement rendue dans la mauvaise transcription d'Ugolet^:

Vers Ugolet.

2 1 hacho .

22 lahent2S tacio. 25 uitev.

40 cereres... remis. 45 pretexeris. 73 leta.

80 fédère.

81 œqiiores.

87 thioria.

88 Purpiirifq^... guftif. 96 Spirantem.

99 Surgit & e. 106 ilUpiciim... binonis. 124 Emet... nitore. 1 27 ohfenio pleno. 132 police. 138 corpora agmina.

147 decrefere.

148 balla. '59 trhacia. 160 fluentem.

AVANTIUS.

baccho.

labentis tacito.

uitea.

celeres... reini,

prœtexeris .

lœfa.

fecundœ.

œqitorei.

trihoria.

Purpureifq^... gnttis.

Spirantxim.

Gnrgite de.

illiricum.. . binominis.

Fer net... nidore.

obfonia plebis.

poil i ce.

corporis agmina.

decrefcere,

ballena.

thracia.

flaiientê.

* Je supprime dans cette liste l'indication des majuscules qui indiquent quilquefois les corrections d'Avantius: ainsi l'éditeur de 1597 écrit au V. 173 trepida/QVe.

XXXIV

INTRODUCTION

Vers Ugolet.

16 1 Sitmis.

172 lefa.

173 trépidas.

174 Torrent. 183 fatiros.

185 MemhrafpecTtt. 189 fuenda. 207 excludet.

308 œqiiore.

2ii acliatis... leta.

213 ni II ace.

214 artes. 217 pulfos. 229 redite. 234 fpe6iate. 237 extende. 259 nndœ.

286 Pretoria.

287 fejîiatinn. 292 furentetn. 299 predia.

309 /oco. 330 far os. 332 captate.

350 dignandimi mari.

354 aduôîa.

362 Precipiti.

365 lœfuram.

370 pingua.

374 ^/6/yi.

381 frigumqi... inofellam.

387 eçwî.

391 necis.

399 mcmorabo.

403 prœtejîati.

408 Perfeâîurarum.

414 «(/ modo.

416 Ze^o.

421 mœnibus.

422 tiinâïos.

424 lattis... hijltri. 434 frantia. 439 fédéra.

AvANTl'JS.

trepidafque. Terrent, fat y r os. Membra petût. fruenda. excludit. œquore.

aùîiacis... lœta. niliacœ. arces. pulfus. redire, fpeôlare. extendere. tidœ.

prœtoria. feftiacum. furentum. prœdia. fuco . pharos.

captare.

dignandûqj mari.

adduôîa.

Prœcipiti.

lefuram.

pinguia.

fi tibi.

frugumqj... mofella.

œqui.

neriiis.

inemorabo.

prœtextati .

Prœfeâlurarum.

at modo.

lœto.

mœnibus.

itinâîos.

latiis... hifiri.

francia.

fœdera.

DEUXIÈME PARTIE XXXV

Vers UgOLET. AvANTlfS.

454 qui. quas.

457 nunc. non,

460 Strigentem. Stringetem.

476 letoqi. lœtoq^.

48 1 dextre... ripe. dextrœ... ripce.

A ces nombreuses corrections qui se trouvent dans le texte d'Avantius, il faut en ajouter quelques-unes qui se trouvent dans les Eniendanda {Chart. LXIII-LXVIIl) :

Vers Vers

27 deuexas,?inXiQ\xàe.deuexus. 418 hyaloqj, au lieu de haloq^,

33 murmura, au lieu de mur- texte d'Ugolet, et de

mure. hyalo, texte de l'édition

73 hatid, au lieu de aut. même d'Avantius.

Malgré toutes ces améliorations, il reste encore beaucoup de fautes qu'Avantius aurait pu aisément faire disparaître-, certaines nous frappent d'autant plus qu'elles subsistent à côté de mots heureusement corrigés : ainsi, v. 1 24, Avantius conserve famofis, alors qu'il a corrigé efiiet et nitore; V. 138, il conserve /o/ï, au lieu d'admettre /o/mw, alors que corpora a été changé en corporis; v. 454, qui est corrigé en qims, mais tanto subsiste; v. 458, horea se lit à côté de non qui a bien remplacé nunc.

Voici la liste des passages oîi Avantius a essayé sans y réussir complètement, mais en faisant souvent preuve d'une finesse ingénieuse, de donner un sens aux leçons absurdes d'Ugolet :

Vers Ugolet. Avantius.

1 1 clinteaji [ ] inclita. climeaft donins iiiclita.

43 tuos... in amne reciirfam. tiio... in anine recitr/uin.

44 f^g^^i^- fegnes. 65 ingenis. ingenitis.

86 prœtenero fert imegejluf prœteneris fert imegijîtis ari- arijîif. Jlis.

113 ad médium pinguefcis. ad médium] ]pingue/cis.

114 Vfqjad. Vfqjdfttd. ii-j facilis ejl. facile efl.

XXXVI

INTUODUCTION

Vers UcOLET.

123 lattis.

167 feruitt cultoribus.

168 Et ruhens.

182 Et ciiin fultanief. 189 conclaueus. 236 pretendat. 246 fenafignis. 249 efcis... letabilis. 312 cedro infafligia. 324 VUatenus. 390 crede.

AVANTIUS.

feriint [ ] cultoribus.

Terra rubens. Et con/ultantes. conclaufus. prœtendit. femina lignis. efcœ... lœtabilis. cedro [ ] in fafligia.

Villa tenus, cède.

Souvent, il tente de réformer l'orthographe, corrigeant p. ex. prelia en prœlia (v. 2 1 2), incœfti en incœjli (v. 3 1 4), etc.

Il faut également remarquer l'emploi peu utile d'une parenthèse aux v. 467-468 (dominœ... adorato). Dans les Eniendanda, Avantius reconnaît le manque de sens de la fin du V. 66 qu'il écrit comme Ugolet : lutoq^ latofq^; il met en note : «falfutn eji id Jiemijiichiiini ». Il corrige aussi dans ces Eniendanda quelques fautes qui s'étaient glissées dans le texte : v. 435 habebere limes (texte : habere limes) \ V. 118 gujtus iners (texte : gujîjts ineris)\ v. 274 Qîios impos damai (texte : dami). Mais, dans ces Emendanda eux-mêmes, il ajoute des fautes : v. 28 Vt fluuios uitreofqj (au lieu de Vt jîuuius iiitreoq3)\ v. 431 largitor titrinq^ (au lieu de iitriq^)\ v. 304 Clara fyracufii (retour au texte d'Ugolet, au lieu de Clara fyracofi).

Avantius d'ailleurs, en outre des fautes du texte d'Ugolet qu'il laisse subsister, en ajoute quelqvies autres, qu'il faut attribuer soit à la négligence de l'imprimeur, soit à de malencontreux essais de correction :

Vers

1 nauein (Reg). 39 fortire (L). lOi fronte (Rh). 1 50 liquidus. 192 protulit (B,

Rh'). 232 nuitix.

Vers

245 augmine. 270 lœtiiB.Rh). 31 0 alicit. 321 agere.

345 liic.

346 Jhnulachra{W). 360 allabere (Rh).

Vers

363 lœuia...faras. 367 Nauiget. 441 cefamq^. 448 tanta nieri...Jî. 461 Saxona. 469 Gorniger.

DEUXIEME PARTIE XXXVII

Je mentionne à part, à cause de son importance, une variante qui doit être une faute d'impression : v. 442,Ugolet écrit leta : Avantius, qui corrige toujours leta en lœta (cf. V. 73, 123, 172, 211,416, 476) admet ici, par erreur, je pense, Za^aj mot qui a un sens, et qui passera dans la Juntine et l'Aldine.

On voit qu'il reste encore bien des fautes dans la Moselle d' Avantius : mais l'éditeur de 1507 donne quelques corrections définitives; il arrive souvent à rétablir les vraies leçons, et quand il n'y réussit pas, il a le mérite de l'avoir essayé, ou tout au moins de faire naître des doutes sur l'authenticité d'un texte qu'Ugolet admettait sans scrupules. Il semble difficile de mieux user qu'il ne l'a fait de la détestable édition d'Ugo- let, plus mauvaise souvent que le Laurentianus lui-même.

Après l'édition de 1507, il fallait que la connaissance d'un ms, plus correct que le L permît à un nouvel éditeur de faire mieux.

II

Editions fondées sur un manuscrit inconnu,

qui diffère du Laurentianus

et qui procède du Sangallensis et du Rhenaugiensis.

ÉDITIONS D'ASCENSIUS, DE R. CROCUS, DE JEHAN PETIT.

Ce sont les éditions d'Aleander qui succèdent à la deuxième publication d' Avantius. Girolamo Aleandro, en 1480 dans la Marche-Trévisane, vint en France au prin- temps de l'année 1508, muni de lettres de recommandation d'Erasme qu'il avait connu à Venise. Il fut nommé recteur de l'Université de Paris (1508). Rentré plus tard en Italie, il devint secrétaire de Léon X (1513), bibliothécaire de la Vaticane ( 1 520), archevêque de Brindes, cardinal, et mourut à Rome en 1542. C'est pendant son séjour à Paris qu'il fit

XXXVIII

INTRODUCTION

paraître avec Taide de son élève Michel Humelberg, chez lodocus Badius Ascensius, la première édition française d' Ausone, en i 5 1 1 ^ Deux autres éditions furent données en 1 5 1 3 et en 1 5 1 7 : il y a peu de différences entre ces trois recen- sions. Peiper dit de l'édition de 151 1 : < Rcpefita est hacc editio Parisiis, A. 1513 et 1517, paucis tantitui mutatis. » De retour en Italie, à partir de 1513, Aleander n'a pu évidemment surveiller l'impression des éditions d'Ausone de 1513 et de 1517. Quant à la part qu'il a prise à l'édition de 151 i, il est assez difficile de la distinguer nettement : j'ai dit plus haut, suivant la tradition ordinaire, rapportée en dernier lieu par Peiper ^^ qu' Aleander fit paraître la première édition française d'Ausone avec l'aide de son élève Michel Humelberg. Chevillier (L'origine de VImi>rimeric de Paris, Paris, 1694, p. 252) rapporte au contraire l'hon- neur de cette édition au seul Humelberg. Voici, tel que Maittaire le cite {Annales Typographici, t. II, pars I, Hagœ Cotnitîim, 1722, p. 306) le passage de Chevillier : « Cette même année (ann. i^ii, intelligit uti ex antedi6îis conjicio)y un Savant nommé Michel Humelberge entreprit de travailler sur VAtifone qu'il fit imprimer in-4" \)3.x Jojfc Bade, après l'avoir revu & corrigé fur plufieurs Manufcrits ; il avoua qu'il reftoit encore dans ce Poëte plufieurs endroits obfcurs, qui avoient bien befoin d'être éclaircis & expliquez par quelque habile homme. Aléandre promit de le faire publiquement dans ses Leçons : Non inficiamiir nonpaiica in omnibus Aufonii Codicibiis tnenda inveniri magna digna vindice : qtiœ Hieron. Aleander vir omni laiidum prœfatione major, diim hœc imprimerentur, alibi occii- patus, Jibi in publico refervat audit iorio difciitienda. » Je crois que Chevillier fait une confusion : la citation qu'il donne est tirée d'une note qui accompagne les Castiga-

Josse Bade, en 1462, près de Bruxelles, au village d'Asschc, d'où son surnom à' Ascensius, fonda à Paris, vers 1500, une célèbre imprimerie qu'il dirigea jusqu'à sa mort (1535). Il eut pour gendres Robert Estienne et Michel Vascosan.

V Die handschriffliche Ueberlieferiing, etc., pp. 210-211.

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<^<l?»

DEUXIÈME PARTIE

tior.

XXXIX

dont Humelberg a faitsuivTe r édition de 1 5 1 1 : cette 'on trouvera plus loin, reproduite dans son intégrité prouver, non pas, comme le dit CheviUier, qu'Humell 1 auteur de l'édition dont il espère que les endroits seront expliqués par Aleander, mais au contraire qu hmelberg s'est chargé, en Tabsence d'Aleander qui a prepre le texte, de faire paraître l'édition et d'v apporter des orrections provisoires que le véritable éditeur rendra denr. ives et complétera, quand, de retour à Paris, il pourra en l..e 1 objet de son cours public. Fixé en Italie, Alean- der n devait plus reprendre ce cours qu'il avait fait, dit le perc iicéron, .avec tant de fuccès et d'applaudiffemens .. .\ou .avons que Michel Humelberg (Michael Humelber- gius^avenspurgensis), à Ravensburg en 14S7, fut un elev et un ami d'Aleander : mais nous ignorons s'il eut quelue part aux éditions de 1513 et de 1517. Dans la ae la première de ces éditions, préface reproduite en :., de la deuxième, Josse Bade attribue tout l'honneur des aiéhorations apportées au texte à un certain Homedeu^ qm «rait mis à profit les notes et l'enseignement oral d Alender. Quel est cet Homedeus? Je n'ai trouvé sur son comfe aucune mdication. Quant à Aleander, ses princi- pauxbiographes, Bayle ^ et le père Nicéron •% qui s'oc- cupet en détail de sa vie et de ses œuvres, ne disent rien de SQ édition d'Ausone ^K

yitiioHHaire historique et critique; article Alea»dre (Jérôme)

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Jh - hJc^? , ' '^^."^'-'"d^'- «î^el avait été le rôle d'Homedeus et b": lôfv 'k préparation des éditions d'Ausone imprimée!" hez Bad. [. Jovy a bien voulu me répondre en ces termes: . Mal^ÏÏ-actives r- je ne suis pas arrivé non plus à démêler d'une iÇon rrSte

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XXXVIII INTRODUCTION

paraître avec l'aide de son élève Michel Humelberg, chez lodocus Badius Ascensius, la première édition française d' Ausone, en 1 5 1 1 V Deux autres éditions furent données en 1 5 1 3 et en 1 5 1 7 : il y a peu de différences entre ces trois recen- sions. Peiper dit de l'édition de 151 1 : <' Repetita est hacc editio Parisiis, A. 1 5 13 et 1 5 1 7, paucis tantuni niutatis. » De retour en Italie, à partir de 1513, Aleander n'a pu évidemment surveiller l'impression des éditions d' Ausone de 1513 et de 1 5 1 7 . Quant à la part qu'il a prise à l'édition de 151 1, il est assez difficile de la distinguer nettement : j'ai dit plus haut, suivant la tradition ordinaire, rapportée en dernier lieu par Peiper*", qu' Aleander fit paraître la première édition française d' Ausone avec l'aide de son élève Michel Humelberg. Chevillier {L'origine de l'Imprimerie de Paris, Paris, 1694, p. 252) rapporte au contraire l'hon- neur de cette édition au seul Humelberg. Voici, tel que Maittaire le cite {Annales Typograjihici, t. II, pars I, Hagœ Comitum, 1722, p. 306) le passage de Chevillier: « Cette même année (ann. iSii, intelligit uti ex anfediâiis conjicio), un Savant nommé Michel Humelberge entreprit de travailler sur VAufone qu'il fit imprimer in-4'^' ^3.v Jojfe Bade, après l'avoir revu & corrigé fur plufieurs Manufcrits ; il avoua qu'il reftoit encore dans ce Poëte plufieurs endroits obfcurs, qui avoient bien befoin d'être éclaircis & expliquez par quelque habile homme. Aléandre promit de le faire publiquement dans ses Leçons : Non inficianmr nonpaiica in omnibus Aufonii Codicibiis nienda inveniri magna digna vindice : qitce Hieron. Aleander vir omni landum prœfatione major, diim hœc iniprimerentiir, alibi occii- patns, fibi in publico refervat auditiorio difciitienda . » Je crois que Chevillier fait une confusion : la citation qu'il donne est tirée d'une note qui accompagne les Castiga-

Josse Bade, en 1462, près de Bruxelles, au village d'Assche, d'où son surnom i!i Ascensius, fonda à Paris, vers 1500, une célèbre imprimerie qu'il dirigea jusqu'à sa mort (1535). Il eut pour gendres Robert Estienne et Michel Vascosan.

^^ Die handschriftliohe UeberUcferutig, etc., pp. 2io-2n.

DEUXIÈME PARTIE XXXIX

tiones dont Humelberg a fait suivre l'édition de i 5 1 1 : cette note qu'on trouvera plus loin, reproduite dans son intégrité, semble prouver, non pas, comme le dit Chevillier, qu'Humel- berg est l'auteur de l'édition dont il espère que les endroits obscurs seront expliqués par Aleander, mais au contraire qu'Humelberg s'est chargé, en l'absence d'Aleander qui a préparé le texte, de faire paraître l'édition et d'y apporter des corrections provisoires que le véritable éditeur rendra définitives et complétera, quand, de retour à Paris, il pourra en faire l'objet de son cours public. Fixé en Italie, Alean- der ne devait plus reprendre ce cours qu'il avait fait, dit le père Nicéron, «avec tant de fuccès et d'applaudiffemens ». Nous savons que Michel Humelberg (Michael Humelber- gius Ravenspurgensis), à Ravensburg en 1487, fut un élève et un ami d'Aleander : mais nous ignorons s'il eut quelque part aux éditions de 1513 et de 1517. Dans la préface de la première de ces éditions, préface reproduite en tête de la deuxième, Josse Bade attribue tout l'honneur des améliorations apportées au texte à un certain Homedeus qui aurait mis à profit les notes et l'enseignement oral d'Aleander. Quel est cet Homedeus? Je n'ai trouvé sur son compte aucune indication. Quant à Aleander, ses princi- paux biographes, Bayle | et le père Nicéron V, qui s'oc- cupent en détail de sa vie et de ses œuvres, ne disent rien de son édition d'Ausone ^5.

^ Dictionnaire historique et critique; article Aleandre (Jérôme).

*i^ Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres dans la République des lettres, t. XXIV, Paris, M. DGC. XXXIII., article Aleandre l Ancien (Jerosmej, pp. 261-270.

V Voir sur Aleander une intéressante étude de M. P. de Nolhac : « Le grec à Paris sous Louis XII. Récit d'un témoin. » (Revue des Études g-recques, tome I, i, janvier-mars 1888.) Dans cette étude, M. de Nolhac annonçait un ouvrage sur la carrière littéraire d'Aleander, que M. Ernest Jovy préparait au moment l'étude a paru. J'ai eu recours à l'obligeance de M. Jovy pour lui demander quel avait été le rôle d'Homedeus et d Humelberg dans la préparation des éditions d'Ausone imprimées chez Bade. M. Jovy a bien voulu me répondre en ces termes : « Malgré d'activés recherches, je ne suis pas arrivé non plus à démêler d'une façon précise le rôle d'Aleandro et celui d'Humelberg dans la préparation des diverses éditions d'Ausone données par Badius et à établir l'identité de l'Homedeus dont parle la préface de Josse Bade. »

XL INTRODUCTION

Il suffit de jeter les yeux sur le texte de la Moselle, tel qu'il se trouve dans l'Ascensiana, pour avoir la certitude qu'Aleander a consulté un manuscrit autre que le Laiiren- tianus : car il restitue les vers 407 et 483 et met à leur vraie place les vers 4(8-420. Il a déjà été dit que, d'après Schenkl, Aleander lui-même affirmerait avoir usé d'un ms. du monastère de St- Victor; la petite histoire de Schenkl est quelque peu romanesque : le savant philologue viennois possède un exemplaire de la Juntine sont ajoutées quel- ques feuilles de papier contenant des notes et des variantes ; dans ces feuilles il est parlé d'un « vetiistus codex e biblio- theca divi victoris in suburbano parisiis erutiis, in qiio Ausonianae niosellae statitn subditur hoc de rosis £io6)vMov.» Qui donc, dit Schenkl, pourrait, excepté Alean- der, parler de ce manuscrit du monastère de St-Victor, se trouve la Moselle? Sans doute les feuillets manuscrits ajoutés à cet exemplaire de la Juntine ne sont pas écrits de sa main; mais ce doit être une copie de ses notes j. Cette argumentation ne me semble pas concluante; elle n'a pas davantage convaincu Peiper, très sceptique à l'endroit de ce ms. de St-Victor, dont il n'est question nulle part. Le dernier éditeur d'Ausone se fonde sur la ressemblance des leçons du Sangallensis avec celles de l'Ascensiana pour supposer que Michel Humelberg a simplement transcrit à l'usage d' Aleander les leçons du Sangallensis, et que, dans l'Ascensiana, la Moselle n'est fondée directement sur aucun ms. y.

Avant d'essayer d'établir sur quel ms. le texte de la Moselle a été établi par Aleander, je crois utile de recher- cher quelles corrections ce texte a subies dans les diverses éditions de l'Ascensiana. L'édition de 151 7 est seule citée dans la <i.Dissertatio» qui précède l'édition in usum Del-

^ Ausone, édit. Schenkl, Prooemium, pp. XXXV-XXXVI.

VAusone, édit. Peiper, Praefatio, pp. LUI et LVIIL. Peiper identi- fierait-il Horaedeus et Humelberg? C'est ce qu'on doit peut-être conclure de cette phrase (p. LUI de la Praefatio) : <: Ex S Gallensi Mosellae lectio- nes Alaandri in usum Homedeus (M Humelberg) ipse exscripsisse uidetur.»

DEUXIÈME PARTIE XLI

phini, dans la uBibliotheca latina inediœ et infimce latinitatis r, de Fabricius, et dans la <' Notitia literaria » qui précède Tédition bipontine. Bœcking, dans W Index codicum et manu scriptorum et editoriim» qui précède son édit. de la Moselle, publiée en 1845, donne le titre des deux exemplaires de TAscensiana qu'il a eus entre les mains : ce sont deux in-4''; voici la désignation du premier :

Aufonii Pasonii Burdegalenfis Medici Pœtae || Auguftorum pr^ceptoris Viriq3 j] confularis : opéra diligenter cafti || gâta et in pulcherrimum ordinem [| e priftina confufione H reftituta: in offi- cina 11 Afcenfiana. (Prelû Afcënfianû.)

On lit à la fin du volume :

LVTETIAE Parisiorvm || M. D. XI. il Ex Edibus Afcenfianis.

Voici la désignation du second :

D. Aufonij Bur [] degalehfis Poetee.... !] ..opéra diligentius iterû caftigata, & in meliorem ordinë || per quinq3 Tomos reftituta || ... ...(Prelû Afcëfianïï) [] Vaenundatur in Officina Afcenfiana.

On lit à la fin du volume :

Afcenfiana Ad eidus lulias. Anno. M. DXVII.

Parmi les textes de la Moselle qu'il regrette de n'avoir pu se procurer, Bœcking cite deux éditions d' Ascensius. : l'une de 1513, l'autre de 1516. Cette dernière n'existe pas; Badins Ascensius a simplement édité en 1516 «Griphi Aufoniani Enodatio, per Francifcum Syluium Ambianatem » . Bœcking se trompe quand il dit avoir trouvé l'indication de cette édition de 1 516 (Paris. 4°. ex aedib. Ascensian.1516) dans la Notitia literaria de Ausonio imprimée en tête de la Bipontine. On lit simplement, à la page XXI de cette Notitia : « 1 5 1 6 Par if. 4. ex aedibus Afcenfianis édita Enoda- tio Griphi.» L'édition de 1513 existe bien. Le titre est à peu près semblable à celui de 1 51 7 ; et il n'y a dans la men- tion finale que cette différence : Ascenjiana ad Kalendas Octobris. M. DXIII.

VI

XLII INTRODUCTION

Je n'ai pu me procurer l'édition de 1511 : j'en cite les leçons d'après Bœcking que j'ai toujours trouvé exact dans ses relevés de variantes des éditions que j'avais entre les mains. Peiper a bien donné une collation de l'Ascensiana de 151 1 et de l'Aldine^ Mais les grossières errevirs qu'il commet à propos de l'Aldine m'interdisent d'ajouter aucune créance aux leçons de l'Ascensiana citées par lui. Il lit en effet dans l'Aldine :

Vers Vers

68 calydcniis , au lieu de 198 confiidit,3Xi]ieViàQConfun-

Calydonijs, dit.

84 caeruleos, au lieu de caerii- 207 exchidet, au lieu de exclu-

leo; fluitantes, au lieu dit.

de fiuitanteis . 242 piscis, au lieu Aq pi/ces.

'93 profundit, au lieu de pro- 278 captas, au lieu de carptas.

fundi. 392 otis, au lieu de otij.

Je dois à M. Jean Larocque la collation des deux éditions de 15 13 et de 151 7 : la première, d'après l'exemplaire de la Bibliothèque Mazarine; la seconde, d'après celui de la Bibliothèque Nationale.

Voici la description de l'édition de 1513 :

Le volume, in-4" parch., a porté les n°^ 17411, 10579. ^ est maintenant catalogvié, comme édition du xv° siècle (grâce à VAusone d'Ugolet qui y est contenu), avec le n^g 1 9.

Il contient en effet :

AusONE.EcZ. Ugolet. 149g.

Ed. AscENSius. I SI 3-

Edyllion de refurrectione a Fr. Sylvio expojititm. i ^iS.

Precatio matutina a Fr. Sylvio explicata. ij;iS.

Titre de l'Asc. 1513 :

Aufonii Peonii Biirde || galenfis Poetce : Auguftoi| precep- toris : viriq3 confularis || opéra diligentius cafligata & in meliorem ordinem per || quinque Tomos reftituta. |1 In quom primo funt epigrammata. || InfecundoEdylIia. \\ In tertio Epiftolse. |j In quarto

Die handschriftliche Ueberlieferung, etc., pp. 218-220.

DEUXIEME PARTIE

XLirt

Gratiarûadliones. Ludusfapientum. Catalo || gus vrbium nobilium. Labores Herculis. Ccefarum. Xiï. || defcriptiones. || In quinto Ilia- dos & Odyffeae Homeri in fingulos libros || periochas.

Prelu Ascesianu

On lit au verso du titre :

lodocus Badius Afcenfius : oibus politioris littératu- re ftudiosis : Salutem.

^^ Lurimum quidem debes iuuëtus ftudiofa

PHieronymo Aleandro : viro (vt nofti) im- pël'e doéto : qui primus Aufonio Burdega- len. Poetae lepidifûmo, non folum nalum, vngues, capillos, & id genus membra vetu- I ftati obnoxia reltituit ; verïï etiam caput ip-

fum cum pedibus, bonaqj reliqui corporis parte temporis eda- citate & faeculoril incuria atqj iniuria ablumptil reformauit : plus tamen eidë debitura : vbi quod olim côcepit «& iampridë parturit (quod propediem futuril fperam') pariet : luculëtas videlicet enarrationes in eiufdë Aufonii tenebras. Interea aïît grati animi fignificationë faciès Homedeo 2. diligëter ab ipfo Aleandro adnotata, aut ex eius pre legentis ore excepta aut diuini ingenii bonitate a fe reperta : fie concinauit : vt Aufo- niane integritati parum deeffe merito conquerare. Boni itaq3 confules : & quod premonui gratum lectorë âges. Vale. Kalë- dis Octobris. M. D. XIII.

Le texte de la Mosella commence à la dernière ligne de la charta XXVIII, v°; il est en rom. minusc: «Mofella Aufonii accuratiffima recognitus cenfura. »

Le poème occupe la suite jusqu'au milieu du r" de la charta XXXVIII.

A la fin du volume (charta CXII, r°), on lit après le mot Finis :

CHabes ledor Lucubrationes Aufonianas & infertitias longe emendatius ac prius impreffas : in chalcographia Afcenfiana Ad Kalendas Odtobris. M. D. XIII.

$ »

§onî|l5ur

degaienfisPoers : AûguftorumPrarcqjton'stvirf^ Confu;*

îlarisop:radilfgentiusircmcaftîgata,acm mcliorcm orcjinc

^r qiîin<^ Tomos rf lîituta.

In quorum primo funt Epigraramara,

Infecundo Edyllia»

In tertio Epiftoîa:*

In quarto Gratiariisaîones^Iudus Sap{entum»CataîogiîS

vrbium nobilium^Labores HcrcuIis.Cçfarumtxiiidcrcf ipcio

nés»

In quîntolliados S^OJyfTeœ Homcri in fîngulos libres Pcni

fioch««

Va:nundantur in Ofïïcina Afccnfiana,

Fac-simih' du litre Je /'Ascenciana de j/77

DEUXIEME PARTIE XLV

On trouvera ci-contre le fac-similé du titre de l'édition de 1517, d'après l'exemplaire de la Bibliothèque Nationale qui porte au dos du volume: Inv. Réserve, m Y. c. 609, plus bas Y 4- 1466, et au catalogue : 1466 D. Ansonii opéra, diligeiitius castigata à lod. Badio Ascensio. Parisiis. lodocus Badins Ascensitts . 1 51 7, in-4°. Au verso du titre on lit la lettre de lodocus Badius Ascensius qui se trouve dans l'édition de i 5 13, avec lamême date, calendes d'octobre 1513.

J'ai entre les mains une curieuse contrefaçon de l'Ascen- siana de 151 7, qui appartient à M. Dezeimeris. C'est un volume in-40 qui parut également en 1517, le 8 août, chez le libraire Jehan Petit. En voici le titre exact :

Aufonii Peonij Bur || degalenfis Poetas. Auguftorum pre- ceptoris : viriq; confula || ris opéra diligentius caftigata & in meliorem ordinem per || quinq; Tomos reftituta |i In quorum primo fimt epigrammata. || In f^cundo Edylia ^. || In tertio Epiftolœ. || In quarto Gratianmi aéliones. Ludus fapiêtum. Catalogus [| vrbimn nobiliuj. Labores Herculis. Ccefarum. xij. defcriptio |i nés. || In quinto Iliados & Odyffeas Homeri in fmgulos libros péri- |j ochae.

Au-dessous de ce titre se trouve la marque de Jehan Petit. On lit à la fin du volume (Charta CVI, r°), après le mot Finis :

(Habes câdide leélor Lucubratiôes Aufonianas & ïfer- 1| titias longe emendatius ïpreffas : in chalcographia lohan |1 nis Petit Adum die odaua menfis Augufti. M. D. XVII.

Cette édition, qui porte le nom et la marque de Jehan Petit, l'imprimeur bien connu, est évidemment une contre- façon, car on lit au verso du titre : C lodocus Badius Afcensius : omnibus politioris littérature ftudiosis. Salu- tem. Suit la préface Ascensius expose dans un style bizarrement pédantesque qu'Aleander a rendu à Ausone mutilé son nez, ses ongles, ses cheveux, etc. Cette préface est, à quelques' différences d'orthographe près, exactement

Sic pour Edyllia.

XLVI INTRODUCTION

la même que celle qui précède les éditions authentiques d'Ascensius. Mais la date (calendes d'octobre 1513) manque dans l'édition de Jehan Petit. Dans le volume de M. Dezeimeris se trouvent d'autres ouvrages, en particulier « Hesiodi Ascrei opéra et dies », imitation en hexamètres latins, et « Pomponii Leti, viri clarissitni opuscula » : ces deux éditions portent la marque de Jehan Petit et sont l'une et l'autre précédées de préfaces de Badius Ascensius,

La contrefaçon de VAusone d'Ascensius doit être fort rare, peu connue en tous cas : car Bœcking qui cite toutes les éditions d'Ausone se trouve la Moselle, qu'il a pos- sédées ou qu'il a eu le regret de ne pouvoir se procurer, n'en dit rien. Je n'en trouve mention nulle part : ni dans la liste des éditions d'Ausone, donnée par Bayle, ni dans Fabricius, ni dans Souchay, ni dans la Notitia de la Bipon- tine, ni à l'année 151 7 des Annales typographici de Maittaire '. Dans les Kritische Nachtràge de son édition de la Moselle, Tross dit qu'il a pu se servir d'un exemplaire de l'Ascensiana de 1517 : les variantes qu'il en donne prou- vent qu'il avait entre les mains l'édition de J. Petit.

C'est l'Ascensiana de 151 7 que je prendrai pour type commun des éditions sorties des presses de lodocus Badius Ascensius, afin de déterminer quels progrès cet éditeur a fait faire au texte de la Moselle. Cette édition sera désignée sous le nom d'Ascensiana dans les pages qui suivront. Aussi, je crois utile, pour mettre en évidence les progrès effectués dans les diverses réimpressions de l'Ascensiana, de donner un tableau des variantes des éditions de 1 5 1 1 , 1513, 151 7. Comme l'édition de Jehan Petit est peu connue et semble très rare, je ne crois pas inutile de donner le relevé des variantes de cette contrefaçon par rapport aux trois textes authentiques d'Ascensius. On trouvera donc

^ M. J. Larocque me signale l'existence, à la Bibliothèque Mazarine, d'un exemplaire de l'édition de Jehan Petit, dans un volume qui porte au catalogue le n" C 10560, et qui commence par une édition de 1506 du De Remedio Amoris.

DEUXIExME PARTIE

XLVII

dans le tableau suivant les variantes des quatre éditions parisiennes de 151 1, i 513, juillet 151 7 et août 15 17. (Je ne tiens pas compte des simples différences d'orthographe qui résultent de conventions typographiques ; par exemple Cânas au lieu de Cannas, qtiondâ au lieu de quondam, injîeteq^ au lieu de infietœq^, etc.).

Vers AscENSiANA 1511.

ASCENSIANA 1)13.

ASCENSIANA 1517.

Édit. de Jehan Petit.

I Nauam.

id.

id.

Nauem.

3 latias.

id.

id.

lateas.

6 nulla.

id.

id.

nullum.

8 Dumniffum.

Z)uw Niffuin.

Dumniffum.

Dum Niffum.

1 1 inclyta.

id.

id.

inclita.

13 fudus.

id.

id.

fydus.

14 con/ertis.

id.

id.

conferta.

15 cœlum.

id.

id.

cœlum.

16 vi fenjibus ^.

vifentibiis.

id.

id.

18 ni tentes y.

nitentis.

id.

id.

2i colles.

id.

id.

cornes.

28 imitât e.

id.

id.

imitare.

35 fperante*^ .

fuperante.

id.

id.

47 Siccain primo

Sed Jicca . . .

Sed Jicca...

Sedjicca... af-

refpergit

afpergit...

afpergit. . .

pergit. . . lyni-

vejîigia lym-

lyniphas .

lympha.

phas.

phas y.

65 Vfq;... herbœ.

Vtq;... herbœ.

Vtq;... herbœ.

Vfq;... herbœ.

67 viridem.

id.

id.

viridens.

7 1 Delitiafq; .

id.

Deliciafq; .

Delitiafq;.

74 herba.

hqrba.

herba.

herba.

76 Interludentes.

id.

Interludentes.

. Interludentes.

84 ceruleos flui-

ceruleo flui-

id.

id

tantibus y.

tantibus.

ivi

86 prœteneris y.

prœ tenero.

id.

id.

104 Prœfignis.

id.

id.

Prejignis.

105 opimatoq;

id.

id.

opinatoq;.

106 illiricTi.

illyrictim .

Illyriciim.

illirycum.

n2 perducit.

id.

id.

perdidit.

^ En marge : aliter vifentibus. "[^ Dans les Castig., nitentis. ^3 Dans les Castig. , fuperante.— ^4 Dans les Castig. , Sed licca vel Sicca fed in primo afpergit veftigia lympha. V Dans les Castig., ceruleo fluitantes. «6 Dans les Castig., pretenero. Après le v. 95, le v. 93 est répété dans VAscensiana de 1511. "Les Castig. relèvent cette faute qui ne se trouve plus dans les autres éditions d'Ascensius, ni dans celle de Jehan Petit.

XLVIII

INTRODUCTION

Vers AscENSUMA ijit.

117 tnullis.

128 vtrunq;.

140 moliris.

144 atlantiaco.

153 baccheia.

154 Ion go.

158 pangealyeo.

1 59 thracia.

168 amnis.

169 deleôlat.

170 agrejies fa-

tyros. 172 panas. '75 furatœ. 176 oreiadas.

182 /«a ^er.

183 mer/are... ru-

hidufq; ^. 187 pro parte. 193 Hefperus. 20 1 fulmine ^*. 204 Pupibus, 208 Cuntano. 214 Leucados. 2i6 cutnbce. 218 Jîculo...fpe6îa-

ta. 224 rf?de_g"zY ^î. 227 Jimulachra.

231 /a^e.

232 charœ.

lyj Vibratos cap- tas ]+. 240 facilis.

254 nutans.

255 excufam flri-

denti.

258 adjibilitat.

259 t;o?cb. 276 claucus.

ASCENSIANA 1513.

ASCENSUNA

1517.

Édit. deJnriAN Petit,

id.

id.

mtilis.

vtrumq;.

vtrunq;.

vtrumq,-.

id.

id.

molliris.

id.

id.

athlantiaco. '

id.

id.

bacheia.

id.

id.

longos.

Pangea lyeo.

Pangea

Lyeo.

Pangea lyeo.

id.

Thracia

thacia.

id.

id.

emnis.

id.

id.

deleâiat.

agrejies

Sa-

egrejles fa-

id.

tyros.

tyros.

id.

Panas.

panas.

furata e.

id.

furatœ.

id.

Oreiadas.

oreiadas. .

id.

id.

fuper.

merfare... ru-

id.

merfere... ru-

dibufq;.

dibufq;. .

id.

id.

parte.

id.

id.

Hefpereus.

fluinine.

id.

id.

Puppibus.

id.

id.

id.

id.

Cnmano

id.

id.

Laucados.

id.

Cumbœ.

cumbœ.

id.

Siculo...

fpec-

ficulo... fpec-

tante.

tata.

redigit.

id.

id.

id.

Jimulacr

a.

fimtdachra.

id.

id.

lete.

id.

id.

cherœ.

Vibratis cap- tos.

id.

id.

id.

facileis.

facilis.

id.

id.

niutans.

excufam tri-

excujfam

lîri-

excufam tri-

denti.

denti.

denti.

adjibilat.

id.

abfibilat.

vde.

vdœ.

vide.

Glaucus.

id.

id.

Dans les Cas^i^., rudibufq;. —^ Dans UsCastig., flumine. V Dans les Castig., redigit. ^4 Dans les Castig., captât cod. habêt cœptat.

DEUXIEME

PARTIE

XLIX

Vois AscuNsiANA i;ii.

ASCENSIAN.V I',I5.

AsCIiNSIANA 15 17.

Edit. Je Ji;iiAN Pi:tit

281 Nereos.

id.

id.

Nerips.

288 quis.

id.

id.

qui.

289 calcedonio.

calchedonio.

Calcedonio.

calchedonio.

304 fyracofij.

Syracofij.

id.

Syracufij .

3 '3 ipfe-

ipfa.

id.

id.

316 corus achafes.

id.

Corus Achates corus achates.

321 natiira.

id.

natiui.

«aiwra.

322 procurentis.

prociirrentis.

id.

id.

329 œthere.

œthera.

id.

id.

337 fii-hflinaa\

fubjlru6îa.

id.

id.

356 gratificata.

id.

id.

gratificato.

359 eruhrus.

Eruhrus.

id.

Erubus.

360 arf/atiere^^.

adlambere.

id.

id.

368 To^a.

id.

id. V

id.

3^0 /ï^c tacitam...

/ïoc tacitum...

Aoc tacituui...

hoc tacitum...

pingua ^•^.

pingua.

pin gui a.

pingua.

3-7-7 thybris.

Thybris.

Tybris.

Thybris.

385 concejfiit.

concejjit.

id.

id.

388 veterefq; illu-

id.

veteres qui

veterefq; illu-

Jîrat.

lujîrat.

firat.

389 fpaciatus.

fpatiatus.

id.

id.

396 fubrili.

fubtili.

id.

id.

403 prœtextati.

prœtexati.

prœtextati .

prœtexati .

409 popitliq;.

id.

populumq;.

populiq;.

413 re.ddat.

id.

reddet.

reddat.

414 amodo ^>.

a^ modo.

id.

id.

415 dilatet^^.

dilata.

id.

id.

429 nihil.

nil.

id.

id.

441 pirenen.

Pyrenen.

id.

id.

464 durauide... vo-

■ Duranide...

id.

id.

latils.

volutus.

465 pojlponat.

pojlponet.

id.

id.

469 celebranda.

id.

celebrande.

celebranda.

483 garunnœ.

Garunnœ.

id.

Garumnœ.

Cette liste de variantes montre que les différences entre ces quatre éditions ne sont pas considérables. On a vu que certaines erreurs de l'édition de 1 5 1 1 sont corrigées dans

^ Dans les Castig., fubftruifla. ^^ Dans les Castig., adlambere. *5 En marge, Torta. '4 Dans les Castig., hoc tacitum. ^J Dans les Castig., at modo. ^6 Dans les Castig., dilata.

VII

L INTRODUCTION

des Castigationes. Ces Castigationes se trouvent à la fin du volume, à la suite du mot Finis, précédées de ce titre : « Caftigationes errorum infigniorum quos inter imprimen- dum opifices prae nimia celeritate admiferunt », et suivies de cette conclusion :

Michael Humelbergius. R. Ledori. S.

Hœc obiter recognouimus omiffis quibufdam labeculis, quas unufquifq; vel femidochis ledor per fe caftigare poteft. Non infi- ciamur tamen non pauca in omnibus Aufonij codicibus menda inueniri magno digna vindice : Quœ Hieronymus Aleander vir omni laudum prefatione maior Dum haec imprimerentur alibi occupatus fibi in publico referuat auditorio difcutienda.

VALE candidilïime Ledlor.

LVTETIAE PARISIORVM

M. D. XI.

Ex edibus Afcenfianis.

La plupart de ces Castigationes, pour ce qui a rapport au texte de la Moselle, sont bonnes : une, cependant, est inutile (v. 35 fuperante)\ une seconde, insuffisante (v. 415 dilata)., une troisième, mauvaise (v. 45 in primo afpergit).

Ces corrections ont presque toutes passé dans le texte des autres éditions d'Ascensius, à l'exception d'une (v. 237 Vibratos captât), qui était d'ailleurs empruntée au texte d'Ugolet. Humelberg écrit, dans ses Castig.: «captât, cod. habet cœptat » : mais aucun ms. n'a cœptat; l'édition d'Avan- tius a ceptat. Une autre correction a été suivie d'une manière imparfaite par les éditions de 1 513 et 1 517 : v. 84, Humel- berg corrige cerideos fluitantibns en ceruleo fluitantes ; les éditions suivantes n'admettent que certUeoet conservent flnilantibus. Les labeciilae dont Humelberg laisse la cor-

DEUXIEME PARTIE LI

rection à l'initiative des lecteurs sont assez nombreuses dans le texte de la Moselle :

Vers Vers Vers

204 Ptipibtts. 322 prociirentis. 441 pire ne n.

255 escufam. 370 pingua. 464 duraiiide...

258 adfibilitat. 385 concejfiit. volatils.

276 claucus. 396/M6rz7/.

Il suffit de se reporter au tableau des variantes qui pré- cède pour se rendre compte que toutes ces fautes ont été corrigées, sinon par l'édition de 15 13, du moins par celle de 1517.

On a vu plus haut la préface de l'édition de 1 513 ; il n'y est pas question d'Humelberg. Badius Ascensius attribue à Homedeus, aidé des conseils et des leçons d'Aleander, tout le mérite de cette édition diligentius cajtigata. Pour ce qui regarde le texte de la Moselle, il ne semble pas qu' Homedeus soit digne de très grands éloges : s'il corrige la plupart des labecnlae de 1 5 [ i , il en laisse subsister; il en ajoute même : v. 8 Dîtni NiJJum; v. 74 herba; v. 255 tridenti; v. 403 prœtexati.

L'édition de 15 13 fait cependant faire des progrès au texte: v. 313 ij^fa; v. 329 œthera; v. 465 pojipoiiet. Ipsa et postponet se trouvent dans tous les mss. autres que le L; aethera n'est que dans le G. Ces trois corrections permettraient de penser qu'Homedeus a eu entre les mains un ms., peut-être le même que l'éditeur de 151 1 avait consulté. Ce ms. est-il le G? On pourrait le croire à cause de la leçon calchedonio, qui lui appartient en propre comme aethera, et qu'Homedeus introduit dans l'édition de 1513. Enfin cette édition admet deux conjectures (v. 65 vtq;, V. 429 nil), qui ne sont fondées sur aucun ms., et qui pas- seront dans le texte vulgaire à partir de Vinet (i55 0-

Est-ce Homedeus qui a soigné l'Ascensiana de i 5 1 7 <' dili- genthis iterfi caftigafa>} On peut le supposer puisque Badius Ascensius reproduit exactement, en 1517, la préface de I 513, et qu'il n'est parlé nulle part dans cette nouvelle

LU INTRODUCTION

édition d'un autre reviseur qui l'aurait procurée. Quoi qu'il en soit, le texte de la Moselle est supérieur dans cette édition à ce qu'il était dans les précédentes, sorties des mêmes presses. L'orthographe est changée au lieu de e; cinn au lieu de cïi etc.); les noms propres sont écrits avec des majuscules initiales; la ponctuation est bien plus satisfai- sante; les fautes d'impression de 1511, conservées par l'édition de 1513, ainsi que celles qui sont propres à cette dernière, sont en général corrigées. En plusieurs endroits, le texte revient à celui de i 5 1 1 (v. 1 28 vtmnq;, v. 289 Calce- donio)\ l'emploi des majuscules initiales conduit l'éditeur de 1517 à une erreur (v. 216 Cnmbœ), qui passera dans d'autres éditions. Mais l'Ascensiana de 1517 contient trois bonnes corrections (v. 76 Interhidentes, leçon du G et du Reg; V. 413 reddet, leçon du Rh' ; v. 469 celebrande, leçon du B et du Rh), et quatre conjectures dont deux bonnes (v. 218 fpeBante; v. 409 poptihiinq;), et deux inutiles (v. 321 natùii; v. 388 veteres qîii luftrat). Elles seront toutes reprises par Vinet (1551).

C'est évidemment d'après l'édition de 1 5 1 3 que la contre- façon de Jehan Petit a été imprimée : il n'y aurait pas eu le temps matériel de composer ce volume entre le 1 5 juillet, date de l'achevé d'imprimer de l'Ascensiana, et le 8 août, date de l'édition de Jehan Petit. D'ailleurs, l'orthographe et la communauté des fautes (v. 255 excujam tridenti; V. 2,10 pingua ; v. 403 prœtexati) font bien voir quelle est l'origine de l'^wsowe de Jehan Petit. Le tableau des varian- tes montre que le texte de la Moselle, fort mauvais dans cette dernière édition, fourmille de fautes d'impression. Quand il s'éloigne de celui de l'Ascensiana, pour reproduire le texte d'Ugolet et d'Avantius ou se rapprocher de quelque ms., il semble que ce soient de simples rencontres dues à l'inadvertance du typographe, plutôt que le résultat des efforts du reviseur dont la négligence et l'inaptitude sont extraordinaires. On trouve bien : v. i naiiem, dans le Reg, dans Avantius et dans la Juntine, qui est de mai 151 7;

DEUXIÈME PARTIE LUI

V. 28 iinitare, dans Ugolet et Avantius; v. 140 molliris, dans le L, Ugolet et Avantius; v. 2,04 fyracîcfii , dans le G, le B, le L et Ugolet; v. 483 Garumnœ, dans la Juntine. Enfin, V. i3/3'</'''S, et v. 153 bacheia, sont deux mauvaises leçons du Rh, et v. 144 athlantiaco, se rapproche bien de la leçon de ce ms., athlanciaco : mais, étant donné le grand nombre des fautes involontaires qui souillent le texte de Jehan Petit, il me semble qu'on doit y joindre ces concor- dances toutes fortuites avec le Rh et les éditions d'Ugolet, d' Avantius et de Junta. Il serait en effet curieux que l'édi- teur n'eût pris que le mauvais dans ce ms. et dans ces éditions. J'aime mieux supposer que la leçon Garumnœ, la seule bonne de Jehan Petit qui ne soit pas dans l'Ascensiana, provient d'une faute d'impression intelligente.

Aux diverses éditions de Badius Ascensius se rattache l'édition de Leipzig dont il convient de ne pas exagérer l'importance. « Une autre édition digne d'être étudiée dit M. Dezeimeris T serait celle de Leipzig, 151 5; ni Vinet, ni Scaliger, ni Tollius, ni Souchay ne paraissent l'avoir rencontrée ; mais peut-être la trouverait-on dans quelque bibliothèque publique d'Allemagne.» On la trou- verait sans doute facilement, puisque Tross (édit. de la Moselle, Einleitttng, XI) parle des exemplaires de Dresde et de Gottingue, puisque Bœcking a collationné cette édition, dont Peiper connaît l'exemplaire qui se trouve à Gottingue; mais il semble inutile de se mettre en peine de la chercher, car Bœcking montre que c'est une simple réimpression, assez négligemment faite, de l'Ascensiana.

En voici le titre exact d'après Bœcking :

AVSONIIPAEONIIBVRDE- 1| galenfisMediciPoetce Augu- 1| ftonimprœceptorisViriq; || confularis : opéra diligenter cafti- 1| gâta & in pulcherrimum ordinem || e priftina confufione reftitu- 1| ta. svTyTTwO-/^ £v >,u4''^ Ttapa ouaXevTivwUtu) 5a[ji,avT-^pw Tria au Tria

TUO)i£W(T 11 TTOXlTl £X£l TW a 71 0 T Y) CT X p Tj (7 T 0 U j| YVVYICTEWCT "/ l >. l 0 <T (i)

TCEvxa- Il xoTiouTO) 7t£VTW vcai II AexaTw.

A propos d'un Manuscrit d'Ausone, lettre à M. H. Barckhausen, Bordeaux, 1883; p. 6, note i.

LIV INTRODUCTION

A la fin du vol., qui est un in-4°, on lit, fol. 113 b :

Impreffum Liptzk per ^'■alëtinïï Schuman, || Anno Domini, Millefimo quingen- || tefimo decimoquinto.

Cette édition fut faite par un Anglais (Richardus Crocus Anglus), d'après TAscensiana de i 5 1 1 , comme le prouve la collation donnée par Bœcking. En effet si l'éditeur de 1515 profite des Castigationes d'Humelberg, il laisse subsister les fautes les plus grossières de la première Ascensiana, celles, sans doute, dont l'auteur des Castigafiones confiait la correction à l'initiative des demi-savants (p. ex. v. 258 adfibilitat; v. 464 durauide... voJatus, etc.). Il n'adopte jamais le texte particulier à l'Ascensiana de 1 513; il écrit, par exemple : v. 175 furatœ, v. 276 clmtcus, v. 322 gpcu- rentis, v. 385 concejjlit : toutes leçons qui ne se trouvent que dans l'édition de 1511. Il ajoute enfin, d'après la col- lation de Bœcking, de nombrevises fautes d'impression au texte de 1 5 1 1 :

Vers

Vers 244. Nodofit... vevtif, pour No- 5 aula, pour «Mm. dofis... verrit.

97 tiitilantem , pour ridilan- 264 Turpida, pour Torpida,

tem. 292 f ab l'es, pour rab les.

223 iurgite, pour gurgite. 468 cnrbeU i us, pour tarbellius.

Des mots sont omis. L'édition, en somme, est négligeable. Des corrections, cependant, lui ajoutaient peut-être un certain prix : en effet, d'après la Notitia de l'édition bipon- tine, on lit, après la table des œuvres d'Ausone, en tête du livre : Stibdenhir caftigationes in unUterfuni opiis ad calcem operis. Mais ces Castigationes n'étaient pas dans l'exemplaire d'Ernesti; personne ne les a vues. Tross ne les a pas trouvées dans les exemplaires de Dresde et de Gottingue ; et le D-" Ebert, de Dresde, lui écrivait qu'il fallait sans doute entendre par ces Castigationes une liste des fautes d'impression. Cette explication est plausible : mais, n'ayant pas entre les mains l'édition de Leipzig, je ne sais

DEUXIÈME PARTIE LV

pas si elle est ou non suivie d'Errata que Bœcking ne mentionne pas.

Quoi qu'il en soit, il faut conclure que Tédition de Crocus, mauvaise copie de TAscensiana de 151 1, et que celle de Jehan Petit, mauvaise copie de l'Ascensiana de 15 13, n'ont fait faire aucun progrès à la constitution du texte de la Moselle. C'est à l'examen des trois éditions authentiques sorties des presses d'Ascensius qu'il faut demander sur quel ms. ce texte a été fondé.

On a vu que les variantes de 1513 et 1517 introduisent dans le texte de 1 5 1 i deux leçons (ipsa et postponet) qui appartiennent à tous les mss. excepté le L; une leçon du Rh' (reddet); une leçon commune au B et au Rh (cele- brande); une leçon commune au G et au Reg (interlu- dentes); deux entin qui appartiennent au G en propre (calchedonio , aethera).

Peut-on admettre, conime Peiper, que le texte de la Moselle a été établi dans l'édition de 1511 d'après des leçons empruntées au G par Humelberg?

Tout d'abord l'examen des Castigationes introduites dans l'édition une fois faite est loin de le prouver : v. 18 nitentis est dans le G, mais aussi dans le B' et dans Ugolet \ V. 84 fiuitantes et v. 224 redigit sont dans le Rh comme dans le G; v. 86 praetenero, v. 201 flumine, v. 237 captât se trouvent dans tous les mss.; v. 337 sxibstructa, et v. 370 tacitxim, dans tous, excepté dans le L. De plus, tous les mss., excepté le L, ont v. 41 5 dilata et, et Humelberg écrit dilata; v. 414 «^ modo est bien une leçon particulière au G, mais elle se trouve déjà dans Avantius. Enfin, v. 360, la leçon du G, mauvaise il est vrai, adlahere, est corrigée en adlambere, leçon du B. Le v. 47, tel que les Castigationes l'établissent, s'éloigne bien plus des leçons du G, que le texte même de l'édition.

Quant au texte même de 1 5 1 1 , les leçons particulières au G s'y trouvent-elles en assez grand nombre pour que l'on puisse en conclure que ce texte a été fondé sur ce ms.? De

LVI INTRODUCTION

toutes les leçons particulières au G, TAscensiana de 151 1 n'admet que: v. 202 or as, qui se trouve déjà dans Ugolet; V. 242 defensus . . . piscis ; v. ^06 uohimine; v. 360 adla- bere; v. 415 detexatnr . On trouve aussi dans cette édition V. 106 illiricum qui est l'orthographe du mot dans le G, mais qui se trouve déjà dans Avantius, et v. 365 draclio- num qui se rapproche plus de drahonum, leçon du G, que de draconum, leçon du L, admise par Ugolet, et de drabo- num et trachorum, leçons du Rh et B. Ces emprunts sont peu nombreux, et il semble que si l'éditeur de 1 51 1 avait eu à sa disposition le texte même du G ou un extrait de ses leçons, il aurait mis à profit certaines bonnes leçons qui semblent s'imposer, en particulier inole sarauus. L'éditeur n'admet aucune des leçons qui ne se trouvent que dans le Reg, excepté des similitudes d'orthographe, comme V. 125 uolgi, qui sont peu probantes, ce qui permet de sup- poser qu'il n'a pas eu entre les mains ce ms., d'ailleurs peu utile puisqu'il s'arrête après le v. 180, et d'attribuer à l'usage du G la leçon v. 27 deuexas, commune à ces deux mss. : cette leçon, d'ailleurs, se trouve déjà dans les Eniendanda de l'édition d' Avantius. Il n'admet pas davantage de leçons particulières au B: v. 144 atlantiaco, cependant, n'est que dans le B; mais ce mot a déjà été restitué par Ugolet, à qui Aleander a le prendre. Il ne semble pas avoir non plus usé du L, quoiqu'il ait v. 115 parca, mauvaise leçon du L, corrigée par Ugolet, et qui doit être dans TAscensiana une simple faute d'impression. C'est donc au G qu'il aura pris V. 33 praelapstts, leçon du G, du B et du Reg.

Mais il admet des leçons qui ne sont que dans le Rh : V. 29 aequiparare, v. 80 haud, v. 175 furatae, v. 312 quadro cui in, v. 361 celebratur, v. 391 neruis; les cinq premières ne sont ni dans Ugolet, ni dans Avantius; la dernière, qui appartient au Rh', se trouve dans Avantius; il en admet quelques-unes qui appartiennent à d'autres mss. que le G, et qui n'ont pas été adoptées par Ugolet et Avan- tius: V. 18 nitenfes (B% Rh, Reg); v. 35 reparavc (B,Rh);

DEUXIEME PARTIE LVII

V. 249 indutos (B, Rli); v. 354 Proncae (B, Rh); il en admet d'autres qui appartiennent au G et au Rh et qui ne se trou- vent pas dans les éditions d'Ugolet et d'Avantius : v. 1 58 pangea; v. 320 décor mnina ; v. 171 N aidas {diussi dans le Reg); il en admet enfin qu'on trouve dans tous ou dans presque tous les mss. et qui n'avaient pas été adoptées par Ugolet et par Avantius :

Vers Vers

120 et \22>hic{G, B, Rh, Reg). 288 miretur (G, B, Rh).

128 s/>e«es gemmas (G, B, Rh, 296 utrinque {G^,^^'Rh).

Reg). 324 iUa tenens (G, B, Rh).

'93 perfundit (G, B, Rh). 354 adiuta (G, B, Rh).

22i pubertasqice aiiinis et (G, 388 tieteresque illustrât (G, B,

B, Rh). Rh).

22,6 praetemptat (G, B, Rh ; 394 «/V^Y/;» (G, B, Rh).

l'orthographe dumotest, 448 quanta (G, B, Rh).

dans l'Ascensiana, pre- 222 perfuderit (G, B, Rh, L).

têtat). 295 perrniscent (G, B, Rh, L).

246 retia (G, B, Rh). 363 serras (G, B, Rh, L).

256 dexter (G, B, Rh). 437 unus (G, B, Rh, L).

Ces nombreux exemples prouvent que l'éditeur de 1 5 1 1 use des leçons du Rh comme de celles du G; et qu'il ne connaît probablement pas le B, sans quoi il lui emprunte- rait ses bonnes leçons des vers 79, 1 18 et 360. Il a déjà été dit qu'il ne devait pas connaître directement le G, puisqu'il laisse de côté certaines de ses meilleures leçons, alors qu'il adopte presque toutes celles du Rh qui semblent correctes, excepté niagmisqne (v. T49), leçon qui peut d'ailleurs être rejetée, comme elle l'a été par Peiper.

Je conclurai donc que l'édition de 1 5 1 1 a été établie d'après des leçons extraites du G et du Rh, et non pas du G seulement, comme le voudrait Peiper, Les Castigationes d'Humelberg, les corrections de l'édition de 15 13, dues à Homedeus, et celles de l'édition de 1 5 1 7 marquent peut-être une influence plus spéciale du G. Si l'on admet l'hypothèse de Schenkl relative à l'existence du ms. du monastère de S*-Victor, il faut supposer que ce ms. dérivait du G et du Rh.

VIII

LVIII INTRODUCTION

Toute la discussion précédente et le tableau des variantes des trois éditions d'Ascensius ont montre les progrès successifs du texte de la Moselle dans TAscensiana et sa qualité déjà bien supérieure en 151 i à celle des éditions d'Ugolet et d'Avantius. L'éditeur de 1511 a en effet de bonnes corrections :

Vers Vers

176 oreiadas, 2)11 thybris.

281 tethyii. 465 tarnë.

2,0^ fyracojii. 473 portiibics^.

Il en propose qui sont médiocres ou mauvaises :

Vers Vers Vers

43 quoties. 316 corus. 380 Roniœq; tuere.

298 qui. 317 affliêîainq;. 392 oci.

311 ptolemaidos. j^y] fulphitrea. yfi fuh tegmine.

314 incerti. 365 drachonum. 423 fuperet.

Il doit avoir usé de l'édition d'Ugolet : l'adoption de la correction v. 277 Cirées ne prouve évidemment rien : il suffisait de connaître la légende de Glaucus pour en prendre l'initiative. Mais, sans parler de v. 370 pingtia, barbarisme d'Ugolet qui se retrouve dans l'Ascensiana il peut n'être qu'une faute d'impression, et de mauvaises leçons, comme v. 336 colonis, qu'Aleander a prises plutôt à l'édition de 1 499 qu'au L qu'il ne semble pas avoir connu, la persistance dans l'édition de i 5 1 i de certaines mauvaises corrections particulières à celle de 1499 semble prouver que celle-ci a été mise à profit pour l'établissement de celle-là: v. 71 locupletibus ufq;, v. i iSNamq;^, v. 2'j8 captas. Par contre, Aleander paraît ne pas avoir connu l'édition d'Avantius : s'il admet en général les corrections de cette édition qui sont confirmées par le texte des mss. et qu'il peut avoir prises dans ceux-ci et non dans l'édition, il néglige les bonnes conjectures de l'éditeur de i 507 qu'il suffisait, semble-t-il, de connaître pour les adopter : v. 169 homines; v. i^yceptat

* Voir, pour portubus , Commentaire, p. 136.

DEUXIEME PARTIE

LIX

(conjecture médiocre, sans doute, mais bien préférable à celle d'Aleandcr, captos)\ v. 261 ciùq;, v.440 latiHm;v.4$o natus (conjecture qui, si elle me paraît mauvaise, est du moins plus séduisante que la leçon des mss.).

L'Ascensiana, de son côté, a beaucoup de fautes encore : le tableau des variantes a montré quel avait été le progrès du texte dans la seconde et la troisième édition. C'est d'après cette dernière (151 7) que je cite les principales fautes qui restent dans la recension définitive publiée chez Badius Ascensius :

Vers

^Ç)fuperante.

45 lunigenis (mau- vaise lecture de limigenis G ?).

47 Sedficca in primo afpergit vejîigia lyinpha.

65 Vtq;.

71 locnpletibîis ufq;. 1 1 1 lutliea.

Vers Vers

115 Parca. 317 Affliëlamq;.

118 Namq; &■. -^yi fulphurea.

l\ii Cunibœ. 380 Romœq; tuere.

237 Vibratiscaptos. 392 oci.

263 innaJidos. 397 fub tegmine.

278 captas. 415 dilata lande.

298 Qui. 422 vinôîos.

311 Ptoleuiaidos. /^zt^ fuperet.

314 incerti.

316 Corus Achates.

429 nil.

464 Duranide.

A ces leçons qui s'éloignent des mss.^ sans les corriger, il faut joindre un certain nombre de mots la bonne orthographe des mss. n'est pas suivie (v. 43 qiiotïes, v. 48, 53, 363 Jeitia, V. 70 baccas, v. 85 herbofas, v. i i^fqiiallef, V. 478 Pagoriint, etc.).

D'autre part, on a déjà vu (p. LU) que l'Ascensiana de 1 5 1 7 a en propre plusieurs bonnes corrections et quatre conjec- tures, dont deux sont inutiles et les deux autres définitives.

En dernière analyse, le texte de la Moselle a effectué de notables progrès dans cette dernière édition d' Ascensius; les éditions qui vont suivre seront inférieures, et c'est seule- ment en 1551 que Vinet, marchant sur les traces des divers reviseurs de l'Ascensiana, parviendra, sans l'usage de mss., à constituer un texte meilleur.

Le L

a. parca, et, d'après Schenk!, iiinctos.

LX INTRODUCTION

III

Éditions fondées sur le Rhenaugiensis.

LA JUNTINE ET L'ALDINE.

En 151 7, année étaient publiées à Paris les deux éditions d'Ascensius et de Jehan Petit, il paraissait en Italie aussi deux éditions d'Ausone, la première à Florence, le 20 mai, «fiimptu Philippi Itintœ»^ la deuxième à Venise, en novembre, <-<in œdibtis Aldi &' Andreœ foceri y>\ celle-ci, qui est la troisième recension d'Avantius, est précédée d\ine épître dédicatoire de l'éditeur au cardinal Marcus Cornélius. On ne sait pas qui a soigné la Juntine : cette édition est simplement précédée d'une dédicace «Federico Conti Val- moiitonio principi»^ qni est censée l'œuvre d'Ausone lui- même. Le poète s'y félicite, avec de pédantesques facéties, de voir ses œuvres corrigées et mises en ordre, grâce aux sollicitations de Federicus Contes, eruditorum principuni longe princeps : « Tu .n. unus fut Anchifes olini apiui nos^ deO.Fabio, longe anteEnnitcmy, inîhicrede,prœdixerat) non c7in6iando nobis fed ^pciin6iando*\' renirefiitinjii.y>

Voici les titres exacts de ces deux éditions que j'ai entre les mains. Les exemplaires de la Juntine sont très rares : Boecking n'a pu s'en procurer. M. Dezeimeris a bien voulu mettre le sien à ma disposition.

AVSONII GALLI POET.E DISERTIS H SIMI OMNIA OPERA NVPER || MAXIMA DILIGENTIA || RECO- GNITA ATQVE II EXCVSA.

^ C'est-à-dire aux Champs-Elysées se trouve Ausone qui termine sa lettre par ces mots : Vale, ex Elysijs cnmpis.

*- Allusion au v. S46 du 1. VI de V Enéide.

•' Mauvaise orthographe, qui permet un jeu de mots, du verbe ^erco»- tor, lequel vient de contus, gaffe avec laquelle les bateliers sondent le fond d'un fleuve, et n'a aucun rapport avec cunclor, temporiser.

DEUXIÈME PARTIE LXI

A la lin du vol., qui est ua in-8", on lit : FloreiiHœ, fiimptu Philippi Iiintœ. Anno DTii. M. D. \\XVII. Die. XX. Mai. Leone. X. Pdtifice.

AVSONIVS. Il ALDVS (La marque des Aides, l'ancre et le serpent, au-dessous d' AVSONIVS entre AL et DVS).

A la fin du vol., qui est aussi un in-8°, on lit : VENETIIS IN AEDIBVS ALDI || ET ANDREAE SOCERI || MENSE NOVEMBRI II M. D. XVIL

Schenkl et Peiper trouvent, pour le texte de la Moselle, entre l'Aldine et la Juntine des ressemblances étonnantes qu'ils expliquent, le premier en supposant qu'Avantius a usé de la Juntine qui avait déjà paru au moment il préparait son édition ; le second, en supposant que les deux éditeurs ont usé d'un même ms. qui procédait du Rhenaii- giensis. Schenkl cite à l'appui de sa thèse ^ les leçons suivantes qui se trouvent dans la Juntine et dans l'Aldine : V. I I Noxiomagiim (qui rie se trouve dans aucun ms., ni dans aucune édition antérieure); v. x'i^ ferwit (qui ne se trouve dans aucun ms., ni dans aucune édition antérieure); v. 2IO Vefeui (leçon des mss. et des éditions d'Ugolet et d'Avantius); v. 224 rediget (qui ne se trouve dans aucun ms., ni dans aucune édition antérieure); v. 261 Ciiiq; (qui ne se trouve pas dans les mss., mais déjà dans l'édition d'Avantius de 1507); v. 289 Chalcedonio (bonne leçon qui ne se trouve ni dans les mss., ni dans les éditions antérieu- res) ; V. 312 quadro cui in (leçon du Rh qui se trouve déjà dans l' Ascensiana) ; v. 324 Villa tenus (qui se trouve déjà dans l'édition d'Avantius de 1507); v. 336 nutantia (leçon qui ne se trouve ni dans les mss., ni dans les éditions antérieures); v. 345 hic (leçon qui se trouve déjà dans l'édition d'Avantius de 1507); v. 360 allahere (leçon du Rh qui se trouve déjà dans l'édition d'Avantius de 1507); V. 407 Britanos {\.q\\q est, il est vrai, la leçon de l'Aldine; mais la Juntine a Britannos comme les mss, \^)\

^ Prooemium, p. XXXI.

Y De même, au v. 68, l'Aldine a Britanis, et la Juntine Britannis.

LXII INTRODUCTION

V. 461 Saxona (l'Aldine a bien Saxona, qui se trouve déjà dans l'édition d'Avantius de 1 507, mais la Juntine afaxona); V. 465 Tagiiin (mauvaise leçon qui ne se trouve ni dans les mss., ni dans les éditions antérieures).

A l'appui de l'opinion de Schenkl, j'ajouterai même un certain nombre de mauvaises leçons (dans le genre de Tagicin), qui se trouvent dans l'Aldine et dans la Juntine, qui ne se trouvent pas avant, et dont, par conséquent, la communauté semble bien caractéristique. On lit en effet dans les deux éditions: v. 49 Trudens (pour Tendens)\ v. 61 leue {-povir lene)\ v. 71 locupletes quœq; fub undis (leçon qui n'est pas fondée sur les mss. ; l'Aldine admet une virgule avant quœq;); v. 86 ftirtim (pour fartîin; mais V. 113, les deux éditions ont bien fartim, comme il convient); v. 1 14 cauda (pour caudani)\ v. 1 18 Nanq; & (leçon qui n'est pas fondée sur les mss. •, les premières éditions ont Namq^ &=); v. 1 30 Fario (pour/arzo); v. 1 93 profundi; V. 277 Dirces (leçon des mss. corrigée dès l'édition d'Ugo- let); V. T)(i2) feras ; v. 421 aiigiifiœ (le L a bien auguste, qui a été corrigé en augufiœ, dès l'édition d'Ugolet); V. 441 ccefamq; (Avantius, dans son édition de 1507, écri- vait cefaniq^). Ces fautes prouvent suffisamment que l'édition de novembre 1517a usé mal à propos de celle de mai.

Beaucoup d'autres leçons, la plupart fautives, qui sont communes à la Juntine et à l'Aldine et qui proviennent des éditions d'Ugolet et d' Avantius, sans se trouver dans celles de Badius Ascensius, semblent prouver que les éditeurs italiens de 1 5 1 7 n'ont pas connu l' Ascensiana :

Vers Vers

I nauem (Reg, Av.). 120 Hinc (L, Ug., Av.).

39 ybr//re (L, Av.). 128 geininas fpecies (L, Ug., 72 AJJîmilant (G", B,L, Ug., Av.).

Av.). 150 liquidiis (Av.).

80 aM^(G,B,Reg,L,Ug., Av.) 169 homines (Plv.).

89 thedo (L, Ug., Av.). 171 Naiadas (Ug., Av.).

lOi fronte (Rh, Av.). 176 Oreadas (cod., Ug., Av.).

DEUXIEME PARTIE

LXIII

Vers

187 tei^ai!fnr(Rh,L,\Jg. , Av.). 192 protulit (B, Rh', Av.)- 198 confundit {G 1 Ug., Av.). 207 excluait (G, B, Rh, Av.). 215 Miffena (Ug., Av.). 2iS fpecîataÇcod., Ug., Av.). 222 perfimderit (Ug., Av.). 236 prœtendit (Av.). 249 Iinplicitos (Ug., Av.). 256 Dextera (Ug., Av.). 266 &ra;ic/a (G, Rh, Ug., Av.). 281 Thetim (B, Ug., Av.). 288 miratur (L, Ug., Av.). 295 proini/cent (Ug., Av.). 300 Gortitiius (G, B, L, Ug.,

Av.). 304 Syracufij (G, B, L, Ug.,

Av. dans les Kniend.).

Vers

309 Hic tinus (Ug., Av.).

310 AIicit(Av.; auv.348, Av,

et les deux édit. de 1517

ont allicit). 320 decoramine (B, L, Ug.,

Av.). 335 adpa (G\ L, Ug., Av.). 359 S<ir'-s(Rh,B,L,Ug.,Av.) 365 Draconuin (L, Ug., Av.). 374 moles (Ug., Av.). 389 qiiod (G, L, Ug., Av.). 394 uiruriiin (Ug., Av.). 409 popidiq; (cod., Ug., Av.). 415 Z)e2fe/a;z<r (B,Rh,L,Ug.,

Av.). 442 lata (Av.).

448 tanta meri dederitjï (Av .) . 473 portibus (cod., Ug., Av.).

La Juntine et l'Aldine n'ont que deux leçons propres à l'Ascensiana, qui ne se trouvent ni dans les mss., ni dans les éditions de 1499 et de 1507. Je ne parle pas àhitrinq; (v. 296), qui n'est ni dans Ugolet ni dans Avantius, mais qui se trouve dans le G\ le B et le Rh, ms. auquel les éditeurs italiens auront emprunté cette leçon; ils n'ont pu emprunter à aucun ms. connu les deux mauvaises leçons inualidos{v. 262,)etfitb teg'mine{v. 397), qui ne se trouvent dans aucune autre édition que l'Ascensiana. Cette commu- nauté peu importante de leçons doit n'être que fortuite ^. Si les éditeurs italiens de 151 7 avaient usé de l'Ascensiana, ils lui auraient sans doute pris autre chose.

Je n'ai noté jusqu'ici que les points de ressemblance des deux éditions italiennes de i 5 1 7 ; il est évident qu'elles ont eu toutes deux recours au Rh : mais l'Aldine emprunte bien davantage au ms., et la Juntine, plus fidèle au texte

^ Il faut d'ailleurs se rappeler que le L et les édit. d'Ugolet et d' Avan- tius ont fubtegmine , écrit en un seul mot. V. 389 l'Ascensiana de 15 17 a qiiid; celles de 1511 et 15 13, Çj," je pense que cette abréviation est pour qidd et non pour qiiod, leçon de la Juntine et de l'Aldine.

LXIV INTRODUCTION

d'Ugolet, se montre nettement conservatrice. Cette tendance de la Juntine se manifeste d'abord en ce qui a rapport à l'orthographe; car elle admet, comme l'édition d'Ugolet: V. 62, 84, 112, 141, 219, 283, 418, 477, 482 certilea, etc.; V. 47, limjjJias (mais v. 360 lymphis)\ v. 53, 63, 85 hare- nœ, etc.; v. 254 harundo; v. 74 admixtos; v. 92, 351, 358, 473 oftia (mais V. 369 et 433 lioftio, d'ailleurs comme Ugolet); V. \ \ j\ fquallet ; \ . 153 Baccheia; y. 158 Rhodo- j^ein; v. 158, 162 Lyeo; v. 20g fulphiirei; \. 216 cimbœ; V. 220, 288 ephœbis, ephœhi; v. 221 fafelli; v. 225 letiaq;; V. 227, ^/^6 fiimdacra; v. 293 contfnertia; v. 3 1 1 Ptoïotnai- dos; V. 323 uindicat; v. 330 Menphitica; v. ^^j pennixta; V. 371, 417, 458 fœlix; v. 377 Tibris; v. ^^g fi^aciatus ; V. 413, 420 premi a (Ugolet a v. 413 prœmia; v. 420 prc- inia);v. 441 Pireneni*\. L'Aldine a, au contraire, cœrw/ez/5, lymphas, arena, ariindo, hoftia (Rh), admifios, fqualet (cod.), Bacchea, Rodopen (Rh), lyœo, fiilfurei, cymbce, ephebis, fcifeli, Iceuaq;, Jiniulachra, conitnercia, Ptolemai- dos (comme l'Ascensiana), uendicat (Rh), Memphitica, permifia, felix, Tybris (G, B), prœmia, Pyrenen. V. 68, la Juntine a.CalidoniJs, rAldine,Ca73'(/o;i//'5; les deux ortho- graphes sont mauvaises et ne se fondent sur aucun ms. ni sur aucune édition antérieure; v. 84, la Juntine a. fluitantis, V Aldine, flu itante is : la leçon du G et du Rh est fiziitantes; V. 260 et 270, la Juntine a Icetalia, lœti (B, Rh), l'Aldine, letalia, letl (Ugolet), mais, v. 249, les deux éditions ont letalibus: v. 244, la Juntine a decœpta, l'Aldine, decepta; V. 253, la Juntine a indithmi, l'Aldine, indiciuin ; v. 314, la Juntine a incefti, l'Aldine, incœfti (Ugolet, incœfti)\ V. 232, lajuntine écrit c/iaro?, comme l'Ascensiana; l'Aldine, carœ, comme Ugolet et les mss. L'Aldine écrit d'ailleurs, comme Ugolet, v. 356 interceptis, v. 437 Cumq;, v. 475 otia, et la. JnntinQ, intercœ2:)tis, Cîinq;, ocia. V. 392", la Juntine a ocij, l'Aldine, otij.

^ Les noms propres ne commencent par une majuscule que dans la Juntine.

DEUXIEME PARTIE

LXV

Les variantes proprement dites sont d'ailleurs assez nom- breuses entre les deux éditions. Elles viennent:

Des leçons particulières au Kh, ou communes au Rh et à d'autres mss., que l'Aldine emprunte au Rh, alors que la Juntine reste fidèle au texte d'Ugolet :

Vers Juntine.

45 lenigenis (faute d'impres- sion ? Ug. lagœis).

56 habens (Ug.)-

74 excolor (Ug. ejî color).

79 Noniinaquœcuiiëîos (Ug.).

95 omn/(Ug.). 1 13 pingiiefcis (Ug.). 136 Aôlea... oliua (Ug.). 149 magnoq; (Ug.).

190 uidetur {\5g,.).

191 conjîitit (Ug.). 20 1 fulmine (Ug.). 227 Vnde (Ug.).

331 expeSlantis (Ug.).

237 Vibratos (Ug.).

240 Nam (Ug.).

286 alternans coinit (Ug.).

2g^puIfu(Vg.).

306 mergei (Ug.).

313 ipfe(\Jg.).

314 ab(\Jg.). 316 chorus (Ug.).

326 Vtq; (Ug.). 329 irrupit (Ug.).

336 colonis (Ug.).

337 fiihduaa (Ug.).

338 aperto (Ug.). 350 memorajje (Ug.). 354 pronea (Ug.). 354 nemofœq; (Ug.). 359 Erubrus (Ug.). 361 celebratus (Ug.).

368 loca(\Jg.).

369 FeJJh (Ug.).

Al.DINE.

liniigeris (Rh).

habes (Rh).

concolor (G, B, Rh, Reg). Nomina quœ &• cunclos (Rh). uni (Rh). pinguefcit (Rh). A6leo... oliuo (G, B, Rh, Reg). magnusq; (Rh). uidentur (cod.). conjitus (G, B, Rh). flwnine (cod.). Viida (cod.). explorantis (G, B, Rh). Libratos (Rh). /a7M(G, B, Rh). alternas coniunt (G, Rh). plaufu (Rh). margei (G, B ; inar Rh). ipfa (G, B, Rh). ob (G, B, Rh). totus (Rh). Atq; (Rh). irruinpit (G, Rh). coluninis (G, B, Rh). fubfiruaa (G, B, Rh). operto (G, B, Rh). memorare (G, B, Rh). proneœ (G, B, Rh). nemefœq; (cod.) ^. Erubris (G, Rh). célébrât ur (Rh). uocat (G, Rh). Fefta (Rh).

\ Les deux éditions conservent cfl (L, Ujj ).

IX

LXVI

INTRODUCTION

Vers JuNTiNE.

370 tacitam (Ug.)- 372 quœq; (Ug.)-

390 tuo (Ug.). 401 régis (\5g.). 41 1 primus (Ug.)- 413 honores (Ug.). 423 fupereji (Ug.). 432 extendit (Ug.). 436 amni (Ug.). 439 nimc (Ug.). 443 circino (Ug-). 446 folicitare (Ug.).

464 Durant (Ug.).

465 poftponat (Ug.).

468 Aturrus (Ug.).

469 et 470 celebranda (Ug.). 471 taurinœ. (Ug.).

Aldine.

tacitmn (G, B, Rh).

qiCêq; (queinque L; quenque B,

Rh). tui (G, Rh). reis (G, B, Rh). prit)iis (cod.). honoris (G, B^, Rh^). fuperet (G, B, Rh.) exlendet (cod.). amne (Rh). non (G, B, Rh). concino (cod.). follicitare (cod.). Durani (G, B, Rh). poftponet (G, B, Rh). Atiirniis (Rh). celebrande (B, Rh). taurinthes (Rh).

Des leçons de l'édition de 1 507 que lajuntine conserve

Vers JuNTiNE. Aldine.

22 SubterlabentisiAv.iSO'j). Subterlabentis (G,'Rh,Reg), 440 Latium(Av. 1507). Latins (cod.).

30 Des leçons de Tédition de 1 507 que l'Aldine conserve

Vers

JUNTINE.

Aldine.

28 Vtfluuius lùtreoq; (Ug.). Vt flunios uitreosq; (Av. 1507). 431 utriq; (Ug.). utrinq; (Av. 1507 Emend.).

Des leçons d'Ugolet que l'Aldine conserve :

Vers

JuNTINE.

Aldine.

3 Cânas (Ascens. Cannas). cannas (Ug.).

8 Tabernas (correction). tabernas (Ug.).

27 Nauiger (cod.). Nauiget (Ug.).

29 œquiparare (Rh). œquiperare (Ug.).

Des fautes de l'une ou de l'autre des deux éditions

Vers JuNTiNE.

10 confpicor. 16 œthratn.

Aldine.

confpicior (faute). œtrJiam (faute).

DEUXIEME PARTIE

LXVII

Vers JuNTiNE.

73 placide (faute).

90 Effugiensi];. 173 trépidas, qiue {îdLVLÏt). 189 Glauciis (faute). 275 captât. 309 perlita. 318 aut horiini. 369 anguflis (faute). 443 fides (faute). 454 fuhter laberis (faute).

Aldine.

placidœ.

Effigiensq; (faute). trepidasq; . glauciis. cœptat (faute). per lita (faute). authorum (faute). augu/îis. fide. fiibterlaberis.

Des essais de correction plus ou moins heureux de l'une ou de l'autre des deux éditions :

Vers JuNTiNE.

35 fperante (Rh, B, L, Ug.).

47 in primo refpergit (Ug.).- 307 hebdojnadas (B). 388 ueteresq; (cod.). 391 uentis (mauv. correct.). 415 tfïYa^a (Ascensiana). 426 itinôîi (cod., Ug.).

Aldine.

fuperante (Ascens.). ifi priinores fpargis. hebdomade (manv. correct.). ueteres qui (mauv. correct.). neruis (Rh', Av. 1507). dilata & (G, B, Rh). îiinâîi (mauv. corr. ou faute).

Enfin, la Juntine a, au v. 483, une bonne correction, Garunmœ, adoptée par l' Aldine.

Après cet examen des variantes de la Juntine et de l' Aldine, nous ne pouvons répéter pour la première de ces éditions, à propos du texte de la Moselle, ce que Peiper dit de l'ensemble de la recension : « Sumptu Philippi luntae carmina édita quis curauerit quibusque auxiliis adiutus, non comperi j. » L'édi- teur inconnu a évidemment usé du Rh, des éditions de 1499 et de 1507, peut-être même de l'Ascensiana, Schenkl a raison de dire : «Videtur, is qui in luntina Mosellam recensuit, librum similem Rhenaugiensi ad manus habuisse ^'. » Mais il devrait ajouter que le recenseur a tiré peu de profit du Rh, aux leçons duquel il a bien souvent préféré le texte d'Ugolet.

^ Peiper. Praefatio, p. LXXXVIII. ^^ Schenkl. Prooemium, p. XXXII.

LXVI IN'TRODU

Ver» Js.»rr»£,

370 tacitam (Ug.)- 372 qttœq; (Ug-J.

390 tuo fUg.j. 401 regh (Ug.)' 41 1 primus CUg.)- 413 honore<> (Ug.). 423 /uperejl CUg.). 432 extendit (Ug.;- 436 amn£ TUg.)- 439 nwnc CUg.j. 443 circino ''L'g.)- 446 folicitare rUg-)-

464 Durant CUg.)-

465 poftponat CUg.j.

468 Aturrus (Ug.;.

469 et 470 ceUhranda (Ug.). 471 taurinœ. <\l^,-).

Des leçons de Tédition d

Vers iKyntm.

22 Suhter lahentis (Av. 1 507;. 440 Latiuni(Av. 1507;.

Des leçons de Tédition

Vers JUWTISE.

28 Vifiuuius uitreoq; (Ug.). 431 utriq; (Ug.).

40 Des leçons d'Ugole

Vers Jljitime,

3 Cûnas (Ascens. Ca 8 Tahernas (correctif 27 Nauiger (cod.;.

29 œquiparare (Rh)

^^ ,»g que,

la tra-

~viX d'en

rurale,

iun ms. qui,

oup.

j que

■>tion.

/ in;

: Kh,

246,

ioute -S le R'; ou la 1 76, A", sntius

, qui

o tv-i i i. au litw

de 1 507, inua-

\n^ aucun autre

;ia;

ine, oùTAldine

'mt, leçon du L

nde 1507,

' •' -vir

lidos, cor TCO

iit pi: ans lajuntine.

le pfoî possible? J'ai

^ue de mes leçons, il

3. Il a di; loins évité un

ceptables d Rh :

Des fautes d

.tentes, uillis.

Vert JosTixE

lO confpicor 16 œlhram.

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i vu

LXVIII INTRODUCTION

Quant à Avantius, il est facile de se rendre compte que, dans son édition de 151 7, il rompt résolument avec la tra- dition d'Ugolet qu'il avait suivie en 1507, en essayant d'en corriger les mauvaises leçons d'une manière conjecturale, et qu'il se sert avec plus ou moins de critique d'un ms. qui, s'il n'est pas le Rhenatigiensis , lui ressemble beaucoup.

Avantius a-t-il usé de l'Ascensiana? Peiper affirme que non^ : il semble cependant difficile de trancher la question. V. 312, l'Ascensiana, avant l'Aldine, a qiiadro cui in; mais on peut soutenir qu' Avantius a pris cette leçon au Rh, ou à la Juntine, et non à l'édition d'Ascensius. V. 246, Avantius qui, en i 507, écriva.it femina lignis, a sans doute corrigé dans l'Aldine en retia Jlgnis, d'après le Rh ou la Juntine, et non d'après l'Ascensiana. V. 176, Avantius conserve, comme la Juntine, Oreadas, leçon des mss., qui fait le vers faux, alors que l'Ascensiana donne déjà la correc- tion Oreiadas. D'autre part, v. 263, Avantius écrit au lieu d'inualido, leçon d'Ugolet et de son édition de 1507, inua- lidos, qui ne se trouve ni dans le Rh, ni dans aucun autre ms., et qui est une mauvaise correction de l'Ascensiana: mais cette correction se lit aussi dans la Juntine, oii l'Aldine peut l'avoir prise. V. 303, au lieu de laudatur, leçon du L et du Rh, adoptée par Ugolet et sa propre édition de 1507, Avantius écrit laudatus, leçon du G et du B, adoptée par l'Ascensiana, mais qui est aussi dans la Juntine .L'Aldine a cependant, V. ^Sfitperante, et v. 311 Ptolemaidos, correc- tions de l'Ascensiana qui ne se trouvent pas dans la Juntine.

Avantius a-t-il tiré du Rh tout le profit possible? J'ai déjà montré qu'en même temps que de bonnes leçons, il lui en empruntait de mauvaises. Il a du moins évité un certain nombre de leçons inacceptables du Rh :

Vers Vers Vers

13 reseràbat sydîis . 18 nitentes. 25 odoriferi.

17 aida. 20 uillis. 27 diucxas.

Praef., p. LXXXVIII : « Ascensianum exemplar, cuius prorsus nul- lam notitiam habuisse videtur...»

DEUXIEME PARTIE

LXIX

Vers

28 et.

29 aequiparare. 33 precelapsiis . 35 sperante.

51 miraniur.

59 dimersa.

65 frontibus.

77 meatus.

82 horis.

87 cibaria.

90 lioniinum (au lieu déceler/). 102 mensae. 107 natatii. I lO finxit. 1 1 1 3;rîs.

Vers

1 16 ainnîgeros.

118 na;/i que...

lide.

c

123 letiis.

134 prospexique.

144 atldanciaco.

145 ho ras. 162 //eo.

169 honiinuin^. 172 panos. 174 fluëius. i']Sfurate. 198 confiidit. 202 horas. 206 speôîant. 2 16 cimbae.

Vers

233 tiîrgunguîa. so- 236 horaiii. 254 consensit. 261 qiiiqiie^-. 298 cultus habitus-

que. 309 iioôîia. 365 drabonum. 371 alisentia. 376 yliacis... horis. 378 orrt. 412 libitaqiie. 461 anxoiia. 469 iiioselle per

lieras. 474 ualet.

Mais, en même temps qu'Avantius évitait ces fautes du Rh, il aurait pu user de ce ms. pour corriger le v. 354 Namq; &■ proneœ efi, nemefœq; adduôîa, dont les mauvaises leçons rappellent plutôt celles de l'édition de 1507, que celles du Rh, et pour enlever de l'Aldine un certain nombre de fautes qui viennent de l'édition de 1 507 :

Vers

I iiaiiem.

27 Naui'get.

28 fluiiiosuitreosq;. 39 for tire.

80 attf.

89 r/î6-c?o. i20 Hinc. i22 Lutins. 140 .4ît^. 171 Naiadas. 204 alacris.

Vers

215 Miffena. 222 perfanderit.

236 prœtendit.

237 cœptat. 249 implicitos. 256 d ex ter a. 295 pro mi/cent. 310 alicit.

320 decorainine. 324 Fî'ZZa tenus. 345 ^«c.

Vers

374 moles. 384 feuera. 389 qiiod. 394 tiirorum. 431 iitritiq;.

437 Î/7Î0.

441 cœfaniq;.

442 ^ato.

448 tanta meri de-

derit Ji. 450 Natiis.

De plus l'Aldine a été imprimée négligemment : on a déjà vu que les fautes d'impression y abondent; Avantius

<^ e^ *- Leçons communes au Rh et à d'autres mss., déjà corrigées par Avantius dans son édit. de 1507.

LXX INTRODUCTION

n'y a pas fait preuve d'un grand esprit critique : ayant à sa disposition un ms., il n'en use pas assez, alors qu'il fait à la Juntine trop d'emprunts détestables (par exemple, Fario)\ quand il préfère le ms. à l'édition qu'il a sous les yeux, il joue vraiment de malheur : car il abandonne (v. 440) l'ingénieuse correction, Latiiim, qu'il avait faite, en 1 507, au texte d'Ugolet et dont la Juntine s'est emparée, pour reprendre au ms. la mauvaise leçon Latins.

Pour être cependant meilleure que la Juntine, l'Aldine est donc loin d'être une bonne édition ; mauvaises conjec- tures, erreurs ajoutées, fautes d'impression, retour inutile aux leçons abandonnées des mss., mauvaises leçons du Rli adoptées et bonnes négligées, les taches de tout genre y abondent. Il semble étonnant qu'Avantius, qui, en 1507, avait donné une édition relativement si satisfaisante d'après le seul texte d'Ugolet, n'ait pas mieux profité du ms. qu'il avait entre les mains. Quoi qu'il en soit, sa publication de 1517a fait faire un grand progrès au texte de la Moselle en y introduisant un certain nombre de leçons du Rhenaugiensis .

IV

Éditions de la Moselle qui ne sont fondées

sur aucun manuscrit

et travaux critiques se rapportant au texte de la Moselle

(iS2^-iS64).

A. l'édition de bale (1523).

Entre l'Aldine qui avait introduit l'usage du Rh dans la correction du texte de la Moselle, et l'édition de Poelmann qui devait mettre à profit deux autres mss., il se passe une période de cinquante ans, pendant laquelle les nombreuses éditions d'Ausone qui se succèdent ne font que reproduire, du moins pour la Moselle, le texte de l'Ascensiana, de la

DEUXIEME PARTIE LXXI

Juntine et de l'Aldine, plus ou moins amélioré au moyen de conjectures qui ne se fondent sur les leçons d'aucun ms. En janvier 1523, paraît l'édition de Bâle in-8°: Decii II AVSOIJnii Bvrdigalen Hy^s uiri confularis uaria\\opîifcîda diligenter \\recognita. \\ Bafileœ apud Valeiitijiuui Curio-\\ nem. Ann. M. D. XXIII.

Cette édition, au dire de Bœcking, « Aldinuni exemplutn multis locis emendaUcm repraesentat». Peiper ^ jvige sévè- rement l'édition de Bâle : « Basileae, apud Valentinum Curionem, anno 1523, mense lanuario édita Ausoni opus- cula, quo iure dicantur diligenter recognita et num quid ex codicibus petitum sit auxilii nescio : noui nil accessit opusculis. » Je ne connais de VAitsone de 1523 que ce que Bœcking en dit. D'après le relevé qu'il donne des variantes de l'édition de Bâle, on voit qu'elle corrige un certain nombre de fautes d'impression de l'Aldine, qu'elle revient souvent au texte de la Juntine et de l'Ascensiana et qu'elle fait quelques innovations, surtout au point de vue de l'orthographe. Voici ses innovations orthographiques : v. 204 alacreis (l'édition de Bâle a aussi, comme l'Aldine^ v. 84 fiuitanteis); v. 242, 331 pifceis. Elle abandonne souvent le texte de l'Aldine et de la Juntine pour adopter celui de l'Ascensiana, par exemple :

Vers Vers Vers

80 haud. 198 confudit. 304 Syracojîi.

86 prœ tenero. 2iO Vefœui. 317 Affiitîamq;.

1x9, Namq; Qf. 2â,o facileis. 370 /iîc(Asc. 151 1).

125 uolgi. 256 Dexter. 380 Roniaeq; tuere.

150 liquidas. 261 Quiq;. 423 Lupomidmn.

Parfois elle abandonne le texte de l'Aldine pour adopter des leçons communes à la Juntine et aux édit. antérieures :

Vers Vers

56 habens. 338 aperto (Ug.)-

149 inagnoq;...additus. 2)^g fpaciatus {\J g., Av.., Asc. i^ii).

294 pulfii. 415 dilata laude (Asc).

« Praefatio, p. LXXXVIIII.

I.XXII INTRODUCTION

Voici enfin ses innovations dans le texte :

Vers Vers

47 Sicca fed in primas /par- 337 fulfurea (Asc.,fulphurea),

gis. 354 Namq; &• Proneœ Neme- 56 atq;, pour utque. fœq; addii£la.

171 Naïades. 367 mollis Araiius (édit. antér. 223 Reddet, pour Reddit. mollis aranus).

309 Hic Tiims (édit. antér., 465 Tarni (édit. antér., tan- Hictinus ou Hic tinus). dem, Tarnë Tagiim).

L'édition de 1523 est donc une édition éclectique qui corrige les fautes grossières de l' Aldine {confpicior , cetrham, Effigiensq;, etc.) quoiqu'elle en conserve un bon nombre, et qu'elle en ajoute à l'occasion (v. 263 in ualidos; V. 358 coufunderet). Elle prend son bien elle le trouve, de manière à former un texte à peu près passable. Mais les corrections qui lui sont particulières ont peu contribué aux progrès du texte.

B. LES DIATRIBES D'aCCURSE (1524).

C'est un an après l'édition de Bâle que parut l'ouvrage de Marie-Ange Accurse, la Moselle était l'objet de nombreuses remarques :

MARIANGELI || ACCVRSII || DIATRIBAE.

On lit à la fin de ce volume in-folio: ROMAE. OCTAVO KALENDAS APRILIS. || M. D. XXIIII. || IN AEDIBVS. MARCELLI. ARGENTEI. Je cite les diverses remarques et corrections d'Accurse d'après Bœcking et l'édition de Tollius; ce dernier prétend donner les notes du critique de 1 524 dans toute leur intégrité. Souchay, au contraire, dit, après Fabricius, (page XXXVII de la Dissertatio Editoris qui précède l'édition in usuni Delphini) que Tollius est inexcusable d'annoncer qu'il donne l'ensemble des remar- ques d'Accui'se, alors que son édition n'en contient qu'un choix : « Nullam fane habet in eo excufationem, quod, cinn intégras Mariangeli Accurjii animadverfioncs in

DEUXIÈME PARTIE LXXIII

tttulo polliceretnr , feleBas duntaxat ediderit. » Pour la Moselle, je crois que Tollius a reproduit toutes les remar- ques essentielles d'Accurse : car dans les notes manuscrites ajoutées par Poelmann à un exemplaire de son édition, exemplaire qui sera étudié plus loin, je trouve beaucoup de citations d'Accurse; Poelmann semble avoir extrait toutes les notes des Diatribae concernant la Moselle, et je n'en trouve qu'une seule qui n'est pas dans l'édition de Tollius. Pour le texte de la Moselle, Accurse n'avait à sa disposi- tion aucun ms. *I : aussi ses corrections sont-elles toutes des conjectures ; quelques-unes sont heureuses et ont passé dans le texte; d'autres s'accordent avec le texte des mss. que l'on ne connaissait pas encore au temps oià parurent les Diatribae. Laissant de côté toutes les notes explicatives d'Accurse, dont l'essentiel se trouvera dans mon COMMEN- TAIRE EXPLICATIF, je ne cite de ses observations que celles qui ont rapport à l'établissement du texte.

V. 167 Accurse qui a sous les yeux les textes d'UgoIet et d'Avantius (1507), prohraferiint [ ] cultoribus, et qui croit

que probra canunt feris cultoribus qu'il lit dans les éditions pos- térieures est simplement une conjecture {aliis, dit-il, ita ïociim farcientibus) ^ propose à son tour une correction: probra fer tint duris cultoribus , qu'il fonde sur ce passage d'Horace, c^iirt^s Vin- derniator et inviôîus, etc. {Sat. I, vu, v. 29).

V. 193 profundit, leçon du L suivie par Ugolet; Accurse pro- pose, en se fondant sur des raisons de quantité, perfundit, qui est en effet la leçon des autres mss. (adoptée par l' Ascensiana) : « Reôîius perfundit. Natn profundo uix ejl, ut arbitrer, inuenire, quin primant corripiat».

V. 215 Mijfena, leçon d'Ugolet; Accurse préfère écrire Mef- fana, disant avec raison que le nom de Messine en latin est MeJJana. Mais il ne s'agit pas de Messine, et l' Ascensiana avait déjà rétabli la vraie leçon Mylafena.

V. 218 quales fpe6tata Peloro : « Scribendum qualis, ut ad naumachiam referatur. » Quales, en effet, est inintelligible si l'on garde la leçon des mss., speâîata.

V. 224 Et rediit pandas (leçon du L, du B, et des premières

^ Cf. Peiper, Praefatio, p. LVIII.

LXXIV INTRODUCTION

édit.) : « Lego redigit, tiel potius reddit. » Redigit, leçon du G et du Rh, se trouve déjà dans les corrections de l'Ascensiana.

V. 227 Vnda refert: « Sic legendion.» Accurse avait sous les yeux le texte d'Ugolet, Viide refert.

V. 240 lam uero, Accurse pense qu'il faudrait peut-être écrire îiere, au printemps, moment favorable à la pêche.

V. 242 Heu maie defenfas (leçon d'Ugolet) : « In recentioribtis iioltiminibus imprinii curatuni ejl defenfos non defenfas. » Accurse semble ne pas connaître l'Ascensiana qui a defenfus... pifcis; il pense qu'Ausone a bien pu écrire defenfas, s'il adopte l'opinion de ceux qui croient que tous les poissons, excepté les cartilagineux, appartiennent au sexe féminin.

V. 245 agmine, Avantius (1507) écrit augniine. Ce mot se trouve souvent dans Lucrèce, mais Accurse le juge inutile ici : «quod non augmentum hic aquariun,fed iit/ius ipfe ciirfus irnpe- ttifque exprimatur »,et il conserve agniine,]ViS\x^é. par le vers de Virgile, lent finit agmine Thybris(Aen., II, v. 782), imité lui-même du vers d'Ennius, leni finit agmine fiiinien.

V. 277 Accurse défend Circes contre Dirces «.quod in recen- tioribus codicibus (par ex. VPddme,) fcriptum efi ». Il cite, pour la rejeter, la leçon pabula : « In peruulgatis codicibus pabula, non, gramina legitur. Librariorum errore. » Je ne trouve pabula dans aucun ms. ni dans aucune édition. Il repousse aussi carptas, leçon des mss. rétablie par l'Aldine^ et se demande s'il ne faudrait pas faâîas : <■■ An legendum fit non captas, fed taâas, addithito. Ipfe enitn Ouidins ait :

Gramine contaClo cœpit tnea prœda inoueri.

» Nam carptas, çz/orf noiiiffinie excufuni efi, oninino displicet. » Il suppose également qu'Ausone a pu écrire incola, à cause du passage d'Ovide, nouus incola ponti'^.

V. 281 Accurse préfère conuerrere à conuertere, leçon de toutes les éditions qu'il pouvait connaître; il préfère aussi, pour des raisons de quantité, Tethyn, leçon de l'Ascensiana, à Thetim, leçon d'Ugolet.

V. 288 miratur, leçon du L et des premières éditions; Accurse préfère miretur qui se lit en effet dans le G, le B^ le Rh, et l'As- censiana,

^ Le mérite de cette conjecture ne semble pas assez grand pour qu'on soit tenté de l'envier à Accurse. C'est cependant ce que fait Sclienkl qui écrit, dans ses notes critiques, au v. 279 «incola Schrader ». Tross disait avec raison, dans son Kritischer Covinientar, que Schrader (î»î Emend., p. 180) avait été précédé par Accurse.

DEUXIEME PARTIE LXXV

V. 309 C'est Accurse qui le premier, d'après un passage du livre VII de Vitruve, pense qu'il faut lire Ictinus, au lieu de Hic- tinus ou Hic tinus des éditions. Le G a bictinus, et les autres mss., hictiniis.

V. 312 Accurse se demande si, au lieu de Dinochares, Ausone n'a pas écrit Dinocrates, comme l'ont fait d'autres auteurs, par exemple Vitruve.

V. 313 II suppose que ce vers n'est pas à sa place : « Carinen hoc perperatn hue reieôîum arbitramur, quando <S° unde pendent non habet, &" quœ hic de Dinocrate archite6lo, Gfferreo Arfinoës fimulacro diciintur confitndit &= intercipit.»

V. 323 <s~Lege uendicat. » C'est la leçon du Rh suivie par l'Al- dine.

V. 380 « Ver/us hic (ni dejint aliqni) huius fane loci non tude- tur. PoJJit atcteni efje Jpurius. » Schenkl et Peiper pensent aussi qu'il y a une lacune après le v. 379.

V. 392 ...ignobilis ara (leçon d'Ugolet) : « Legendum ignobilis oci (c'est la leçon de l'Ascensiana). Neque enim probo quod non nulli, ocii (la Juntine a ocij) einendauere. » Suivant le même prin- cipe, il veut lire,v. 304, Syrâcûfi et non Syrâcûfu, ce qui évite en effet que le vers ne soit faux.

V. 397 Accurse, au lieu de tenui captas qu'on lit dans Ugolet, voudrait tenui cœptas.

V.461 non Saxona prœceps : «Saxonam qui Jïijîuuiuii, nufqtuttn eqtiidem coniperi. Autji inueniani, priorem leôîionem non mii- tarim, quœ fuit Axona. » Cette première leçon d'Ugolet frtA'ono^ se retrouve, améliorée (Axona) dans l'Ascensiana. Accurse cite l'édition de 1507 ou l'Aldine, qui ont toutes deux Saxona.

V. 468 C'est Accurse qui a changé le texte des mss. Tarbellius en Tarbellicus : correction qui est restée.

Ces observations d'Accurse dénotent du sens critique, de l'érudition, et un souci de la quantité qixi lui fait corriger plusieurs vers faux; il conjecture quelquefois par avance le texte des meilleurs mss. qu'il ne connaît pas, et il donne des corrections (Ictinus et Tarbellicus) c^ni sont définitives. Il semble étonnant qu' Accurse, qui était en rapports suivis avec Aleander ^, ait l'air d'ignorer l'existence de l'Ascen- siana. Le texte qu'il cite pour le corriger est celui d'Ugolet

^ Voir édit. Schenkl, Prooemiuni, p. XXXIV.

LXXVI INTRODUCTION

OU ceux d'Avantius; et quelquefois les corrections qu'il propose se trouvent déjà dans l'édition préparée par Alean- der. Il est probable que ces Diatribae ont été composées longtemps avant l'année elles furent publiées.

C. LES ÉDITIONS LYONNAISES DE SÉB. GRYPHE (1535 [?], 1537, 1540, 1548, 1549 [?])•

Le célèbre imprimeur de Lyon, Séb. Gryphe, a publié plusieurs éditions d'Ausone pendant la première moitié du XVi^ siècle.

Schweiger, cité par Bœcking, mentionne les éditions de Ï5355 ^537 et 1549; ^3. Notifia de la Bipontine indique les éditions de 1 540 et de 1 549, comme le faisait déjà Fabricius. Bayle ne parle que de l'édition «que Ducheri procura & à la louange de laquelle Nicolas Bourbon fit quatre vers que l'on voit au revers du titre de l'édition de Lion chez Sébastien Griphius, en 1549». Bœcking a eu entre les mains l'édition in-8° de 1540, et l'édition in- 16 de 1548 : M. Dezeimeris a bien voulu me prêter ses exemplaires des éditions de 1 540 et de 1548, et je dois à l'obligeance de M. Bonnefon com- munication de l'exemplaire de l'édition de 1537 conservée à la Bibliothèque de l'Arsenal (catalogué 3182 bis B. L.).

Je n'ai trouvé aucune trace de l'édition de 1535, et je ne puis en affirmer l'existence. Quant à l'édition de 1549, ^^^^ m'est inconnue et je crois qu'elle n'est autre que celle de 1 548 : les quatre vers de Nicolas Bourbon « que l'on voit au revers du titre» de l'édition de 1548, comme Bayle préten- dait les voir au revers du titre de l'édition de 1 549, le prouvent, semble-t-il, suffisamment. Bayle commet d'ailleurs de nombreuses erreurs dans la liste qu'il donne des éditions d'Ausone : nous le verrons en particulier à propos de la prétendue Lyonnaise de 1557. Cependant Tross dit, dans V Einleitung de son édition de la Moselle, avoir eu entre les mains un Atisone in- 12 de chez Gryphe qvi'il désigne ainsi:

DEUXIÈME PARTIE

LXXVII

«Ausonii opéra; Lugduni ap. Seb. Gryph. 1549, 12 mo.» Et il ajoute : «Cette édition fournit beaucoup d'excellentes leçons. Est-ce une simple répétition de l'édition donnée par le même imprimevir en 1540, je ne peux le déterminer, car je ne possède que l'édition que je viens d'indiquer. » Cet in- 1 2 n'est évidemment pas l'édition de 1 548 qui est un in- 1 6 : l'examen des variantes que Tross cite comme empruntées à son Ausone nous montre bien que ce n'est pas une réim. pression des éditions de 1537, 1540 et 1548 :

Vers Édit. de Grtphe 1549 (d'après Tross).

I Nauam.

28 imitare.

47 primos... limphas.

51 nec cura.

Deliciasq;.

76 Intercludentes. 1 15 parca. 1 18 Namq; 6°. 130 Sario. 159 threcia. 171 Najades. 198 confudit. 2iO Vefaevi. 390 uti. 452 tempus.

Édit. de Grypue /)37, 1540, 1548.

naueni.

imitate.

primas... lymphas.

non cura (1537, 1540).

Délit iasq;.

Interludentes.

perça.

Nanq; <5'(i537, i548)-

Far/o(i540),/aWo(i537, 1548).

Thracia.

Naiades.

confundit ( 1 540) .

Vefeui (1540).

tui.

teinpora.

Parmi ces variantes, il y a d'importantes fautes d'impres- sion : Intercludentes , threcia, titi, temptcs. Malgré les nombreuses inexactitudes que Tross commet en citant les leçons des textes qu'il a sous les yeux, je ne puis supposer qu'il ait lu assez mal son édition de 1 549 pour y trouver ces fautes grossières si elles n'y étaient pas. Il faut donc admettre l'existence d'un Atisone in- 12 sorti des presses de Gryphe en 1 549, beaucoup plus négligemment imprimé que les éditions de 1537, 1540 et 1548. Tross aura été le seul à connaître cette mauvaise réimpression que Bœcking lui-même n'a pu se procurer.

Des trois éditions que je connais, il en est une, la der-

Lxxvni

INTRODUCTION

nière, qui au premier abord semblerait avoir une imronaace particulière. ^ En tète d^une édition publiée à Lvor. e:: i 54S. dit M. Dezeimeris * et soignée, paraît-il, par Duché- rius, poète latin de la Limagne, Nicolas Bourbon de \\ir.- dœuvre constate ce mauvais état du texte. Rien n'était plus vrai. Mais lorsqu'il ajoute que son ami Ducherins fDuchier) y a mis ordre et correction, il me semble s'avancer beaucoup. Je n'ai jusqu'à ce jour constaté aucune correction impor- tante datant de cette édition. Il serait bon toutefois d'en faire \ine collation complète. ^ Pai fait cette collation pour ce qui concerne le texte de la Moselle : le tableau suivant des variantes des trois éditions de Gnrphe que je connais montre que l'édition de 1548 diSère peu de celles de 1537 et de 1 54.0, et ne mérite guère l'éloge enthousiaste que lui décernaient les deux distiques de Xicoîas Bourbon, inqjri- més au verso du titre :

NiCOLAYS BORBONFVS Vandoperanus ad Leâorem.

Amfcmàtum memitis wimemlis wtemiis^ JcaismSti-ai

Mmf* U^ imtUgme DmehmrimiÊm tmtit:

Dasrfo%: «aun ftmmUora^ M»V' t*o8lmm

\

"aî-an"

:ss r35 ^riTiax-s de b.

Lrî-rPfTK,

Vais tîîT-

i>+a-

£Ï*S<

3 Cannas.

id.

cannas.

4S et 563 îem'a.

mtreosg;. id.

lœatia.

51 no».

id.

•«r.

65 agiiatkr.

85 capîio. it^/qataâet. 115 delicms.

agirm. id. id. id.

CapOof JqHaHei. deUHas.

* A pr-pcg jrm» Mmmmstrit, etc-, p. 6, note 1.

*' Dxa5 réiiition de 154S toos les nocEis de poifssoas sont ëccits arec ime Œtajascale imùile, exœpte ttmhns ^v, 9q>, la fsraBÎèxe fois qu'Us sont ci ces. Aa T. i30t cepeniast, l'âditîoa de 1543 a Jkrso. les desx uaXR&,, Jwria.

DEUXIÈME PARTIE

LXXIX

Vers 1537.

1540.

1548.

118 Nanq;.

Namq;.

Nanq; .

125 Quis non &...

Qiiis &> non...

Quis non &... uolgi.

uolgi.

utdgi.

126 Norit?&alhiir-

Norit? Alburnos.

Norit? & alburnos.

nos.

198 confudit.

confundit.

confudit.

2iO uaporiferi.

uaporifera.

uaporiferi.

210 Vefœui.

Vefeui.

Vefœui.

227 &\.T)^,6fimiilachra.

id.

fimulacra.

234 Germanœ.

Gernianœq;.

Germanœ.

261 Quiq;.

Cuiq;.

Quiq;.

298 (3"^-

Quis.

Qui.

381 parens.

id.

pares.

479 increta.

id.

incerf a.

On voit que ces variantes sont peu importantes : la plus grande différence entre les trois éditions de Lyon, c'est que les deux premières sont in-8° et la troisième, in-i6; cette dernière, plus coquette d'aspect, est imprimée en caractères plus petits et plus agréables à l'œil. D'ailleurs, la disposi- tion du texte est la même : dans les trois éditions, la Moselle commence en haut de la page 70 et finit avec la page 86. Le titre est le même à peu de chose près:

DEciiIl AVSOXII||BVRDEGALEXSIS,|| vmi con- SVLARIS 11 OPVSCVLA || VARIA. |! (Marque de Grj^phe; apvd SEB. GRYPHIVM || LVGDVNI, || 1537- ||

DECii 11 AVSONII II BVRDEGALEXSIS, || viri con- SVLARIS II OPVSCVLA VA- || RiA. || (Marque de Gryphe) LVGDVNI APVD SEB. || GRYPHIVM, || I 54O. ||

3°DECii H AVSONII 11 BVRDIGALENSIS || viriconsv- LARIS II OPVSCVLA |1 VARIA, jj (Marque de Gryphe) APVD SEB. GRY- Il PHIVM LV- Il GDVNI, Il 1 548. Il

L'édition de 1537 a une faute d'impression (v. 234 Ger- manœ, pour Gernianœq;) qui se retrouve dans celle de 1 548, et une autre (v. 479 increta^ pour incerta) qui se retrouve

LXXX INTRODUCTION

dans celle de 1 540. L'édition de 1 540 en a quatre qui lui appartiennent en propre (v. 65 agirœ, pour agitatœ; V. 125 Quis ô» non, pour Quis non &; v. 126 Norit? Albîirnos, pour Norit? &■ alburnos ; 210 uaporifera, pour tiaporiferi)\ l'édition de 1548, deux (v. 3 cannas pour Cannas; v. 381 pares, pour parens) qui ne se trouvent pas dans les précédentes. V. 28, l'édition de 1540 conserve seule la leçon de l'édition de Bâle ; les deux autres revien- nent à celle de lajuntineou del'Ascensiana. V. 1 18, l'édition de 1540 conserve seule, aussi, la leçon de l'édition de Bâle. V. 198, 210 et 261, ce sont les éditions de 1537 et de 1548 qui conservent la leçon de l'édition de Bâle. V. 298, l'édition de 1 540 conserve seule la leçon de l'édition de Bâle. Les autres variantes ne concernent que l'orthographe.

La ponctuation est sensiblement la même dans les trois éditions. Enfin, si le texte de 1548 admet certaines abrévia- tions qui ne sont pas dans les autres (v. 200 célébrât... pôpas; V. 407 Britânos) c'est simplement, je crois, parce que les vers 200 et 407 sont trop longs pour le petit format in-i6 de la dernière édition de Gr3^phe.

Le texte commun des trois éditions de Gryphe ne se sépare que rarement de celui de l'édition de Bâle *\ :

Vers Êdit. de Bâle. Édit. de 1537, 1540, 1548.

8 Dum NiJJiim. DuninîJJum.

29 œquiperare. œqiiiparare.

55 lœiiia. leuia.

62 cœrulea. cœrulea^.

68 Britanis. Britannis.

79 Nomina qtice &. Nominaq; &.

84 flultanteis. fluitantes.

136 A6ïeo. Aâiœo.

144 et 148 5aZ/ena. halœna.

221 fafeïi. phafeli.

^ Dans l'édition de Bâle les noms des poissons sont écrits avec une majuscule initiale. On a vu (page LXXVIII, note 2) quelles variantes se remarquent à ce propos dans le texte des diverses éditions de Gryphe.

VLes éditions de Gryphe écrivent toujours ce mot par un je, et l'édition de Bâle, par un ce.

DEUXIEME PARTIE LXXXI

Vers ÉJit. de Bile. ÉJit. de 1537, 1540, 1,48.

263 in ualidos. iniialidos.

281 Tlietim. Tethyn.

306 margei. Margei.

358 coufunderet. confunderet.

389 quod. . . fpaciatus. quid.. . fpatiatus.

407 Britanos. Britannos.

448 meri. met.

Presque toujours, quand les éditions de Gryphe aban- donnent le texte de Bâle, c'est pour emprunter à d'autres des leçons meilleures. Je n'ai à noter que quatre innovations: trois qui ont rapport à l'orthographe, dont deux, A6îœo et phafeli, sont bonnes, et la troisième, balœna, mauvaise; la dernière, beaucoup plus importante, restitue par une heureuse conjecture la leçon Noniinaq; & du B, ms. évidem- ment inconnu à l'éditeur lyonnais. Ces trois éditions, on le voit, n'améliorent guère le texte de la Moselle; Bœcking disait des deux qu'il connaissait : « Utriimque exempluniper omnia fere Basileensem seqititur. » Je dirai la même chose des trois que je connais, et je pense que la collation de l'édition de 1535 ne ferait que confirmer ce jugement.

En dernière analyse, si ces trois éditions de Gryphe, sage- ment éclectiques, valent mieux que l'édition de Bâle, qui était elle-même en progrès sur la Juntine et sur l'Aldine, elles se ressemblent beaucoup toutes trois, et ce n'est pas la der- nière qui est la meilleure. La correction la plus importante (v. 79) se trouve déjà dans le texte de 1 537 : comment donc expliquer l'éloge enthousiaste donné par Bourbon de Van- dœuvre à VAttsone de Duchier? C'est je crois que cet éloge s'applique aux trois éditions de Gryphe, qui doivent avoir été toutes soignées par Duchier. En effet, d'après le Supplément de la Biographie Michaud % Gilbert Diicher (et non Duchier), originaire d'Aigueperse dans la Limagne,se trou- vait, en 1537, à Belley, comme secrétaire ou précepteur chez

<[ Article Ducher (tome LXIII) signé des initiales de Labouderie et Weiss. Cet article renvoie à une étude de Breghot, Archives du Rhône, tome XI, p. 401 et suiv., année 1829), étude que je n'ai pu me procurer.

XI

LXXXII INTRODUCTION

François Lombard, lieutenant du roi pour le Bugey . En 1538, de hautes protections le firent nommer professeur au collège de la Trinité, à Lyon. On ignore la date de sa mort; mais il est resté de lui un recueil de poésies latines': «Epigram- vtaton libri duo», Lyon, 1538, in-8° de 137 pages, dont les 14 dernières contiennent des vers grecs et latins composés à sa louange par ses amis. « Ducher, dans l'Épître qui précède le premier livre de ses épigrammes (p. 4), promet de mettre au jour trois livres de Sylves qu'il s'occupe de revoir avec soin. Ces livres n'ayant point paru, on pourrait conjecturer qu'il mourut peu de temps après la publication de son recueil.» Cette supposition est vraisemblable: les auteurs de l'article que je cite ne parlent pasdel'^W5o;^edeDuchier; mais ils disent qu'il soigna à Paris, en 1522, une édition in-4° des Commentaires de César, et, en i 526, une édition petit in-8° de Martial. Il est très possible que, dès le moment l'éditeur de César et de Martial se trouva à Belley, Gryphe lui ait demandé une édition d'Ausone ; ce serait celle de 1537^; les deux autres, éditées peut-être après sa mort, ne seraient que des réimpressions de la première, à peine modifiées. Les vers de Bourbon de Vandœuvre seraient alors un simple hommage à la mémoire de l'éditeur de 1 537- Je ne sais en quelle année ces vers ont été écrits; je les ai cherchés en vain dans un récent travail consacré à la biographie et aux œuvres de Bourbon, et je n'y ai pas trouvé davantage le nom de Duchier parmi ceux des amis à qui Bourbon a adressé des poésies ^^. Quoi qu'il en soit, pour que ces vers aient un sens raisonnable, il faut qu'ils se rapportent non à l'édition de 1548, qui n'est pas en progrès sur celles de 1540 et 1537, mais au texte même de 1537, qui valait beaucoup mieux que celui de l'édition de Bâle.

^ La Biographie Michaud ne dit pas si Duchier se trouvait à Belley dès 1535. Aurait-il été, dès cette époque, en relations avec Gryphe et aurait-il soigné VAusone publié en 1535 par le libraire lyonnais, si tant est que cette édition existe?

5^ £>e vita et scriptis Nicolai Borboni Vandoperani, Paris, Hachette, 1888; thèse latine de M. L.-G. Carré.

DEUXIEME PARTIE LXXXIII

D. LA PREMIÈRE ÉDITION DE VINET (Paris, 1551).

En 1 5 5 1 , parut à Paris, chez Kerver, une édition d' Ausone, bien plus importante que celles de Lyon, C'est le premier Attsone soigné par Vinet. Il est nécessaire de s'y arrêter, car ce volume doit être fort rare ; Bœcking lui-même ne le connaît pas. De plus, la première édition de Vinet, que celle de 1 575- 1 580 a fait sans doute oublier, renferme, pour la Moselle notamment, un certain nombre de corrections généralement heureuses ; elle reprend plusieurs leçons de l'Ascensiana, qui ont passé dans l'édition de Lyon de 1 558, à laquelle Schenkl et Peiper en attribuent à tort la nou- veauté.

Dans la préface de l'édition de 1 575-1 580, sur laquelle il y aura lieu de revenir longuement, Vinet explique pourquoi il a fait imprimer son Ausone à Paris dès 1551 ; il insiste avec soin sur la date, probablement pour montrer que cer- taines corrections dont on devait déjà faire honneur, et dont la critique allemande fait encore honneur aux érudits lyonnais et à Scaliger, appartiennent à l'édition de 1 55 1 , et non pas à l'édition lyonnaise de 1558, ou aux Ausonianae Lectiones de 1573. Pendant qu'il mûrissait ses commen- taires sur Ausone déjà entrepris depuis quelques années, Vinet, qui veut prendre date pour les résultats acquis, fait imprimer à Paris son édition, en 1551 : « Qiice nojîra corn- mentaria dtim maturefcerent, placuit primo quoqiie tëporefola Aufonij fcripta, vt reftihieram (remarquer le mot), emittere. Itaque Liitetià mifi lacobo Gtipylo Piôîoni, amico Latinis Grœcifque litteris do6îiJJimo : qui edenda curauit anno Chrifti tnillefimo qiiingentejinio qiiin- qiiagefimo primo : eamqiie editionem ilhistriffimo eritdi- tijfimoqiœ Cardinali Bellaio, Burdigalenfi Archiepifcopo dedicauit^. »

^ Édit. de 1575- 1580, Prœfatio, i B.

LXXXIV INTRODUCTION

L'édition de Kerver est un in-i6 le texte de la Moselle occupe les pages 101-119. Voici le, fac-similé du titre ^ :

D. M ^ G m

A V SO N !I

P AE ONIÎ.BVR^

DEGALENSIS

PO E T tJ.E,^V. CVSTORVM P R AE CE PTO RîSj

Opéra

D jîigétfus irerum caftigara, 5i in meliorcm ordinem ïefliîuta.

£^^Tl^Xi <^ÇOvtîSi( so^^n.§t^A

Apud lacob. Kerucr vja îacobsa» M. D. L r,

Cum priuilegio Regio.

Le privilège « donné à Paris le XXVIII iour de May, de grâce mil cinq ces cinquante et ung» est accordé à « lacqiies Keruer marchât libraire iure de Vuniverfité de Paris, et Gndllaume Morel atijji libraire demourâts en cejîe ville de Paris »; il concerne « ung litire nômé Ati/onij Poetce Gain poemata noiiuellemët reueu corrigé et aug-

*{ Je dois à l'obligeance de M. Bonnefon, sous-bibliothécaire à l'Arsenal, communication de l'exemplaire de sa bibliothèque, catalogué 3177 ftisB. L.

DEUXIExME PARTIE LXXXV

inenté par la diligece et efiude de maijîre Helie vinet rcget en la faculté des arts en l'unùierfité de BordeatUx.» L'achevé d'imprimer est des calendes de juillet. L'Épître dédicatoire confirmerait, si la parole de Vinet avait besoin de preuves à l'appui, que, comme le dit la préface de 1580, Goupyl s'occupa seulement de surv^eiller l'impression ; celui-ci écrit en effet au cardinal Du Bellay, à qui l'épître est adressée: « ...cum Elias Vinetus Santonenfis bonartini artiumprofejjor in gynmafio quod Biirdigalce regia heni- gnitate confiitutum eft, hoino ad vtilitateni ptiblicani natus, poëmatafiiperiornm emporuni infcitiafic neglecîa videret, vt in his innlta periierfa ejjent, incredibili diligen- tia omnia qiiœcicnque eoruin exeinplaria extant, cdqjii- Jiiiit : ad qiiœ cuui poetà hune accurate recognotiijjet, ineciim pro pari et inter nos inutiia ainicitia, quod prœjli- tijjet comniunicandum putatiit, et etiam vt ederem per- inifit.i> L'édition de 1551 n'a pas de préface de Vinet.

Vinet établit le texte de la Moselle d'après celui de l'Ascensiana : il use surtout de la dernière édition de Badius Ascensius. Il rompt beaucoup plus résolument que ne l'avaient fait, depuis 1523, les éditeurs de Bâle et de Lyon, avec la tradition de la Juntine et de l'Aldine ; non content de choisir pour base de son édition le meilleur texte imprimé, il corrige souvent ce texte, et, en général, d'une manière heureuse. Le sens critique de Vinet se montre très vif et très sûr: on regrette que l'éditeur de i 55 1 n'ait pas eu à sa dispo- sition de mss. dont il aurait su faire un meilleur usage qu'Aleander, Homedeus, Humelberg et Avantius. Mais il nous dit lui-même, dans son Commentaire de 1580, qu'il n'a pu user, pour le texte de la Moselle, d'aucun ms. et d'aucune édition antérieure à l'Ascensiana et à l'Aldine : « Vetiifiio- ribus egebat codicibus vnde reftitueretur :fed ego Aldinis, Afcenfianifq; antiquiores nancifci hauddû potui. » {Com- ment., 242 A.)

Comme l'édition de 1 575-1 580 est très connue et que celle de 1 551 semble ne pas l'être du tout, quand j'en viendrai à la

LXXXVI INTRODUCTION

seconde recension de Vinet, je ferai la collation complète du texte de la Moselle dans les deux Ausones de l'émdit Sain- tongeais. Je me borne, pour le moment, à montrer comment l'édition de 1551 restreint singulièrement la portée de celle de 1558, dont l'importance a été exagérée hors de mesure par les critiques qui ne connaissaient pas le premier Atisone de Vinet. Je donnerai ensuite la liste des leçons Vinet abandonne le texte de l'Ascensiana.

Dans les notes critiques placées au-dessous de leur texte de la Moselle, Schenkl et Peiper attribuent à l'édition de Lyon ou à Scaliger beaucoup de corrections qui appartien- nent à Vinet, ou qui sont des corrections de l'Ascensiana reprises par Vinet :

V. 65 Vtq; se trouve déjà dans l'Ascensiana (15 13, i5i7)> et dans l'édit. de Vinet.

Y. 2 \% /pédante se trouve déjà dans l'Ascensiana (1517), et dans l'édit. de Vinet.

V. 307 Menecratis est une correction de Vinet et non de Sca- liger^.

V. 316 coriis, correction attribuée par Schenkl et Peiper à la Lyonnaise de 1558, ne se trouve pas dans cette édition on lit Corus. L'Ascensiana fait les corrections coriis (151 1, 1513), et Conis ( 1 5 1 7) ■• c'est cette dernière que Vinet reprend avant l'édition de Lyon.

V.331 natiui est une correction de l'Ascensiana (i5i7)> reprise par Vinet.

V. 409 populumq; est une correction de l'Ascensiana (1517),

reprise par Vinet.

V. 413 reddet estime correction de l'Ascensiana (15 17), reprise

par Vinet.

V.429 m7 est une correction de l'Ascensiana (1513,1 517), reprise

par Vinet.

V. 463 refluns est une correction de Vinet.

V. 468 Numine est aussi une correction de Vinet.

<f D'ailleurs Scaliger, dans le passage des Auson. Lect. (I, 4) il cite le V. 307 ne s'attribue nullement le mérite de la correction Menecratis. Il semble bizarre que Schenkl et Peiper qui citent à tout propos et hors de propos les innovations de la Lyonnaise de 1558, n'aient pas remarqué qu'on y lit Menecratis et ne lui aient pas attribué cette correction, comme ils lui attribuent Vtq;, /pédante, corus, etc.

DEUXIEME PARTIE LXXXVII

Enfin Peiper seul attribue à la Lyonnaise la correction V. 237 Vibratis, qui se trouve déjà dans l'Ascensiana (1513, 1517) Vinet l'a reprise; et Schenkl seul attribue à cette même édition la correction v. 4.^ Sicca fcd in prima adfper- gis veftigia lympha, qui n'y est pas, La Lyonnaise a simplement emprunté au texte de 1551 la correction : Sicca fed in prima afpergis, etc.

Ces corrections, soit qu'elles appartiennent à Vinet, soit qu'il les ait prises à l'Ascensiana les éditeurs de Bâle et de Lyon avaient négligé d'aller les chercher, sont presque toutes acceptables et, quelques-unes, définitives.

Il faut encore mettre à l'actif de Vinet un certain nombre de bonnes corrections la sagacité du critique se rencontre avec le texte des mss. qui lui étaient inconnus :

V. 118 Nain neq; (B).

V. 285 Qiias (G).

V. 309 lâiinus (correction d'Accurse qu'aucime édition n'avait encore adoptée).

V. 366 Salmonœ (Rh).

V. 423 Nicrum fuper, &. Cette correction est sans doute em- pruntée àBeatus Rhenanus de Schlestadt, philologue et historien, en 1485 et mort en 1547, auteur en particuUer des Res Germa- nicae. Vinet connaissait-il, en 1551, cet ouvrage historique, qui avait paru dès 1531 ? Sans doute, dans son texte de 1575, il admet Nicrum fuper & Lupoduniim, et il écrit, dans son Commentaire de 1580 : « Vitra Nicrum, inquit Rhenanus lihro primo rerum Germanicaruni, &= tertio. Vbi fcrihit hune oriri non procul fontihus Danubii in Germania, & Neccer hodie vulgo dici... Lupodunum 6= Lupondum apud Rhenanum. » {Comment., 269.) Entre 1551 et 1580, aucun éditeur d'Ausone ne cite Rhenanus, à l'exception de Poelmann, qui, comme nous le verrons, fait des Res Germunicae une citation inexacte qui sera scrupuleusement répétée après lui. La phrase du Commentaire de Vinet prouve bien qu'au moment il l'écrivait, il connaissait l'ouvrage de Rhenanus. Rien ne démontre qu'il le connût dès 1551 : la Bibho- thèque de Bordeaux possède deux exemplaires des Beati Rhe-

NANI SeLESTADIENSIS || ReRVAI GER.MANICARVM LIBRI TRES

Il Basile AE || ex officina Frobeniana, l'un de 153 1, l'autre de 1551 , provenant tous deux d'un couvent bordelais, l'exem- plaire de la première édition pouvait se trouver dès le moment

LXXXVIII INTRODUCTION

Vinet préparait son Ausotie de 1551. On lit dans les deux exem- plaires des Res Germanicae (p. 6 de l'édit. de 153 1 , p. 9 de celle de 1551) le même passage, Rhenanus après avoir cité la leçon vulgaire nigrunifuper & Liiponudiini, propose de lire :

... Nicrum fuper ô» Lupondutn.

Il ajoute : « Oiiod Ji quceras, Leëîor, qtiid Jîbi uelit Lupondutn, fcito quanta ego conieâïura ajfequi pojjum Lupondiini fiue Lupo- dunuin, aut LuponiDu, eam arcem ejje quœ nojlratibiis hodie Lnpff dicitur. » Si Vinet connaissait la correction de Rhenanus avant 155 1, il lui a emprunté Nicrum, en négligeant d'admettre Luponduin, qui rend le vers spondaïque, ce qui n'est pas dans l'usage d' Ausone ; s'il ne la connaissait pas, il a changé de lui-même nigrutn, en Nicrum, nom latin d'un fleuve connu, et conservé Luponudum qu'il pouvait supposer être le nom de quelque ville allemande obscure.

L'édition de 1551 est imprimée avec soin; je n'y trouve guère que deux fautes dans la Moselle : v. 476 letoq; (pour lœtoq;) et v. 483 Omnibus aquorece (pour Amnibus œquo- rece). Pour ce qui est de la ponctuation, la collation du texte de la Moselle de 1 55 1 avec celui de 1575 montrera que dans le premier elle laisse souvent à désirer; l'orthographe donnera lieu aussi à quelques observations de même ordre.

J'ai déjà dit que l'édition de 1551 est faite d'après l'Ascen- siana de 15 17. Vinet, qui lui emprunte quelques fautes contre lesquelles il semble que son sens critique aurait le mettre en garde (p. ex., v, 1 1 1 liithea, pour hitea; v. 115 Parca, pour perça), abandonne parfois le texte d'Ascensius : tantôt pour faire place à ses propres correc- tions qui ont déjà été énumérées, tantôt pour adopter les leçons de l'Aldine ou celles des autres éditions qu'il pouvait consulter à défaut des mss. qui lui manquaient.

Voici les leçons Vinet abandonne le texte de l'Ascen- siana pour prendre celui d'une autre édition :

V. 33 prolapfus (Aldine).

V. 45 limigeris (Aldine, leçon préférable à celle de l'Ascen- siana, lunigenis).

DEUXIEME PARTIE LXXXIX

V. 71 lociipletes qtiœq; (Aldine).

V. 115 delicias (édit. de Lj^on 1537 et 1540, qui ont v. 71 Deli. tiasq,-. A ce vers, Vinet écrit Deliciafq;, comme l'Ascensiana de

'5'7)-

V. 130 Sario, dans le texte, comme l'Ascensiana, mais en marge /"ar/o, comme l' Aldine.

V. 163 plèbes (orthographe de l' Aldine, préférable à celle de l'Ascensiana, plèbes).

V. lôg fcena (leçon de l' Aldine, au lieu de fcena, leçon de l'Ascensiana).

V. 215 dans le texte Mylafena, comme l'Ascensiana, en marge Mejfana, conjecture d'Accurse.

V. 256 Dextera (Aldine).

V. 278 carptas (Aldine).

V. 289 Crt/c7îec/o;i/o (Ascensiana de 15 13).

V. 314 incejli (Aldine).

V. 319 fcenas (Aldine).

V. 336 nutantia ...coluninis (Aldine).

V. 359 dans le texte Gelbis, Erubrns, comme l'Ascensiana, en marge Belgis, Eriibris, comme l' Aldine.

V. 368 Tota comme l'Ascensiana, et, en marge, torta, qui est aussi dans la marge de l'Ascensiana de 1517.

V. 370 dans le texte hoc (Ascensiana de 15 13 et de 1517); en marge hic (Ascensiana de 151 1).

V. 371 félix (leçon de l'Aldine, préférable à celle de l'Ascen- siana, fœlix).

V. 388 veteres qui lujîrat (Ascensiana de 1517), et en marge, veterefq; illujîrat (Ascensiana de 151 1 et de 15 13).

V. 389 fpaciatus (Juntine ^).

V. 397 fubtegmine (édit. d'Ugolet que Vinet ne connaissait pas ; édit. de Lyon 1537, 1540, etc., il aura pris cette leçon).

V. 419 fpaciumq; (mauvaise innovation orthographique inspirée sans doute à Vinet par \q fpaciatus du v. 389).

V. 422 iunâîos (leçon de l'Aldine préférable à celle de l'Ascen- siana, vinùîos).

V. 437 uno (Aldine).

V. 439 dans le texte non comme l'Ascensiana et, en marge, mine, leçon que la Juntine emprunte à l'édition d'Ugolet.

V. 475 ocia (Jmitine).

^ Vinet connaissait-il la Juntine? Il ne le dit pas; mais il est probable qu'il la comprend, sans la nommer, dans les éditions contemporaines de l'Aldine et de l'Ascensiana, les plus anciennes qu'il eût à sa disposition. En tout cas, ce n'est pas à Ug'olet qu'il a pris la leçon fpaciatus, qui se trouve aussi dans rédition/)rmce^s de la Moselle.

XII

XC INTRODUCTION

Cette liste prouve que Vinet suit le plus souvent le texte de l'Ascensiana de ! 5 1 7, le meilleur qui ait été publié avant 1 551, et qu'il ne l'abandonne que pour introduire ses correc- tions personnelles, qui sont en général très bonnes, ou pour prendre à d'autres éditions quelques leçons qui sont le plus souvent préférables aux leçons correspondantes de l'Ascen- siana. On peut cependant regretter qu'il ait gardé, sans compter liithea et Parca dont il a déjà été question, quel- ques mauvaises leçons de l'édition parisienne de 1 5 1 7 que le texte de l'Aldine ou celui de l'Ascensiana de 1513 lui aurait permis, à défaut de ms., sinon de corriger, du moins d'améliorer. Par exemple : v. 216 Cumbœ (l'Ascensiana de 1 5 1 I et celle de i 513 ont la bonne leçon, cumbce); 298 Qui; v. 317 AffliBamq; ; v. 2,31 fulphtirea; v. 415 dilata lande; V. 464 Ditranide.

Quoiqu'il en soit, l'édition de la Moselle donnée par Vinet, en 1 55 1 , sans le secours d'un ms., est bien supérieure à toutes celles qui l'ont précédée.

E. l'édition lyonnaise de 1558 ET LA PRÉTENDUE ÉDITION LYONNAISE DE 1557. '

La seconde époque de l'histoire du texte d'Ausone en général est inaugurée par la célèbre édition dont le privi- lège est daté de Saint-Germain-en-Laye le XV de décembre, l'an de grâce 1557, et qui parut, en 1 558, chez Jean de Tournes, imprimeur et libraire de Lyon; c'est un in-8° intitulé :

U. MAGNI AVSONII |1 BVRDIGALENSIS POETAE, |1

AVGVSTORVM PR/ECEPTO- 1| ris, virique Confularis |1 opéra.

Il Tertiae fere partis complemento auâiora, |j & diligentiore

quam haâenus, |] cenfura recognita. || Cum Indice rerum

memorabilium. [j LvGDVNi, || Apvd I| Ioan. TorN/ESIVM.

Il M. D. LVIIL II Cum Priuilegio Régis.

Cette édition se trouvent pour la première fois VEphé-

DEUXIEME PARTIE XCI

inôride, le livre entier des Parentales, celui des Profes- seurs Bordelais, les Épitaphes des héros, etc., était faite en grande partie d'après un ms. qu'un prêtre de Lyon, Etienne Charpin, venait de découvrir dans le monastère de rile-Barbe, sur la Saône. L'édition de i 558 fut soignée par Charpin, Guillaume de la Barge et Antoine d'Albon : elle ajoute aux textes anciens « Aufonii opufcula varia quœ haGïemis delitiierant », et nous donne ainsi le premier Ausoiie complet que nous connaissions.

Le ms. de l'Ile-Barbe, dont M. Dezeimeris a fait l'intéres- sante histoire |, et qui est aujourd'hui le codex Leidensis Vossianiis lat. m, ne contenait pas, comme on sait, la Moselley. Aussi l'édition de 1558 n'a-t-elle pas pour le poème en particulier qui nous occupe la même importance que pour beaucoup des autres œuvres d'Ausone.

Vinet, dit M. Dezeimeris, ne fut pas émerveillé de cette édition lyonnaise : « ...lorsqu'il eut reçu l'édition de Char- pin, il comprit que ce lettré et ses collaborateurs avaient ne tirer que médiocrement parti du ms. de l'Ile-Barbe^^». D'autre part, pour ce qui est du texte de la. Moselle, il dut se rendre compte qu'on n'avait pas tiré médiocrement parti de sa propre édition de 155 1 : toutes ses corrections, ses variantes marginales passent dans le livre de Charpin, qui ne dit pas à qui il les emprunte. L'édition de 1 558 « qui donne, la pre- mière, la collection totale de ce qui nous est parvenu des œuvres d'Ausone]'^», eut, sans doute, tout de suite une répu- tation qui fit oublier celle de l'édition de 1551 : c'est ce qui explique que Schenkl et Peiper, qui ne se sont pas enquis de la première publication de Vinet, attribuent, comme je l'ai déjà fait remarquer, à l'édition de Charpin, de Guillaume de la Barge et d'Antoine d'Albon, la majeure partie des corrections dont Vinet est le véritable auteur.

^ A propos d'un Manuscrit d'Ansone, Bordeaux, 1882. V Voir page XIII. ^3 Opuscule cité, p. 6. ^4 Ibidem.

XCII INTRODUCTION

Je ne vois guère, en effet, que deux corrections qui appar- tiennent réellement à l'édition de 1558 :

V. 281 conuerrere (au lieu de conuertere); mais coniierrere, qui se trouve dans le G, avait déjà été proposé par Accurse ^.

V. 423 Nicrum fuper et Luponuduni (comme Vinet), mais en marge Lupodiinû. Il est probable que les éditeurs de Lyon, ont emprunté leur correction marginale Lupodunum à la liste des noms que Rhenanus donne comme synonymes à Ltipondum, cor- rection qu'il adopte ^^.

On peut donc faire remarquer que, sur les deux seules corrections qui appartiennent en réalité au texte de la Moselle de 1558, texte auquel on en a attribué un si grand nombre, l'une est d'Accurse, et l'autre a grandes chances d'être de Beatus Rhenanus.

Constitué évidemment d'après le texte de la Moselle donné par Vinet en 1551, celui de l'édition de 1558 s'en éloigne peu. Voici les leçons de la Lyonnaise qui diffèrent de l'édition de Vinet :

V. 27 Nauiget (comme toutes les éditions excepté l'Ascensiana, la Juntine et Vinet y).

V. III lutea (comme toutes les éditions, excepté l'Ascensiana et Vinet).

V. 1 1 1 Iris (mauvaise leçon de la Juntine, de l'Aldine, etc., au lieu d^iris).

V. 115 Perça (comme toutes les éditions, excepté celles d'As- censius et de Vinet).

V. 160 Garmnnam (comme toutes les éditions, excepté celles d'Ascensius et de Vinet).

V. 162 Ljœo (Vinet qui a, comme la Lyonnaise, v. 158 Lyœo, a, V. 162 lyœo).

V. 177 Paganica (mauvaise innovation au lieu de paganica).

Voir p. LXXIV. *2Voirp. LXXXVIII.

^3 A propos de Nauiget, il faut citer une légèreté de Vinet, qui n'est pas coutumier dufait : dans son. Commentaire (243), il dit: * Quid hic aiitein verbum nauiget incunCtis codicibus?» Vinet, qui ne connaît pas de mss. de la Moselle, entend par codices les vieilles éditions : il nous dit d'autre part qu'il a usé de l'Ascensiana, ce dont il est d'ailleurs facile de s'assurer, et l'Ascensiana a Naiiiger, aussi bien en isiyqu'en 151 i et 15 13.

DEUXIÈME PARTIE XCIII

V. 182 Nymplias (comme la Juntine, l'Aldine, etc., au lieu de n\i}iphas).

V. 198 confiindit (bonne leçon d'Ugolet, d'Avantius, de l'Al- dine, de la Juntine, et de l'édition de Lyon de 1540).

V. 204 alacreis (leçon de l'édition de Bâle et des Lyonnaises

de 1537, 1540, 1548).

V. 220 Nani aliam (faute d'impression pour Non aliam).

V. 256 Dextra (pour Dextera, faute d'impression qui fait le vers faux).

V. 374 moles (comme toutes les éditions, excepté celle d'As- censius et de Vinet).

V. 2,^g fpatiatus (Ascensiana, 1513, 1517, Aldine, éditions de Gryphe).

V. i\\() fpatiumq; (comme toutes les éditions, excepté celle de

>55«)-

V. 476 lœtoq; (au lieu de letoq;, faute d'impression de Vinet).

V. 483 Amnibiis œquoreœ (au lieu de Omnibus aquoreœ, double faute d'impression de Vinet).

V. 483 Garumnœ (comme toutes les éditions, excepté celles d'Ascensius et de Vinet).

On voit que ces variantes sont fort peu importantes. Les deux textes de la Moselle, dans les éditions de 155 1 et de 1 558, offrent d'ailleurs le même aspect. Ils n'ont tous deux qu'un seul alinéa, au v. 4 1 8 ; la ponctuation est presque iden- tique; l'orthographe est la même. L'éditeur de Lyon suit Vinet en tout : celui-ci, par exemple, écrit les noms des poissons avec une majuscule initiale, excepté le mot timbra; il en est de même dans l'édition de i 558. La seule différence orthographique consiste en ce fait que tous les mots com- mençant par V ou par u minuscules ont indistinctement un V initial, dans l'édition de i 55 1 , et un ti, dans celle de i 558. L'éditeur lyonnais reprend toutes les variantes marginales de Vinet: v. 130 fario; v. 215 MeJJana; v. 359 Bel gis, Erubris; v. 370 hic; v. 388 que ilhiftrat; v. 439 ntinc. V. 368, Vinet avait en marge, comme l'Ascensiana de i 5 1 7, Torta, qui se trouve, dans l'édition lyonnaise, sans doute par suite d'une faute d'impression, transformé enTerra, mot qui n'offre dans ce passage aucun sens. L'édition de i 558 a

XGIV INTRODUCTION

encore quelques variantes marginales que celle de 1551 n'avait pas : j'ai déjà dit quelle me semble être la source de la correction Liipodunû, qui se trouve dans la marge. Le V. 216 garde dans son texte la mauvaise leçon de l'Ascen- siana et de Vinet, Cuntbce : mais on lit en marge la leçon vulgaire, cytnbœ. Le v. 218 a dans le texte quales, dans la marge qualis, et au-dessous de ce mot, Marian., ce qui indique sans doute que la correction vient de Mariang. Accurse. Ce dernier, je l'ai déjà dit, avait raison de rejeter qtiales qui ne se comprenait pas avec le texte qu'il connais- sait, qualis fpe6iata Peloro; mais la Lyonnaise admet /pédante : c'est maintenant qualis qui devient inintelligi- ble. L'édition de 1 558 emprunte encore, mais cette fois sans en dire l'origine, une autre variante marginale à Accurse : Dinocrates (v. 312).

Cet examen du texte de la Moselle dans VAusone de Jean de Tournes prouve qu'il n'a rien de bien original, qu'il doit à peu près tout à l'édition parisienne de Vinet; si celle-ci avait été connue des critiques qui attribuent tant de mérites à la Lyonnaise, elle aurait certainement bénéficié des éloges qui lui reviennent légitimement et qu'on a eu tort d'accor- der à l'édition de 1558.

Parmi les éditions d'Ausone que Bœcking regrette de n'avoir pas pu se procurer, il en cite une qui aurait paru à Lyon en 1557 : si je n'ai rien dit de cette édition avant d'ar- river à celle de 1558, c'est que je soupçonne fort qu'elle n'existe pas, ou plutôt qu'elle n'est autre que l'édition de 1558, désignée d'une manière inexacte.

En effet, Bœcking ne connaît cette édition que par la « Notitia literaria » de la Bipontine, on lit bien après l'indication de VAusone de Vinet (1551), et avant celle de VAusone de Jean de Tournes (1558) : « 1557 Lugduni. 8°. Lud. Mirœi. » Il semble donc que les deux éditions de 1 557 et de 1558 ne se confondent pas, puisque la Notitia consa- cre un article séparé à chacune d'elles. Mais c'est le seul

DEUXIÈME PARTIE XCV

endroit il soit parlé des deux éditions à la fois : dans sa Bibliotheca latina medice et infimœ œ'atis (Hamburo-. 1734, lib. I, p. 421), parlant des éditions d'Ausone, Fabri- cius dit : Omitto. . . Ltigdniienfem Lndovici Mirœi. 1557.8. S'il cite, du moins par prétérition, VAusone de 1557, il ne dit absolument rien de celui de 1558: cette omission de l'ouvrage de Jean de Tournes ne viendrait-elle pas d'une confusion établie par Fabricius entre ces deux éditions lyon- naises? Le Dictionnaire de Bayle nous donne, je crois, la solution de la difficulté. On y lit (article Ausone, note G) : « Celle [l'édition] que Louis Mireus fit faire à Lyon, chez Jean de Tournes, l'an 1 557, eft meilleure que les précédentes : les Bibliographes en font mention...» C'est cette note du Dictionnaire de Bayle qui aura conduit Fabricius à men- tionner l'édition de Mirœus; mais l'auteur de la Bibliotheca latina néglige de dire que cette édition de 1557 a été im- primée chez Jean de Tournes. Le rédacteur de la Notitia, reproduisant textuellement les paroles de Fabricius, est incapable d'identifier cette édition de Miraeus avec celle de Jean de Tournes qu'il voit d'autre part citée par les bibliogra- phes. Il imagine alors deux éditions, l'une de L. Mirœus (1557), l'autre de Jean de Tournes (1558). Cette erreur est naturelle de sa part, et la responsabilité en remonte à Bayle. Quelle est la cause de la double inexactitude de ce dernier, concernant la date et le nom de l'éditeur? Pour la date, j'ai déjà dit que le «Priuilege du Roy» est de 1557; d'où, peut- être, la première inexactitude. Pour le nom de l'éditeur, l'mdication de Ludovicus Mirœiis doit provenir d'une défaillance de mémoire de Bayle. Le nom de Ludovicus Miraeus se trouve bien dans l'édition de i 558 : mais au nom- bre de ceux dont sont signées les pièces de vers latins qui célèbrent le grand service rendu par les éditeurs à Ausone. Huit vers élégiaques dont un, le sixième, a une faute de quantité consacrés à chanter les louanges d'Etienne Charpin, sont précédés de ces lignes : AD stephanvm char- pin VxM AVSONII POETAE ASSERTOREM LVDOVICVS MIRAEVS.

XCVI INTRODUCTION

C'est évidemment tout ce qu'on peut trouver de Ludovicus Miraeus dans l'édition de 1558; et si, comme la phrase de Bayle semble à première vue le donner à entendre, il avait fait paraître l'année précédente un Aiisone chez le même Jean de Tournes, ce serait un acte de vertu et de modestie rare de la part d'un érudit que d'aller ainsi vanter l'édition venue après la sienne, sans rien dire de celle-ci. L'imprimeur qui, dans la préface au lecteur (Typographus Lectori), pro- teste de son dévouement aux progrès de la science qu'il veut favoriser sans épargner sa peine et ses frais, ne man- querait pas, s'il avait réellement imprimé pour Miraeus un Aiisone l'année précédente, avant la découverte du ms, de l'île Barbe, de le rappeler pour faire valoir son zèle et montrer qu'une édition à peine terminée, il n'hésite pas à en entreprendre une autre.

Le silence du prétendu auteur et du prétendu éditeur d'un Ausone lyonnais de 1557 me fait douter absolument de l'existence d'une édition qui n'est, à ma connaissance, men- tionnée dans les catalogues d'aucune bibliothèque.

F. LES ADVERSARIA DE TURNÈBE (1564).

Avant d'arriver à l'édition de Poelmann, il faut mention- ner les «Adversaria» de Turnèbe (Tournebœuf) qui datent de 1564 V Cet ouvrage a, pour ce qui concerne le texte de la Moselle, une bien moindre importance que les Diatribes d'Accurse. Le petit nombre de vers du poème cités par l'auteur des Adversaria ne permet pas de décider de quelle édition il a usé^- On trouve {lib. II, cap. i) des rapproche- ments entre les v. 29-31 de la Satire VII du P"" livre

^ Je n'ai des Adversaria que l'édition de Bâle (1581); la dédicace au chancelier de l'Hospital, qui se trouve en tête de ce volume, est datée de «Lutetise Pariliorum, Idibus Quintilibus, anno G I O. I O. LXIV ».

<^2 Le ms. de l'Ile-Barbe, ne se trouve pas la Moselle, a servi à Tur- nèbe pour plusieurs de ses conjectures qui ne concernent pas notre poème. Voir la Prœfatio de Vinet (i G).

DEUXIÈME PARTIE XCVII

crHorace et les v. 165-167 de la Moselle : ceux-ci sont écrits comme dans toutes les éditions, à partir de l'Ascensiana; on trouve aussi (lib. XIX, cap. xvii) des rapprochements entre les V. 30 et suiv. du VP livre de VÉnéide et les v. 300-302 de la Moselle : il faut remarquer qu'au v. 300 Turnèbe écrit Gortynius, comme l'Ascensiana et Vinet. Citant d'autre part {lib. XVII, cap. IX) la fin du v. 468, il écrit Tarbellicus (correction d'Accurse qu'aucune édition n'avait encore adop- tée) ibit Aturnus (leçon de l'Aldine). Ailleurs {lib. XXII, cap. XXII), il cite les v. 337-340, et écrit v. 337//J/wrea comme l'édition de Bâle et les Lyonnaises de 1537, i540 et 1548. Les autres citations de la i1/osc//e sont sans importance; il n'y a que deux corrections à noter : à propos des «Actiaci ludi», Turnèbe {lib. XVIII, cap. v) rappelle les v. 20S-214 de la Moselle qu'il écrit ainsi :

Taies Cuniano defpeSlat in œquore ludos Liber , fui pJiurei citni per iuga conjîta Gauri, Perque vaporiferi graditur vitieta Vefetti : Cutn Venus A6î lacis Augiijli lœta trophœis, Ludere lafciiios fera prœlia iujjit aniores : Qualia Niliacœ clajjes, Latiœque trirèmes, Subter Apollineœ gejferunt Leucados arces.

Or, trophœis ne se trouve dans aucun ms. et dans aucune édition, et l'auteur des Adversaria ne dit pas pourquoi il fait cette correction j. Enfin, il propose {lib. XIX, cap. xii) de lire au v. 312 ctiui au lieu de cui: «Quin & in heroo carminé apud Aufoniû C2iui pro ciii fcribendum eft, vt verfus ruina hoc tâquam tibicine hacque deftina fulciatur.» Le mot cuui est insolite, et la correction semble peu heureuse ^^ .

On voit que les Adversaria de Turnèbe ne contribuent guère à la correction du texte de la Moselle.

^ Voir GOJI-MEXTAIRE EXPLICATIF, p. 78.

\^ Voir Commentaire explicatif, note au v. 312, p. 94.

XIII

XGVIII INTRODUCTION

V

L'Édition de Poehnann

fondée

sur le « Cornelij Gualtheri Mofella, liber antiquus »

et sur le « Gemblacenfis liber» (i$68).

Fondé principalement sur deux mss. jusqu'alors incon- nus, ou qui du moins semblaient l'être tous deux, le texte de la. Moselle donné par Poelmann dans son édition complète des œuvres d'Ausone, a une grande importance pour l'histoire de ce texte que nous essayons de constituer.

Voici le titre de l'édition de Poelmann :

D. MAGNI II AVSONII II BVRDIGALENSIS || OPERA, || A || THEOD. PVLMANNO CRANE- || burgio in meliorem ordinem refti- tuta, Il correéta, & fcholijs illuftrata : || adiectis graecis qvibvs- (| dam epigrammatibus, vt conferri cuni \\ Latinis pojjïtit. || Cum Latina Grœ- coriim interpretatione, & \\ duplici Indice.

(Au-dessous, la marque de Plantin.)

ANTVERPIAE, || Ex officina Chriftophori Plantini, || an. cIo.

lO. LXVIII.

On lit à la fin du volume, qui est un in-i6 :

ANTVERPIAE EXCVDE- || BAT CHRISTOPHORVS || PLANTINVS ANNO ClO. lO. Il LXVII. MENSE NOVEMBRI.

L'édition est précédée d'une dédicace adressée à Thomas Redigerus, de Breslau, par Theodorus Pulmannus, de Cra- nenburg. Dans cette dédicace, Poelmann nous apprend que forcé par la nécessité de prendre un métier manuel, il n'a jamais négligé les lettres qui lui ont permis de supporter les labeurs ingrats de ce qu'il appelle son esclavage. Toutes les heures qu'il a pu dérober au travail quotidien, il les a

DEUXIÈME PARTIE XCIX

consacrées aux poètes antiques; corriger avec l'aide des mss. les textes corrompus par l'injure du temps ou gâtés par les témérités des prétendus savants, joindre à ces textes quelques notes des érudits : tel a été son dessein pour certains poètes et en particulier pour Ausone.

Cette épître dédicatoire est ainsi datée : <■< Ex noftro Mufo- gnapheo,XVL Kalend. Decembreis, anno ciD. ID. LXVII. Antuerpise^» Je n'ai pu trouver de renseignements sur Poelmann dans aucun dictionnaire biographique, dans aucune encyclopédie. C'est dans son « Mufognapheum » d'Anvers qu'il a écrit sa dédicace : comme le mot yvaictcv ou y.vasEicv signiûe boîitiqiie, atelier de foulon , y Q\\ conclus que c'est le métier de foulon que Poelmann exerçait, contraint par la nécessité (tandem non mea quidem vohmtate, fed fato quodam ad mechanicam artë fui deieâînsj.

Cette conclusion a été confirmée par les renseignements suivants que M. Max Rooses, conservateur du Musaeum Plantin-Moretus d'Anvers a eu l'extrême obligeance de m'envoyer :

« Voici quelques données sur ce latiniste, puisées à nos archives et utilisées déjà dans mon Christophe Plantin, imprimeur Anversois, pp. 106-107 :

» Pulmannus s'appelait Théodore Poelmann; il naquit à Cranenburg, dans le duché de Clèves, en 1 5 1 1 ; il vint s'éta- blir à Anvers au mois de janvier 1532. Il était foulon de son métier et s'occupait dans ses heures de loisir de philo- logie latine. Il n'était ni correcteur ni employé à aucun titre chez Plantin, mais fournit à l'imprimeur anversois le texte de plusieurs classiques. En retour il recevait quelques livres et de minces cadeaux en argent. Il épousa Elisabeth Her- man qu'il perdit en 1569. Il eut d'elle cinq enfants dont deux fils, Corneille et Jean. Ce dernier fut employé de Plantin et alla fonder une succursale de la librairie planti- nienne à Salamanque. Théodore Poelmann mourut en 1 58 r .

^ M. Dazeimeris a bien voulu mettre à ma disposition son exemplaire de VAusone de Poelmann.

G INTRODUCTION

A la fin de sa vie il était employé à la perception des droits de sortie du vin. Ses papiers de toute nature, y compris ses manuscrits d'auteurs classiques, devinrent la propriété de Plantin et sont conservés dans la bibliothèque de notre musée.

» Philippe Galle a gravé son portrait. On y lit, dans le cadre Ph' Gallacus IS72 Aetatis suae 6i. Et sous le por- trait les vers

Theodorvs Pvlmannvs Cranebvrgensis

« Dum veterum certain ejjejludes Puhnanne librorutn

Et moruni puram cupis effe fldem : IJîe tibi candor nomen latidemque paravit,

Fortuna at fnerito ejî nonfatis aequa tuo. »

Ce quatrain part d'un bon naturel ; il est plein d'excel- lentes intentions à l'endroit de l'éditeur dCAusone. Mais il semble que l'érudit et consciencieux Poelmann, qui a consacré des loisirs péniblement gagnés à rendre plus correct le texte des vieux auteurs latins, aurait mérité d'être loué en vers latins moins incorrects et moins plats. Fortuna at inerito est non satis aequa tuo. Ces deux distiques en sont une preuve de plus.

Quoi qu'il en soit, l'examen du texte de la Moselle, le seul dont je doive m'occuper, montre que Poelmann est fidèle au programme qu'il expose dans sa dédicace. Les maro-es de son édition renferment des notes nombreuses empruntées à M. Accurse, A. Turnèbe, etc., et l'indication des variantes des deux mss. de la Moselle qu'il a eus entre les mains, et qu'il intitule, l'un (C.) Cornelij Qualtheri Mofella, liber antiqims; l'autre (G.) Geniblacenjis liber, in qno Mofella, Hercidis œruninœ, &= de XII . Cœfaribiis.

Le titre seul de ce second ms. nous apprend qu'il est question du B qui contient en effet fol. 72 recto -79 verso, la Moselle, fol. 80 recto-82 verso « Caesares», fol. 82 verso « Monostica de ertimnis Herculis ». De plus, on lit à l'in- térieur de la couverture de ce ms. : (.'.Provenant de l'abbaye

DEUXIEME PARTIE CI

de Gembloîcx^». D'ailleurs les leçons que Poelmann cite comme appartenant au Gemblacensis appartiennent presque toutes au Bmxellensis actuel :

Vers Vers Vers

Il Noiomagum. 167 canunt seris. 367 mollis Arauus.

20 saxis. 198 coiifudit. 368 Tota.

33 praelapsus. 237 Vibratos captât. 374 dia.

35 sperante. 242 defensos. 388 veteresque

45 limigenis. 263 iniuxlido. illustrât.

65 Usqiœ. 278 carptas. 415 dilata et.

79 Nominaque et. 279 accola. 423 nigriim super

80 aut. 2>'^'] Afflatamque. et luponudum 130 sarzo. 359 Belgis. 434 Chamaues. 140 /If. 365 Trachoruni. 437 unus.

Toutes ces leçons se trouvent dans le B ; et c'est dans le B seul qu'on lit saxis, nominaque et et trachoruni. Il est vrai que Poelmann dit avoir lu dans le Gemblacensis, V. 89 Rhœdo, v. 304 Syracttsi; et qu'il attribue au seul livre de Cornélius Gualtherus la leçon v. 380 Romœ tennere. Or, le B a, lui aussi, Romae tenuere; mais il a Syracusii, avi lieu de Syracnsi, et rhedo, au lieu de Rhœdo. Ces divergences peu importantes n'empêchent pas de reconnaître l'identité du B actuel avec le Gemblacensis de Poelmann, et on s'étonne que Bœcking n'ait pas vu que ces deux mss. ne font qu'un.

Quant au Liber antiqnus Cornelij Gualtheri, il est plus difficile de l'identifier avec l'un des mss. que nous connais- sons. D'après Peiper, suivi par Schenkl^% ce ms. serait un relevé des leçons du G que Cornélius Gualtherus (Wouters) aurait reçu du comte Hermann de Nuenaar, et qu'il aurait communiqué à Poelmann; celui-ci se serait quelquefois trompé en confondant les leçons de ce ms. avec celles du ms. de Gembloux. Il est certain que Poelmann donne,

^ Gembloux est une petite ville des environs de Namur, qui possédait une célèbre abbaye de Bénédictins.

*~ Peiper, i)îe Handschriftliche Ueherlieferung, etc., p. 217; Praefatio, p. LUI; Schenkl, Prooemium, p. XLV-XLVI.

cil

INTRODUCTION

comme extraites de ce ms. de Wouters, beaucoup de leçons identiques à celles du G :

Vers

1 1 Noiomagum.

33 praelapsus.

45 limigenis.

65 Usque.

80 aiit. 130 sario. 140 At. 167 canunt seris.

Vers

192 propiilit.

237 Vibratos captât

263 iniialido.

278 carptas.

279 accola.

317 Afflatamqiie.

368 Toi'a.

380 Rotnœ tenuere.

Vers

388 veteresque

illustrât.

389 qtiod. 415 dilata et.

423 nigruni super et liiponudum 434 Chaniaues. 437 îinus.

Il en cite même deux (v. 368 Drahonum, v. 452 mttnera) qui ne se trouvent que dans ce ms.

D'autre part, quelques leçons que Poelmann dit emprun- ter au Liber Giialtheri, et qui ne se trouvent pas dans le G, le font accuser de négligence par Schenkl : v. 1 98 conju- dit {confiindit G) ; v. 367 mollis arauns {mole sarautis G). Schenkl aurait pu ajouter v. 35 sperante {spirante G); v. 89 Rhœdo (rhedo G); v, 374 diica {dia G). Mais j'hési- terais à accuser de négligence Poelmann qui semble avoir la conscience et l'admirable bonne foi de notre Vinet. La note qu'il met en marge du v. 367 nous est une preuve que, s'il a attribué au G la leçon mollis araims, la faute n'en est pas à lui : « Hune locû clarifsiniiis cornes Herniànus Nuenarins, vti à Corn. Gualtero (sic pour Giialthero) viro integerritno ante imtltos annos accepi, primiis refti- tuit, no Marian. (Mariang. Accurse) oui tamen Gifanius hoc adfcribere inahiif, quàm id ipfum in ineo libro anno- tatû fe vidijje fateri. C., G. &= vulgati, mollis Arauus inendofè y> . Ainsi donc, c'est le comte Hermann de Nuenaar, qui, trouvant ingénieuse la leçon du G, a mieux aimé s'attri- buer l'honneur d'une correction destinée à entrer dans le texte des éditions que d'avouer que mole saraiius se trouvait dans un ms. Quant au reproche que Schenkl et Peiper adressent à Poelmann d'avoir confondu les leçons du Geni- blacensis avec celles du Liber Gnaltheri; il ne repose

DEUXIÈME PARTIE CIII

que sur l'attribution de conjudit (v. 198) qui se trouve dans le B, au G il ne se trouve pas. C'est peu : et j'aime mieux attribuer au comte de Nuenaar, qui est sujet à caution, une faute dans ses relevés des leçons du G, qu'à Poelmann une négligence de lecture. D'ailleurs, il ne semble pas que le Liber antiqims ait renfermé toutes les leçons propres au G : si elles s'y étaient trouvées, l'éditeur de 156S n'aurait pas manqué de citer en marge tout au moins les bonnes leçons qui devaient peu à peu passer dans le texte des éditions :

Vers Vers Vers

60 profundi. 297 concurrens. 417 tendus.

178 aureus. y.b felix. 426 hitic.

247 détectas. 378 da Rorna. 470 superno.

249 Inductos. 384 serejia (G, Rh).

Ce que l'on peut reprocher à Poelmann, c'est sa réserve et sa modestie excessive. Il suit avec une étonnante défé- rence l'édition de Lyon -, il craint de faire entrer dans son texte les leçons de ses mss. et les relègue dans les marges à côté des conjectures d'Accurse et de Turnèbe; quand il les admet, c'est le plus souvent qu'elles se trouvent dans d'autres éditions qui les avaient devinées (par exemple, il admet bien au v. 79 Noniinaque &=, sur l'autorité du Gent- blacensis : mais cette leçon se trouve déjà dans les éditions d^ i537î 1540 et 1548)-, enfin Poelmann ne hasarde que rarement des conjectures qui lui soient propres.

L'édition de 1568 est faite d'après celle de i 558; la plupart des leçons de la Lyonnaise sont conservées, quand même elles sont en désaccord avec celles des mss. de Poelmann, qu'il cite quelquefois en marge :

Vers Texte. En marge.

II Ninomagum. C^ G^ Noiomagum.

20 ripis. G f axis.

'Je désigne dans les listes qui vont suivre, comme Poelmann lui-même, par C le Liber antiquus, Q\.ça.r G, le. Gemblacensis. Pour éviter toute confu- sion, le ms. de S'-Gall sera désigné par Sang: et celui de Bruxelles, par Brux.

CIV

INTRODUCTION

Vers Texte.

33 prolapfus. 35 fuperante.

70 baccas (mss. hacas).

7 1 locupletes , qiiœque (le Sang, a Zocm-

pletibus afque; le Brux.,locuple- tihiisque).

80 haud.

89 Redo.

106 IJî ri (mss. Histri). 192 protulit. 198 confundit.

207 excludet (Sang.QtBnix .,excludit) . 242 defcnfus. 263 inualidos. 304 Syracojij. 317 AffliStaniqiie. 321 natini (mss. natura).

336 nutantia (mss. niteiitia).

337 fulfurea (édit. de 1^'^% fulphurea,

vcïss. fluminea). 359 Gelbis. 365 Drachonuni.

380 Romœque tuere.

388 çwz lujîrat.

389 qiiid.

409 popiilunique (mss. populique).

413 reddet (mss. reddat).

415 dilata laude.

429 «z7 (mss. nihil).

434 Caniaues.

437 îtno.

452 tenipora.

463 refiuus (mss. profluus).

468 Niimine (mss. nominé).

En marge.

C, G prelapfus. C, G fperante.

C, G a2<^. C, G Rhœdo.

C propulit. C, G confudit.

G defenfos. C, G inualido. G, Syracufî. C, G affiatamque.

G Belgis.

C Drahotium, G Tra-

chorum. C Rome tenuere.

c

c, G g'we illujlrat. C quod.

C, G dilata & laude.

C, G Chamaues, C, G unus. C mimera.

Poelmann emprunte même à l'édition de 1558 une leçon qui est absurde (v. 27 Nauiget) et une autre qui fait le vers faux (v. 256 Dextra in)^. S'il corrige, au v. 220, la faute

* Ces fautes sont, il est vrai, corrigées en Nauiger et Dextera, à la fin du volume dans la « Quorundam erratorutn, ô» locoriini recognitio » l'on trouve aussi _^i«toMfî6us (v. 84) corrigé enfluitâtes.

DEUXIEME PARTIE

CV

d'impression de l'édition de 1558, Nain aliatn, pour écrire Non aliam, il garde comme ses prédécesseurs lyonnais des leçons heureusement corrigées par Avantius dès 1 507 : V. 169 homimcm (hommes Avant.); v. 261 qtiiqtie (ctiique

Avant.).

Voici la liste des passages Poelmann se décide à abandonner le texte de l'édition de 1558 :

Pour adopter les leçons de ses mss.

Vers 45 liniigenis.

46, 53 et 295 litora (G).

65 F/(/»e(dans plusieurs édit.).

79 Nominaqiie &• (déjà dans les édit. de Gryphe).

96 mandata (G).

102 cenœ (G).

107 Muftela (innstela. G, et probablement Cornelij Liber).

1 14 fqualet (squalet, G; proba- blement Cornelij Liber).

128 Vtrumqiie (probablement Cornelij Liber; Ugol.).

140 At.

168 Jllica.

196 An numerat (G, JJgol., etc.)

210 Vefeui.

212 et 293 prœlia (probable- ment Cornelij Liber, comme le Sang.).

3 16 Cî<;n6œ (probablement Cor- nelij Liber, comme le Sang., et l'Ascensiana de 1513).

221 phafeli (mss., édit. de Gry- phe).

232 carcB (mss., Aldine).

237 Vibratos captât {v[ï%s..,\3 g.)

296 pœne (probablement Cor- nelij Liber, comme le Sang.; les édit. antér. ont^èue).

296 ntrimque (probablement Cornelij Liber, comme le Sang.^ ; aucune édit. antér. n'a utrinique).

313 pyratnis (mss., Ugol., etc., au lieu de Pyramis, Lyonnaise).

360 allambere (G).

395 inclita (G, Ugol.).

397 fubtemine (G, et probable- ment Cornelii Liber).

410 çz^anîHî's (mss., Ugol., etc.).

423 nigruni (mss. etédit. antér.

à 1551)-

474 Camenœ (mss. camenaé).

475 otia (mss. et édit., en géné-

ral).

Pour adopter les leçons d'éditions antérieures.

Vers Édition de 1 5 ;S. Édition de Poelmann.

21 et 25 baccho. Baccho (Juntine, Aldine, etc.).

53 j 63 st 85 harenœ, arewœ^arena, arenas( Aldine, etc.).

harena, harenas.

74 admixtos. adniijlos (Aldine, etc.).

XIV

CVI

INTRODUCTION

A' ers Édition de iJjS.

144 et 148 Ballena. 153 baccheia. 178 et 222 fol. 209 fidphurei. 254 liarundo.

289 Calchedonio.

290 euripus. 331 j!)z7ces. 337 fidplnirea. 2>S1 perniixta.

367 mollis Arauus.

368 Toî^a. 372 quenq;. 377 Tybris. 392 ocZ. 424 latijs. 453 arâîoi. 464 Duranide. 468 Tarbellius. 478 Pagorum.

Édition de Poelmann.

Balœna{balœna, éditions de Gn-phe). Baccheia (Juntine, édit. de Gtyphe). So/ (Juntine, Aldine). fidfurei (Aldine, etc.). arundo (Aldine, etc.). Chalcedonio (Juntine, Aldine). Euripus (Juntine, Aldine). pifceis (édit. de Bâle et de Grj^plie). fidfurea{éd\\.. de Bâle et de Gryphe). permijla (Aldine, etc.). inole Sarauus (leçon du Sangallensis,

que Poelmann croit être une corr.

de Hermannus Nuenarius). Torta (note marginale de l'Asc. 1517^) quemque (Ascensiana, etc.). 77i^'6rzs (Ascensiana, 151 1, 1513). otî (les édit. de Gryphe ont oti). Latijs (Juntine et édit. de Gryphe). Arêîoi (Juntine, Aldine, etc.). Diirani de (Juntine, Aldine, etc.). Tarbellicus (corr. d'Accurse). pagorttm (mss. et la plupart des édit.).

Les corrections personnelles de Poelmann sont peu importantes, quoique nombreuses. Elles ont toutes rapport à l'orthographe : l'édition de Lyon use de Vti initial, Poel- mann emploie toujours le v; l'édition de Lyon use de l'abréviation q;, Poelmann écrit que, excepté v. 459 Teq;. L'édition de Bâle écrit pifceis au v. 33 1 ; la même édition et la Lyonnaise écrivent v. 204 alacreis, et v. 24.0 facileis: Poelmann généralise cet usage orthographique ; à l'excep- tion du V. 1 50 il écrit pifces, il attribue la désinence eis à tous les accusatifs pluriels des participes présents et des substantifs et adjectifs masculins et féminins de la troisième déclinaison qui ont le génitif pluriel en ùim. Il écrit ainsi:

Vers 30 fonteis. 36 exjianteis.

Vers

69, 125, 196,202 vi- rideis.

Vers

127, 363 Striden- teifque.

« Voir p. ex.

DEUXIEME PARTIE

CVII

Vers

1 16,331 pifceis. 131 cohorteis. 170 agrejleis... tnenteis.

Vers

208 Taleis.

217 iocanteis.

218 qualeis. 223 nantaleis.

Vers

270 trententeis. 273 potienteis. 305 infigneis. 318 Jîmileis.

182 infnltanteis. 196 viteis. 200 dnlceis.

237 crineis. 240, 325 facileis. 267 fabrileis...

332 noualeis. 405, 454 vrbeis 406 fecureis.

204 ahtcreis.

igneis.

Partout, excepté aux v. 306 et 307, il donne à Tadverbe /îzc la forme archaïque /tefc .' d'ailleurs dans les deux cas il admet /i/c, il écrit en marge « forte liinc ». Heic se lit aux vers 12, 53, 120, 123, 148, 170, 292, 293, 311 : au V. 123, il faut évidemment hic, pronom démonstratif, mais Poelmann s'est laissé induire en erreur par le texte de la Lyonnaise il lisait hîc. Il introduit encore la diphtongue et dans le mot Aristides, qu'il écrit Arijîeides ('Apt7T£tS-^ç).

Poelmann apporte encore quelques utiles réformes ortho- graphiques :

Vers

36 exftanteis. 47 adfpergis.

Vers

259 Exfultant. 266 exfpirans.

Vers

340 exfpirante. 474 adfpirare.

Par contre, il est aussi le premier à écrire v. 258 affibilat (pour adfibilat), et v. 279 Sumfit (•ponrSicmpJif).

Il écrit, le premier, suivant la bonne orthographe, Pangœa (v. 158). Mais il écrit aussi, le premier, lethalibits (v. 249), lethalia (v. 260), lethi (v. 270), mauvaise orthographe que les mss. ne justifient pas, et qu'aucun éditeur n'avait admise avant lui. C'est à tort également qu'au lieu de s'en tenir aux leçons ordinaires, il préfère écrire QuinŒliani (v. 404), gnatique (v. 422), piUcerrime (v. 428); il fait une autre innovation inutile en écrivant Miifis (v. 475) au lieu de mufis. L'édition de Lyon avait v. 106 Iftri, et v. 424 Hiftri: voulant écrire ce mot d'une manière uniforme dans les deux passages, il a le tort de l'écrire les deux fois IJiri, puisque la vraie orthographe est Hiftri qu'il devait lire dans le

CVIII INTRODUCTION

Gemblacensis diw moins, sinon dans le Cornelij Liber . Enfin la virgule qu'il place entre Corus etAchates (v. 3 16 Corus, i4c/ia^es) ne facilite pas l'intelligence de ce passage obscur.

Il faut remarquer d'autre part que Poelmann est le pre- mier à écrire v. 122 ceuoque, comme le Rhenaiigiensis et le Reginensis, et v, -^-^f) flamas , comme le Rlienaugiensis: il ne connaissait aucun de ces deux mss. Peut-on supposer que ces deux leçons du Rlienaugiensis se trouvaient dans le Liber Cornelij, auquel Poelmann les aurait empruntées, ou faut-il voir simplement dans l'orthographe attribuée à ces deux mots, et qui n'est pas sans exemple, une innovation, d'ailleurs mauvaise, apportée au texte de la Moselle?

Les conjectures personnelles de Poelmann sont peu nom- breuses; il les présente modestement en marge, souvent précédées d'un timide /or^e «peut-être! », et escortées des autorités qui les recommandent; il en est cependant de fort bonnes :

V. 37 en marge Interfeptus (pour Interceptas) semble inutile.

V. 306 et 307 en rmxge, forte, hiiic (pour hîc) semble mauvais.

V. 306 en marge forte, Marci (pour Marcei). M. Varro- neni Hebdomadôn lihros fcripfiffe ex Nonio palain eft. Très bonne correction.

V. 370 en marge heic (correspond à la variante marginale de la L3^onnaise, hic).

V. 462 en marge forte, finis (pour fines). In lexico poetico, in vocabulo Matrona legitur, Galîosque, Belgosq; interfita fines . La correction_/î;iîs est très bonne.

On voit que la leçon tirée par Poelmann de ce lexique poétique n'est citée par lui qu'à titre documentaire, et ne lui a servi en rien pour sa correction finis. Peiper cite cette note d'une manière inexacte qui enlève à Poelmann le mérite de sa découverte : « Gallos Belgasque intersita finis, lexicon 2^oeticon a Pulmanno latcdattim sîcb verbo Matrona. » Il n'y a dans le lexique ni Belgasque, m finis. Schenkl dit bien «fines Codd., finis Pulmannus » : mais il note aussi «Gallos Belgasque anonym. apud Pulmannum,

DEUXIÈME PARTIE CIX

volo-0 ». Encore une fois, il n'y a pas Belgasqtie; les deux derniers éditeurs d'Ausone s'en seraient rendu compte s'ils avaient regardé plus attentivement, je ne dis pas la note de Poelmann, mais la copie que Bœcking en donne dans son édition.

Poelmann cite religieusement en marge les conjectures et remarques de ses devanciers pour que le lecteur puisse faire son choix entre ces variantes et son propre texte, et profiter de ces notes :

V. 95 Tu inelior peiore œuo... (id efl, in feneëlute. Turneb. lib. XXII. ca. XXI).

V. 167 Prohra canunt feris... (Ita C. G. & Turneb. lib. IL ca. I. M. [Mariangelus Accursius] duris reponendum crédit.)

V. 201 Remipedes... (Rémi enim pedes videntur quibus naues ambulant. Turneb. lib. XVIII. cap. XV.)

V. 211 ...triumphis... (tropœis,vide Turneb. lib. 18, cap. $ .)

V. 215 ...Mylafena... (M. Meffana.)

V. 216 ...cumbce... (M. cyinbœ.)

V. 218 ...qualeis... (M qualis, vt ad naumachiam referatur.)

V. 224 ...redigit... (M. reddit.)

V. 240 ...verô... {M. vere, id efl, verno tempore.)

V. 242 ...defenfus... pifcis... (M. defenfas, G. defenfos. Sic infrà, claufos confepto gurgite pifceis. M. pifceis.)

V. 245 ...aginine... (M. auginine.)

V. 278 ...carptas... (Ita C. & G. taôïas, M. Ouid. Gramine contaéto cœpit niea prœda moueri. al. captas.)

V. 279 ...accola (Sic C. & G. incola, M. Ouid. alti nouus incola Ponti.)

V. 312 Dinochares, quadro cui in... (Dinocrates. Vide Ma- riang. Turneb. lib. XIX. cap. XII. cuui, inquit, pro cui fcribendum efl, vt ver/us ruina hoc tanquam tibicine, Jiacque deflina fulciatur. loann. Goropius Becanus^, vir multaru linguarum, antiquitatisque peritifsiinus, &= medicus longé do- âîi/simus, cui quadrato, legendum exifliniat.)

V.313 Surgit, ^...(Cartnen hoc perperâ hue reieâiû arbitra- tur Mariang. quado & vnde pendeat nd habet, Qf que heic de Dinocrate archifeâlo, & ferreo Arflnoes flmulacro dicuntur, cofudit & intercipit.)

1 On lit à la fin du volume une petite pièce de cinq distiques élégiaques, intitulée « loann. Goropii Becani, de D. Anfonio Theod. Pulmanni opéra rejlituto, Epigramnta ».

ex INTRODUCTION

V. 327 ...hitniili pede... (Planus pes ejl area : humilis pes ejî locus cuius area humilis ejî. Tiirneh. lib. XXI. cap. XXI.)

V. 337 Qtiid qiiœ... (Thennaruni &= balnearum fudationes fie veteres œdificabant , vtper te6loria earum tuhi ejjent caiii undiq; per qiios ex hypocaufio erraret flamina, ô= omnia latera caleface- ret. Turneh. lib. XXIJ. ca. XX].)

V. 367 ...mole Sarautis... (la note déjà citée, page Cil).

V. 368 Torta... (Torta, ex editione Afioenftana ad orâ libri exprejfum, heic repofuimiis . C. G. & vulgati, Tota. alij , Terra, malè.)

V. 380 ...Romcéque tuere...(C . Roinetenuere. Ver/us hic, inquît Mariang. ni defint aliqui, huiits faite loci no videtur. pojfit ejje Jpurins.)

V. 397 ...tenuique aptas... (M. tenui cœptas).

V. 423 ...nigruin... (Ita C. & G. Nicrumfuper, <&= Liipodii- imm, legit Rhenanus rernni Germanicaruni lib. I. loan. Heroldus verô in cotnmëfariolo de Stationibiis legionuvi in veteri Germania cap. XXIII. legedum contendit, nigrû fuper & L?pontiim ^ .)

V. 462 ...fines... (la note déjà citée, page cviil).

V. 468 ...Tarbelliciis... (Sic epifiol. X. Tarbellica iam tenet arua. Lucantis lib. I. Molliter adinijfiini claiidit Tarbelliciis œqiior. vulgati Tarbellius.)

V . 468 ...A turrus . . . (Ita Mariang. A turnus, Turneh .lib.X VIJ. cap. IX.)

Telle est cette édition de Poelmann : tout ce qui vient d'en être dit prouve que c'est une œuvre de bonne foi se montre la conscience, l'exactitude de l'éditeur aussi bien que sa grande modestie. Ces qualités se manifestent dans les notes marginales Poelmann rappelle les remarques et les corrections de ses devanciers, dans celles il risque ses propres conjectures et enfin dans le soin qu'il donne à l'orthographe : de ses innovations en ce sens quelques- vmes sont très bonnes, d'autres arbitraires et inutiles. Pour ce qui est du texte de la Moselle, l'éditeur de 1