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JOURNAL
CONCHYLIOLOGIE.
PARIS,
IMPRIMERIE DE L. TINTERLIN ET C°
rue Neuve-des-Bons-Enfants, 3
JOURNAL
DE
CONCHYLIOLOGIE,
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Sous la direction de MM. FISCHER et BERNARDI.,
TOME VI.
2° série. — Tome Il.
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A PARIS, CHEZ M. BERNARDI, RUE BUFFAULT, 22
Juillet 1857.
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INTRODUCTION.
Après un an de publication, nous venons aujour- d’hui manifester de nouveau les tendances scienti- fiques qui nous soutiennent et qui n'ont pas varié; car nous les considérons comme l'expression des idées généralement acceptées en France, par cette école de naturalistes éminemment sage et philosophique, dont les maîtres furent Lamarck, Cuvier, Blainville, etc.
On a dû voir que nos collaborateurs et nous-mêmes, cherchions avant tout à adopter des coupes généri- ques naturelles ou indiquées depuis longtemps et consacrées par les recherches de nos prédécesseurs.
La conchyliologie, telle qu’elle existe peut-être aux yeux de nos voisins d’outre-Rhin et d’outre-Manche, n’est plus qu’un immense chaos, une suite de noms mal définis, n’étant pas même reliés entre eux par une apparence de méthode. A la place des choses on a substitué des noms ; et, réduite à de telles propor- tions, la science a cessé d’exister dans la nature ; elle
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est contenue tout entière dans les livres. Triste résul- tat qui devrait décourager ceux qui l'ont obtenu. Ils ont détruit un monument pour y substituer ses ruines entassées sans ordre, parce qu'ils manquaient du génie quiavait présidé à la constraction de l'œuvre.
Nous devons rechercher ici les moyens qui ont été employés pour organiser la confusion; moyens dont la raison d’être était d’abord juste, mais qui sont de- venus mauvais par suite de l’exagération familière à ceux qui appliquent un système d'idées préconçues.
La recherche de l’antériorité pour arriver à la con- naissance précise d’un nom, soit générique, soit spé- cifique, est un hommage de justice rendu aux travaux des naturalistes anciens ; mais cette recherche doit être faiteavec intelligence, et certaines règles doivent être respectées. 4insi, pourquoi faire remonter une désignation valable, au delà de Linné ; pourquoi, par exemple, adopter un genre Aporrhaïs, comme établi par Aldrovande, lorsque cet auteur n'avait pas la no- tion du genre et de la nomenclature binaire? Si le vocable Aporrhaïs doit être adopté, c’est parce qu’un auteur plus moderne l’aura employé après Linné, et avant les mots Anserina ou Chenopus.
Dans une foule d'ouvrages, on admet des genres dont les noms ne furent primitivement accompagnés d'aucune caractéristique ; tels sont les noms généri- ques de Beck, à propos desquels notre savant colla- borateur, M. Petit de la Saussaye (1) a émis des
(4) Journal de Conchyliologie, p. 329 (1856-57).
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considérations pleines d'intérêts. Ces noms doivent disparaître, car dans une science d’exactitude comme la taxonomie, on ne peut s'appuyer sur un vocable non défiui ou mal défini, pas plus que dans le langage on ne se sert de mots dont le sens est inconnu.
Remarquons, en outre, qu’on ne doit adopter des noms que si l’auteur qui les a créés a notoriété scien- tifique et a écrit dans la langue de la Conchyliologie. Il existe donc une sorte de probité, de véracité, qui doit être établie, et qui donne seule de la valeur à l'ouvrage. En conséquence, une appellation proposée en dehors de ces conditions, peut être considérée comme non avenue ou au moins suspecte. L'histoire naturelle, comme la justice, n’accepte que des témoi- gnages éclairés et non entachés d'erreur,
Enfin, il est des traditions qu’il faut respecter, lors- qu’elles ont été consacrées par les travaux d’une suite de savants et d’observateurs. Aïnsi, depuis longues années, le genre Aurieula est connu de tous les conchyliologistes ; ce nom réveille l’idée d’un groupe de Mollusques ayant une organisation semblable; tous les ouvrages l’adoptent ; un nomenclateur arrive, lui substitue la désignation ÆEllobium ; la famille des Auriculacées ne renferme plus d’Auricula, et devient celle des Ællobidæ. Que le hasard fasse découvrir un nom antérieur à celui de Bolten : nouvelle révolu- tion à faire dans la synonymie. Pourquoi ne pas con- server un mot sur lequel tout le monde est d'accord. On a bien respecté le Bulimus (Bulinus Ad.) de Sco- poli, qui identifiait des Physes et des coquilles ter-
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restres, en ajoutant à cette première erreur une faute d'impression (1).
Admettons même que le vocable Æ{lobium soit ap- puyé par une diagnose caractéristique; le créateur du genre n’enest pas moins notre grand conchyliolo- giste Lamarck. Ses noms n’ont pas été donnés au ha- sard, ils ont été formulés après de longues médita- tions, et l'expérience de tous les jours vient sanc- tionner ses (travaux.
Nous devons le dire ici, plusieurs de ces change- ments n’ont d'autre mobile que d’effacer le mérite de certains de nos naturalistes. On dirait que la plupart des étrangers regrettent d’avoir adopté pendant trente ans les classifications de Lamarck et les idées de Cu- vier, dont ils voudraient détruire l'importance, en mettant en lumière les tristes recherches de quelques auteurs obscurs, qu'ils essayent d'élever jusqu’au ni- veau de ces noms à jamais célèbres. Pourquoi trou- bler le paisible repos de tant de volumes condamnés à la poussière de nos bibliothèques : les Bolten, les Risso, les Montfort, ne peuvent servir à l’histoire de la science que pour nous faire déplorer leur apparition.
La multiplication inconsidérée des genres, amène une foule d’inconvénients qu’on ne saurait trop signa- ler. Et, d'abord, la science se surcharge de mots inutiles, dont la liste sans fin éloigne les sympathies de ceux qui voudraient étudier. De plus, en multi- pliant les coupes, elles n’ont plus une valeur sembla-
4) Cf, Moquin-Tandon. Remarques critiques sur le genre Bulimus.
— IX — ble, au point de vue de leurs caractères : les unes sont trop vastes, les autres trop morcelées. L'ouvrage éminent de M. L. Pfeiffer nous montre clairement ce que nous avançons ici ; à côté d’un genre Zélix, qui renferme deux mille espèces (et qui, d'après nous, contient au moins trois ou quatre divisions généri- ques naturelles), viennent les genres Boysia, Gibbus, Tornatellina, Spiraxis, tristes démembrements qui peuvent sans peine s'adjuindre à des formes déjà dé- finies. Il s'ensuit que les raisons qui ont servi à retirer des Pupa, les Boysia et Gibbus, sont suffisantes pour créer cinq ou six cents coupes dans les ZZélix. D'où absence complète de règle qui puisse guider dans l’é- tablissement d’un genre.
. Mèmes observations pour les genres démembrés des Agathines, quand M. Pfeiffer n’établit pas la seule di- vision possible et justifiable (Agathines et Glandines).
Aussi, à quoi arrive-t-on? À faire du genre (dans lacception de ce mot reçue par les naturalistes du commencement du siècle) une famille; et l’on sera conduit insensiblement à considérer l’espèce comme un genre; la variété comme une espèce ; finalement, à ne plus s'entendre et à édifier une Tour de Babel conchyliologique. Nous plaignons sincèrement et les constructeurs et ceux qui y applaudissent.
Mais aussi, nous regrettons de voir des hommes sé- rieux, scientifiques, ne pas faire tous leurs efforts pour prévenir un si triste résultat, au lieu de se sou- mettre aux excentricités de nos réformateurs. N’a- vons-nous pas lieu de déplorer que M. Pfeiffer (dont
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le nom vient sous notre plume quand il s’agit d’un savant estimable et consciencieux), en publiant une monographie des Cyclostomes, les divise en tant de groupes décorés du nom de genres. Quelques-unes de ces nouvelles coupes ne sont appuyées, ni sur l’or- ganisation de l’animal, ni sur la distribution géogra- phique, ni même sur la forme de la coquille ; mais sur l'opercule! Où placera-t-on une espèce rapportée sans son opercule ? Dans une même localité, M. Mo- relet a rencontré deux espèces identiques, différant seulement par l’opercule, corné chez l’une, calcaire chez l’autre : voilà pourtant deux genres.
Que signifie dans la tribu des Hélicines un genre Alcadiu caractérisé par une entaille à l'ouverture ; en- taille rudimentaire dans la plupart des vraies Hélicines? Pourquoi séparer des Pupina certaines espèces, parce qu’elles manquent d'un petit canal placé sur le péris- tome ; lorsqu'un canal semblable se trouve dans quel- ques Anostomes, qu'on n'a pourtant pas distingués génériquement des autres espèces qui en sont privées.
Nous pensons que M. Pfeiffer devrait abandonner cette voie qui ne conduit qu'à la confusion. Dans chacun de ses remaniements, il change ce qu'il a établi précédemment, il tâtonne, parce que la lumière est obscurcie au milieu de ces recherches par trop systématiques. Mais ses fautes mêmes serviront à nous mettre en garde contre les tendances de notre époque, et à nous persuader qu'il est plus difficile d’édifier ou de restaurer que d’abattre.
En étudiant les genres, nous signalerons les for-
— XL — | mes qui doivent être réunies sous la même appella- tion et celles qui ont été créées sans motifs. C'est le seul châtiment que l’on puisse infliger à ceux qui ont surchargé inutilement la synonymie; il ne saurait être sensible aux vrais naturalistes toujours prêts à reconnaître leurs erreurs.
Un dernier moyen de constater la validité des genres, c’est d'étudier, non plus les animaux d'une seule espèce, mais, autant que possible, la série des différentes formes comprises dans le genre. Dans les coupes qui paraissent les plus naturelles, et dont peu d’auimaux ont été examinés, la zoologie donne des résultats parfois contradictoires. ci, encore, on n’a pas assez approfondi, et l’examen des formes du Mollusque à paru à tort suffisant au nomenclateur. On ne doit donc pas négliger toutes les occasions qui permettent de pénétrer dans l’organisation intime; la forme est trompeuse comme la couleur, et les travaux anatomiques démontrent tous les jours le peu de con- fiance qu’on peut lui accorder. Les belles recherches de Poli, Delle Chiaje, sur les Mollusques de Sicile ; Forbes et Hanley, sur ceux de la Grande-Bretagne ; Deshayes, sur ceux de l'Algérie, ont révélé dans les êtres les plus voisins entre eux, des différences d’or- ganisation aussi remarquables qu’inattendues. L’il- lustre collaborateur de Buffon, Daubenton, résume ainsi le plaisir et l'intérêt qu’offrent ces travaux d’ana- tomie comparée : « En ouvrant un animal que l’on n’a « pas encore observé, dit-il, on découvre, pour ainsi « dire, un pays nouveau, et on a pour le reconnaître
—— XN « tout l’'empressement que pourrait avoir un voya- « geur pour voir une ville qu’il serait allé chercher au « bout du monde. »
Telles sont les réflexions que nous a inspiré l’état présent de la Conchyliologie étudiée sur les Mollus- ques vivants, et qui peut être corrigée, amendée, au fur et à mesure que les études zoologiques prendront plus d'extension. Mais, si l’on jette un coup d’œil sur les travaux dont les coquilles fossiles sont l’objet, l’é- tonnement est plus grand encore.
M. de Blainville a créé un mot funeste pour la science : le mot Paléontologie; après le mot sont venus les hommes exclusifs qui l'ont exploité : les paléontologistes. Ne leur demandez pas s'ils sont conchyliologistes, entomologistes, ichtyologistes : non, ils sont uniquement paléontologistes. Ils ne connaissent que les représentants des faunes anté- diluviennes ; peu leur importe l'étude des êtres vi- vants. En Conchyliologie, un semblable état de cho- ses a produit le résultat qu’on devait en attendre :: ceux qui n’ont pas été préparés par des études lon- gues et difficiles sur les coquilles vivantes, et l’organi- sation de leurs animaux, à l'examen des coquilles fossiles, ont commis des erreurs nombreuses. Ils ont donné des noms à des choses déjà décrites, placé des espèces dans des genres impossibles ; et comme là, une erreur peu importante, au premier abord, peut amener des perturbations considérables quand il s’a- git de géologie stratigraphique, il a fallu revenir sur ces travaux incomplets ou incompréhensibles.
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Un bel exemple nous avait pourtant été donné au commencement du siècle ; c’est par des études faites sur des squelettes d'animaux vivants, que Cuvier pré- ludait à ses magnifiques recherches sur les ossements fossiles; et c’est ainsi qu’il a assuré à son œuvre une durée impérissable,.
Pourquoi les paléontologistes ne consacrent-ils pas quelques années à étudier d’une manière générale la zoologie et à en approfondir certaines parties? Ce travail ne serait point perdu pour eux; car, ainsi qu’on l’a dit avec raison, le temps ne respecte pas ce qui a été fait sans lui,
En admettant dans le journal des Mémoires sur les fossiles, nous désirons consacrer cette union de deux parties de la même science, considérées encore comme distinctes.
Nous nous arrêterons là, mais non sans remercier nos collaborateurs et souscripteurs des encourage- ments qu’ils ont donné à ce Recueil. Nous croyons ne pas nous tromper en le considérant comme engagé dans une bonne voie, que tous nos efforts tendront à améliorer sans cesse.
Obligés de lutter, dans les premiers temps, contre les difficultés sans nombre qui accompagnent la réor- ganisation d’un journal scientifique, nous les avons enfin surmontées, et nous pensons qu’elles ne se re- présenteront plus. Nous espérons que, cette année, les conchyliologistes continueront leur concours effi- cace, et qu’ils répandront un ouvrage dépositaire de leurs travaux et de leurs idées.
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Les journaux étrangers, en rendant compte de ce Recueil, ont prouvé combien ils attachaïent de prix aux observations des naturalistes français. De leur côté, les naturalistes étrangers qui ont collaboré à notre Journal, ont voulu nous faire part de leurs lu- mières et de leur savoir. En résumé, il y a eu échange et propagation des idées conchyliologiques. Ce but, si utile, est celui vers lequel nos vœux sont dirigés, et la satisfaction de l’avoir atteint sera notre plus douce récompense,
P, FiscHEr.
JOURNAL
DE
CONCHYLIOLOGIE,
Juillet 185%.
Note sur la famille des Lithophages de Lamarck, par M. C. RécLuz.
Fleuriau de Bellevue publia en 1802, dans le Journal de Physique de Lamethérie (an X), un excellent Mémoire sur des animaux marins (vers et mollusques) des envi- rons de La Rochelle, ayant pour habitude de percer la pierre pour y loger. Par cette publication, le savant ob- servateur appela l’attention sur un fait qui n'avait pas été encore considéré d’une manière aussi générale.
Dans le nombre, il y avait plusieurs mollusques que Fleuriau proposa comme types de genres nouveaux, sous les noms de Saxicave, Rupellaire et Rupicole. 1] fit connaître les mœurs d’une nouvelle espèce de Vénus, du groupe de celles à trois dents cardinales pectinées sur chaque valve, qu’il qualifia de Venus saxatilis, parce qu’elle vivait éga- ment dans les pierres.
Les caractères de ces coquillages, joints à la propriété qu’ils manifestent de se loger dans la pierre, qu’ils perfo-
ABS rent, attirèrent l'attention de Lamarck et de Cuvier, qui adoptèrent les genres proposés par Fleuriau.
Lamarck découvrit, dans d’autres espèces perforantes nouvelles, des caractères propres à faire d’autres genres. C’est ainsi qu’il en constilua un, sous le nom de Pétricole, pour des espèces congénériques avec les Rupellaires de Fleuriau, mais qui portaient deux dents cardinales à chaque valve. Il fonda avec d’autres, à charnière sembla- ble à celle de la Venus saxatilis du même auteur, un autre groupe, sous le tire de Venerupe (Vénus de ro- chers). Lamarck s’étant aperçu plus tard quela charnière des Rupellaires passait à celle des Pétricoles et vice versa, réunit les deux sous ce dernier titre générique, comme étant, sans doute, la représentation la plus parfaite des coquilles de ces Mollusques, quant à la charnière. Cepen- dant, pour être Juste envers son devancier, Lamarck au- rait dû conserver le nom de Rupelluire, en modifiant la caractéristique de Fleuriau.
Enfin, Lamarck, attachant une trop grande importance à la faculté perforante de ces animanx, les rassembla dans une même famille qu’il caractérisa, d’un’ seul mot, par le nom impropre de Zithophages (mangeurs de pierres). En effet, ces Mollusques dissolvent ou désagré- gent les molécules des rochers, pour se repaître de leurs débris, comme on croit que le font les animaux des Ta- rets. Il en exclut les Rupicoles, sans doute parce que leur charnière est privée de dents cardinales et que leur ligament cartilagineux, au lieu d’être marginal externe et recouvert par le ligament fibreux, estfixé sur des chondro- phores en cuillerons. Il introduisit, par analogie, les Ru- pellaires dans son genre Anatine, mais à la suite d’es- pèces avec lesquelles les Rupicoles ont bien plus de rap-
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ports qu'avec les Anatines. Effectivement, les Thracies ne diffèrent des Rupicoles que par le cuilleron de leur co- quille.
Cette famille, proposée par Lamarck, avait été généra- lement adoptée, quoiqu'il existât dans les archives de la science, des notions suflisantes pour la faire rejeter , lors- que nos travaux sur les Mollusques marins de la France, nous portèrent à l’étudier avec soin. C’est ainsi que M. Bou- chard-Chantereaux avait reconnu que les Saxicaves ont de grands rapports avec les Gastrochêônes, et nous pûmes aussi nous assurer des différences notables qui existaient entre ce mollusque et celui des deux autres genres. Notre conclusion fut de rejeter les Saxicaves de la famille des Lithophages, et de les admettre, à la suite des Tubicoles, dans une famille particulière.
D'un autre côté, la connaissance complète de lanimal de plusieurs individus du Tellina fragilis de Linné, figuré et décrit par Poli : espèce que Lamarck avait prise pour type de son genre Pétricole (modifié par l’adjonction des Rupellaires de Fleuriau,) et à laquelle il donna le nom de Petricola ochroleuca après lavoir décrite sous celui de Psammotea tarentina, nous démontra, par ses caractères, qu’elle appartenait aux Nymphacés Tellinaires de Lamarck. Nous proposâmes encore pour celle-ci de l’exclure des Lithophages, par cet autre motif qu’elle est généralement sabulicole, quoique nous en connaissions une variété plus petite, vivant dans l’argile durcie. Lamarck connut cette variété ; elle existait dans sa collection avec cette inscription : « Habite la côte de Bordeaux dans la glaise durcie. » C’est probablement cette indication, jointe aux deux dents de ses valves, qui porta Lamarck à lPin- troduire dans ses Pétricoles; et comme il mettait en tête
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UT UE de ses genres les espèces les plus volumineuses, il en fit ainsi le type.
La connaissance de l’organisation de l’animal de Ja Venus saxatilis (WVenerupis perforans, Lamarck; Venus perforans, Montagu), type du Genre Vérérupe de La- marck ; et celle des Tapes Pullastra, aurea, edulis (V. Virginea M. etR., Lk. non Linné), decussata, ainsi que du Venerupis Irus, nous démontra l'identité congénéri- que de ces espèces, et nous porta à conclure que les Vé- nérupes devaient être confondues avec les Tapes de Schumacher, nommées Pullastra par M. Sowerby.
Ces observations, publiées en 1846, dans la Revue z00- logique, par la Société Cuvierienne, démontrèrent le peu de solidité de cette famille, dont il suffisait de faire un simple examen de l’organisation des Mollusques qu’elle comprenait, pour la faire écrouler pièce à pièce.
Cette famille des Lithophages, tout à fait artificielle, ne méritait donc pas d’être.conservée. Déjà quelques auteurs anglais, M. Fléming, par exemple, avaient proposé de confondre dans un seul et même genre, les Tapes avec les Vénérupes, et nous pensons encore aujourd’hui que c’est la manière la plus philosophique et la seule qu’in- dique la méthode naturelle qui a pour but de réunir géné- riquement les animaux qui se ressemblent le plus par la somme des rapports qui existent entre eux. Nous démon- trerons plus bas cette opinion.
Si nous avons proposé de ramener les Pétricoles dans la famille des Nymphacés Tellinaires, c’était parce que nous jugions du genre par son type. Toutefois, notre sen- timent n’était fondé que pour cette espèce et non pointsur la connaissance de l’animal des autres formes rassemblées par Lamarck dans son genre. Celles-ci, en effet, forment
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un type fort remarquable, différant des Tellines et rappro- ché des Vénérupes, avec lesquelles elles ont véritablement plus de rapports qu'avec aucun autre genre d’Acéphales, ce qui a déterminé leur rapprochement.
M. Deshayes se demande si, après avoir exclu les Saxi- caves des Lithophages, cette famille doit être conservée? Il trouve que les Pétricoles et les Vénérupes se ressem- blent par les traits principaux de leur organisation, sa- voir : 1° par l’ouverture médiocre de leur manteau pour le passage d’un pied petit, étroit, allongé et pointu en avant; 2° par des ressemblances assez considérables dans la bouche, les palpes labiales et les branchies, et 3° par l’ornementation de lorifice externe des siphons à tenta- cules branchus sur le branchial et simples sur lanal; 4° enfin, en estimant les divers degrés de rapprochement qui existent entre les genres Pétricole, Vénérupe et Vé- nus, on est conduit par là, dit M. Deshayes, à conserver la famille des Lithophages et à la rapprocher de celle des Vénus.
Si les Pétricoles et les Vénérupes se ressemblent par tant de rapports, nous trouvons qu’il y en a de plus grands encore entre les Vénérupes et les Tapes, et que dès lins- tant où ce dernier est introduit dans la même famille, le nom de Lithophage que lui a imposé Lamarck, modi- fie tellement les caractères de cette famille, qu’on ne peut plus lui conserver cette appellation.
Nous disons que les Vénérupes doivent être réunies avec les Tapes dont elles ne diffèrent pas, en voici la preuve :
fo Les Vénérupes ont des individus sabulicoles et d’autres perforants; nous retrouvons la même manière de vivre dans les T'apes Saxatilis et les Tapes Pullastra ;
2 Dans les Vénérupes, les SiPHONS sont réunis dans
ee (ED uve partie de leur longueur ; le branchial est plus long et plus gros que lanal, son orifice externe est armé de tentacules branchus, inégaux, qui s’inclinent devant l'ouverture et forment une sorte de réseau à travers les mailles duquel le liquide ambiant est forcé de passer avant d'arriver dans la cavité du manteau ; le siphon anal a cet orifice garni de tentacules simples, entourant une calotte membraneuse en forme de dôme, percée d’un trou étroit au sommet. — Dans les l'apes, les siPHONS sont réunis dans une partie de leur longueur, et leur séparation s’o- père plus ou moins haut selon les espèces, Le siphon branchial est toujours plus gros et souvent plus long que l’anal ; son orifice est entouré de nombreux tentacules arborescents qu’ils recourbent au-dessus de l’ouverture pour s'opposer au passage de corps trop volumineux : ils sont inégaux entre eux ; il y en a de grands qui alter- nent avec de plus petits, et souvent ceux-ci se renver- sent au-dehors de l’ouverture en forme de collerette. II y a même des espèces, selon M. Deshayes, chez lesquelles, indépendamment des tentacules arborescents, le siphon branchial est pourvu d’une rangée de petits tentacules cy- lindriques, qui se dirigent constamment en dehors. Le siphon anal est formé par une calotte membraneuse, percée au centre et entourée à la base d’une couronne de tentacules cylindro-coniques, plus ou moins nombreux et plus ou moins longs, selon les espèces ;
3° Le PIED des Vénérupes est médiocre, aplati, lingui- forme, fendu chez les espèces libres, et byssifère.
Ce pied est allongé, linguiforme et triangalaire, fendu au bord inférieur et byssifère chez les Pullasitres sabu- licoles. Cet organe, dans les Pullastres , est un peu plus grand que dans les Vénérupes, et celui de ces dernières
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un peu plus que dans les Pétricoles ; ce qui s'explique en ce sens que les Pétricoles sont des Mollusques toujours renfermés dans la pierre, et que leur pied ne peut guère servir de point d'appui pour se remuer de droite à gau- che ou vice versa, dans leur trou ; tandis que les Vénéru- pes, tantôt sabulicoles ou lithodomes, ont beaucoup plus besoin de leur pied, l’exercent davantage, et par là le dé- veloppent toujours un peu plus; enfin, que chez les Tapes, Mol!lusques dont la généralité est libre, cet organe a en- core plus besoin d’être développé. Ges différences ne pro- viennent donc que de la manière de vivre, qui n’est pas toujours constante chez ces Mollusques.
h° Les caractères de la bouche, des lèvres et des palpes labiales se ressemblent dans les Vénérupes et les Pul- lastres.
9° Les BrANCHIES, dans les deux genres que nous com- parons, sont inégales, subquadrangulaires, régulièrement plissées, réunies postérieurement autour de l'orifice in- terne du siphon anal et soudées avec son pourtour : les externes sont plus petites ; les internes s’avancent anté- rieurement jusque dans le voisinage de la bouche, en s’interposant entre les palpes labiales ; celles des T'apes geographica s’avancent aussi entre les lèvres jusqu’au bord de la bouche.
Ainsi, on chercherait vainement dans deux autres genres de Mollusques des caractères essentiels qu se ressemblent autant que ceux que nous venons de compa- rer, et qui, en outre, présentent tous les deux cette particularité remarquable, d’avoir des variétés libres ou sabulicoles, et d’autres renfermées ou lithodomes.
Les seules différences un peu appréciables que nous distinguons entire les deux genres, tieunent sans doute à
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une particularité spécifique, car on ne remarque cette différence que dans une seule espèce de Vénérupe, l/rus seulement.
Les Vénérupes (du groupe des Jrus) ont un MANTEAU membraneux, opaque, mais moins épais que celui des Pé- tricoles, qui revêt l’intérieur des valves; il est bordé d’un muscle circulaire, large et épais, qui se termine tout au- tour en un bord formé de quatre feuillets, dont le second est plissé en jabot ; il est très-extensible et sécrète proba- blement les lamelles concentriques de la coquille de PZrus. Dans les espèces perforantes, les bords du manteau, sans se renverser sur la coquille, sont plus proéminents au dehors, et l’on retrouve dans leur tissu, cet organe grave- leux propre aux Mollusques perforants, tels que les Pétri- coles et Saxicaves. Les lobes du manteau se réunissent dans une partie de la longueur du bord ventral; leur commissure est plus longue que celle des Vénus et plus courte que celle des Pétricoles; aussi ouverture destinée au passage du pied a plus d’étendue que dans ce dernier genre.
Les Tapes ou Pullastres ont un MANTEAU membraneux, dont les lobes sont ouverts depuis le bord inférieur du muscle adducteur antérieur des valves, jusque près de l’o- rigine des siphons. Il est très-mince, transparent; il a quelquefois l’aspect laiteux, et porte à la circonférence un muscie orbiculaire assez large qui, en s’attachant à la coquille, y laisse l’impression palléale qu’on y voit. Lors- que l’animal est vivant et qu’il entrebâille ses valves, il ferme la cavité de son manteau à l’aide d’un bord mem- braneux assez large, simple, dépourvu de tentacules et à peine plié. Lorsque l’animal fait sortir son pied, il écarte ce bord qui, alors, s'applique exactement sur les parties
= Que latérales de l’organe du mouvement. Ge bord membra- neux est plus ou moins profondément plissé chez les Vé- nus, Cythérées, Dosinies ; et les plis d’un côté s’emboitent peu exactement dans ceux de l’autre. Ge caractère, avec celui des branchies, a de grands rapports avec les Vénus.
Si nous passons maintenant des animaux aux coquilles, nous voyons, chez les espèces sabulicoles des deux genres, une forme générale ovale ou oblongue, inéquilatérale, et une consistance mince; une charnière à trois dents pecti- nées, subparallèles ou divergentes,sur luneet lautre valves, dont une est souvent canaliculée et échancrée ; chez celles qui sont perforantes, il arrive qu’une des trois dents avorte sur une valve. Les impressions musculaires, sont ovalaires et un peu inégales entre elles, dans les deux genres; enfin l’excavation palléale diffère : dans les Tapes elle est semi-ovale. et trigone chez les Vénérupes; mais elle tend à passer d’une forme à l’autre dans les variétés ; ce caractère n’est donc pas constant et ne peut, par con- séquent, primer celui de la charnière.
M. Deshayes dit : que l'animal des Vénérupes a, incon- testablement, avec celui des Vénus, beaucoup de ressem- blance, et ajoute plus loin : nous le répétons, les carac- tères des coquilles tels que nous venons de les exposer, seraient tout à fait insuffisants pour déterminer, d'une manière certaine, les limites du genre Pullastra; mais les animaux vont nous offrir des caractèces beaucoup plus constants, à l’aide desquels il devient possible de limiter le genre d’une manière rigoureuse. Ces caractères, nous les avons exposés et comparés avec ceux des Vénérupes ainsi que ceux des coquilles des deux genres ; nous avons également montré qu’il existe dans les Tapes des espèces à variétés sabulicoles et perforantes (Venus saxatilis Fleu-
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riau etVen. Putlastra M. et R.) comme dans les Vénérupes (Ven. Irus et Ven. Lithophaga), et démontré, par toutes ces ressemblances, la nécessité de réunir deux genres qui ont des rapports. Tout ce que l’on pourrait faire, si lon voulait une division entre ces deux genres, ce serait de les diviser en deux sections : l’une pour les espèces es- sentiellement libres, sabulicoles, et l’autre pour celles dont les espèces sont tantôt libres, tantôt lithodomes. Dès l'instant où il est prouvé que ces deux genres ne peuvent être séparés, la famille des Lithophages ne devrait plus contenir que le G. Pétricole. Cependant elles ne peuvent être mieux classées qu'avec les Tapes, réunies aux Véné- rupes, pour former un groupe très-naturel, enchaînant les unes aux autres par plusieurs caractères. C’est notre opinion; aussi, rejetant le nom de Lithophages, qui n’a plus dès lors la même valeur, nous donnons au groupe proposé le nom de Pullastriens (Pullastridæ), emprunté au genre à espèces les plus nombreuses. La forme et la po- sition des dents de la charnière, la structure des siphons, non moins que la faculté qu’ont certains d’entre eux d’a- voir des variétés perforantes, constituent les principaux caractères qui séparent cette famille des avoisinantes. Elle ne se composera plus que des Pétricoles et des Tapes réunies aux Vénérupes. CG. K.
Note relative aux espèces du G. Xenophora.
La noticeque nous avons publiée dans la troisième livraison du dernier volume du Journal de Con:hyliologie
EE : ES (page 243), sur le genre Xenophora, a été de la part d’un de nos confrères, M. Lischke, d’Elberfeld, Pobjet de quelques observations, qui nous ont été communiquées, et que nous devons faire connaître à nos lecteurs.
M. Lischke fait remarquer, avec raison, que nous n’a- vons pas fait mention, dans notre notice, d’une mono- graphie du genre en question, publiée, en 1853, par M. le docteur Philippi, dans la nouvelle édition du Conchylien Cabinet de Martini et Chemnitz, à la suite de la famille des Trochidés.
Nous regrettons de ne pas avoir eu connaissance de ce travail, par suite duquel nous nous empressons aujour- d'hui, de modifier et de compléter provisoirement le nô- tre au moyen des indications suivantes.
La monographie de M. le docteur Philippi contient la description de douze espèces du &. X'enophora, au nom- bre desquelles ne se trouve pas celle que nous avons dé- crite sous le X. Caribæa; mais elle en mentionne une autre, sous le nom de ÆÀ. Wagnert Phil., qui, selon cet auteur, serait une coquille que MM. Schubert et Wagner, ainsi que M. Reeve, auraient confondu à tort avec le X. Indica de Gmelin et de Lamarck. Ainsi, d’après cette rec- tification, le nombre des Xénophores publiés jusqu’à présent, s’élèverait non à douze, comme nous lavons dit, mais bien à treize.
M. Lischke fait aussi remarquer que dans la monogra- phie du savant docteur allemand, on trouve de très-bonnes figures du X. helvacea, et du À. caperata ; mais que la figure de ce dernier représente un individu d’assez grande dimension, qui aurait été recueilli, non sur la côte ouest de l’Afrique, mais bien sur la côte est.
C’est loin de Paris que nous rédigeons cette note, et
= de nous ne pouvons, quant à présent, la rendre aussi com- plète que nous voudrions le faire : nous y reviendrons donc plus tard, après vérification d’un point au sujet du- quel nous éprouvons quelques doutes, celui de savoir si le À. caperata de Philippi est bien le même que l’espèce que nous avons fait figurer sous ce nom dars le Journal de Conchyliologie : celle-ci, que nous avons reçue direc- tement, à plusieurs reprises, des côtes occidentales d’A- frique, est constamment petite; or, cette différence dans les dimensions et däns l’habitat nous laisse beaucoup d'incertitude sur l’identité des deux espèces.
En attendant, nous ne pouvons que savoir gré à M. Lischke d’avoir bien voulu nous signaler une omission tout à fait involontaire de notre part.
S. PETIT.
Observations anatomiques sur des Mollusques peu connus. (Suite).
$ 14.
L’Helix retirugis de Menke, est une espèce aussi voi- sine de VA. aspersa, que V'H. Vindobonensis l’est de VA. sylvatica. Elle se distingue cependant par sa forme conoïde, la brièveté du péristome, et la présence de rides fortement accentuées. Il est vrai que l’on trouve des pas- sages entre les deux espèces; qu'une variété de F'AZ. re-
FT tirugis n’a pas de rides ; que le système de coloration est le même, etc. Aussi, quelques naturalistes ont pensé que ces particularités indiquaient clairement lidentité des deux formes,
C’est ce qui nous a engagé à examiner lanimal de l'Helix retirugis, que nous avons pu nous procurer, grâce à l’obligeance de M. Benoit, amateur zélé et bien connu des conchyliologistes par ses recherches sur les Mollusques terrestres et fluviatiles de Sicile, Les exem- plaires que nous possédons sont conservés dans l’esprit- de-vin ; il eût été à désirer que l’animal fût vivant, pour juger définitivement la question délicate de l’identifica- tion de deux espèces voisines.
Quoi qu’il en soit, la dissection nous a montré une conformité presque parfaite dans l’organisation intime des viscères.
La bourse du dard a la même forme que chez lHelix aspersa; le flagellum est très-long ; les vésicules muqueu- ses forment deux petites houppesà branches très-fines (une vingtaine environ de chaque côté). Elles paraissent propor- tionnellement plus courtes et plus égales entre elles. La poche copulatrice est pourvue d’un long canal et d’une branche accessoire remarquablement développée, collée contre la matrice dont elle ne se détache que difficilement, La glande albuminipare est allongée, assez volumineuse ; ja glande en grappe est petite; son canal excréteur est court et tortueux.
La mâchoire, épaisse, noire, porte sept ou huit dents bien accusées, entre lesquelles on en voit quelquefois de plus petites ; elle est un peu plus large et plus arquée que chez l’. aspersa. Les glandes salivaires, l’œsophage, l'estomac, etc., offrent la même conformation.
MT pes
En résumé, les caractères principaux sont identiques, et en jugeant à la grande rigueur, on pourrait réunir les deux espèces. Mais, dans le cas de deux formes voisines, on doittenir compte de la coquille, de quelques caractères extérieurs, enfin des légères différences signalées ici dans la forme des vésicules muqueuses, de la mâchoire, etc. Comme résultat pratique, on arrive à placer dans une no- menclature, l’Aelix retirugis aussi près que possible de l’'Helix aspersa, et dans le groupe désigné sous le nom d’Acavus par Montfort, Crymptomphalus de MM. Agas- siz et Moquin-Tandon, {elix (type) de MM. H. et A. Adams.
S 15.
Nous avons décrit, sous le nom de Daudebardia si- cula (1), une petite espèce dont nous ne connaissions que la coquille, M. Benoît nous en a fait parvenir Panimal.
Celui-ci a l’espect général d’une Testacelle, mais dont le plan locomoteur serait plus étroit et les flanes plus larges. Sa longueur, contracté dans l’alcool, est de 8-10 millimètres ; la coquille mesure environ un tiers de la longueur totale.
Le pied, lanceolé, se termine en arrière par une queue aiguë dépassant la coquille ; en avant il est arrondi. La tête est un peu volumineuse, blanchâtre ; ouverture buc- cale circulaire, donne presque toujours passage à une portion de la langue, qui n’est plus retenue à l’intérieur par la contraction de ses muscles rétracteurs. Cette dispo- sition se rencontre d’une manière constante chez les Tes- tacelles mortes.
A) Journal de Conchyliologie, &. V, p.27.
On remarque’ sur le dos, les quatre sillons caractéristi- ques ; le dos est d’un bleu foncé, ardoisé, uniforme, pâ- lissant sur les flancs et blanichissant près du plan loco- moteur, où l’on voit des taches bleuâtres disséminées. Les tentacules sont noirâtres. La coquille est dirigée d’avant en arrière et de haut en bas, tournée un peu oblique- ment vers le côté droit.
L’examen des organes vient confirmer l’exactitude de nos observations anatomiques sur le D. Saulcyi, en of- frant cependant quelques différences inhérentes à l’espèce, et portant seulement sur le système musculaire interne.
Les muscles rétracteurs de la poche buccale, sont au nombre de deux; mais grêles, minces, allongés et s’insé- rant beaucoup plus en arrière. Les muscles rétracteurs des yeux sont plus forts. Les organes de la génération pré- sentent le même type, et sont d’une exiguité remarquable.
Nous tenions à faire connaître les mollusques de ce petit genre si naiurel, et dont l’étude était si peu avancée. Notre conviction sur sa classification dans la famille des Testacellidæ s'accroît tous les jours, et sera partagée, nous le pensons, par tous les naturalistes.
$ 16.
L’'Hélixz Moquiniana est une jolie espèce des environs de Constantine, découverte et décrite par le docteur L. Raymond (1); elle est voisine des Hehix incarnata Drap., flava Terver, et lanuginosa Boissy. Il ne faut pas la confondre avec |A. massylæa Morelet, que M. Raymond avait désignée d’abord sous le nom de Xoquiniana, à une
(1} Journal de Conchyliologie, t. IV, p. 80.
ue 00 époque où il ignorait que M. Morelet l’eût déjà décou- verte et nommée.
Les renseignements anatomiques que nous donnons sur cette espèce, sont empruntés en grande partie aux notes que M. le professeur Moquin-Tandon a eu lobligeance de nous communiquer et dont nous le remercions vive- ment.
Le manteau de l’Æ. Moquiniana est tacheté de noir. La mâchoire est large d’un millimètre et demi, médiocrement arquée, et de couleur jaune sale, surtout vers son bord libre, qui paraît à peine surbaissé et cintré. Les extré- mités sont obtuses, arrondies. La face antérieure pré- sente des côtes membraneuses, serrées, peu saillantes, à peine arquées, au nombre d’une vingtaine environ ; dans un individu nous en avons compté vingt-quatre. Créne- lures marginales à peine sensibles. Crochet du cul-de-sac lingual énorme.
D’après M. Moquin-Tandon, les poches auditives sont assez apparentes, d’un blanc mat. Les ganglions sous- æsophagiens sont assez gros et transversalement oblongs.
Fourreau de la verge énorme et comme divisé en deux parties par un rétrécissement sur lequel s’insère un mus- cle courtet puissant, attaché aux téguments, et qui pro- duit à son insertion une courbure anguleuse très-mar- quée. La partie inférieure du fourreau ressemble à une cornemuse arquée de haut en bas ; sa couleur est légère- ment rosée. L'autre portion a 5 millimètres de longueur ; elle est fusiforme et marquée de lignes longitudinales blanches.
Le fourreau se termine par un flagellum court, grêle, tubulé, long de 4 millimètre et demi. Le vagin est assez long et épais.
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L'appareil génital possède deux poches à dard très-pe- tites, mais bilobées, ce qui pourrait faire croire à l’exis- tence de quatre poches. M. Moquin-Tandon a observé une disposition semblable chez l'Helix villosa Drap.
On compte de chaque côté quatre vésicules muqueuses insérées un peu plus haut que les poches à dard, et dispo- sées par paires; ces vésicules sont courtes (1 4/5 mill.) assez épaisses, vermiformes.
La poche copulatrice est énorme ; son grand diamètre atteint près de 6 millimètres; elle est insérée oblique- ment, oblongue, à peine arquée, de couleur rose plus ou moins terne ; Son canal, un peu épais, mesure 5 millimè- tres. Pas de branche copulatrice.
La prostate utérine, l’organe de la glaire, l'organe en grappe et son canal, n’offrent rien de remarquable.
D’après cette anatomie, l’AZelix Moquiniana forme très-bien le passage entre les Hélices velues ( l’IT. villosa, hispida, etc.) et les Hélices, constituant le groupe des Hélicelles hygromanes (1. incarnata, limbata, etc.)
S 17.
Nous avons déjà parlé des spermatophores des Mollus- ques terrestres androgynes (1) ; nous poursuivrons tou- jours l’étude de ces corps si curieux et nous donnons ici le résultat de nos observations sur ceux de l'Helix nemo- ralis, qui diffèrent sensiblement des spermatophores de l'IT. uspersa et montrent, par conséquent, qu’ils peuvent fournir des caractères spécifiques assez tranchés.
Le spermatophore de l’Helix nemoralis est très-long
(1) J'urnal de Conchyliologie, t. V, p. 121.
Die RES
(3-4 centimètres), atténué à ses deux extrémités, renflé vers sa partie moyenne et antérieure. Gette disposition le rapproche de celui des vraies Hélices; chez les Bulimes et les Arions, le renflement est antérieur et termi- nal.
La partie élargie occupe les 2/5 de la longueur totale du spermatophore (dont la partie mince antérieure n’au- rait en longueur que 1/5, et la partie postérieure 2/5) ; elle est fusiforme ; son diamètre atteint jusqu’à 3 milli- mètres, ses parois sont molles, distendues par un liquide blanchâtre, qui, après quelques instants d’exposition à l'air, devient jaunâtre. Cette teinte, qui n’existe que dans la portion dilatée et qui se termine en pointe à ses deux extrémités, prouverait que le sperme est accumulé dans ce point, enfermé même ou bien retenu par la capillarité du tube en decà de la portion renflée.
Il n’est pas sans importance d’insister sur ce détail, dont l'application à la physiologie des Mollusques peut devenir intéressante. En effet, le sperme ainsi renfermé, protégé contre le contact de Pair, peut rester longtemps placé dans la poche copulatrice sans servir à la féconda- tion. C’est après la dissolution de son enveloppe ou sa destruction mécanique, qu’il remplit son rôle dans Pacte de la reproduction.
Ce simple aperçu explique la variabilité dans Pépoque qui sépare l’accouplement de la ponte, chez nos Mollus- ques terrestres ; la possibilité de plusieurs fécondations après un seul accouplement; enfin, le fait si intéressant rapporté par M. Gaskoin, dans le Journal de Conchylio- logie (1). I s’agit d’une Hélice ( FH. lactea ) qui, quatre
(1) Journal de Conchyliologie, t, IV,p. 27à.
se SU années après avoir été sequestrée, a produit une trentaine de petits.
Nous signalons cette explication aux malacoiogistes, afin qu’ils entreprennent quelques expériences propres à jeter la lumière sur un sujet aussi intéressant.
Le spermatophore de PA. nemoralis se termine en pointe en arrière ; sa portion postérieure, lorsqu’on vient de lextraire avec précaution, est contournée sur elle- même et présente la forme du fagellum.
Examiné à un fort grossissement, le spermatophore a l’aspect d’un cylindre, portant à l’extérieur quatre arêtes vives, diaphanes et d’une minceur extrême. Dans la portion renflée, portion déterminée, toujours identique chez les mêmes espèces (garnie chez l'A. aspersa de den- ticulations acérées), les arêtes sont un peu effacées; une coupe faite sur ce point, donne une figure ellipsoïde, com- primée latéralement. Les parcis sont chargées de stries longitudinales ou cannelurestrès-fines. Une coupe, faite en avant et en arrière de la portion renflée, donne une cir- conférence et quatre ailes en croix.
Après quelque temps d’exposition à l'air, la partie renflée s’aplatit, le sperme se solidifie. Les extrémités antérieure et postérieure du spermatophore conservent leur forme primitive, parce que leurs parois ont gardé leur calibre et leur épaisseur.
Le caractère important de ce spermatophore est done Pabsence complète de denticulations à sa face externe et le grand développement de sa portion dilatée, qu’on pourrait appeler réservoir du spermatophore.
Nous saisirons toutes les occasions qui nous permet- tront d’étudier cet organe accessoire, dans la série de nos espèces indigènes, en notant celles qui en sont dépour-
5» «)
— ll —
vues. De ce nombre est l’Helix pisana, où nous n’avons jamais pu le découvrir malgré l’examen le plus minutieux, Chez les Cyclostomes, où il n'existe pas, le moindre at- touchement fait interrompre subitement la copulation ; par conséquent, ces animaux sont obligés de s’accoupler beaucoup plus souvent.
Ne pourrait-on pas comparer l’accouplement des Hé- lices pourvues de spermatophores qui distendent la verge et la tiennent ainsi fixée dans l’organe femelle, à l’accou- plement des animaux supérieurs où les corps caverneux, par leur gonflement, empêchent une séparation trop brusque ?
S 18.
En étudiant la conformation du mufle de quelques Gas- téropodes, on y trouve des fibres très-résistantes, longi- tudinales et circulaires, s’épanouissant en un bourrelet terminal. Ge mufle, souvent très-allongé, ne paraît ser- vir à aucun usage spécial dans Pacte de la préhension des aliments ; il remplit, en effet, d’autres fonctions phy- siologiques que les auteurs ont négligé de signaler.
Si l’on examine un Cyclostome en marche, on le voit appliquer d’abord fortement l’extrémité du mufle sur le sol; puis arrive une contraction de la partie postérieure du pied qui se porte en avant; la partie moyenne et la partie antérieure de cet organe ne touchent pas la terre ; de sorte que l’animal ne repose alors que sur le mufle et la queue. Quand le pied touche terre en entier, le mufle se relève et se dirige en avant et en bas, pour prendre un nouveau point d'appui.
Cette marche saccadée a quelques rapports avec celle des chenilles arpenteuses.
— 39 —
Une semblable disposition existe toutes les fois que Île pied n’est pas prolongé en avant et au-dessous de Ja tête, pour former, en ce point, ce qu’on a nommé le menton {mentum). L'animal sans menton paraît donc divisé en deux parties séparées par un large espace; ce qui lui donne une physionomie spéciale qu’il suffit d’avoir vu une seule fois pour en garder toujours le souvenir.
On peut noter, en outre, comme une loi générale, que la longueur du mufle est en raison inverse de celle du pied.
Chez les Truncatella, par exemple, où le pied est beau- coup plus court que les Cyclostomes, le mufle est plus al- longé, plus musculeux ; et c’esten observant des animaux de ce genre que l’on a signalé, pour la première fois, leur singulière reptation.
En recherchant dans la série des Mollusques ceux qui sont dans les mêmes conditions ; on trouve la famille des Strombidæ où la largeur du pied est minimum et la lon- gueur du mufle est maximum ; comme on peut s’en assu- rer par l’examen des animaux des genres Strombe, Ptéro- cère, Rostellaire, Tarière, Ansérine. M. Adams, qui a étudié la progression des Strombes et des Tarières, nous apprend que leurs animaux sont actifs, musculeux, et qu’ils recherchent les proies vivantes ; ils s'avancent au moyen de sauts multipliés, qu’ils accomplissent en plaçant la partie étroite du pied sous la coquille, comme un le- vier, et en le redressant soudainement ils portent leur têt en avant.
Citons encore les genres Natice, Struthiolaire et Xéno- phore. La marche des Mollusques de ce dernier genre se rapproche de celle des Truncatelles et Géomélanies. Le pied vient se placer derrière le mufle fixé, puis celui-ei se
— 36 — | projette en avant et donne, à chaque pas, un ébranlement à la coquille qui avance ainsi par saccades.
Chez les Fissurelles, Emarginules, etc., la reptation, quoique très-lente, est encore favorisée par la puissance du mufle; mais cet organe n’est plus aussi long, parce que le pied a plus de développement. Il est encore plus court chez les Oscabrions, dont la tête ne consiste qu’en un orifice buccal, entouré d’un mufle en fer à cheval, très-charnu, et qui peut servir à faire adhérer plus forte- ment encore l’animal aux rochers.
On peut donc, sous le rapport de la reptation, diviser les Mollusques gastéropodes en deux grandes classes : 4° animaux à reptation insensible, sans participation né- cessaire du mufle, ou glisseurs ; 2° animaux à reptation saccadée ou arpenteurs,
La première division comprend la plus grande quan- tité des genres (Helix, Limax, Limnea, Buccinum, Vo- luta); dans la seconde se rangent les Cyclostoma, Trun- catella, Strombus, Xenophora, etc.
(La suite au prochain numéro.) P. Fiscaer. Sommaire. Anatomie de l'Helix retirugis. $ 14. Description de l'animal du Daudebardia sicula. $ 45. Anatomie de l’Hélixz Moquiniana. $ 16. Spermatophore de l’Helix nemoralis. S 17.
De la reptation des Cyclostomes et de quelques autres Mollusques. Ç 18.
Testacea Mediterranei novissima, auctore Nic. Tigert, D. M. (1)
GADINIA EXGENTRICA. Nobis. (PI. IL fig. G.)
Testa ovalis, obliquè conoïdea, glaberrima, nitens, strus exilissimis longitudinaliter et transversim decussata ; vertex excentricus, posticus, oblique recurvus, infrà apicem laterali- ter situs; apertura ovalis ; margo simplex, acutus.
Longit. maxim spec. 17 mill. Lat, 14 — Alt. 11 —
Incola maris Sardiniæ circumambientis in fundis cor- raligenis degens. Rara... Specimina 3 habuimus.
Testa ovalis, formam ferè conicam obliquam referens, omnino glabra et nitescens striolis creberrimis in longum et circulariter positis disuincta et quæ invicem decussan- tur. Vertex extra lineam medianam et testæ apici subpo- situs, posticus, obliquè recurvus. In dextera, internæ faciei parte sulci longitudinales, arcuati, flabelliformes, parum impressi. Ab expansione ovata, impressio muscu- laris interrupta. Apertura ovalis. Margo simplex, admo- dum acutus, fragilissimus. Color lacteus. Animal viden- dun.
(1) Les deux descriptions que nous publions étaient accompagnées des diagnoses de deux autres espèces déjà connues; l’une est le Pecten Ac- tont. V. Martens, décrit récemment dans le journal de M. Pfeiffer; l’au- tre le Murex-Tectum-sinense. Deshaves, décrit dans le volume V de notre recueil. M. Tiberi signale dans la mer de Sardaigne et en Algérie cette intéressante coquille. P. F,
ss 0 de EMARGINULA CoOSTÆ. Nobis. (PI. II, fig. 5.)
Testa convexo-conica, elata, lateraliter subcompressa, sulco cireulari medio exarata ; costis majoribus minoribusque in- terpositis lineas transversas, elevatas, decussantibus clathrata ; vertex posticus, extramarginalis, involulus ; apertura ovalis ; margo crenulalus.
Longit. adult. spec. 5 mill. Lat. ui
Alt. k — Longit. fissuræ 2 4/3
—
Sinus Neapolitani infrequens incola , in fundis trigenta vel quadrigenta possuum altitudinis degens ; ibique plan- tis, Zoophytis aliisque corporibus marinis innititur, et nonnixi fortuito in piscatoruim retibus implexa interdum capitur. Specimina 15 usque nunc collegimus.
Testa elata, conica, insigniter convexa, hinc indè com- pressa (minimè teres), pulli Pileopsis Ungaricæ formam quodammodo refert. In parte ejus media sel superiori sulcus circularis profundus tamquam testæ contrictio constanter apparet. Costæ inequales, quarum majores numero vigenti totidemque minores, interpositæ a lineis elevatis transversis intersecantur ; intersectiones autem nodulosæ. Vertex recurvo revolutus, ultra posticus linea sua perpendiculari marginem excedit. Testa intüs costis longitudinalibus geminatis exornata. Apertura ovalis, margo internè crenulatus. Color albescens. Animal igno- ramus.
An Emarginula pileolus? Mich. (Phil. Faun. Utrius. Sicil. p. 89, nomine anteriori E. capuliformis. Enum.
— OA moll, Sicil., p. 4116, tab. VIE, fig. 12, nihil bona). Jam- diu hesitavimus utrum species nostra ad hanc esset refe- renda, sed characteres in citato opere notati : « Testa « fere tereti, costis æqualibus decussato-granulatis, » nec non testæ dimensiones 5/4 ", long., 1" alt. et fat. nihil quadrant. N. T.
Appendice à la Gonchyliofogie de l'Algérie, Par M. A. MoreLer (Suite) (1).
Heux Berlieri. Nobis. (PI. I, fig. 6 et 7).
Testa perforata, globuloïidea, rugoso-striata, solidruscula albido et cornea variegata ; spira obtusè conoïdea ; anfractus 5 convexiusculi; ultimo ventricoso ; apertura mediocris, sub - rotunda; peristoma rectum, labiatum ; margine columellari ad umbilicum punctiformem reflexiusculo.
Diam. maj. 12 mill. — Min. 10 — Alt. 10 —
Petite coquille intermédiaire entre les Helixz Durieur et turbinata Jan, avec lesquels on serait tenté de la confon- dre au premier aspect. Plus globuleuse néanmoins que ces deux espèces et percée d’un ombilic encore plus étroit, elle se distingue en outre de la première, par la dépression de là spire, la capacité moindre de lPouver-
(4) Journal de Conchyliologie,t. V, p. 349.
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ture et la solidité du têt de la seconde, par la convexité des tours de spire, dont le dernier présente un renfle- ment plus prononcé. Le seul caractère marquant qui lui soit propre et que l’on ne retrouve pas chez les deux au- tres, se borne aux stries saillantes et irrégulières de Ja surface. Certains individus sont ornés d’une ou plusieurs fascies roussâtres, interrompues et peu apparentes.
Cette Hélice a été rencontrée par M. Berlier sur la route de Boghar à Laghouat, dans une localité sablo- neuse qui porte le nom d’Aïn-Ouessera.
Buzimus todillus. Nobis. (PI I, fig. 2 et 3).
Testa vix rimata, elongata, subfusiformis, apice obtusius- cula, irregulariter Striata, solidiuscula, subcornea, albo va - riegata ; anfractus T parum convexi, ullimo testa paul mi- nore; apertura elliptica, parva, intüs fuscidula; peristoma subincrassatum, album, breviter expansum ; margine colu- mellari vix dilatato, suboppresso.
Long. 13 mill. Diam. ma], A —
Voici une nouvelle espèce voisine du Bul. Cirtanus uobis, et qui s'éloigne encore davantage du Bul. Jeannoti. Dans cette coquille, la matière cornée s’épaissit, perd sa transparence, et ne montre plus, sur les deux derniers tours de laspire, qu’un petit nombre de stries irrégulières. Les caractères différentiels qui la séparent du But. Cir- tanus ne se bornent point à la solidité du têt ; plus allon- gée et d’un diamètre moindre, elle compte un tour de plus; l'ouverture d’ailleurs est plus petite, et colorée d’une teinte roussâtre ; enfin le bord columellaire, se rap-
nr prochant de la base, ne laisse plus subsister qu’une étroite fissure à la place de Pombilic.
Ce Bulime a été trouvé au bord de la mer, à Tipaza, entre Alger et Cherchel.
GLanDiNaA gracilenta. Nobis. (PI. I, fig. 4 et 5.).
Testa subfusiformis, elongata, gracilis, pellucida, levis, nitidè fulva ; Spira prominula, conica, apice acutiuscula ; an- fractus 6 planulati, ultimo 1/3 longitudinis æquante. Suturæ obsoletæ, pallidè marginatæ; columella recta, angulatim callosa, indistincté truncata ; apertura subpyri dei lamellà profundé in anfractus ventre munita.
Long. 9 mill. Diam. maj. 35 —
Sans refuser un éloge mérité au travail de M. Bour- guignat, sur le groupe des coquilles auxquelles notre es- pèce se rattache (1), nous ne saurions, au moins quant à présent, adopter le Genre Ferussacia qu’il nous pro- pose. Assurément, le savant auteur des Aménités n’a pas été déterminé, sans d’excellentes raisons, à introduire une division dans la tribu des Glandines ; mais pour apprécier ses motifs nous attendrons qu'il les ait fait connaître. L'établissement d’une classification nouvelle, n’est pas, à notre avis, chose sans importance. C’est un progrès ou une entrave, selon le point de vue où l’auteur s’est placé ; on ne saurait donc, en pareille matière, montrer trop de réserve et de circonspection. Il serait regrettable, sans doute, que la science restât stationnaire, mais ses pro- grès, pour être sûrs, doivent être lents et mesurés ; aussi
(1) Amén. malacol., p.197.
+ ne considérons-nous point comme un symptôme favora- ble esprit d'innovation qui s’est emparé des naturalistes allemands, et dont nous commencons nous-mêmes à su- bir l'influence. Il nous semble, en effet, qu’à côté de la science aimable et vraie, grandit une autre science trom- peuse et parasite, au profit de laquelle se dépense infini- niment d’érudition, d'esprit d’observation et d’analyse, sans que l’histoire du globe en retire de grands profits.
Pour en revenir à la G{ gracilenta, on la distinguera de ses congénères de l’Algérie, par sa forme plus grêle et plus allongée, par l’enroulement régulier de sa spire, ainsi que par la petite lame profondément enfoncée dans son ouverture, dont les bords sont unis par une callosité superficielle.
Cette coquille a été recueillie dans les arènes de Cher- chel, mais on la rencontre aussi près d’Alger.
A. M.
Études sur un groupe de coquilles de la famille des Trochidæ.
$ 1.
Il existe, soit dans nos mers, soit dans les mers des An- tilles, un grand nombre de petites coquilles dont la place est tout à fait incertaine, et qui peuvent être réunies dans quelques genres assez naturels. Le désir de multiplier les coupes, l’inexactitude ou l'absence même de descriptions,
ont embrouillé singulièrement la matière et ont produit une confusion regrettable. Les espèces furent connues d’abord par les diagnoses des auteurs anglais ; mais ceux- ci, après avoir suivi longtemps et aveuglément les classi- fications surannées de Linnée, ont tout à coup changé de système et publié un grand nombre de genres. Ils ont fini par ne plus s'entendre eux-mêmes, et le bel ouvrage de MM. Forbes et Hanley, n’a pu faire la lumière sur ces dil- ficiles questions. Nous allons reprendre chronologique- ment les travaux des auteurs.
S 2.
Martini et Chemnitz ont représenté et décrit (t. X, p. 298, fig 1587-88 ) une coquille assez singulière qu'ils rapportèrent au genre Turbo, sous le nom de 7. niveus. Cette espèce, longtemps négligée par les auteurs, fut tirée de l'oubli par M. Kiener, et placée dans le genre Delphi- nula dont elle n’offrait, du reste. aucun des caractères. M. Kiener changea son nom spécifique et lui donna celui de D. lævis, en lui rapportant une coquille des Indes, qui en diffère beaucoup, comme on peut s’en assurer en com- parant les planches des deux ouvrages. Reeve reproduisit le texte et la figure de Kiener.
J. Adams en 1798, Montagu, et après eux un certain nombre de conchyliologistes anglais, trouvèrent sur les côtes d'Angleterre, plusieurs petites coquilles blanches, aplaties, paucispirées, auxquelles ils imposèrent le nom banal d’Aelix.
Ce n’est que quelques années plus tard, que l’on com- mença à s’occuper sérieusement de la classification des coquilles anglaises.
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En 1818, le capitaine Marryat décrivit, dans les Tran- sactions de la Société linnéenne de Londres (tome XI, p. 338-339, pl. 10, fig. 3-4), un genre Cyclostrema ; le type : €. cancellata, était des côtes d'Angleterre. Voici la diagnose générique : « Testa depressa perspectivo-umbi- « licata ; apertura cireularis. »
Férussac (Tabl. sys., 1821) rapporta les Cyclostrema aux Delphinula.
La diagnose de Marryat était bien insuffisante pour caractériser scientifiquement un genre, puisque Fleming (Brit. anim. 1828), classa les Cyclostrema dans le voi- sinage des Scalariä, en indiqua un grand nombre d’es- pèces fossiles, et décrivit, comme espèce vivante, le €. Zetlandica (Turbo) Montagu. Cette prétendue espèce de Cyclostrema n’est qu’un Rissoa, comme l’ont démontré MM. Forbes et Hanlevy.
Fleming créait, en même temps, le genre Sk£enea, dans lequel devaient rentrer plusieurs des petites espèces an- glaises, dont il constatait aussi la présence à l’état fossile. Le type du nouveau genre était le Serpula cornea. Ad. (Helix depressa Mont. )
Le genre était dédié à la mémoire du docteur Skene, d’Aberdeen. M. Agassiz, dans son Vomenclator, semble ignorer cette particularité ; car il trouve létymologie du mot Skenea dans le vocable grec sxnvn.
Brown, une année auparavant ( {{lustr. of Con- chol., 1827), avait figuré un grand nombre de petites hélices marines de Montagu. Il avait même créé pour elles un genre Delphinoidea; mais ce genre n’était nullement caractérisé, et les dix espèces qui le composaient n’étaient appuyées sur aucune diagnose. Aussi dut-on considérer ses travaux comme non-avenus.
Plus tard, dans la deuxième édition de son livre, Brown se ravisa et exécuta ce qu’il aurait dû faire dans la pre- mière. Malheureusement, le nom DELPHINOÏDEA, qu’il re- produit encore, ne peut être accepté, car ilest adjectivé. Quoi qu’il en soit, voici la caractéristique de Brown :
« Spire depressed, surface smooth, divested of spinous « process; aperture orbicular or nearly so, and not enve- « lopping the body volutions. »
Quatre espèces : D. unispirala, depressa, serpuloides el resupinala ; toutes décrites par Montagu, sous le nom d'Hélices. La dernière est senestre.
De plus, Brown proposait deux autres genres :
G. SrrrA. « Shell smooth, nearly globular or semiovate, «spire small in proportion to the size of the body, and « depressed. Aperture envelopping the body. »
Sept espèces : $. globosa, nitidissima, coarctata, reti- culata, bicolor, tubulata, variegata, toutes de Montagu.
Le troisième genre, PLANARIA, renfermait les espèces tout à fait planorbiques au nombre de deux : P. pellu- cida et alba. Brown.
En résumé, treize espèces.
Les travaux subséquents augmentèrent la confusion, et les espèces anciennes et nouvelles furent classées dans les Turbo, Delphinula, Margarita, etc.
Searles Wood, en 1842 (Ann. and. Mag., p. 530), créa le genre Adeorbis pour l’Helix subcarinata de Wiälker.
M. A. D’Orbigny, dans son ouvrage sur les coquilles de Cuba, décrivit, sous le nom de Rotella, plusieurs es- pèces qui rentrent dans les formes dont nous nous occu- pons. Ce sontles Rotella semistriata, diaphana, carinata,
un ut striata, anomala. Le même auteur avait également si- gnalé un Solarium inornatum, qui vient se joindre à cette série.
Quelque temps auparavant, M. L. Pfeiffer, trompé, comme plus tard M. D’Obigny, par la présence d’un dé- pôt calleux sur l’ombilic, publia une Rotella pusilla de Cuba ; la même que M. D’Orbigny nomma Rotella dia- phana.
Dans sa récente monographie des Rotella, qu’il appelle Globulus (Gonchyl. Cabin.), M. Philippi a reproduit les idées de MM. Pfeiffer et d’Orbigny.
Krauss (Sudafr. moll. ) rapporte à un genre Liotia, dé- membré des Sol/arium, une nouvelle espèce analogue aux précédentes; le S. cancellatum, provenant d’Algoa-Bay.
C. B. Adams, en 1850 (Monogr. of Vitrinella) proposa le genre Vitrinella, ainsi caractérisé :
« T'estaturbiniformi, minima, vitrea; apertura maxt- «ma, orbiculari, subis valdè indentata vel umbilicata.»
Ce genre, qui se rapprochait, par la forme de son ou- verture, des Turbo et Margarita, comprenait cinq es- pèces des côtes de la Jamaïque. Il fat adopté par J. Jay ( Cat. sh. ), et augmenté considérablement par Adams à la suite de ses recherches sur les Mollusques de Panama. Le catalogue des coquilles de cette contrée (1552) men- tionne douze espèces nouvelles de Vitrinella.
M. Philippi, dans un ouvrage récent (Conch. cabin. 1853) admet deux genres : Skenea et Adeorbis. Le pre- mier contient les petites espèces des mers tempérées, au nombre de sept.
Dans leur magnifique ouvrage sur les Mollusques de la Grande-Bretagne, MM. Forbes et Hanley ont rapporté
ess
aux S/Æenea plusieurs coquilles liigieuses. La caractéris- tique du genre est basée sur l’étude d’une espèce ; S. pla- norbis, que les auteurs comparent à un Rissoa discoïde, et dont l’animal offre quelques rapports avec celui des Rissoaires.
Les autres espèces : $. mitidissima, tota, divisa, Cur- leriana, levis, costulata, n’ont guère de ressemblance avec le type; la première est tout à fait planorbique; les suivantes se rapprochent des Trochus et Delphinula; la dernière est une Margarita pour M. Moller.
Les observations de M. Clarck ( consignées dans le Supplément de MM. Forbes et Hanley) sur lanimal du Skenea divisa, sont venues plus tard démontrer qu’il était à peu près identique avec celui des T'rochus.
Enfin, MM. H. et A. Adams (Gener. of rec Moll.) ont modifié, avec raison, la classification de MM. Forbes et Hanley. Le genre Sfenea, réduit à une seule espèce, (S. Planorbis) est laissé dans ia famille des ÆRissoade, près des genres Æydrobia et Cingula. |
Les Cyclostrema, correspondant aux Delphinoidea de Brown, sont intercalés dans la famille des Ziotiinæ, dont le type Liotia renferme des espèces démembrées des Delphinula. { D. Peronu, etc.) MM. Adams comptent dix-huit espèces de Cyclostrema, dont plusieurs sont des Skenea de Forbes et Hanley.
Les Adeorbis, placées à la suite des Cyclostrema, sont représentés par six espèces.
Enfin, les Vitrinella, auxquelles se joignent les fausses Roulettes, sont classées dans la famille des Trochinæ, près des Margarita et des Stomatella.
En résumé, nous trouvons un groupe de petites espè- ces successivement placées dans les genres Serpula
Gb
(J. Adams }, Helir (Montagu), Turbo (Ghemnitz), Del- phinula (Kiener), Solarium (D'Orbigny), Rotella (Pfeif- fer, D’Orbigny), Globulus (Philippi), Liotix (Krauss), Margarita (Moller), Adeorbis (Wood), Skenea (Fle- ming, Forbes et Hanley), Cyclostrema (Marryat, H. et A. Adams), Vitrinella (G. B. Adams), Delphinoïidea, Spira,
Planaria, Rissoa (Brown). S 3.
D’après cette énumération, on concoit combien grande est la difficulté des nomenclateurs, pour choisir un nom convenable et pour savoir quel est celui qui est suflisam- ment caractérisé. L'étude des animaux est malheureuse- ment peu avancée et nous allons donner un aperçu de leur organisation extérieure. Des travaux anatomiques approfondis n’ont pu être entrepris à cause de la peti- tesse de ces êtres. |
MM. Forbes et Hanley ont décrit et figuré le Mollus- que du S/kenea planorbis.
La tête, allongée en mufle, est munie de deux tentacules subulés, portant les yeux à leur base externe, pied assez court, arrondi à ses deux extrémités ; lobe operculigère avec un prolongement latéral, rudimentaire, et une cirrhe courte en arrière. Opercule transparent, circulaire, pau- cispiré.
L'animal est d’un blanc hyalin; dans sa marche, il porte sa coquille sur le côté, la faisant traîner sur le sol ; ses tentacules sont alors tournés en arrière ou dirigés la- téralement.
Il vit en grand nombre sous les pierres, à basse mer, parini les tiges de Corallina officinalis. K\ abonde sur les
ee (HO pis rochers de la Grande-Bretagne, mais sa petitesse l’empê- che d’être souvent recueilli,
L'animal du S£enea divisa a été étudié par M. Clarck, qui lui donne les caractères suivants :
Mufle proboscidiforme, assez large, finement strié. Tentacules longs, aplatis, lisses vers leur ligne moyenne, et munis de chaque côté, de douze à quatorze cils longs, hyalins, disposés en séries, symétriques, élégants, oblique - ment dirigés d’arrière en avant et diminuant en longueur de la base au sommet. Les yeux, très-gros et noirs, sont attachés latéralement à la base externe des tentacules et placés sur un renflement arrondi qu'on ne peut consi- dérer comme un véritable pédicule. Le col offre deux prolongements latéraux, de forme différente; celui du côté droit est étroit, aplati, semicilié ; celui du côté gau- che, court, subovale et glabre. Le pied est assez long, subtronqué ou arrondi en avant, formant à ses deux ar- gles antérieurs deux sortes d’oreillettes linéaires, longues et recourbées ; en arrière, il est à peu près obtus. Lelobe operculigère est lisse ; il porte à son extrémité un opercule corné, circulaire, multispiré; et de chaque côté, à égale distance, trois filaments grèles, ciliés.
L’examen des animaux des Skenea elegantula Clark., et Cutleriana FK. et H., confirme leurs rapports avec le Skenea divisa.
Enfin, une espèce que nous décrirons et qui vit sur les rivages de la Guadeloupe, offre, d’après un dessin de M. Schramm, beaucoup d’affinité avec l’animal du Sk£enea planorbis.
S 4.
Il résulte que les Mollusques de ces genres semblent se &
sm 60 2 diviser en deux groupes : l’un voisin de certains Trochus (Tr. ziziphinus, pulcherrimus, ete.) ; l’autre paraissant rapproché des Aissoa et Hydrobix.
Nous disons : paraissant rapproché des Rissoa, parce qu’à nos yeux ces rapports ne sont que superficiels. En effet, chez le Skenea planorbis, la forme des tentacules est aussi bien celle des T'rochus que des Rissoa; de plus, la présence d’une cirrhe postérieure rudimentaire et d’un prolongement latéral du lobe operculigère ; la forme discoïde de la coquille ; la position centrale du nucléus de l’opercule, quiest latéral chez les Rissoadæ, etc., démon- trent clairement que les vrais S£enea appartiennent aux Trochide .
On peut, avec le groupe des Mollusques que nous étu- dions, constituer une série de petits genres, qu’on placera parmi les Trochidæ, près des Margarita, Delphinulu et de quelques Stomatella non nacrées, dont l'animal est un véritable Trochus. De même, dans notre réunion de peti- tes espèces, on passe des Skenea aux Cyclostrema dont les Mollusques paraissent si différents.
Les genres peuvent être ainsi caractérisés : w SKENEA, Fleming,
« Animal se rapprochant des Æissoa par sa forme. « Mufle assez long ; pied tronqué en avant, obtus en ar- «“rière ; tentacules lisses, cylindriques, portant les yeux à « leur base externe. Lobe operculigère avec un prolonge- « ment latéral et un postérieur rudimentaire, Opercale «arrondi, corné, paucispiré; nucléus central.
« Coquille orbiculaire, paucispirée, lisse, mince, dé-
« primée, profondément ombiliquée ; péristome continu, a circulaire, entier, tranchant. »
Ex. : S. plunorbis.
8 SpiRA. Brown.
a Animal? — Opercule ?
« Coquille arrondie, aplatie, mince, paucispirée ; « Spire petite, déprimée, Ouverture large plus élevée que « la spire ; bord simple, tranchant, »
Les Spira sont de vrais Planorbes marins; ils font le passage au genre Orbis Lea. (Disco!chix. Dunker).
Ex. : S. nitidissima. J, Adams. 7 GYGLOSTREMA. Marryat,
« Animal voisin de celui des Trochus. Mufle bilobé ; « pied tronqué en avant et muni de deux appendices ; ob- «tus en arrière ; tentacules ciliés, portant les yeux sur un « renflement très-court à leur base ; trois paires de fila- « ments ciliés sur les côtés du lobe operculigère, Oper- « cule arrondi, multispiré ; nucléus central.
« Coquille orbiculaire, déprimée ; profondément ombi- « liquée ; spire courte; tours de spire cancellés ; ouver- « ture arrondie ; péristome non interrompu, aigu. »
Les vrais Cyclostrema sont très-voisins du groupe Liotia, démembré des Delphinula à cause du péristome non interrompu.
Ex. : C. cancellata. Marryat. ‘ ApEorBis. Scarles Wood.
« Animal? — Opercule ?
RS
« Coquille profondément ombiliquée, paucispirée, lisse « Ou striée ; dernier tour plus ou moins anguleux ; ou- « verture transversalement ovale, péristome non continu; « bord droit arqué, simple, aigu. »
Les Vitrinella doivent être rapportées ici comme syno- nymes ; elles tirent leur nom de la transparence de quel- ques espèces.
Ex. : À. subcarinata. Walker.
&. PSEUDOROTELLA. Fischer.
« Animal ? Opercule ?
« Coquille mince, diaphane, globuleuse ou aplatie, « paucispirée, finement striée; ombilic recouvert d’une « callosité transparente, brillante; péristome non conti- « nu ; bord droit arqué, simple, aigu. »
Les Pseudorotella n’ont aucun caractère qui appar- tienne évidemment aux Rotella ; chezelles la callosité dimi- nue, puis disparaît, et l’on passe aux Vitrinella. Elles ha-
bitent toutes les Antilles. Ex. : P. séemastriatu. D’Orbigny.
$ 5.
Il est quelques caractères communs à ces cinq Genres. Les coquilles qui les composent sont en général de pe- tite taille, il est rare qu’elles atteignent un centimètre de diamètre ; elles sont de couleur cornée ou blanche, sou- vent iransparentes, jamais nacrées à l’intérieur. Le têt est extéricurement strié avec élégance, parfois orné de sillons concentriques profonds ou de crêtes interrompues.. .
5 RE
Les espèces paraissent répandues daus toutesles mers ; on les a signalées dans la mer du Nord, la Manche, lAt- lantique, la Méditerranée. Sur les deux rivages atlantique et pacifique de l'Amérique, vivent des formes remarqua- bles. Les localités les plus riches sont les Antilles et Panama, qui fournissent chacune une quinzaine d’espèces. M. Cuming en a rapporté des îles Philippines.
Le nombre des espèces connues paraît considérable ; nous en avons relevé dans les travaux des auteurs, plus de soixante, sans compter celles que nous décrirons.
Il reste à savoir si les cinq genres que nous indiquons ici ont une véritable valeur scientifique, ou si l’on doit les fondre en un seul groupe générique, qui porterait le nom de Skenea. Nous avons quelque répugnance pour ce der- nier parti, qui nous semblerait trop radical, Les différen- ces signalées entre les animaux et les coquilles sont assez considérables pour motiver des coupes. Le temps seul peut décider de leur légitimité,
Les espèces que nous allons décrire seront donc rap- portées à leurs genres respectifs. P. Fiscer.
( La suite prochainement).
Description d'espèces nouvelles, par M. BERNARDI.
CARDIUM Guichardi.” (PI. IL, fig. 4.)
Testa cordiformis, solidiuscula, nitida, intus alba; carina valida, acuta, bipartita ; anticé inflata, angulata; costis anti-
= cis 12-13, rotundatis ; mediis complanatis, tuberculis sparsis, minimis, punctiformibus, et maculis vividè rufis, longitudina- libus ornatis; interstiliis crenulatis; costis posticis 12-13 lœvigatis, complanatis, maculis luteo-rufis evanidis munila. Ligamentum breve.
Long. 32 mill Lat. 26 — Alt. 25 —
« Coquille cordiforme ou plutôt trapézoïde, assez so- « lide, luisante, blanche à l’intérieur; divisée en deux « portions par une carène aiguë qui ne se termine qu'à « l'extrémité des crochets; anguleuse et renflée en avant, « pouvue dans ce point de 42 à 13 côtes d'abord globu- « leuses, puis aplaties, munies de tubercules ponctifor- « mes épars, et de taches d’un rouge vif ou jaune dis- « posées le long des côtes; interstices crénélés; côtes « postérieures au nombre de 12 à 13 aplaties, tachées de « macules rouges et jaunâtres peu accusées. Ligament « très-court. »
Hab. Nouvelle-Calédonie. (Coll. du Journal.)
Observ. Nous dédions cette espèce à M. Guichard, avocat à Marseille et amateur zélé de conchyliologie.
La présence de tubercules obsolètes, les taches rou- ges, etc. différencient le C. Guichardi des espèces congé- nères.
Triton Barthelemyi. (PI. 1, fig. 1.)
Testa globoso-conica, solida, ponderosa, albo-luteola ; sulcis transversis pallidè carneis ; apice acuto: sulura profunda ; anfractibus 7 convexis, medio subangulatis; 2 llimo dilatato ventricoso ; costis transversis, striatis, el costis obsoletis longi-
à
fou
tudinalibus granulato decussantibus, ornato ; tuberculis vali- dis 8-9, in costis evanescentibus, in medio anfractus sitis ; et varicibus subcomplanatis munito. Umbilico profundo. Aper- tura semi-lunaris; columella alba, breviter arcuata ; posticè unidentata; anticè rugoso-plicata; peristoma duplex, folia- lum, sinuosum; margine interno albo longe dentato, incras-
salo. Long, 15 cent, Lat. 8 — Alt, 5-6 —
« Coquille conico-globuleuse, solide, pesante, d’un « blanc jaunâtre avec des sillons transverses d’un violet « pâle; sommet aigu, suture profonde; 7 tours de spire « convexes, subanguleux à leur partie moyenne , le der- « hier ventru, On y voit des côtes transverses striées, « aplaties, décussées par des côtes obsolètes longitudi- « pales et granuleuses ; 8 ou 9 tubercules assez gros, mé- «dians, se prolongeant en dessus et en dessous, sous « forme de côtes peu marquées; varices aplaties, ombilic « profond; ouverture semi-lunaire; columelle blanche, « légèrement arquée, unidentée en arrière, rugueuse en « avant; périsiome double, foliacé, festonné; bord in- « terne blanc, épais, garni de longues denticulations. »
Hab..…. { Coll. du Journal.)
Observ. Nous dédions cette belle espèce à M. Barthé- lemy, conservateur du musée de Marseille, et nous profi- tons de cette occasion pour le féliciter de l’infatigable zèle avec lequel il a organisé et dirigé le musée de la ville, aidé puissamment par la sage institution d’une com- mission composée des conchyliologistes marseillais, à la tête desquels se place notre respectable ami, le docteur Boyer, qui a donné une grande impulsion à cette étude.
=: de Le musée de Marseille peut être considéré, à juste titre, comme un des plus beaux de la province. Ses richesses, exposées constamment aux feux du public, sont d'une grande utilité aux personnes qui se livrent à l’étude de l’histoire naturelle.
Pour en revenir à notre Triton, il n’a de rapports qu’a- vec le Tr. Spengleri, dont il diffère par ampleur de lou- verture, le nombre beaucoup plus considérable des côtes transversales, les tubercules praportionnellement moins forts ets’effaçant vers le sommet. Les individus jeunessont presque lisses.
Conus Macaræ. (PL I, fig. 2.)
Testa oblongo turbinata, supernè acutangula ; spira de- pressa, plana; apice mucronato ; anfraclu ullimo lneis transversis, minulis, approæimalis, rufis, leviter notatis, or- nato ; fascia alba, marginibus fimbriatis et rufo punctatis bi- partito ; ad basim sulcato.
Long. hi mill. Lat. 20 —
« Coquille étroite, allongée; le dernier tour anguleux « et tranchant, Spire aplatie, s’élevant rapidement vers «son centre pour former une pointe très-aiguë. La co- « quille est d'une couleur jaune presque orangée, et ornée « transversalement de linéoles rougeâtres très-rappro- « chées, faiblement marquées. Une fascie blanche divise « le dernier tour en deux parties presque égales; cette « bande est frangée des deux côtés dans tout son parcours «et ornée de taches rougeâtres qui la rendent comme « crénelée ; son milieu est garni de linéoles interrompues « formant de petits points allongés ; le bord et lacolumelle
me UNE « sont droits, le premier mince et tranchant. Toute la « surface de la coquille est lisse; sa base seulement est « Sillonnée. »
Hah,c... (Coll. du Journal.)
Observ. Nous dédions cette belle espèce à madame la baronne Réthan-Macaré, à Utrecht, B.
Description de Coquilles fossiles des terrains ter- tiaires de la Russie, par M. C. Mayer. (Fin.)
21, Lucia pes-anseris Mayer.
L. testa ovato-transversa, subquinquangulari, paululum inflata, valde inæquilatera, tenui, fragili, lœrigata ; anticè brevissima, truncata, posticé elonga'a, bicarinala ; depresso- acuminata, subalata ; umbonibus tumidiusculis, recurvis ; lu- nula parva, ovato-oblonga ; cardine subedentulo. |
Long. 10 mill. Latit. 13 —
« Coquille ovale-transverse, presque quinquangulaire, « légèrement enflée, très-inéquilatérale, mince et fragile, « lisse ou légèrement sillonnée par des stries d’accroisse- « ment. Côté antérieur très-court, comme tronqué, pos- « térieur horizontalement prolongé, partagé en trois « parties par deux carènes arquées assez fortes, qui s’a- « vancent sur le bord et donnent à la coquille une forme
MR
« digitée, Entre ces carènes la coquille est légèrement « concave. Les crochets sont terminaux, assez proémi- «uents et recourbés sur la lunule, Gelie-ci est petite, « peu distincte, ovale-oblongüe. La charnière consiste en «une fosselte ligamentaire transverse et en des indices a de dents latérales. »
Cette petite Lucine, très-remarquable par sa forme et ses carènes, me paraît appartenir au groupe des Z. gibbo- sula, transversa, etc. Elle est beaucoup plus distincte de ces espèces qu’elles ne le sont l’une de l'autre. Elle est commune au cap d’Ak-Bouroun, dans les couches qui correspondent au falun de Volhynie.
22, Srromsus Duboisi Mayer.
S. testa fusiformi, subcylindrica, læœvi; spira ultimo an- fractu minore ; anfractibus convexiusculis, lalis, subconti- quis; ultimo prælongo, cylindrico; labro crasso, brewi; ca- nali minimo, obliquo,
Long. 26 mill. Lait. 141 —
« Coquilie fusiforme, subcylindrique, lisse, au moins « sur les derniers tours. Spire courte, composée de quatre «ou cinq tours larges, légèrement convexes, presque « contigus, séparés par une suture oblique. Dernier tour « très-long. légèrement enflé au milieu, rétréci vers le « canal. Celui-ci est court et courbé en avant. Bord libre « évasé, assez large, tranchant, remontant sur lPavant- « dernier tour. »
Il n’est pas tout à fait certain que le fossile dont il est question soit un Strombe et non une Rostellaire; son bord
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libre étant brisé là où est placée l’échancrure caractéris- tique des Strombes. Cependant la forme de son canal et une certaine affinité avec le Strem'us canalis, le rappto- chent assez des Strombes pour que lon puisse le placer parmi eux. Da reste, l'espèce n’est encore représentée que par une empreinte unique, très-nette, il est vrai, mais rencontrée par Dubois dans le calcaire nummuli- tique de Simphéropol.
23. VoLuTa oniscioides, Mayer.
V. testaovata, crassa, longitudinaliter costata; spira brevi, acuta; ullimo anfractu magno, coslis crassis, approximalis ornato ; apertura angusta ; labro crassissimo ; canali brevi, obliquo, profundè fissurato ; columella crassa, rugosa, qua- driplicata, plicis horizontalibus, crassis, subæqualibus.
Long. 23 will. Latit. 13 —
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« Coquille ovale, épaisse et solide, à spire courte et « pointue, composée d’un petit nombre de tours, dont le « dernier forme, à lui seul, presque toute la coquille et « porte quelques côtes épaisses et élevées, un peu plus « larges que les interstices. Ouverture étroite, un peu «élargie vers le canal, Bord libre très-épais. Columelle « large, occupée par quatre gros plis horizontaux pres- « que de même force, »
Sur quatorze individus du genre Volute et de formes à peu près identiques, trouvés par Dubois dans le terrain nummulitique d’Akbhaltsikhe, lun des trois ou quatre qui sont passablement conservés, se distingue par sa forme un peu plus courte, par l’épaisseur de son têt et par les
mn CB plis de sa columelle. Cette dernière différence, très-forte, comme on va le voir, m’a engagé à décrire à part l’indi- vidu qui la présente. Si elle devait n’être que de peu de valeur, c’est à-dire s’il était prouvé que, chez certaines Volutes, les plis de la columelle varient à un haut degré, il faudrait réunir l'espèce en question à la suivante,
22, VoruTa Duboisi Mayer.
V. testa ovato-oblonga, longitudinaliter costata ; spira brevi, acula ; ullimo anfrac'u magno, costis crassiusculis, arcualis, ad suturam evanescentibus, ornalo ; apertura ovato-elliptica, labro crassiusculo; canali brevi, obliquo; columella quadri plicata, plicis obliquiis, tenuibus, inæqualibus.
Long. 23 mill, Latit, 12 —
L’exemplaire que je prends pour type de l’espèce nou- velle et auquel se rapportent la plupart des individus moins bien conservés, cités plus haut, diffère du type précédent par sa forme plus élancée, son têt moins épais, ses côtes moins fortes, s’amincissant vers la suture et sensiblement arquées ; enfin, et surtout, par ses plis columellaires faibles, obliques, inégaux et inégalement distants. C. M.
— 61 —
Nouvelles Notes relatives à la Recherche des Coquilles et des Mollusques. (1)
Nous avons donné, en 1S51, dans le second volume du Journal de Conchyliologie, une Instruction sur la Re- cherche des Coguilles, travail dans lequel nous avions ré- sumé avec soin les nombreuses indications qui avaient été fournies par d’habiles collecteurs. Nous faisions, en même temps, un appel aux personnes qui se trouveraient en mesure de nous procurer de nouveaux documents, en prenant l’engagement de les porter successivement à la connaissance de nos souscripteurs,
Notre Instruction entrait dans de tels détails sur les ha- bitudes et sur les retraites des Mollusques, sur les moyens de les découvrir, de les conserver, etc... que nous avions
peu d’espoir d’y ajouter quelque chose de réellement
utile : cependant, plusieurs observations intéressantes nous étant parvenues depuis, nous nous empressons de les mettre sous les yeux de nos lecteurs, parmi lesquels il s’en trouvera, certainement, qui sauront profiter de l’ex- périence de nos charitables correspondants.
I. Les pêcheurs emploient, dans nos colonies des An- tilles, des espèces de grandes cages faites en bambou, et auxquelles est appliquée une ouverture étroite par la- quelle entre le poisson, attiré par un appât qui se com-
(1) Voir, pour ce que nous avons déjà publié sur cette matière, le se- cond volume du Journal de Conchyliologie, année 1851.
OÙ pose ordinairement (1) de matières animales, chair, pois- son, détritus de volaille, souvent de la chair d’un gros Strombe ou de quelque autre Mollusque. Les noirs qui font cette pêche, descendent les cages dont il s’agit à une certaine distance de la côte, souvent à d'assez grandes profondeurs, reconnaissent l’endroit au moyen d'une bouée, et vont ensuite les retirer après quelque temps de séjour au fond de la mer.
Quelques-uns de nos zélés collecteursde la Guadeloupe, informés -qu’on avait trouvé attachés sur ces casiers, des Mollusques que l'amorce, destinée aux poissons, paraissait yavoir aussi altirés, songèrent à tirer partide cette décou- verte : une rémunération convenable stimula lapathie des noirs, et on obtint bientôt un succès inespéré. En eff:t, c’est par cette voie qu’on se procura, souvent en grand nombre, certaines espèces fort remarquables dans le genre Murezx, dont on n’avait trouvé, jusqu’alors, que quelques individus isolés, ainsi que des espèces tout à fait nouvelles dans les genres Voluta, Conus, Trochus, Phos, Bucci- num, etc... Ge qu’il y a de remarquable, c’est qu’on ob- tint, par ce moyen, nou-seulement des Mollusques car- nivores, mais encore des coquilles appartenant à des Mollusques qui ne l’étaient pas, et dans lesquelles étaient venus se loger des crustacés qui voulaient aussi prendre leur part de la curée : c’est à l’aide de ce parasite qu’on a pu avoir quelques pièces rares, entre autres le Pleu- rotomaria et le Phorus, qui ont été décrits dans le der- nier volume du Journal.
(4) M. Beau, à qui nous devons en grande partie ces renseignements nous a assuré que les pêcheurs emploient aussi, parfois, à défaut de chair,
des quartiers de citron, dont la saveur ou le parfum ont la vertu d'attirer le poisson. S. P,
— (he
D’après ce que nous a dit M. Beau, les pêcheurs des- cendent leurs casiers jusqu’à la profondeur de cinquante, soixante brasses, et même plus, ce qui suffirait à expli- quer comment on est parvenu à obtenir des espèces qui, jusqu'alors, avaient échappé aux recherches, et qui, pro- bablement, ne Ss’approchent jamais de la côte, Nous sommes portés à croire que c’est surtout la nuit que Îles Mollusques arrivent sur [es casiers, el que ce serait par- ticulièrement le matin qu’il conviendrait d'aller relever ceux-ci. Les personnes qui habitent les rivages de la mer, surtout dans les pays intertropicaux, feront bien de se li- vrer elles-mêmes à ce genre de pêche aux coquilles, en faisant confectionner des casiers spéciaux, pour lesquels elles auraient à modifier la forme de ceux qui ont pour cipal objet la capture du poisson,
A ces indications, nous ajouterons qu’il serait pro- bablement avantageux de placer des casiers près des bancs, des récifs et des rochers battus par les vagues et qu’il est imprudent d’aborder.
Il. Nous ne savons si l’emploi des casiers dont il vient d’être question aurait le même succès sur nos rivages d'Europe, moins riches en Mollusques que les régions chaudes ; mais nous espérons qu’il en sera fait quelques essais, et que cemoyen ne sera pas négligé par M. Martin, de Martigues, qui apporte autant de persévérance que de zèle à découvrir les espèces propres aux côtes de la Pro- vence, C’est à lui que nous devons de pouvoir signaler, dans cette note, les heureux résultats qu’il a obtenus en scru- tant avec soin l’intérieur des Oursins, ainsi que l’estomac des Ascidies ou autres animaux mous qui lui étaient rap- portés du large par les pêcheurs. Il y a souvent trouvé
686% des coquilles, petites à la vérité, mais qui n’en étaient pas moins intéressantes, et qu’on aurait inutilement cherchées ailleurs. 11 s'est procuré de cette manière beaucoup d’es- pèces dans les genres lissou, Eulima, Chemnitzia, Odos- lomia, elc...
IT. Nous citerons encore ici le passage d’une lettre que feu M. Webbe nous adressait, il y a quelques années, de l'île de Gorée, où il se livrait avec ardeur à la recher- che des Mollusques :
« Il est, dit-il, beaucoup de coquilles que l’on ne «trouve à l’état vivant qu’en renversant les pierres de «grande dimension que les grandes marées laissent par- « fois à sec, celles surtout autour desquelles il reste un «peu d’eau. Les Mollusques sont fixés sur la pierre « même, ou sur le sol, qu’on doit fouiller à une profon- « deur d'environ trente centimèires. On y trouve des Pé- «tricoles, des Vénérupes, des Crassines, des Ongu- « lines, etc... On ne rencontre pas de coquilles sous «toutes les pierres, il est vrai; mais quand on en a trouvé « deux ou trois, il faut chercher avec soin à l’entour, car « j'ai souvent remarqué que les Mollusques vivent en pe- «tites colonies, et souvent réunis en nombre considé- « rable, »
Nous souhaitons, dans l’intérêt de la Gonchyliologie, que les notes qui précèdent soient mises à profit par quelques confrères à qui rous demanderons de vouloir bien les compléter, en nous faisant part du résultat de leurs essais et de leurs opérations.
S. PETIT.
sit 2
Description d'espèces nouvelles du genre T'erebra, Par M. DESnAYyEs.
1. TErEBRA Formosa Desh. (PI. IIL fig. 6.)
T. testa turrita, conico subulata, solida, alba, maculis rufis quadratis inæqualiter biseriatim ornata; anfractibus planularis, indivisis, primis in imargine crenulatis, biseriatim granulosis ; crenulis granulisque in ultimis anfractibus evanidis, ultimo brevi triserialim maculalo ; apertura brevi, angusta, supernè canali lalo, elongato, contorto terminata; columella brevi, crassa, cy- lindracea.
Hab. la mer de Panama.
Coquille remarquable, qui ne manque pas d’analogies avec le T'erebra ornata de M. Gray; elle est allongée, turriculée, très-pointue au sommet, un peu enflée dans le milieu; elle est d’un beau blanc, et sur ce fond se déta- chent deux séries très-inégales de belles taches d’un brun marron assez foncé; les taches sont plus petites, un peu plus pâles et plus nombreuses dans la série inférieure ; elles sont au nombre de douze sur chaque tour, tandis que la série supérieure, composée de grandes taches qua- drangulaires, n’en compte que huit. Sur le dernier tour un troisième rang de taches blanches s'établit entre la circonférence et la base de la columelle. Les tours de spire sont nombreux et étroits; ils ne sont point divisés par un sillon; les premiers ont le bord de la suture élé- gamment crénelé; ils portent aussi deux rañgées dis- tantes de petits tubercules pointus, mais les crénelures et les tubercules disparaissent insensiblement et les der-
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niers tours n'en offrent pas la moindre trace. Le dernier tour est court. l’ouverture elle-même est courte et étroite; elle se termine en avant par un canal large et assez al- longé, fortement renversé en dessus. La columelle est épaisse, courte et cylindracée.
Cette rare et belle espèce a 72 millim. de long et 13 de diamètre.
Collection de M. Cuming.
2. TEREBRA CuminGit Desh. (PI. IL, fig. 4.)
T.testa pulcherrima, elongato angusta, turrita, albo pallide Lutescente ; anfractibus trigenta, angustis, sulco impresso divisis ; margine suturali duplicato; altero convexiusculo, eleganter cre- nulato-plicato, transversim tenue striato; altero unicaserie gra- nulorum formato; anfractibus in medio parum excavatis, ele- gantissime costulis longitudinalibus striisque transversalibus clathratis ; inter strias mediana superaque majores; ultimo an- fractu brevi, superne obtuso, strialo; apertura minima, qua- drata, canali brevi angusto terminata; columella cylindracea, contorta, simplici
Hab. les mers de Chine.
Cette espèce est certainement l’une des plus belles et des plus précieuses du genre ; elle ne peut être comparée qu’au T'erebra pretiosa de M. Hinds; elle en a à peu près la forme, mais elle est beaucoup moins grande et n’offre pas la même coloration ; elle est surtout remarquable par l'élégance et la finesse des sculptures qui se voient à la sur- face; elle est très-longue, très-étroite et très-pointue au sommet, Sa coloration est d’un blanc un peu jaunâtre ; mais les bourrelets de la suture sont d’un blanc mat. Les tours, au nombre de trente, sont étroits, un sillon trans- verse sépare un bourrelet marginal, convexe, saillant, oc-
EN er cupant à peu près le tiers de la surface. Sur ce bourrelet sont saillanies de petites côtes, d’une admirable régula- rité, entre lesquelles se montrent cinq à six stries trans- verses, fines et d’une parfaite régularité. Au-dessus du bourrelet suiural et de l’autre côté du sillon, se met en saillie un cordon formé d’une série de granulations fines, serrées, régulières, aussi proéminentes que le bourrelet lui-même. Le reste de la surface est occupé par un réseau d’une parfaite régularité, composé de fines côtes longitu- dinales, traversées par des stries égales, au nombre de cinq à six; elles sont même réduites à quatre sur un pe- tit exemplaire. Le dernier tour est court, subanguleux à la circonférence et strié transversalement sur toute sa surface ; l’ouverture est petite, quadrangulaire, à peine oblique ; elle se termine en avant par uu canal assez long, étroit, profond et renversé du côté dorsal. La columelle est courte, cylindracée, simple, fortement tordue sur elle- même à son extrémité.
M. Cuming possède trois exemplaires de cette pré- cieuse espèce, le plus grand a 95 mull. de long et 12 de
diamètre.
3. Teresra ReGina Desh. (PI. IL, fig. 7.)
T. testa elongato-subulata, angusta, multispirata, alba, trise- rèatim maculis fuscis vel castaneis, parvulis picta; anfractibus angustis, sulco impresso transversaliter divisis, lævigatis; margi- ne tenue et eleganter crenulato ; crenulis albis, interstitiis macula pallide fusca notatis; ultimo anfractu quadrifariam maculato superne coarclato, canali longo terminato ; apertura -elongato- angusta, subquadrata; columella brevi uniplicata, valde con- torta, extus angulo acuto proeminente oblique circumdata.
Hab. le Sénégal.
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Cette remarquable espèce est du petit nombre de celles qui, par les particularités de leurs caractères, ne peuvent être exactement comparées à aucune de leurs congénères. Elle est allongée, étroite, formée d’un grand nombre de tours étroits, partagés inégalement par un sillon trans- verse peu apparent. La portion qui borde la suture est environ des deux cinquièmes de la largeur totale; cette portion est un peu plus proéminente et se termine à la suture en un grand nombre de crénelures blanches dont les interstices sont occupés par une petite tache d’un fauve brunâtre pâle. Un peu au-dessus du sillon transverse se montre un second rang de taches sembla- bles. Enfin, immédiatement au-dessous de la suture, à la partie supérieure des tours, il existe une rangée de taches régulières, quadrangulaires et d’un beau brun foncé sur les premiers tours; ces taches se prolongent en flammules dans la longueur desquelles se perdent les ponctuations du second rang. Sur le dernier tour s’ajoute un quatrième rang de taches oblongues, d’un brun foncé comme celles qui précèdent. L’ouverture est étroite, oblongue, subqua- drangulaire, un peu oblique; elle se termine en avant par un canal assez long, infléchi et large. La columelle est fortement tordue; elle porte un pli à sa partie su- périeure.
Cette rare et précieuse coquille, dont un seul exem- plaire est actuellement connu, appartient à la collection de M. Cuming ; elle a 78 mill. de long et 13 de diamètre ; elle aurait au moins 85 mill. de longueur si l'extrémité de la spire était entière,
5 GR
h. ‘VEREBRA Lima Desh. (PI. IV, fig. 2.)
T'.testa elongato-angusta, subulata, turrita, pallide flavicante; flammulis flavo rufescentibus pallidis picta, ultimo anfractu basi fulvo tincto; anfractibus numerosis, anguslis, ‘sulco utroque la- tere marginalo bipartitis, transversim striatis ; longitudinaliter plicis udulatis, decussatis in intersectionibus subgranulatis, aspe- ratis; ultimo anfractu brevi, basi plano; apertura brevi, angus- ta, subquadrangulari; canali longo, angusto, contorto, termi- nala; columella alba, contorta, in medio extus angulata.
Hab. les mers de Chine.
Très-belle et très-remarquable espèce, voisine du Cu- mingtü, mais facile à distinguer de toutes ses congénères. Longue, étroite, subulée, elle est formée de vingt-neuf tours étroits, à peine convexes ; ils sont inégalement par- tagés par un sillon transverse, large et assez profond, bordé de chaque côté, en dessous, par le bourrelet mar- ginal, en dessus, par une petite côte transverse, élégam- ment granuleuse. Un élégant réseau s'établit à la surface par l’entrecroisement de costules transverses, au nombre de quatre, et de petits plis longitudinaux onduleux. Au point d’intersection des côtes et des plis, s’élève une pe- tite aspérité, ce qui rend àpre au toucher toute la sur- face de la coquille. Les costules transverses ne sont pas égales, il y en a deux petites et deux plus grosses. Le der- nier tour est aplati à la base et toute sa surface est occu- pée de ce côté par des sillons transverses. L'ouverture est petite, quadrangulaire, un peu oblique et terminée par un canal assez long, contourné, creusé d’une échancrure étroite et profonde. La columelle cylindracée est blanche: elle porte au dehors et dans le milieu de sa hauteur un petit angle fort aigu. Sur un fond d'un blanc jaunâtre,
= ‘FR très-pâle, cette coquille est ornée de flammules d’un roux pâle, onduleuses et assez régulières.
Cette rare et précieuse espèce a 78 mill. de long et 11 de diamètre.
Collection de M. Cuming.
5. TereBRA InsiGnis Desh. (PI. 1II, fig. 2.)
T.testa elongato-conica, acuminata, solida, alba, in medio an- fractuum maculis magnis castaneis quadrato-oblongis irregqula- ribus ornata; anfractibus numerosis, angustis, convexiusculis, sulco impresso divisis, primis regularibus, plicato-arcuatis, alteris plicis distantioribus, crassis ; ullimis, lævigatis, ultimo brevi, biseriatim picto, basi coarctato; apertura angusta, brevi, recta, canali brevi, lato profundoque terminala; columella brevi, cylindracea, superne uniplicata, extus angulo proeminenti, acuto, circumdata.
Hab. Panama.
Nous ne connaissons aucune espèce que l’on puisse comparer exactement à celle-ci; elle a une analogie éloi- gnée avec l'Ornata ou le Robusta; mais elle se distingue aisément de toutes ses congénères; elle est au nom- bre des plus remarquables du genre. Allongée, régu- lièrement conique, très-pointue au sommet; elle est so- lide, épaisse, d’un beau blanc un peu jaunâtre sur lequek. se détache un seul rang de grandes taches d’un beau brun-marron, occupant presque toute la hauteur des tours. Sur les premières circonvolutions, ces taches sont étroites, un peu flammulées ; mais sur les derniers tours elles s’élargissent, deviennent subquadrangulaires et elles se succèdent d’un tour à l’autre avec assez de régularité : la base du dernier tour est occupée par un second rang de taches semblables. Les tours de spire, au nombre de
=, : ll vingt-sept, sont étroits; un sillon transverse les partage en deux parties inégales ; sur les premiers tours, le bour- relet est très-étroit et finement crénelé, et le reste de la surface est très-finement et très-régulièrement plissé ; sur les tours suivants, les crénelures et les plis grossissent rapidement et disparaissent ensuite insensiblement sur les derniers tours qui restent lisses. Le plan de louverture est presque droit; cette ouverture est petite, subquadran- gulaire, étroite et terminée en avant par un canal court, mais large, profond et relevé à son extrémité. La colu- melle est épaisse, cylindracée ; elle porte un pli à la par- tie supérieure. Cette remarquable coquille a 78 mill. de long et 15 de diamètre. Collection de M. Cuming.
G. TEREBRA FimBriATA. Desh. (PI. V, fig. 1.).
T. testa elongato-conica, basi lata, apice acuminata, castaneo- fucescente alboque marmorata ; ad marginem superiorem lineis brevibus, castaneis fimbriata, punctulis castaneis, biseriatim dis- tantibus, in ultimo anfractu triseriatim ornata; anfractibus la- lis, planis, sulco impresso divisis ; primis tenue plicatis, alteris lævigatis ; margine suturali convexiusculo, obsolete noduloso : nodulis sæpius apice albis ; apertura elongato-angusta, subqua- drata, intus fusca, basi late emarginata; columella alba, cylin- dracea.
Patrie inconnue.
Cette espèce a beaucoup de rapports avec le Terebra crenulata de Lamk. Cette dernière, comme on le sait, est très-variable dans sa forme et ses couleurs; une variété figurée par Seba a les crénelures presque entièrement effacées, elle est marbrée de brun jaunâtre sur un fond fauve, et sur chaque tour se montrent deux rangées de pe-
mé TRS
tits points bruns ; un troisième rang s'ajoute à la base du dernier tour. C’est avec cette dernière variété que le T'e- rebra fimbriata a le plus de rapports. Elle est propor- tionnellement plus large à la base , les marbrures de brun et de jaunâtre sont irrégulières, Si le bourrelet marginal est très-nettement séparé par un sillon sur les premiers tours, il disparaît sur les derniers; d’abord tuberculeux , ce bourrelet devient lisse, et c’est sur lui que se montre une frange de linéoles brunes où onduleuses plus où moins serrées. La base de l’ouverture est largement ouverte par une échancrure. La columelle cylindracée est blanche et elle est nettement détachée au dehors par un sillon sur- monté d’un angle décurrent assez aigu.
Long. 88 mill.; diamètre de la base 49 mill.
Collection de M. Cuming et la mienne.
7. TEREBRA ConsoBRINA. Desh. (PI. ITT, fig. 3.)
T. testa elongato subulata, turrita, alba; anfractibus planu- lalis, sulco vix perspicuo transversim divisis, maculis quadratis fuscis, biseriatim cinctis; ultimo tricincto, primis in margine su- turali nodoso-crenatis, transversim strialis, alleris lævigatis ; aperturanix obliqua, elongato-angusta , subquadrata, intus alba, canali brevissimo, lato, terminata; columella brevi, alba, su- perne uniplicata, extus angulo minimo circumdata.
Habite la mer Rouge.
Cette coquille a été jusqu'ici considérée comme une simple variété du Subulata, et ce n’est pas sans hésitation que nous la séparons à titre d'espèce; cependant, lorsque l’on parvient à réunir un certain nombre d'individus et qu’on les compare au Subulata, on saisit dans l’ensemble des différences qui semblent échapper lorsque l’on vient
mu TES
à comparer chacun des caractères pris isolément. En effet, on retrouve dans cette espèce tous les caractères de l’autre, mais avec quelques légères modifications, et de plus elle est constamment plus petite et plus grèle, sa co- loration est généralement moins intense, quoique à cet égard elle offre quelques variations. Son moindre volume ne peut pas la faire considérer comme de jeunes indi- vidus du Subulata, car pour des longueurs égales nous trouvons toujours une différence de plusieurs millimètres sur le diamètre; ainsi un individu du Consobrina a 93 millim. de long, un autre du Subulata en a 90, ce der- nier à 14 millim. de diamètre, l’autre en à 12 seulement.
Collection de M. Cuming et la mienne.
8. TEREBRA SPLENDENS. Desh. (PI. V, fig. 11.)
T. testa elongato-subulata, turrila, angusta, apice acutissima, nilente, lævigata; anfractibus latis, convexiusculis, sulco im- presso bipartitis, primis tenue plicatis ; area marginali paulo depressiore, unicolore, flavido rubente ; area altera latiore, ma- culis flammulatis alternatim albis et flavido-rubescentibus or- nala; apertura obliqua, semi ovata, angusta, basi late emargi- nala; columella parumper obliqua, intus plana, basi extus angulo acuto circumdata.
Patrie les mers de Chine.
On prendrait cette coquille pour une variété du Tere- bra dimidiata, elle en a à peu près la forme et la cou- leur. Elle en diffère par un volume moitié moindre, une forme en proportion plus étroite, le bourrelet marginal plus étroit et plus déprimé, les plis des premiers tours sont beaucoup moins profonds, enfin les taches sont beaucoup plus égales et plus régulières. Le bourrelet de la base de la columelle est beaucoup moins volumineux
nur ee dans notre espèce, il se réduit à un angle aigu oblique- ment décurrent,
Notre plus grand échantillon à 75 millim. de long et 12 de diamètre.
Ma collection.
9. TEerEBRA FEsriva. Desh. (PI. IL, fig. 4.)
T'. testa elongato-conica, angusta, acuminata, fulva ; anfracti- bus latis, sulco impresso divisis ; margine suturali lato, plicis no- dulosis, crassiusculis, albicantibus notato, interstitiis castaneis ; altera parte anfractuum tenue et regulariter plicata, interstitiis simplicibus, obsolete maculis pallide castaneis, biseriatim, in ultimo anfractu triseriatim picta; ultimo anfractu elongato ; apertura oblonga, angusta, late emarginata.
Habite le Sénégal.
Cette coquille a beaucoup d’analogie avec le Terebra Senegalensis, on pourrait la prendre pour un jeune âge de cette dernière; mais en comparant des coquilles d’é- gale grandeur, on reconnaît entre elles des différences constantes. Celle-ci est allongée, assez étroite, régulière- ment conique, formée de douze tours fort larges, aplatis et inégalement partagés par un sillon transverse ; le bourre- let forme le tiers de la largeur totale, il est garni de gros plis très-réguliers sur les premiers tours, tuberculeux et moins réguliers sur les derniers ; des taches d’un beau brun marron brillent entre les plis blanchâtres. Le reste de la surface est occupé par des plis fins, réguliers, dont les interstices sont parfaitement lisses; cette partie de la coquille est d’un beau fauve et elle est ornée d’une ou de deux zones de grandes taches d’un brur pâle; le der- nier tour porte trois rangs de ces taches, et elles sont plus foncées. L’ouverture est très-allongée, étroite, subqua-
DL, Jus
drilatère, terminée en avant par une large échancrure. Les exemplaires que nous avons sous les yeux ne sont
peut-être pas adultes, car le bord droit est extrêmement
mince, ils ont 35 millim. de long et 8 de diamètre. Collection de M. Cuming.
10. TEREBRA DEcoRATA. Desh. (PI. IV, fig. 13).
T. testa minima, elongato-angusta, acuminata, alba, fusco- castaneo, biseriatim punctata, ultimo anfractu punctulis triseria- libus ; anfractibus numerosis, angustis, lævigatis, sulco impresso divisis ; margine suturali candido, convexo, noduloso; apertura brevissima, subquadrangulari; columella brevi, cylindracea sub- uniplicata, extus angulo vix prominente circumdata.
Habite Pidang (île Sumatra), rapportée par M. le capi- taine Martin.
Très-jolie espèce facilement reconnaissable par sa co- loration , allongée, étroite, subulée, formée de 15 à 18 tours étroits dont plus du tiers de la surface est occupée par un gros bourrelet marginal convexe, d’un blanc mat et plissé. Le reste des tours est plat, lisse, d’un beau blanc brillant sur lequel ressortent vivement deux rangées de taches d’un brun rougeâtre qui se suivent régulièrement au nombre de 8 ou 9 sur chaque tour; le dernier porte à la base un troisième rang de taches semblables aux au- tres. L’ouverture est petite, oblongue, subquadrangulaire, terminée en avant par un canal très-court, profondément échancré. La columelle est blanche, cylindracée, elle porte en avant un pli étroit et obsolète.
Cette belle et rare espèce à 28 millim. de long et à peine 6 de diamètre.
Collection de M. Guming.
11. TereBra Hisrrio. Desh. (PI. IV, fig. 11.)
T. testa elongato-subulata, crassiuscula, albo pallide lu- tescente, maculis longitudinalibus : fusco-castaneis sub unda- lis picta; ad suturas lineis rufo-rubescentibus fibriata; macu- lis in ultimo anfractu ad periphæriam interruptis ; anfractibus numerosis, angustis, planis, sulco divisis; margine suturali plano, in primis anfractibus granuloso, in alteris plicato; ultimo anfractu basi depressiusculo; apertura angusta, parum obliqua, subquadrata, canali brevi, contorto, terminata; columella alba , brevi, valde contorta.
Habite... 7
Très-belle espèce dont nous ne connaissons que Île seul exemplaire de notre collection ; elle se rapproche un peu du Ælammea vx Lam. par sa coloration, mais elle est plus petite, allongée, conique, très-pointue au sommet ; elle est formée de 47 tours étroits, aplatis, partagés en deux parties inégales par un sillon transverse , la portion marginale prend plus du tiers de la largeur totale de chaque tour. Dans le jeune âge, le bourrelet est élégam- ment granuleux ; sur le milieu de la coquille, les granula- tions sont remplacées par des plis crénelés qui disparais- sent presque entièrement sur les derniers tours. Le der- nier tour est court, déprimé à la base; l’ouverture est courte, subquadrangulaire, un peu oblique; elle se ter- mine par un canal assez long, fortement contourné et profondément échancré ; la columelle est blanche et for— tement tordue sur elle-même. Sur un fond d'un blanc jaunâtre très-pâle, cette coquille est ornée sur le milieu des tours de grandes taches longitudinales, d’un beau brun foncé, assez régulièrement espacées, sur le dernier tour elles remontent jusqu’à l’origine du canal terminal, mais
Liu td
elles sont interrompues à la circonférence. Sur le bour-
relet marginal se montrent de petites lignes rougeâtres
qui simulent une frange. Cette coquille à A8 millim. de long et 11 de diamètre. Ma collection.
12. TEREBRA CiRCUMCINGTA, Desh. (PI. IL, fig. 9).
T.testa elongato-turrita, acuminata, solida, alba, strigis non- nulis raris, flavidulis; irregulariter sparsis; anfractibus vix convexiusculis, transversim quadrisulcatis ; sulcis impressis, multipunctatis : in ultimo anfractu sulcis novem; apertura elon- gala, angusta, subquadrata, antice anguste emarginata; colu- mella crassa, brevi, uniplicata.
Habite la mer Rouge.
Jusqu'ici nous n'avions aucun exemple de coquilles uniquement sillonnées transversalement dans le genre Terebra ; en voici une qui fait la première exception, elle n’est pas d’une grande taille, et par sa forme elle se rap- proche de l'£burnea de Hinds; elle est allongée, coni- que, formée de 16 tours étroits à peine convexes, à suture linéaire un peu profonde, chaque tour est divisé par quatre sillons transverses égaux, également distants, im- primés dans l’épaisseur du têt et garnis dans le fond de ponctuations égales, nombreuses et serrées; le dernier tour, assez allongé, porte neuf sillons pointillés : ceux de la base sont plus rapprochés que les autres. L’ouverture est allongée, étroite, subquadrangulaire; la columelle est conique, épaisse à la base, pointue au sommet et limitée en dehors par un bourrelet obtus. Gette coquille est d’un blanc d'ivoire, et c’est à peine si l’on y distingue un petit nombre de taches oblongues d’un roux pâle irrégulière- ment disséminées.
cr TE Le seul exemplaire que nous connaissions à 40 millim. de long et 8 de diamètre. Collection de M. Cuming.
13. TEREBRA SoLipA. Desh. (PI. IIT, fig. 11.)
T. testa elongata, oblonga, solida, obesula, in medio ventri- cosa, apice acula, albo-eburnea; anfractibus planis, contiguis , longitudinaliter plicatis : in primis plicis profundioribus ; in ultimis obsoletis, linea pallida translucida in medio bipartitis ; ultimo anfractu elongato, attenuato, transversim trifascialo ; apertura elongato-angusta, basi late profundeque emarginata ; columella crassa, superne uniplicata.
Habite le Japon.
Coquille d’une médiocre taille, remarquable par une forme qui n’est pas commune dans le genre ; en effet, la spire, au lieu de former un cone allongé limité par une ligne droite, est plus enflée dans le milieu, atténuée aux extrémités et bornée par une ligne courbe; les tours sont cependant aplatis, si ce n’est les premiers qui sont très- courts, étagés et chargés de grosses côtes arrondies ; sur les tours suivants, ces côtes s’aplatissent de plus en plus et finissent par n’être plus indiquées que par une strie peu profonde. Le dernier tour est allongé, rétréci en avant, les plis se continuent jusqu’au sommet. L'ouverture est étroite, oblongue, à bords parallèles ; elle se termine en avant par une large et profonde échancrure. La columelle est épaisse, un peu conoïde, elle porte un seul pli. Gette coquille est d’un blanc d'ivoire, elle est brillante comme de la porcelaine , les tours sont traversés par une ligne d’un blanc jaunâtre qui semble transparente. Il y à trois de ces lignes également distantes sur le dernier tour.
Goes TU me Cette espèce, dont nous ne connaissons que deux indi- vidus, est longue de 30 millim., 8 millim. de diamètre. Collection de M. Cuming et la mienne.
44. TEREBRA ForTunet Desh. (PI, IV, fig. 4.)
T. testa elongato-angustissima, subulata, subscalaroïdes, om- nino candida; anfractibus numerosis, latis, convexiusculis, lon- gitudinaliter costatis, lransversim tenue sulcatis, decussatis ; ul- timo elongato, basi attenuato; apertura elongato-angusta, sub- quadrangulari, antice canali præelongo, angusto terminata.
Hab. les mers de Chine.
Espèce des plus remarquables et d’une forme très-étran- ge dans un genre où cependant elle varie d’une manière notable ; elle est l’une des plus étroites et des plus subulées que nous connaissions ; ses tours, larges et convexes, se détachent par une suture profonde, ce qui donne à la co- quille quelque ressemblance avec certains Scalaires ; ses tours sont au nombre de viagt, mais le sommet manque et devait en ajouter cinq à six. Sur ces tours s’élèvent des côtes longitudinales, anguleuses, au nombre de quinze ou seize sur chaque tour; elles sont traversées par six stries transverses, médiocrement saillantes, dont la première. la plus proche de la suture, est formée de ponctuations plus profondes qui remplacent le sillon destiné à séparer le bourrelet marginal, qui est ici à peine apparent. Le dernier tour est allongé, rétréci à la base et prolongé en un canal étroit, droit, plus long que dans les autres es- pèces du même genre.
Cette coquille, très-remarquable, à 69 mill. de long et seulement 9 de diamètre.
Collection de M. Cuming.
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15. TERESRA JAMAIGENSIS CG. B. Adams. (PI. V, fig. 9.)
T. testa clongato-acula, griseo-fucescente vel nigrescente; anfractibus latis, contiguis, sutura lineari junctis, fasciola albi- dula aliquantisper irregulariter punctata, ad suturam notatis, tenue plicatis ; plicis in medio anfractuum evanescentibus, un- dique sub lente minutissime punctulatis ; apertura angusta, su- perne alternata, basi dilatata, lale emarginata; columella obli- qua, atro fucescente; callo albo flavescente, angulo acuto extus separato.
Colore variabili.
a) Testa omnino alba.
b) Testa albo-flavescente, basi grisea, anfractibus in PRE alba, griseo regulariter punclatis.
c) Testa præcedenti similis sed griseo-albida.
d) Testa grisea ad suturas non punclala.
e) Testa griseo-castanea.
f) Testa angustiore griseo-chalibæa.
g) Testa omnino nigrescente.
Lisrer Conc., pl, 979, fig. 37.
Buccinum strigilatum, var. x. GMEL. p. 3501.
AN EADEM Terebra luctuosa Hinps Thes. Conc., p. 181, pl. 45, f. 124?
Terebra Jamaïicensis. C. B. Apams, Contrib. to Gonch., 1850, no 4, p. 58.
Hab. les Antilles.
Nous sommes étonné qu’une espèce si commune n’ait pas été mentionnée d’une manière claire et précise par M. Hinds, dans sa Monographie ; deux espèces s’en rap- prochent, mais nous semblent parfaitement distinctes. M. C. B. Adams compare sa coquille au Terebra stylata de Hinds, qui provient des mers de Chine et du Japon. La Luctuosa nous paraît plus rapprochée ; elle est de la côle Ouest d'Amérique, et malheureusement la desecrip-
"90 üon et la figure de M. Hinds laissent des doutes sur Pi- dentité des deux espèces. Celle-ci est allongée, étroite, subulée, très-variable dans ses couleurs, qui passent du blanc au jaunâtre, puis au gris, et du gris-clair jusqu’au noir par des nuances graduées. Les tours sont aplatis, conjoints, non divisés par un sillon ; leur suture est ac- compagnée d’une fascie blanchâtre, sur laquelle se des- sine, dans le plus grand nombre des individus, une série de ponctuations brunes. Des stries longitudinales, très- fines, commencent à la suture et viennent, enondulant un peu, disparaître vers le milieu des tours. En examinant la surface à laide d’un grossissement suffisant, on la trouve couverte de ponctuations excessivement fines et disposées en séries transverses. Ge caractère se retrouve invariablement dans toutes les variétés, et sa constance uous à guidé pour réunir en une seule espèce des coquil- les que nous aurions été porté à séparer à cause des diffé- rences de forme et de coloration; M. G. B. Adams a mentionné ce Caractère, qui ne nous laisse aucun doute sur l'identité de son espèce avec les individus que nous devons à l’obligeance de M. le commandant Beau de la Martinique.
La longueur est de 60 mill. et le diamètre de 13.
16. ‘Terepra Hinpst Desh. (PLV, fig. 5.)
T. Lesta elongata, lurrita, angusla, apice acumunata, cundida, rubro purpurescente, pallidomaculaluet strigata; ultimo anfractu ad basim flavo-rubente ; anfractibus angustis numerosis, sulco viz tnpresso divisis, supra marginem suluwralem transversim striatis, costulis minutis,longiludinalibus, numerosis, regulari- bus, decussatis ; ultimo anfractu brevi,retuso ; apertura parva,
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_—R09 — ovala, utrinque attenuata, intus rosea; columella brevt, cylin- dracea, uniplicata, angulo minuto extus vix distincta.
Hab. les mers de Chine.
Cette jolie coquille se distingue facilement de toutes ses congénères ; allongée, subulée, formée d’un grand nombre de tours étroits, aplatis, presque conjoints, elle est d’un blanc-rosé ou légèrement teinté de fauve; sur ce fond se dessinent des flammules d’un-brun pâle, com- mençant sur la suture par une tache plus foncée. Le der- nier tour offre à la base une large zone très-nette, d’un fauve peu foncé. Les tours sont aplatis, un sillon à peine marqué en divise inégalement la surface. Le bourrelet est peu convexe ; sur Jui, à la suture, commencent de fins plis qui se continuent sans interruption jusqu’à la suture opposée, en s’infléchissant un peu à la limite du bourre- let. Au-dessus du bourrelet, et c’est là ce qui le limite le mieux, coinmencent des stries transverses, très-régu- lières, au nombre de sept à huit, imprimées dans les in- terstices des plis. Sur le dernier tour ces stries se con- tinuent sur toute sa surface. L'ouverture est oblongue, étroite, subquadrangulaire, rétrécie en avant et terminée par un canal court et une échancrure étroite. La colu- melle est peu épaisse, cylindracée et bornée au dehors par un angle peu saillant et obtus.
Cette élégante coquille a 42 mill. de long et 9 de dia- mètre.
Collection de M. Cuming.
A7. Teresra puRA Desh. (PI. V, fig. 8.)
T. testa elongato-subulata, angustu, candida, nitente, eburnea; anfractibus latis,vix convexiusculis, sulco impresso, obsoleto, di-
"QE visis, primis tenue plicatis, alteris lævigatis, substriatisve, ulti- mo elongato, attenuato; apertura elongato-angusta, antice late
emarginata, columella subcylindracea, extus angulo crasso, de- currente solula.
Hab. Zanzibar.
Par sa forme et ses caractères, cette espèce se rappro- che du Senegalensis ; elle est cependant proportionnelle- ment plus étroite; elle est partout d’une blancheur d’i- voire, sans la moindre apparence de coloration. Les pre- nicrs tours sont finement et irrégulièrement plissés; ces plis s’effacent insensiblement et se réduisent, sur les der- niers tours, en de simples accroissements un peu plus marqués. Le sillon transverse qui partage les tours en deux parties inégales, est peu profond et disparaît presque en- tièrement sur les derniers tours. Un caractère distinctif se montre aussi dans l’angle aigu et saillant qui circons- eritau dehors la base de la columelle.
48. TEREBRA VIRGINEA Desh. (PI. IV, fig. 12.)
T'. testa elongato-angusta, subulata, lævigata, nilida, omnino candidissima ; anfractibus latis, planis, sulco divisis, suturasub- crenulata separatis ; ultimo anfractu brevi, basi obluso; aper- tura brevi, obliqua, ad basim dilatata, profunde emarginata, columella conica, simplici, basi extus angulo circumdata.
Habite Zanzibar.
Espèce bien facile à distinguer parmi toutes ses con- génères ; car elle est lisse, polie, brillante, sans stries ni côtes et partout d’un blanc laiteux d’une grande pureté. Elle est allongée, étroite, subulée, composée de dix-sept tours assez larges, aplatis, partagés également par un sillon transverse peu apparent; la suture est nettement
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marquée par un méplat étroit, obscurément crénelé. Le dernier tour est très-court, obtus à la base, sans canal, mais profondément échancré; la columelle est conique, simple à la base; eile est circonscrite au dehors par un angle peu proéminent. La longueur est de 52 mill. et le diamètre de 11.
Collection de M. Cuming.
19. TEREBRA BERNARDII Desh. (PI. IV, fig. 10.)
T. elongato-subulata, acuminata, grisea, alba superne unifas- ciata, in ultimo anfractu fasciola alba,mediana ; anfractibus latis, convexiusculis, longitudinaliter plicalis : plicis convexis, regula- ribus, Lr'ansversim sulco inæqualiter bipartilis, ullimo anfractu ad basim attenualo; apertura intus castanea, labro intus fas- ciola alba diviso; columella labro breviori, flavicante, angusta, extus basi angulo carinato, circumscripta.
Hab. les côtes orientales de l'Australie,
Cette coquille avoisine le Terebra duplicata par sa taille, sa forme et sa couleur, et néanmoins, par tous ses autres caractères, elle est facile à distinguer. La division des tours est plus inégale et beaucoup moins profonde. Les côtes nombreuses et longitudinales qui ornent sa surface sont convexes, saillantes, séparées par des interstices qui leur sont égaux ; ils sont profonds. Sur le dernier tour, les côtes viennent disparaître insensiblement vers la base qui devient lisse. La couleur est d’un gris blanchâtre, plus foncé dans les interstices des côtes ; une fascie plus blanche se montre au-dessous de la suture ; sur le dernier tour, elle occupe la circonférence; elle reparaît dans l'ouverture dont la lèvre, étant d’un beau brun, se trouve par elle partagée en deux. Le sillon transversal est plutôt
LPO. indiqué. qu’imprimé dans l'épaisseur du têt. An point où il devrait se trouver, chaque côté est brusquement dé- primé et son épaisseur diminuée. L'ouverture est oblon- gue, subquadrangulaire ; la columelle cylindracée est plus courte que le bord droit; elle est limitée à la base et en dehors par un angle aigu et blanchâtre.
Cette belle et rare espèce a 58 mill. de long et 44 de large.
Collection de M. Cuming.
20. TerEBRA PeriverIANA Desh. (PI. V, fig. 10.)
Teste elongato-turrila, acuminata, fusco-nigrescente, [as- ciola albicante basi notata; anfractibus planiusculis, sulco pro- fundo, impresso, divisis, longitudinaliter costellatis, transversim striato-sulcatis, profunde decussatis, subgranulosiss margine suturali, regulariter crenalo-plicato; apertura intus nigrescente ovato-oblonga, antice angusta, canali brevi terminala ; columella atrata, contorta, extus angulo proeminente aculissimo circum- data. |
PETIVER GAZOPHILLACIUM, t. 1, pl. 75, Ê. 5.
Hab. Panama.
Coquille très-remarquable, dont nous avons trouvé, à notre grand étonnement, une figure fort exacte dans Pou- vrage, déjà très-ancien, de Petiver. Gette coquille est bien facile à distinguer parmi ses congénères ; d’un brun foncé noirâtre interrompu sur le dernier tour par une étroite fascie blanchâtre piacée à la circonférence. Un sil- lon profond circonscrit un bourrelet marginal, lequel est très-serré sur Ja suture; il est chargé de plis d'une par- faite régularité qui produisent des crénelures surla suture; le reste de la surface est occupé par des côtes longitudi- nales. régulières, Gécoupées en granulations par sept.
" stries profondes et transverses. L’ouverture estd’un brun- noirâtre à l’intérieur; une ligne blanchâtre correspon- dant à celle du dehors se dessine sur la lèvre. Le canal terminal est court et étroit. La columelle, très-brune, est contournée sur elle-même et séparée au dehors par un angle très-saillant, aigu, tranchant, au-dessus duquel la columelle est creusée en gouttière.
Cette précieuse coquille a 42 mill. de long et 40 de diamètre.
Collection de M. Cuming.
24. TEREBRA MARGINATA Desh. (PI. IV, fig. 8.)
T. testa conica, turrila, acuminata, griseo-plumbea , bast anfractuum albo marginata, fusco irrequlariter maculata; an- fractibus latis, sulco divisis, longitudinaliter costellatis, trans- versim tenue strialis; margine suturali crasso, convexo, albo, nodulis crassis, acutis, asperato; ullimo anfractu basi obtuso, transversim sulcato, zonula alba notato ; apertura elongato-an- qusta, intus castanea, labro linea alba bipartito ; columella con- Lorla, subplicatu.
Hab. l’embouchure de la Gambie.
Par sa forme générale, cette espèce rappelle un peu Île T'erebra interstincta de Hinds, dont elle se distingue, du reste, par tous les caractères spécifiques; celle-ci est courte proportionnellement, assez large à sa base. Ses tours, au nombre de douze, sont larges, aplatis et domi- nés par un bourrelet marginal, gros, épais, blanc, sur lequel s’élèvent de gros tubercules, dans l'intervalle des- quels se place une tache brune ; de petites côtes longitu- dinales occupent le reste de la surface et leur épaisseur augmente à mesure qu’elles montent vers la partie supé-
rieure des tours; elles sont traversées par cinq à six stries
ah lines, transverses, régulières, également distantes ; sur la base du dernier tour elles deviennent plus grosses et plus irrégulières. Une zone blanchâtre à la circonférence par- tage le dernier tour; elle se répète à l'intérieur de lou- verture ; celle-ci est d’un beau brun; elle est oblongue, étroite, son canal est court, terminé par une échancrure étroite et peu profonde. La columelle est tordue, sub- plissée, blanche à la base, brune en avant.
Cette espèce à 34 mill. de long et 8 de diamètre.
Collection de M. Cuming.
29. TErEBRA PALLIDA Desh. (PI. IV, fig. 3.)
T. testa elongato-angusta, acuminata, subulata, omnino flavo-aurantia ; anfractibus numerosis, angustis, primis planis, ullimis convexiusculis, sulco divisis, transversim tenue str'iatis ; stris incisis, inæqualiter distantibus ; margine suturali simplici, vix distinclo ; ullimo anfractu elongato, basti altenuato, tenue et obsolete striato ; apertura elongata, angusta, canali longo, recto terminata, late profundeque emarginala ; columella cytinära- Ce0-COnicu«.
Hab. les îles Marquises.
Très-belle espèce, voisine du Cingulifera de Lamarck ; elle est étroite, allongée, subulée, composée de vingt-sept à vingt-huit tours étroits, partagés par un sillon peu ap- parent et portant un petit nombre de stries transverses, inégalement distantes et faiblement imprimées dans l’é- paisseur du têt. Les premiers tours sont plans et les suivants deviennent légèrement convexes; le dernier tour est allongé, atténué à la base, et de ce côté les stries sont plus fines et plus serrées. L'ouverture est allongée, un peu oblique, étroite, terminée par un canal assez long, large et profondément échancré. La columelle, cylin-
ES draceo-conique, porte un pli obsolète en avant et elle montre au dehors vers le milieu de sa hauteur un angle étroit et aigu. Toute la coquille est d’une couleur uni- forme d'un jaune orangé très-pâle ; elle a 72 mill, de long et 11 de diamètre.
Collection de M. Cuming.
23. TEREBRA REEvEI Desh. (PI. IV, fig. 14.)
T. tesla elongato-subulata, omnino pallide albo-flavidula ; anfractibus numerosis, latis, sulco profundo, angusto, divisis, suturis profundis, crenulatis, longitudinaliter tenue etregulariter plicatis ; aperturaelongato-angusta, subquadrata, late profunde- que emarginata; colwmella candida, cylindracea, uniplicata, angulo oblique descendente basi circumdata.
Hab. les îles Moluques.
Très-belle espèce, voisine du Terebra duplicata, mais large à la base ; sa forme générale la distingue déjà ; elle est d’une couleur d’un blanc blond, très-pâle et uniforme, allongée, conique, très-pointue au sommet ; sa spire compte seize tours larges, plans, nettement séparés par une suture crénelée peu profonde; un sillon étroit et profond partage leur surface en deux parties inégales; celle réservée au bourrelet marginal occupe les deux cin- quièmes environ de la largeur totale. Toute la surface est chargée de plis longitudinaux, assez fins, anguleux, d’une grande régularité, ce qui n'empêche pas a coquille d’être lisse et brillante. L'ouverture est allongée, étroite, à peine oblique, subquadrangulaire ; elle se termine par une échancrure très-large et très-profonde. La columelle, cylindracée, un peu tordue, porte en avant un pli assez gros et profondément séparé.
— 89 — Cette rare espèce à 52 mill, de long et 11 de diamètre. Collection de M. Cuming.
2h. TEREBRA TROCHLEA Desh. (PI. V, fig. 6. )
T. testa elongato-subulata, lurrita, apice acutissima, fulvo- fuscescente, albo maculata et flammulata, maculis albis multo minoribus ; anfractibus latis, longitudinaliter plicatis, sulco lato profundeque in duas areas bipartitis ; area angustiore, depress«, minus elevata, nodulosa, in anfractibus ultimis nodulis evanes- centibus ; apertura ovato-angusta, basi dilatata, late emargi- nata ; columella alba, uniplicata.
Habite Zanzibar.
Coquille singulière, qui semble formée de deux parties inégales surajoutées ; elle est, en effet, de toutes les es- pèces, celle dont le bourrelet marginal est le plus profon- dément séparé, non-seulement par un sillon large, mais encore parce que ce bourrelet occupe un plan plus in- férieur que le reste; sur les premiers tours, le bourrelet est chargé de plis onduleux et le reste de la surface des tours est occupé par des plis peu profonds et assez régu- liers ; mais ils disparaissent peu à peu sur les derniers tours. La columelle est blanche ; elle porte un pli et sa base est circonscrite au dehors par un sillon accompagné au-dessus d’un angle aigu et tranchant.
Longueur, 65 mill. ; diamètre, 13.
Collection de M. Cuming et la mienne.
29. TErEBRA Gourpt Desh. (PI. V. fig. 2.)
T. testa elongalo-subulata, crassiuscula, albo-lutescente ; an- fractibus planulatis, latis, transversim sulco inæqualiter bipar- fitis ; area suluralinodoso-plicata, nodulis albis, interstitiis fuces-
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centibus; altera latiore tenue plicata, zonula fucescente superne distincta; ultimo anfractu elongato, zonulis duabus fuscis or nalo; apertura elongato-subquadrata ; columetla alba, recta , margine dextro parallel, cylindracea, extus angulo acuto se- par al«.
Habite les îles Sandwich.
Cette coquille est allongée, assez large à la base, ce qui lui donne de l’analogie, soit avec le T'igrina et aussi avec le Senegalensis. Elle est régulièrement conique; ses tours, assez larges, sont partagés inégalement par un sillon transverse ; le bourrelet marginal forme à peu près le tiers de Ja surface totale des tours; ce bourrelet est régulière- ment plissé dans le jeuné âge ; il devient onduleux sur les derniers tours. Le reste de la surface des tours est cou- vert de plis longitudinaux, simples, et dont les interstices sont lisses. L'ouverture est grande, subquadrangulaire, plus haute que large; elle est un peu oblique. La colu- melle est blanche, cylindracée et séparée à la base par un sillon surmonté d’un angle décurrent aigu ; l’échancrure terminale est large et profonde. Sur un fond d’un blanc Jaunâtre, cette coquille est ornée de taches brunes qui oc- cupent les interstices des tubercules du bourrelet margi- nal. Au-dessus de ce bourrelet règne une zone assez large, sans aucune tache, au-dessus de laquelle le reste du tour est occupé par une zone brune, formée de taches allongées, s’enfonçant danslesinterstices de plis qui restent blancs. Enfin, une seconde zone de taches quadrangu- laires occupe le sommet du dernier tour et circonscrit la callosité columellaire. |
Les grands individus de cette espèce rare ont 70 mill. de long et 18 de diamètre.
Nous attachons à cette espèce le nom d’un célèbre
EU ne conchyliologue américain, M. Gould, l’auteur de plu- sieurs ouvrages importants et des plus recommandables.
Collection de M. Cuming et la mienne.
26. TEREBRA TIARELLA Desh. (PI. V, fig. 7.)
T'. testa elongata, turrila, angusta, acuminatla, fulva ; anfrac- libus lalis, pr'imis longitudinaliter tenue plicatis, alteris ad su- turam nodoso-crenatis, transversim obsolete rare striatis, stris exilibus incisis ; ultimo anfractu elongato, cylindraceo ; aper- tura intus fulva, elongata, angusta, canali brevi terminata ; co- lumella recta, cylindracea, contortula, intus uniplicata.
Var (f) testa castaneo fucescente.
Hab. cap Natal.
Coquille qui, sous un très-petit volume, reproduit as- sez exactement le Terebra crenulata Lamk. Elle est al- longée, très-pointue au sommet. Les tours cylindracés sont saillants, les uns au-dessus des autres comme les tuyaux d’une lunette; les premiers sont couverts de plis longitudinaux très-fins et de nombreuses stries transver- ses; ces accidents sont rapidement remplacés par de grosses crénelures en forme de nodosités qui s'élèvent sur le bord de la suture; le reste de la surface paraît lisse, mais en l’examinant à la loupe on y remarque un petit nombre de stries transverses, obsolètes et imprimées dans l’épaisseur du têt, Le dernier tour est cylindracé, ter- miné par un canal très-court. L'ouverture est allongée, étroite, de la même couleur en dedans qu’au dehors; elle v’est point oblique et la columelle est parallèle au bord droit; elle est cylindracée, un peu plus pâle que le reste et elle porte un pli à l’intérieur. La couleur de cette co- quille est d’une teinte uniforme, d’un brun fauve peu foncé.
nn Longueur, 32 mill., diamètre, 8.
La variété est d’un brun-marron foncé. Collection de M. Cuming.
27. Terepra Buccinuzum. Desh. (PI. V, fig. 12.)
T'. testa elongato-turrita, brevicula, acuminata, albo-griseola; anfraclibus convexiusculis, latis, integris, ad suluras tenue longi- tudinaliter plicatis, transversim sub lente minutissime strialis ; aperlura ovalo-oblonga, extremilalibus allenuala, antice pro- funde emarginata; columella concava, brevi, uniplicata, extus tristriata, basi margine angusto obtuso circumdala.
Hab. l'Australie, côte orientale,
La forme générale de cette espèce rappelle un peu celle des Buccins allongés, tels que le Vittatum de Linné et autres du même groupe ; par la coloration, elle semble- rait se rattacher à la série de variétés du T'erebra Jamai- censis; mais elle diffère suffisamment de toutes ses congé- nères pour constituer un type spécifique distinct. Elle est allongée, turriculée, courte cependant relativement au diamètre de sa base ; ses tours sont larges, médiocrement convexes, plus cependant que dans les auires espèces ; elle paraît lisse ; mais, vue à la loupe, on y remarque de petits plis qui partent de la suture et disparaissent bientôt vers le milieu ; ils n’existent plus sur le dernier tour. Des stries transverses, extrêmement fines et serrées, occupent toute la surface, il faut s’armer d’une loupe pour les aper- cevoir; l’ouverture est ovale, oblongue, atténuée à ses extrémités, terminée en avant par une échancrure assez étroite et profonde. Le plan de Pouverture est oblique à l’axe. La columelle est courte, large à la base; elle porte en dedans un pli très-oblique et au dehors trois stries au-dessous desquelles s’élève un bourrelet peu épais et
me Hu un peu saillant qui la circonserit au dehors. La colora- tion est d’un fauve très-pâle, lavé de gris.
Cette coquille a 37 mill. de long et 10 de diamètre. Collection de M. Cuming.
28. TEREBRA SOWERBYANA Desh (PI. II, fig. 8.)
T. testa conico-clongala, albida vel pallide rufescente ; anfrac- libus latis, planis, sulco impresso divisis, longitudinaliter unda- Lo-plicatis, plicis distantibus, angulatis, interstitis obsoletissime bi vel tristrialis ; ultimo anfractu elongato, basi depressiusculo, striis transversalibus distantibus notato; apertura parum obli- qua,elongato-angusta, subquadrangulari, antice canali brevi ter- minata; columella valde contorta, profunde biplicata.
Hab. la mer de Gambie.
Belle espèce, rapprochée par sa forme du Senegalensis, mais très-différente par tous ses autres caractères. Elle est allongée, conique, assez large à la base, pointue au sommet. Sa spire est composée de dix-sept tours assez larges, partagés en deux parties assez inégales par un sillon transverse. Le bourrelet marginal prend le tiers de la surface. Des plis anguleux prennent naissance sur le bord de ce bourrelet et y produisent des crénelures; in- terrompus par le sillon, ces plis se continuent sur le reste de la surface des tours.et ils gagnent la suture opposée après s'être légèrement courbés dans leur longueur ; ils sont anguleux, écartés et leurs interstices paraissent tout à fait lisses; mais, en les examinant avec plus d’attention, on y remarque deux ou trois stries écartées et très-0bso- lètes. Le dernier tour est allongé, aplati à la base, et il montre quelques stries transverses. L'ouverture est al- longée, étroite, peu oblique, subquadrangulaire ; elle se termine en avant par un canal court. La columelle est
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courte, tordue sur elle-même et un sillon médiocre en divise l’épaisseur en deux plis égaux. Gette coquille est blanche, légèrement teintée de roux.
Collection de M. Cuming.
29. ‘TEREBRA PuLcHecLa Desh. (PI. V, fig. 4.)
T'.testa elongato-turrita, acuminala, flavida, basi albo cincta; anfractibus planulatis, longitudinaliler arcuatim tenue plicatis, sulco impresso divisis, sulco utroque latere crenato, margine prominulo, convexo, regulariter plicalo ; aperture intus flava, elongato, angusta-canali brevi terminata; columella cylindracea, parum obliqua, alba, angulo acuto, perobliquo extus circumdata.
Hab. les mers de Chine.
Très-jolie coquille rapprochée, par sa forme et sa structure, du ferebra specillata de M. Hinds. Allongée, très-pointue au sommet, elle se distingue par sa couleur d’un beau fauve pâle, interrompu à la suture par un bourrelet blanc, et à la circonférence du dernier tour par une étroite fascie blanche. Les tours sont assez larges, aplatis et divisés inégalement par un sillon. Le bourrelet est un peu saillant, convexe, élégamment granuleux sur les premiers tours et régulièrement plissé sur tous les au- tres. La surface est couverte de plis d’une grande régula- rité, arqués dans leur longueur, commencant sur le bord du sillon transverse par un petit.tubercule arrondi. Les interstices des plis sont lisses. L'ouverture est allongée, étroite, terminée en avant par un canal court et une échancrure étroite et profonde. La columelle est cylindra- cée, oblique et parallèle au bord droit; elle est blanche et vers le milieu de sa hauteur se montre à l’extérieur un angle aigu, très-étroit et très-oblique.
Cette coquille a 40 mill. de long et 8 de diamètre.
Collection de M. Cuming.
Re 07 30. TEREBRA VERREAUXI. Desh. (PI. V, fig. 3.)
T. testa elongato-subulata, nitidissima ; anfractibus latis, pla- nis, continus, indivisis, plicis appressis, parum obliquis elegan- ter regularibus, ulrinque sutura sculptis ; apertura elongato angusta ulrinque altenuala, labro tenui, in medio productiore ; columella alba cylindracea obsolete uniplicata; basi extus mar- ginala ; colore pallide flavescente, ad suturam fasciola alba punctis castaneo rubris ornata; ultimo anfraclu fasciola alba altera circumdato.
Patrie ?
Nous devons à M. Edouard Verreaux la connaissance de cette charmante espèce, remarquable par sa forme, ses tours simples ornés de plis fins, aplatis et d’une parfaite régularité. La suture est peu profonde, légèrement cré- nelée ; elle est accompagnée d’une zone d’un blanc pur sur laquelle se place une rangée de points d’un beau brun-rougeâtre, très-régulièrement espacés. L’extrémité du dernier tour est d’un gris peu foncé et une seconde zone blanche, située à circonférence, sépare cette portion du reste de la coquille. Un bourrelet blanc, à surface plane, peu saillant, entoure la base de la columelle. Toute la coquille est lisse, polie, brillante comme si elle était faite de porcelaine.
Longueur, 38 mill., diamètre de la base, 9 mill.
Collection de M. Verreaux et la mienne.
31. TereprA Juest Desh. (PI. VE, fig. 9. )
T. testa elongato-subulata, turrila, omnino griseo-plumbea, ultimo anfractu fasciola alba in medio cincto; anfractibus la- tiusculis, sulco profundo bipartitis, longitudinaliter tenue et regulariter plicatis; margine suturali angusto, convexo, plicis
90
apice albis notate ; apertura minima, angusta, obliqua, intus castanea, basi late emarginata; columella cr a exlus angulo acuto circumdata.
Habite Port-Essington.
Celle-ci est d’un gris plombé uniforme, un peu lavé de blanchâtre ; elle est allongée, conique, assez large à la base. Ses tours, au nombre de treize, sont très-peu con- vexes ; un sillon profond en détache un bourrelet étroit, formant le quart de la largeur totale; ce bourrelet est gra- nuleux dans le jeune âge, il est chargé de plis longitudi- naux parfaitement réguliers et dont le sommet est blan- châtre. Le reste de la surface est également couvert de plis d’une grande régularité et dans l’intervalle desquels on n’apercoit aucune trace de stries transverses. L’ouver- ture est petite, oblongue, d’un brun foncé à l’intérieur ; elle est terminée par une échancrure large et profonde. La columelle est d’un blanc grisâtre ; sa base est circonscrite par un angle aigu de la même couleur. Une linéole très- étroite, bianchâtre, divise le dernier tour à la circonfé- rence,
Cette coquille a 33 mill. de long et 8 de diamètre.
Cellection de M. Cuming.
52. TEREBRA PLIGATELLA Desh. (PI. II, fig. 5.)
T. testa elongato-angusta, subulata, acuta, omnino pallide griseo-flavidula ; anfractibus numerosis, angustis, longitrorsum regulariler costulato-plicatis, punctatis, interstilialibus unica serie notatis, ultimo anfractu brevi coarctato, basilævigato; aper- ” tura parvula, intus flavida, utraque extremitate attenuala, an- tice canali brevi et anguslo terminata, margine sinistro proe- minente,
Hab. la terre de Van-Diemen.
=
Petite espèce bien distincte de toutes celles qui ont été décrites jusqu'ici; très-étroite et très-pointue ; elle se <ompose d’un grand nombre de tours aplatis sur lesquels s'élèvent de petits plis anguleux, d’une parfaite régularité et qui s'étendent dune suture à l’autre. Ces plis sont droits, simples et leurs interstices sont lisses à l’exception cependant d’un seul rang de points enfoncés, qui indi- quent la place où devrait être le sillon transverse si] existait. Le dernier tour se rétrécit un peu sur lui-même avant de se terminer par louverture ; celle-ci est petite, ovale, oblongue, d'un fauve très-pâle et terminée par un canal court et étroit. La columelle est oblique et revêtue, dans toute sa hauteur, d'un bord gauche saillant et obtus. La coloration de cette coquille est uniformément d’un gris pâle, un peu teinté de fauve.
Sa longueur est de 37 mill. et son diamètre de 6.
Collection de M. Cuming.
33. TEREBRA USTULATA Des. (P. III, fig. 12.)
T'. testa elongato-conica, apice acuminata, basi lata, brevius-
cula, castanea, ultimo anfractu supernecastaneo intentiore picto ;
anfractibus numerosis, angustis, subæqualiter sulco bipartitis ; area inferiore paulo angustiore, multo depressiore, altera lon- gitudinaliter plicata ; plicis regularibus crassiusculis; interstitiis simplicibus,in margine suturali minus proeminentibus ; apertura brevi, angusta, fusca, canali brevissimo terminata.
Var. : B Testa albido-fucescente ultimo anfractu basi fusco.
Hab. la terre de Van-Diémen.
Cette coquille a de l’analogie avec le T'erebra trochlea, par la disposition des deux parties dont ses tours sont formés. Ces tours sont partagés en deux portions presque
7
—= hs égales, par un sillon profond; la partie marginale, un peu plus étroite, s’abaisse au-dessous de l’autre et forme une sorte d’étranglement ou de canal; aussi, dans cette es- pèce, le bourrelet, au lieu d’être saillant, comme dans le plus grand nombre des T'erebra, forme un plan inférieur qui borde la suture ; au-dessus, les tours se gonflent su- bitement. Des plis gros et réguliers occupent les deux parties de la surface des tours ; ceux du bourrelet sont un peu moins saillants ; ils sont parfaitement réguliers et les interstices sont lisses. L'ouverture est petite, étroite, ré- trécie à ses extrémités et terminée en avant par un canal très-court. Des trois individus que nous connaissons, l’un est d’un beau brun-marron uniforme ; la base du dernier tour est d’une nuance plus foncée ; les deux autres sont presque blancs où d’un blanc sb et l’extrémité anté- rleure du dernier tour est seule d’un brun assez foncé.
Longueur, 35 mill., diamètre 40 mill, Collection de M. Cuming.
3h. TEREBRA CONCINNA Desh. (PI. IT, fig. 10.)
T. testa elongato-conica, subulata, in medio ventricosiuscula, pallide fulva ; anfractibus quindecim, planulatis, sulco impresso divisis, regulariter costellatis, lævigatis ; margine suturali lato, plicis albulis maculisque castaneis interstilialibus notato; ultimo anfractu breviusculo, obtuso; apertura quadrata, breviuscula, antice late profundeque emarginata; columella brevi, fusca, cy- lindracea, exlus angulo acutissimo circumdala.
Hab. les mers du Japon.
Cette espèce a la plus grande analogie avec le Tere- bra festiva, quoiqu’elle provienne de régions de la terre extrêmement éloignées; cependant un examen appro-
+
3 OM tondi des caractères des deux coquilles permet de les dis- unguer spécifiquement. Le Festiva, ainsi que nous l’avons fait remarquer, est un cône borné par une ligne droite. tandis que dans celle-ei le cône, un peu plus large à la base, est borné par une ligne courbe et convexe; les tours sont plus étroits, par conséquent plus nombreux pour une même longueur. Le dernier tour est plus court en proportion ; l'ouverture devient nécessairement aussi plus courte. Les plis qui s'élèvent à la surface et la colo- ration générale sont semblables dans les deux espèces; néanmoins, dans celle-ci manquent les fascies de taches : elles ne se montrent pas non plus sur le dernier tour. Cette coquille a A0 mill. de long et 9 de diamètre. Collection de M. Coming.
39. TEREBRA GIRGINATA, Deshayes. ( PI IV, fig. 6, 7.)
T. testa elongato-subulata, angusta, fusca ; anfractibus nume- rosis, angustis, in medio excavalis, adisuturam biseriatim plicato- crénalis, bimarginatis, in medio transversim quadristrialis ; ul- fimis anfractibus plicis longiludinalibus decussatis, ultimo ad periphæriam sulco majore crenulato, circumdato ; apertura minima, elongulo-angusta, canali contorto, brevi latoque termi- nala; labro sinisiro proeminente.
Var. : 6 Testaminore, margine suturali latiorc.
Habite les mers de Chine,
Si l’on ne recherchait avec soin les caractères de cette espèce, on pourrait facilement la confondre avec lAcuta ; elle a la mêine forme, la même taille et la même couleur, inais [es tours, au lieu d’être partagés par un simple sillon, présentent d’abord an-dessus de la suture un large bour- relet plissé et crénelé, et au-dessus de lui, séparé par un sillon, un second bourrelet moins élevé et plus étroit,
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chargé de granulations. Le reste de la surface du tour est concave, et l’on y trouve des stries transverses invaria— blement au nombre de quatre. Dans plusieurs individus, les derniers tours portent des plis longitudinaux assez réguliers. À la circonférence du dernier tour s'élève un angle obtus souvent noduleux, au-dessus duquel on trouve de très-fines stries transverses souvent onduleuses et au nombre de huit. L'ouverture est petite, étroite, terminée par un canal assez long, contourné, large et profond. Cette coquille est d’une couleur uniforme d’un brun marron foncé, un peu enfumé.
Longueur 42 mill.; largeur 6.
Collection de M. Cuming.
36. TEREBRA ACUTA. (PI. IV. fig. 4, 5.)
T.testa turrito-subulata, angusta, polygyrata,omnino fusco- [uliginea; anfractibus numerosis, angustis, plano-concaviusculis, sulco inæqualiter divisis, transversim tenue striatis; margine suturali convexo,in anfractibus primis granuloso, in sequentibus plicato, crenato; ultimo anfractu brevi basi-striato; apertura minima, intus fusca, canali brevi, lato, terminata; columella brevi, cylindracea, marginata.
Habite les mers de Chine.
Gette espèce a beaucoup d’analogie avec le Terebra funiculata, de Hinds, mais elle en a beaucoup plus encore avec la précédente. Dans cette derniere, les tours montrent quatre stries transverses, il y en a huit dans celle-ci; ce caractère, joint à quelques autres, facilite la séparation des espèces dont il est question. Celle-ci est très-longue et très-étroite, le plus grand individu à 30 tours étroits, légèrement concaves dans le milieu, et inégalement par-
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tagés par un sillon transverse. Le bourrelet marginal est convexe et saillant sur les premiers tours ; il est très- étroit et chargé de granulations ; en s’élargissant sur Îles tours suivants, les granulations se changent en plis saillants sur la suture, ce qui la rend crénelée tres-régulièrement. Au-dessus du bourrelet, il en existe un autre beaucoup plus étroit, crénelé comme le premier, mais ayant ten- dance à disparaître sur les derniers tours. Le reste de la surface est occupé par des stries transverses, presque égales, serrées et au nombre de huit, la base du dernier tour est également striée, mais les stries sont un peu plus grosses. L'ouverture, petite et oblongue, est également étroite, elle est à peine oblique, elle se termine à la base par un canal court, large et assez profond. La couleur est d’un brun foncé un peu fuligineux. Le bourrelet marginal est un peu plus pâle. Le plus grand individu a 57 mill. de long et 7 de large. Collection de M. Cuming.
37. TEREBRA GLaBrA Desh. (PI V, fig. 45.)
T. testa turrilo-subulata, acuminata, albida, polita, nitida immaculata, aliqualitisper flavicante; anfractibus numerosis, angustis, planulatis, sulco impresso divisis, ultimo brevi, primis tenue plicatis, alteris lævigatis; margine suturali, paululo pro- minulo et convexo ad suturam crenalo, in sulco punctato- crenalo; apertura elongato-angusta antice canali brevi, termi- nata, columella contortuta, brevi, cylindracea.
Hab. les mers de Chine.
Par sa forme et sa taille, et même par sa coloration, cette coquille se rapproche du Terebra cingulifera de Lamarck; mais on l’en distingue facilement par l’absence des accidents qui caractérisent l’autre espèce. Celle-ci est
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allongée, turriculée, à tours de spire nombreux et assez étroits, aplatis et cependant un peu rentrants les uns au- dessous des autres; un sillon transverse en partage inégalement la surface. Les premiers tours sont finement plissés et le bord du bourrelet marginal est crénelé, le sillon lui-même est ponctué à des distances rapprochées ; mais sur les derniers tours, les plis longitudinaux, les créne- lures et les ponctuatiors disparaissent ; la surface devient lisse, polie, brillante, et le sillon transverse lui-même a une tendance à s’effacer. L'ouverture a son plan un peu oblique à l’axe; elle est oblongue, dilatée dans le milieu, atténuée à ses extrémités; elle se termine en avant par un canal court, étroit et une échancrure très- profonde. La columelle est épaisse, cylindracée, courte, et un angle peu saillant, mais aigu, la circonscrit en de- hors. Gette coquille est toute blanche ou d’un blanc lavé de fauve-pâle ; elle a 70 mill. de longueur et 43 mill. de diamètre. |
Ma collection. G.-P. DEÆSHAYES.
ne que re
Description d’une espèce nouvelle du genre KHelix, par M. F. Carrrraup.
Hecix PascaLia. Wobis. (PI. IT, fig. 5.)
Leslu orbiculalo depressa, umbilicata, ad peripheriam an- qulata, irregulariter semi-granuloso-striata ; pallidè fusea ;
— 103 — fasciis interruptis ornata; apertura semi-lunari, pautulüm angulata; peristomate nigrescenti, reflexo ; columella callosa.
Hab. l’intérieur du Brésil.
Cette belle espèce appartient au groupe des Hélices peau-de-serpent (1. pellis-serpentis, pellis-Boæ, Brast- hana, serpens, Amazonica, heliaca, ete.), elle a de grands rapports avec l'A. heliaca d’'Orbigny.
Elle est discoïde, plus convexe en dessous qu’en dessus, anguleuse à la circonférence ; lombilic est étroit, recou- vert en partie par le péristome, toujours noirâtre ; 5 tours 1/2 de spire, réguliers, légèrement convexes, ornés auprès des sutures de lignes pointillées, puis confuses sur le dernier tour, dans quelques exemplaires. En dessous, les lignes ponctuées sont espacées et d’une grande finesse ; les stries d’accroissement sont irrégulières et semi-gra- nuleuses. Toute la coquille est de couleur fauve, avec les fascies brunes. Le nombre, la disposition des fascies, va- rient beaucoup.
Cette espèce diffère de l’Æ. heliaca par son péristome noir, son ombilic plusrecouvert, sa bouche plus haute, etc.
Nous dédions cette belle coquille à Madame Pascalie baronne de Girardot, qui se livre avec autant de zèle que de persévérance à la recherche des coquilles de nos côtes, et à qui nous sommes redevable de diverses espèces que nous n’avions pas encore aperçues dans nos excursions,
FC:
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Note sur une nouvelle Lucine, et Description de l'espèce,
par M. DEsnayes.
Les paléontologistes sont toujours très-vivement inté— ressés lorsque l’on vient à découvrir dans les mers ac- tuelles des êtres semblables, ou seulement très-voisins, de ceux qui sont enfouis à l’état fossile dans les couches profondes du sol,
Le bassin de Paris, personne ne l’ignore aujourd’hui, renferme les terrains tertiaires les plus anciens; quoique dépendant d’une époque géologique relativement récente, la période pendant laquelle ces terrains se sont déposés, n’en est pas moins éloignée de nous par un temps d’une longueur incommensurable, L'Europe avait alors une configuration toute différente de ce que nous la voyons aujourd’hui; un vaste bassin, ayant plus de cinquante lieues de diamètre, occupait une vaste surface dont Paris est à peu près le centre. Comblé par des dépôts de diverse nature, partout où le sol est naturellement ra- viné ou creusé par la main de l’homme, partout on trouve les témoignages du long séjour de la mer sur cette partie du continent. Des myriades de corps organisés se retrou- vent partout, et leur réunion constitue les couches puissantes avec lesquelles nos grandes citées sont bâties. De l’examen de tous les corps organisés fossiles du bassin de Paris, résulte un fait important : à l'exception d’un très-petit nombre.-toutes les espèces actuellement con- nues dans le bassin de Paris, sont éteintes et ne sont plus représentées dans la naure actuelle par des êtres identi-
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ques ; il existe bienentre cette ancienne faune et la nature actuelle des analogies incontestables, on retrouve dans les mêmes genres des espèces très-rapprochées, qui diffèrent par quelques caractères de peu d'apparence, mais im- portants par leur constance. Le nombre de ces analogues est très-limité, et il est très-intéressant de le voir s’ac- croître par la découverte à l’état vivant, de formes que l’on avait toujours cru propres à nos espèces fossiles.
Un fait très-intéressant de ce genre, vient de nous être révélé par la communication d'une espèce nouvelle de Lucine, que de prime abord on auraitpu prendre pour un identique parfait de l’une des espèces les plus abon- dantes et les plus caractéristiques des environs de Paris. M. Bernardi nous fit voir cette curieuse coquille en pré- sence de plusieurs conchyliologues, et à l’instant même nous mîmes à côté d’elle notre espèce fossile ; d’un com- mun accord la ressemblance fut trouvée tellement frap- pante, que l’on crut d’abord à l'identité des deux coquilles; mais un examen minutieux de tous les caractères, nous fit découvrir quelques légères différences qui nous pa- rurent suffisantes pour la séparation des deux espèces. Ces différences pourront s’apprécier, même par la com- paraison des figures ; la vivante figurée dans ce Journal ; la fossile, sous le nom de Lucina Defrancei, se trouve à la planche 39 de notre ouvrage sur les animaux sans ver- tèbres du bassin de Paris, actuellement en cours de pu- blieation.
L'espèce vivante à été communiquée à M. Bernardi, par un amateur zélé de conchyliologie qui, à force de soins, est parvenu à se créer une des plus riches collec- tions de Rotterdam.
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LucINA VoorHoEvEl. Deshayes. (Planche Il, fig. 4.)
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L. testa lateraliter depressa, ovata, in medio. dilatata, te- nui, candidissima, transversim tenue et irregqulariter striata, ad marginem inferiorem, sulcis irregularibus incrementi no- tata; umbonibus minimis, acutis, obliquis ; lunula minima, subtrigona, profunda, angulo acuto circumcincta; latere an- tico paululum attenuato, postico laliore obsoiete triradiato ; ano proemainente distincte separalo; cardine angusto utraque valva bidentato ; cicatricula musculari antica angustissima, longissima ; facies interna valvarum radiatim obsolete striata.
Coquille parfaitement blanche, demi-transparente, très-aplatie latéralement, ayant le têt peu épais. Sa forme est ovale, transverse, un peu dilatée dans sa partie moyenne, obtuse, et cependant sensiblement atténuée en avant, plus large en arrière et subtronquée très-oblique- ment de ce côté. La surface extérieure est couverte de stries fines et irrégulières d’accroissement; mais vers le bord inférieur les accroissements deviennent plus épais et simulent des sillons irréguliers. Sur le côté postérieur se remarquent trois légères côtes rayonnantes, assez dis- tantes, et le corselet est nettement limité par uneligne légè- rement déprimée. Les crochets sont petits, rapprochés et obliquement inclinés au-dessus d’une petite lunule subtri- gone, très-profonde et limitée par un angle. La eharnière est étroite; elle porte deux dents par chaque valve; il n’existe aucune trace de dents latérales. Les dents cardi- pales sont inégales ; la postérieure est la plus grosse et bi- fide sur la valve droite; c’est l'inverse sur la valve gau- che. L’impression musculaire antérieure est très-étroite et d’une longueur extraordinaire, arquée dans sa lon-
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gueur; elle descend jusqu’au-dessous de la charnière. _c’est-à-dire qu’elle atteint une ligne qui partagerait la co- quille en deux, en partant de la charnière pour atteindre le milieu du bord ventral ; l'impression musculaire posté- rieure est grande; largement semi-lunaire; elle est plus rapprochée de l'extrémité postérieure que de la char- nière. Enfin, la surface interne est couverte d’un grand nombre de stries rayonnantes, obsolètes pour la plupart ; mais on les retrouve facilement partout à l’aide de la loupe.
Puisque nous avons indiqué une espèce fossile comme extrêmement rapprochée; il nous paraît à propos de si- gnaler les différences que nous y remarquons.
Dans la forme générale, les différences sont peu apprécia- bles; cependant, dans la coquille fossile, le côté antérieur est un peu plus court, plus large et plus obtus, le cor- selet est plus large et il est plutôt limité par une côte ob- tuse que par une dépression ; la lunule est un peu plus longue, plus étroite et plus profonde ; le bord cardinal est plus court en avant, d’où résulte que l’impression musculaire antérieure commence plus près du bord supé- rieur et plus près de la charnière.
La coquille vivante a 81 millim. de long et 64 de large.
D.
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000 NÉCROLOGIE.
Les naturalistes viennent d’être douloureusement frap - pés dans la personne d'un de leurs plus illustres repré- sentants. M. À. D'Orbigny a succombé le 30 juin, aux progrès d’une douloureuse maladie, lorsque son âge peu avancé semblait lui promettre de longues années encore, consacrées à ses savants travaux. Jusqu'au dernier mo- ment, M. D’Orbigny n’a cessé de s’occuper de la science à laquelle il avait voué sa vie entière. Il serait long et dif- ficile d'énumérer les services que lillustre auteur de la Paléontologie francaise a rendus à la Conchyliologie et aux diverses branches de la Zoologie qu’il a étudiées et traitées avec un talent incontestable. Son plus beau titre de gloire est d’avoir popularisé en France la Paléontolo- gie, qu’il a élevée à un haut degré de perfection par une longue suite d'observations consciencieuses et de remar- quables inductions.
Un article spécial sera consacré, dans ce Recueil, à la mémoire du savant qui a bien voulu, à diverses reprises, l’enrichir de Mémoires intéressants.
M. D’Orbigny n’a pu malheureusement jouir longtemps de la haute position qu’il occupait au Muséum d'histoire naturelle. Espérons que la chaire qu'il remplissait, sera donnée à un homme digne de lui succéder, et dont les connaissances en histoire naturelle, et surtout en Con- chyliologie, soient plus que superficielles. Nous émettons également le vœu qu’on place, au Muséum, un organisa- teur qui comprenne la valeur des collections paléontolo- giques, qui puisse les mettre en lumière; un professeur qui attire la foule par un talent éprouvé.
P. FIscHER.
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BIBLIOGRAPHIE.
Fortegnelse over Gronlands bloddyr, af L. Morch, 1807-69, 28,0
C’est sous ce titre que M. Morch vient de faire paraître le prodrome de la Faune malacologique du Groënland. M. Morch s est fait connaître depuis longtemps par la pu- blication intelligente des Catalogues de quelques grandes collections conchyliologiques. Son travail sur les Mol- lusques du Groënland, vient compléter les recherches de Fabricius, Beck, Moller, en ajoutant plusieurs espèces non encore signalées. |
La Faune du Groënland compte quelques espèces qui lui sont propres, et en même temps un grand nombre de formes communes aux rivages de la Grande-Bretagne, de la Norwége, de l'Islande et de l'Amérique du Nord. Elle est donc mixte, et peuplée des êtres acclimatés dans lO- céan glacial arctique des deux hémisphères.
Le nombre des espèces connues s’élève à 200 environ. Les coquilles terrestres et fluviatiles sont, comme on le pense bien, en minorité. M. Morch cite :
Limax agrestis.
Vitrina Angelicæ.
Helix Fabricu. — Steenstrupüi. n. sp. —— hor tensts.
Pupa Hoppi.
Succinea Groënlandicu. Planorbis arcticus
— 410 —
Limnaa Valhlir. ea. 1 Wormskiotdi. — Holboellii. Pisidium Steenbuchi.
M. Morch signale 439 espèces ou variétés de Céphalo- phores, 8 Céphalopodes, 52 Acéphales, À Brachiopode. Il mentionne en outre plusieurs T'ubularia, Sertularia, Campanulariu, Beroe, etc. Une belle espèce de Fuseau, le F, Largillierti Petit (Journal de Conchyl. ) est vap- portée par lui au F, Norvegicus Chemn., var.
Les conchyliologistes sauront gré à M. Morch d’avoir dressé avec exactitude ce Catalogue, auquel on peut ce- pendant reprocher une trop grande multiplication de noms génériques et sous-2énériques, sous lesquels se dé- guisent des espèces bien connues et qui cessent alors de l'être. Les mêmes tendances avaient été déjà manifestées par l’auteur dans son savant Catalogue des Goquilles de la collection du comte de Yold. P. FiscHer.
Descriptions of shells from ihe Gulf of California and the Pacific Coasts of Mexico and California. In-8°, 35 p. By A. Gourn. M. D.
M. Gould poursuit l’œuvre si brillamment commencée par C. B. Adams: il cherche à faire connaître la Faune paci- fique des rivages de l'Amérique du Nord compris entre Panama (8° 49°) et San-Francisco (37° 20° N.). Les prin- cipales localités explorées sur la côte du Mexique, sont Acapulco, Mazatlan, San-dosé, Guaymas, La Paz, San- Juan; et sur la côte de la Californie : San-Pedro, San-
mn DE =
Diego, Santa-Barbara et Monterey. Les coquilles y ont été recueillies par le colonel Jewett, le major W. Rich, de l’armée; et le lieutenant T. P. Green, de la marine.
Cinquante espèces nouvelles sont décrites. Ce qui frappe le plus quand on compare la Faune des Antilles à celle du rivage Pacifique de l'Amérique, c’est la répéti- tion d’une foule de genres à espèces très-voisines. Quoi- que l'on ait posé en loi qu’il n’existe pas une espèce com- nune aux deux rivages, on ne peut s'empêcher de re- connaître qu’il y à dans bien des cas un aspect semblable. Je ne prendrai pour exemple que les faits suivants tirés de la publication de M. Gould : un CrePiputA explanata, G. représentant la singulière Crépidule des Antilles, nommée vulgairement la sandale chinoise; un Trocaus picoides, G. trouvé à Santa-Barbara, et rapporté d’abord au Trocaus picus, dont il a la taille, la forme et la plupart des caractères ; M. Gould, d’après quelques légères diffé- rences, l’a élevé au rang d'espèce, ne pouvant admettre la présence du Tr. picus sur les côtes de Californie ; aussi cette espèce est-elle plutôt géographique que naturelle ; un ERATO leucophæœu, G., plusieurs GHEMNITZIA, genre si abondant aux Antilles; un PETRICOLA bulbosa, voisin du P. robusta; un Tercina (Strigilla) fucata, semblable au T, carnaria, mais en différant par la coloration, etc.
Parmi les espèces les plus remarquables, nous citerons : Conus comptus, ravus, pustillus; Pnoras ovoidea, Lirno- DOMUS /ulcatus, eic. Üne coquille, décrite sous le nom de NaARIGA ovoideu, nous paraît appartenir plutôt au genre FossAR.
Quelques coquilles terrestres et fluviatiles ont été re- cueillies : en voici la liste :
Buzimus vesicalis Californie. — vegelus San-Juan. — excelsus Californie.
Paysa elata —
CyRENA allilis Mexique.
ANODON cCiconit4 =
À la suite du catalogue des espèces nouvelles, se trouve
…— M
l'indication de quelques espèces déjà connues recueillies en Californie :
VENUS aurantiaca Santa-Barbara. TELLINA Burneti Californie. TrocHus Norrisi Santa-Barbara. CaAssIs coarctata San-Juan.
CANCELLARIA cassidiformis La Paz, etc.
Ce Catalogue intéressant est accompagné de trois plan- ches lithographiées, représentant une quarantaine d’es- pèces. Nous ne ferons qu’un reproche à M. Gould, c’est de n’avoir pas publié la liste complète des coquilles re- cueillies, afin de compléter louvrage de C. B. Adams.
P. Fiscer.
Nora. L’abondance des matières nous force à renvoyer au prochain numéro plusieurs articles de bibliographie.
Nous rappelons qu’il sera rendu compte des ouvrages dont deux exemplaires seront adressés au bureau du Journal.
La dernière planche des Terebra paraîtra dans le pro- chain numéro. F. et B.
Imprimerie de L. Tinrerun et C°, rue Neuve-des-Bons-Enfants, 8.
JOURNAL
DE
CONCHYLIOLOGIE.
Octobre 1857.
Observations anatomiques sur des Mollusques peu connus. (Suite).
$ 19.
Nous continuons, dans ce paragraphe, nos études sur la reptation des Cyclostomes, en signalant un fait très- peu connu et digne d'intérêt.
On sait que le grand genre Cyclostome renferme des Mollusques de formes très-différentes. Les modifications nous sont indiquées, plus souvent qu'on ne le croit, par la coquille. Ainsi, les espèces à coquille très-allongée ont un animal arpenteur ; c’est le cas de nos espèces euro- péennes , tandis que celles dont le têt est aplati, discoïde, ont un Mollusque glisseur.
Le CycLosToMA crenulatum est une petite coquille al- longée, subtronquée au sommet, classée par M. Pfeiffer, à cause de son opercule, dans le genre CHONDROPOMA, ca- ractérisé de la manière suivante : « Operculum ovale,
8
— 414 —
« subcartilagineum, planum ; anfractibus paucis, rapidè « accrescentibus; nucleo plerumque valdè excentrico. »
Nous avions examiné depuis longtemps l’animal de cette espèce, et nous avions constaté que son pied sem- blait divisé en deux parties par uue ligne médiane, longi- tudinale, formant une gouttière profonde. Cette particu- larité ne se présente pas à l’ordinaire chez les Gyclosto- nes, dont le pied est quelquefois plissé, par suite de sa contraction dans lalcool, mais toujours transversalement.
M. Schramm, notre zélé correspondant à la Gua- deloupe , nous à donné le mot de lénigme, en nous envoyant un dessin qui représente le CYCLOSTOMA crenulu- tum en marche. L'animal est assez petit, grisâtre, le pied est court, presque arrondi en arrière ; les tentacules jau- nâtres, cylindriques, ne s’eflilent pas à leurs extrémités ; mufle allongé, bilobé. Le pied, plus pâle en dessous, paraît composé de deux masses allongées, arrondies aux deux bouts, séparées par un sillon.
La marche se compose de trois mouvements ou temps; dans le premier : application du mufle sur le sol; dans le second, une des masses musculaires du pied qui était con- tractée (la droite. par exemple) se détend, et son extré- nité antérieure se porte en avant; dans Île troisième, la masse musculaire gauche, qui était en extension, se con- tracte. Un second pas amènera la répétition des mêmes _ mouvements, mais en sens inverse : 4° le mufle se relève et va s'appuyer ; ® extension du côté gauche du pied; 20 contraction du côté droit ; et ainsi de suite.
On conçoit la bizarrerie de ce mode de locomotion, où l’action du pied, unique le plus souvent, est ici décompo- sée en deux mouvements indépendants. Nous avons cons- taté une disposition semblable chez plusieurs Mollusques
— 115 —
marins que nous ferons plus tard connaître. Quoi qu’il en soit, le CYGLOosTOMaA crenulatum n’en appartient pas moins au groupe des mollusques arpenteurs.
Le CycLosTomA Beauianum Petit, est un CYCLOPHORUS; il est aplati, son opercule est typique, etc. La tête est pe- tite; le mufle très-court ; les tentacules grèles, très-aigus au sommet, portent à leur base des veux d’un diainètre minime. Le pied, allongé, presque tronqué en avant, se termine en arrière par une pointe. La couleur générale est rougeûtre, les tentacules sont d’un rouge vif, le des- sous du pied est rose. Dans la marche, l’extrémité anté- rieure du pied arrive au niveau du müfle, et l’espace qui les sépare est si peu considérable, que la reptation est un véritable glissement. La longueur du pied et la petitesse du mufle, confirment la remarque que nous avons faite sur l’antagonisme des dimensions de ces organes.
$ 20.
Nous avons donné, précédemment {t. V, p. 233), les caractères de quelques genres démembrés des FISSURELLA par les auteurs modernes. Pour compléter notre travail, nous venons faire connaître l’animal d’une des espèces les plus singulières du genres : F. (PATELLA) punctata L., que M. Schramm nous a fait parvenir de la Guade- loupe, où elle n’est pas rare.
La coquille est arrondie, subtronquée, sinueuse en avant comme les Subémarginules, tout à fait aplatie. L'ouverture anale, plus rapprochée du bord antérieur que dans toutes les autres Fissurelles, est allongée d’avant en arrière, élargie vers sa partie moyenne, de manière à fi- gurer assez bien un œil. Extérieurement le têt est chargé
nr pe de sillons rayonnants, nombreux; coloration blanche avec quelques points roses autour de louverture ; la sur- face interne est lisse, éburnée, blanche ; ses bords sont festonnés.
L’aplatissement remarquable de cette espèce, la posi- tion antérieure de l’ouverture anale, enfin son aspect insolite, devaient attirer lattention des nomenclateurs. M. Swainson, dès 1840, créa pour elle un genre Clypi- della ainsi caractérisé : « One extremaity of the shell, near «the perforation, sligthly raised, truncated and sube- «murginate » ( Treatise on Malacology, p. 256). Ce qui frappait M. Swainson, était surtout la forme du bord an- térieur de la coquille, iégèrement relevé, tronqué et su- bémarginé.
Ce caractère est, en eflet, assez rare chez les Fissu- relles, il établit une affinité de plus entre elles et les Subémarginules; cependant nous avons vu quelques espèces qui présentaient une gouttière antérieure bien marquée.
M. Gray adopta la coupe de Swainson, à titre de sous- genre; MM. Adams lui conservèrent sa valeur, et étayè- rent leur opinion sur la description et la figure originale qu'ils donnèrent du CLYPIDELLA pustula. (Gener. pl. 51, lig. 3.)
Selon ces auteurs, les bords du manteau sont doubles, festonnés et frangés ; siphon anal entouré d’une membrane frangée ; pied large, charnu, tuberculeux, avec une série de filaments tentaculaires, rudimentaires près de la partie antérieure, Dans ce genre, les bords de la coquille sont recouverts par le repli supérieur du double bord du man- teau ; le siphon anal est entouré d'une expansion mem- braneuse frangée et plissée, etc. |
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La figure représente un animal robuste, bombé, dunt le pied déborde la coquille en arrière, portant sa coquille nclinée en avant et en recouvrant presque toute la partie postérieure avec le manteau. Il est, du reste, orné de tubercules assez gros. |
Voici, maintenant, ce qui résulte de l'examen auquel nous nous sommes livré sur les animaux conservés dans l’alcool, et dont les dessins ont été faits, d’après le vivant, par M. Schramm.
Mollusque complétement aplati; dans la contraction Ja coquille dépasse de quelques millimètres les bords libres du manteau dans tout son pourtour; à l’état vivant, ceux-ci s’étalent et leurs franges viennent se loger dans les sinuosités correspondantes des bords du têt; mais ja- mais ces bords du manteau ne serenversentau-dessus de la coquille qui, d’ailleurs, est épidermée et souvent chargée, sur toute la surface, d’incrustations marines et d’algues.
Les bords du manteau sont doubles, égaux à peu près, ornés de petits tubercules ; le feuillet supérieur est denté très-régulièrement et chaque dent correspond à une dé- pression du bord de la coquille; le feuillet inférieur est finement persillé dans toute sa longueur
Ouverture anale ovale, allongée, assez grande, mem- braneuse ; sa circonférence n’offre aucune découpure ni franges relevées formant une sorte de siphon, comme dans les FissurELLA alternata, gemmulata, Dysoni, græca, etc.
linpression musculaire remontant très en avant, assez étroite, arrondie à son extrémité antérieure. Ses deux ex- trémités sont unies par un faisceau musculaire transverse. horizontal, étroit ; disposition qui manque dans les autres espèces.
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La tête, robuste, allongée, dépasse la coquille à l'état vivant; tentacules gros et courts. La bouche forme une fente verticale et non un fer-à-cheval comme dans la plu- part des Fissurelles. Par son ouverture, on aperçoit les muscles masticateurs latéraux.
Le pied est exactement ovale, un peu plus large en ar- rière, assez épais; légèrement rugueux en dessus, mais non chargé de pustules et tubercules assez gros pour être aperçus sur un dessin de grandeur naturelle. On trouve, comme à l'ordinaire, une rangée de tubercules entre le bord du pied et la ligne d’attache du manteau.
La cavité branchiale est large, et quoique louverture anale soit placée très en avant, les branchies occupent leur position relative normale, adhèrent en arrière et sur les côtés de l’ouverture, avec le cœur qu’il est diffi- cile d’isoler.
La masse buccale, peu considérable, est fixée vers le tiers antérieur de la face interne du pied, sur la ligne mé- diane, par un tendon assez faible. La plaque linguale, normale, à son extrémité antérieure pourvue de deux prolongements latéraux qui embrassent les muscles mo- teurs. Nous avons pu suivre toutes les circonvolutions in- testinales, qui sout loin d'atteindre le développement qu’elles présentent chez les PATELrLA et qui les font res- sembler, dans ce genre, à celles des Acéphalés. Tout au plus si le tube digestif du FissurELLA pustula mesure deux fois et demie la longueur totale de l’animal. L’estomac, peu renflé, ne se distingue pas, par sa structure, de Pin- testin. Le calibre de celui-ci nous a paru être le même jusqu’à l'anus, qui débouche en arrière de lorifice supé- rieur du manteau. Le foie est d’un beau vert et paraît à travers le manteau transparent; nous avons trouvé un
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ovaire assez considérable, d’un blanc verdâtre, occupant la partie postérieure de la masse abdominale et se prolon- geant à droite et à gauche.
Ajoutons, pour terminer, que le pied et la tête de l’a- nimal sont d’un jaune pâle, avec quelques teintes noirâtres sur le cou. Gette coloration se rapproche assez de celle de quelques individus vivants du FissurELLa neglecta (YF, reticulata Don.) que nous avons recueillis nous-même ; mais, dans cette espèce, le jaune passait parfois au rouge- carotte le plus vif. Du reste, les Fissurelles offrent des teintes très-variées ; le F. Barbadensis est d'un beau vert; le F. elongata est rougeâtre avec des points noirs, etc.
En résumé, l’animal du FissurezLa pustula que nous avons examiné, appartient par tous ses caractères essen— tiels au genre Fissurelle ; les espèces dont il se rapproche le plus sont les F. Barbadensis Gmel., nodosa (1) Born, formant la 8° section de notre classification des Fissurelles, d’après les caractères anatomiques. (t. V, p. 236). Rien ne pouvait faire prévoir ce résultat, car les coquilles des FISSURELLA pustula et nodosa n’ont aucun rapport.
Nous pensons donc que MM. Adams ont été induits en erreur au sujet du mollusque du F. pustula, dont la co- quille n’est pas en partie interne, dont le siphon anal n’est pas entouré d’une expansion membraneuse frangée et plissée, dont le pied n’est pas tuberculeux, dont Pani- mal n’est pas bombé, etc.
Aussi, nous ne saurions tropregretter que des savants,
(1) Caractères de l'animal du F. nodosa. Pied très-large, à bords minces; bords du manteau courts, mais épais, formant deux feuillets très-étroits, profondément festonnés. Impression musculaire large, dilatée, arrondie en avant. Tentacules latéraux du pied rudimentaires. Orifice anal comme dans le F, barbadensis, blanchätre, taches noires sur la tête,
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d’après des observations incertaines ou erronées, viennent apporter des titres de légitimité à un genre mauvais et qui devait être jugé sévèrement. La science est assez encom- brée de noms inutiles, pour qu’on se donne la peine de vérifier si quelques-uns doivent disparaître. Nous souhai- tons d’autant plus voir les Clypidella de Swainson être mis à l’écart, que dans la même famille des FISSURELLIDÆ, M. Gray a créé ingénieusement un genre Clypidina, dont la valeur est aussi douteuse que celle de son quasi-homo- nyme.
S 21.
L'étude de la langue des Mollusques est poursuivie aujourd’hui par des naturalistes éminents, dont les obser- vations vont probablement se trouver réunies dans le beau livre que M. Troschel consacre à cette partie de la science. À peine si l’on commence à connaître sé- rieusement la forme, la disposition, la structure de ce curieux organe, et déjà de nombreuses tentatives de généralisation ont été faites par les nomenclateurs, qui ont voulu établir sur cette base encore mal assurée, les fondements d’un système de classification des Gastéropo- des. Si, dans beaucoup de cas, on a trouvé des affinités remarquables, contirmées, du reste, par l’examen des autres organes; dans d’autres, les erreurs commises ont été grandes, et nous ne citerons pour exemple que celle qui consiste à placer près des Limnéens (pulmonés an- drogynes), les Ampullacera et Siphonaria, dont la pla- que linguale est construite sur le même plan.
Nous ne venons pas ici faire un travail critique sur les opinions professées jusqu’à ce jour, mais simplement
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présenter quelques observations relatives au développe- ment de la plaque linguale chez les Gastéropodes pulmo- nés androgynes, et aux modifications qu’ellesubit, d’après la nature des aliments pris par l'animal.
G 22.
On sait que chez la plupartdes Gastéropodes unisexués (Cyclostoma, Melania, Ampullaria), la plaque linguale se compose d’une série longitudinale de denticulations médianes ordinairement coniques, et de denticulations latérales, transversales, recourhées, à pointe dirigée du côté des denticulations médianes. D’après cette disposi- tion, les observateurs ont comparé très-ingénieusement la plaque linguale des Mollusques de cette classe, à la cage thoracique des animaux vertébrés ; la série des den- ticulations médianes représente la colonne vertébrale (rachis), et les dents latérales sont analogues aux côtes (pleuræ). De plus, pour désigner brièvement le nombre ei la disposition de ces dents, on à emprunté la formule em- ployée par les naturalistes pour représenter la dentition d’un vertébré. Ainsi la notation (1. 4. 1.) qui est celle de la plaque linguale des Murex, Fasciolaria, Oliva, indique la présence d’une denticulation latérale de chaque côté de la médiane ; les Vatica, Strombus, Cyprea (3. À. 5.) ont de chaque côté trois denticulations latérales, etc.
Chez les Gastéropodes pulmonés androgynes (Limar, Helix, Succinea, Limnea), la plaque linguale se compose d’un nombre considérable de denticulations à peu près égales entre elles et n’ayant aucun rapport avec celles des Gastéropodes unisexués; il n’existe, par conséquent, ni côtes, ni rachis, mais bien des séries transversales et lon-
= if = gitudinales de papilles, formant une sorte de treillissage et se coupant à angle droit. Quelques calculs faits après Pétude d'un certain nombre de genres, donneront une idée de la quantité des denticulations linguales {1).
NOMS RANGÉES | RANGÉES 'EUTAT des Mollusques. transversales. |longitudinales.
Limax maximus.
| Ariou ater.
| Helix pomatia. . . .
[| Vitrina pellucida. . . Zonites nitidulus. . . Succinea putris. . . . Bulimus obscurus. . .
| Clausilia bidens.
| Limnea stagnalis. .
| Ancylus fluviatilis.
Quand on examine la plaque linguale en totalité, on voit qu’elle a dû être formée par la fusion de deux par- ties similaires ou latérales; car les rangées transversales des papilles de chaque côté, viennent aboutir à un raphé médian, en formant un angle extrêmement obtus, il est vrai, mais pourtant appréciable.
Il est donc intéressant &’étudier la ligne de jonction des rangées de aents, au point de vue de sa structure.
Les papilles linguales des Helix, Ariophanta, sont co- niques, courtes, se terminant par une grande pointe qui est située au côté interne, et une plus petite au côté ex-
(4) Vide Thomson. Dentition of Moll. in ann. and mag. of Nat. hist. Lon- don, 1851.
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terne, En dedans de la grande pointe on voit quelquefois un rudiment de pointe, mais si peu apparent qu’on peut le considérer comme n’existant pas. Quoi qu’il en soit, la grande pointe d’une denticulation d’Helix, correspond à la pointe médiane des Arion, Limnea, etc.
Le raphé médian est formé par une série longitudinale de denticulations un peu plus petites et caractérisées par leur extrémité libre tricuspide.
Chez les Succinea, Omalonyx, les denticulations sont presque semblables à celles des Æelix, mais plus courtes, plus espacées, Les papilles médianes sont tricuspides.
Chez les Pellicula (1), même disposition ; les dents du raphé ont quatre pointes.
Les Arions se rapprochent des Hélices par la structure de leurs papilles médianes et latérales. Il faut noter, ce- pendant, que la pointe interne des denticulations laté- rales est un peu marquée.
Les Planorbes sont caractérisés par des denticulations tricuspides, à pointes latérales presque égales entre elles ; papilles médianes très-petites, bicuspides.
Chez les Limnées, les denticulations ont des rapports avec celles des Planorbes, mais les médianes, encore plus petites, n’ont qu’une pointe.
S 23.
On peut déjà baser quelques considérationssur la struc- ture des denticulations médianes comparée à celle des papilles voisines.
4° La plaque linguale est composée de deux parties latérales soudées sur la ligne médiane ;
(D Voy. Fischer, Mel. Conchyl., p. 67. pl. 6, fig. 10 (1856.
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2 Chaque denticulation médiane est formée par la fusion de deux denticulations latérales. Cette fusion a été plus ou moins profonde ; chez les Pellicula, elle s’est effectuée par le bord interne des deux denticulations laté- rales primitives, puisque la papille moyenne est quadri- cuspide quand les latérales ne sont que bicuspides. Au contraire, chez les Helix, Ariophanta, il y a eu superpo- sition des deux denticulations latérales primitives, puis- que la papille médiane est fortement tricuspide ; les pointes externes de celle-ci, représentent chacune une des pointes externes de celles-là.
Chez les Planorbes, il y a eu disparition des pointes médiane et interne des denticulations latérales confon- dues, car la papille médiane est bicuspide et formée par leurs deux pointes externes.
Dans les Limnées, même phénomène, mais fusion plus intime et supersposition des pointes externes, ne formant plus qu’une petite dent médiane simple.
3° La plaque linguale existe avec ses caractères distinc- tifs dès l’éclosion; elle doit donc être formée dans les dernières périodes de la vie embryonnaire; les dents mé- dianes sont les premiers rudiments de l’organe ; on pour- rait les appeler dents embryonnaires, ou nucléus des pa- pilles linguales ; leur petite dimension, comparée à celle des denticulations avoisinantes, confirme cette manière de voir, Malheureusement. on ne peut observer leur dé- veloppement dans l'embryon, à cause des tissus (cellulaire et musculaire) qui forment les enveloppes de la poche buccale. Il est probable qu’un certain nombre de cellules épithéliales apparaissent d’abord, formant une double série longitudinale, dont la fusion s’opère pour donner naissance à la ligne des dents médianes.
HD
k° À mesure que l'animal se développe, le nombre des dents augmente, et de nouvelles séries s'ajoutent en long et en large. Mais les dents latérales sont modifiées, à la longue, dans leur forme; vers les bords externes de la plaque linguale, on trouve des denticulations rudimen- taires très-différentes. Celles des Limaces sont simples, coniques, aiguës; chez les Hélices on n’apercoit, pour ainsi dire, que la couronne de la dent; chez les Physes, Planorbes, Limnées, on remarque de petites éminences espacées, dont un des bords est en dent de scie. On peut donner à ces papilles modifiées le nom de denticulations marginales,
° Il existe donc, dans la classe Ges Mollusques que nous étudions ici, trois périodes dans la formation des denticulations linguales; ces trois périodes s’appelleront, d’après l’ordre de leur développement : première, deuxième, troisième dentition; dans lesquelles apparais- sent les papilles embryonnaires ou médianes, latérales et marginales.
S 24.
Ces remarques nous ont donné la pensée d'étudier quelques autres Mollusques, afin de chercher de nouvelles preuves à l’appui de nos observations ; et c’est en exami- nant lappareil lingual des Aplysies, que nous les avons trouvées.
Leur plaque est composée d’une très-grande quantité de denticulations de forme semblable et dont le volume est assez fort pour qu’on puisse les apercevoir à l'œil nu. Elles consistent en une base pyriforme, atténuée en ar- rière, oblique de haut en bas et de dedans en dehors, de
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couleur cornée, De lextrémité antérieure de ce point d’ap- pui, part une mince lame hyaline, adhérente en haut, li- bre en bas, où son bord est chargé de petites denticulations très-aiguës. La manière dont la lame est unie à sa base, permet un écartement assez marqué de son bord libre; en pressant celui-ci, on le rapproche et on entend alors une crépitation d’autant plus marquée que la pièce ana- tomique est plus sèche.
Il existe aussi un raphé médian portant une série de denticulations plus petites ou embryonnaires, dont on peut facilement reconnaître la formation primordiale. Elles sont constituées par la réunion de deux bases cor- nées, portant une lame hyaline unique.
Enfin, les dents marginales (3° dentition), ont une base et une lame hyaline plus allongées proportionnelle- ment et plus petites.
On pouvait prévoir ce résultat, et en poursuivant ces études sur les animaux de plusieurs Nudibranches, et ceux des genres Siphonaria, Trochus, Halyotis, on pourra confirmer nes observations. Nous devons cepen- dant dire qu’on s’exposerait à des erreurs, en concluant d’après les figures de denticulations données par plusieurs auteurs, et qui sont souvent d’une inexactitude manifeste. Ainsi, la plaque linguale des Aplysia, si facile à reconnai- tre, n’est figurée dans aucun ouvrage, non pas bien, mais même à peu près bien,
25.
Nous avons omis à dessein de parler de la structure de la langue des Mollusques terrestres carnivores. On trouve ici, en effet, un sujet intéressant et digne d’être médité ;
c’est l’étude de la modification d’un organe, par suite de la modification des usages qu'il doit remplir.
Les Mollusques carnivores se divisent en trois classes : ceux qui se nourrissent de proie vivante; ceux qui ne l’attaquent que morte; enfin, ceux qui recherchent les matières en décomposition.
Dans la première classe, se rangent les Testacelles, Daudebardies et Glandines, dont nous avons observé plu- sieurs espèces (1). Leurs denticulations sont extrême- ment allongées, composées d’une longue pointe (analogue à la pointe médiane des Arions, Limnées, etc.) et d’une apophyse externe, correspondant à la pointe externe des papilles des Pulmonés androgynes. Ces denticulations sont semblables entre elles sur toute l’étendue de la plaque linguale et visibles à l’œil nu, ce qui suppose une longueur énorme en comparaison des papilles des Li- maces, par exemple:
Les Mollusques de la deuxième classe (Zonites) offrent une singulière conformation dans leur plaque linguale, qui est formée au centre par des denticulations de Pul- monés herbivores, et sur les côtés par des papilles de car- nassiers. Les dents centrales constiluent une dizaine de rangées longitudinales absolument semblables à celles des Hélices ; elles se changent ensuite sur les côtés en lon- gues pointes aiguës, portées sur une base de couleur cornée, et ne pouvant servir qu’à un animal qui doit dé- ployer une grande énergie pour saisir et diviser ses ali- ments. Les Mollusques qui chassent la proie vivante,
(4) Test. haliotidea, maugei, bisulcata: Daun. Saulcyr. sicula; GLAND. Algira. Vid. Fischer, Mon. Daud. in Journ. Conchyl., t. V. — Gassies et Fischer. Mon. Test. (1856).
n’ont pas de mâchoires ; chez les Zonites il en existe une, mais elle forme un bec aigu, qui doit entrer plus facile- ment dans les chairs que la mâchoire en dent de peigne des Hélices.
Enfin, dans la troisième classe, se rangent quelques animaux se nourrissant indifféremment de matières pu- tréfiées et de végétaux. ( Vitrina, Limax, etc.) Les den- ticulations marginales sont très-petites, il est vrai, mais coniques, allongées, simples, aiguës.
On voit ainsi apparaître les modifications insensibles produites par l’usage qu’elles doivent remplir, chez les pa- pilles linguales des Zouites. Ce genre est le type d’un être transitoire, dont l’originalité provient de la réunion sur des animaux semblables entre eux, des caractères propres aux Mollusques les plus différents. En effet, les Zonites ont une mâchoire de Limace, la moitié de langue d’Hé- lices, l’autre moitié de Glandines, une coquille vitrini- forme, des organes génitaux de Bulimes, etc. Aussi la difficulté est grande pour assigner une place stable dans la classification, à un être composé de disparates; il ne pourrait être rangé que dans un groupe ainsi composé :
Limax.
Glandina. — Zonires. — Helix.
Vitrina.
L’espèce qui offre le plus de facilité pour l’étude de la plaque linguale, est le Zon. cellarius, dont les denticula- lions sont grandes et peu nombreuses (945.)
(La suite prochainement. ) P. FISCHER.
— 199 —
Sommaire.
Sur la reptation du GycLostoma crenulatum. & 19 Anatomie du genre Clypidella SS Développement et formation de la plaque lin- guale des Pulmonés androgynes. Ç21 Plaque linguale des Aplysia. KS Modifications de la plaque linguale chez les Pulmonés carnassiers. S
Explication de la planehe VIE.
Fig. 1. Animal du CycrosToma crenulatum, vu de côté.
Fig. 2. Tête du même, vue par dessus.
Fig. 3-4. Animal en marche, vu par dessous.
Fig. 5. FissurezLa (Clypidella) pustula, avec sa co- quille, vu par dessus.
Fig. 6. Le même, vu par dessous.
Fig. 7. Le même, par dessus, la coquille étant enlevée.
Fig. 8. Denticulationsembryonnaire et latérales de PEL- LICULA depressa.
Fig. 9. Denticulations d’ARION empiricorum.
Fig. 10. Denticulations de PLANORBIS corneus.
Fig. 11. Denticulations de Limnea stagnalis.
Fig. 12. Denticulations d’APrysra fasciata.
Fig. 13. Papille à type herbivore de ZoniTEs radiatulus.
Fig. 14. Papille à type carnivore du même.
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Des Tarets et autres perforants,
Par F,. CaAïILLIAUD.
* <
Nous savons bon gré à M. Fischer qui, dans ce journal, s’est entretenu de notre travail sur les perforants. Dans le compte rendu de notre précédente notice, M. Fischer ne peut mieux accueillir nos observations sur la perfo- ration particulière des Pholades, lorsqu'il dit qu’elles sont concluantes (1). Dans l’examen de notre Mémoire sur les perforants en général (2), nosopinionsdiffèrentsur plusieurs points, et M. Fischer fait observer que la ques- tion de la perforation par les Tarets, est beaucoup moins élucidée. Il est vrai que nous ne les avons pas vus à l’œu- vre comme les Pholades. Il ajoute qu'après les avoir vus lui-même dans un endroit {qu'il ne nomme pas) et où ils abondent, il considère encore la question comme étant à peu près insoluble (3). Nous ne sommes pas de cet avis, car M. Fischer ne produit pas contre notre système méca- nique des arguments sérieux. Il dit : « Les trous formés «par les Tarets atteignent en peu de temps un dévelop- « pement si considérable, qu’il faut admettre, dans l’acte « de la perforation, une énergie autrement grande que « celle des Pholades. » Ces observations sont très-vraies, sans doute, attendu que les Tarets n’ont que du bois à creuser avec leurs outils calcaires et qu'avec des intru-
(A; Journal de Conchyliologie, t. V, p.193, 1856 ; p. 395, avril 1857.
(2) Mémoire sur les Mollusques perforants, 1856, chez J.-B. Baillière, à Paris.
(3) Journal de Conchyliologe, t, V, p. 39%.
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ments également calcaires, les Pholades creusent les pierres. Il ajoute : « Aucun bois n’est à l’abri des attaques « de ces Mollusques, pas même l’acajou, l’ébène, le bois « de fer, les noix de cocos, » et quant à ces dernières on dit : «que les coquilles des Tarets que l’on y ren- « contre ne peuvent pas avoir une action aussi éner- « gique. »
On reconnaît que nous avons creusé des trous dans le bois d’acajou avec les valves des Tarets que nous en avions retiré, c’est vrai; mais, dit M. Fischer, ce résultat ne sera pour lui concluant que lorsqu'il aura vu le Taret à l’œuvre.
Si, cependant, les valves des Tarets, mues par nos doigts, ont la résistance suffisante pour periorer l’acajou, pourquoi les mêmes coquilles, mues par le Mollusque lui- même, n’obtiendraient-elles pas le même résultat? Sup- poserait-on que nous agissons avec beaucoup plus de force que le Mollusque? Cela n’est pas; car, s’il en était ainsi, nous briserions infailliblement les coquilles. On avait déjà nié la possibilité de réussir à perforer le calcaire avec des valves de Pholades (1). Nos expériences, aujour- d’hui multipliées par divers conchyliologues, en France, en Angleterre, en Hollande, dans le calcaire comme dans le gneiss, ont enfin prouvé que la dureté de ces coquilles était suffisante pour opérer ce travail; nous en faisons au- tant aujourd’hui dans les bois, même celui d’acajou., avec les valves du Taret, sur les mêmes échantillons déjà rem- plis de ces coquilles et avec celles que nous en avonsretiré. Nous nous proposons de perforer même les noix de cocos, avec le Taret qui en a habitude (si l’on veut bien nous en
(1) Journal de Conchyliologie. t. 1,p. 23, 24.
— 41432 —
fournir). « Cette espèce est étroite, avec des stries à peine marquées », dit-on. En jugeant ainsi de l’état de ces co- quilles, pour cet individu, a-t-on tenu compte du travail qu’il avait déjà pu opérer, pour avoir plus ou moins usé ainsi ses stries, et avant d’en avoir renouvelé d’autres. C’est probablement ici le cas de travail le plus surprenant dans Îles Tarets, comme nous l’avons dans certaines Pholades très-délicates, perforant les bois, et le Pholas candida perforant le calcaire, le gneiss et l'argile.
On dit que les Tarets n’ont pas d'appui, ni de force musculaire suffisants pour opérer ce travail, comme nous le maintenons; on en disait toui autant pour les Phola- des, et plusieurs le disent encore aujourd’hui pour les Oursins. Comment peut-on pourtant douter encore du travail mécanique si apparent des Tarets; ne suffit-il pas d’observer leur parcours dans les bois, le sapin principa- lement, où toutes les onduiations produites par leurs val- ves, leur tarière à lames tranchantes, sont le plus sûr ga- rant du moyen mécanique employé par ces Mollus- ques (1).
On fait observer que l’auteur Thomson ajoute une opi- nion assez conciliante ; d’autres s’y tiennent encore au- jourd’hui. « Le Taret dissout en partie le bois, les valves « se chargent du reste. » Ge moyen a déjà été réfuté, et nous le rejetons de nouveau; s’il en était ainsi, pour notre compte, sur des centaines de trous observés, nous eussions trouvé des passages de ces conduits, attaqués seulement par ce produit acide qui ramollirait le bois (on
(1) Ici, nous dirons, qu’une personne quia fait usage des outils, en con- naitra beaucoup mieux les effets que le plus grand savant du monde. Fi uG
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en disait autant des Pholades), soit au fond du trou, soit sur les parois, pour leur élargissement ; nous les eussions vus avant que les coquilles tranchantes ne fussent venues jouer leur rôle; car nous avons surpris ainsi, peut-être, soixante fois, les Pholades avant qu’elles ne se soient li- vrées de nouveau au travail, avec leurs nouvelles et lon- gues aspérités sur les bords de leurs valves. L’acide ne peut pas être employé d'accord avec la perforation méca- nique ; par son action sur le calcaire, il détruirait les taillants et les limes de l'appareil des Tareis, qui ne peu- vent pas être à tout moment recouvertes d’un nouvel épiderme.
Nous n’avons pas surpris le Taret à l'œuvre, il est vrai ; mais le fait nous est révélé par la structure de ses valves, en véritable tarière, qui s’use sans doute en travaillant, mais dont le Mollusque renouvelle Ia taille et les tran- chants avec l’âge, en augmentant sa circonférence. Il en est ici comme des Pholades, la force musculaire ne lui manque pas. Nous pensons que le Mollusque, en se gon- flant fortement contre les parois de son conduit ligneux, doit y prendre un puissant appui, qu’il trouverait encore dans les nombreux détours et les coudes rapides qu’il fait dans son parcours. Dès lors, l’action doit être formée par une tension musculaire générale de tout le Mollusque, qui fait vibrer sa tarière dans un va-et-vient; en allant le taillant d’une valve gratte, en retournant c’est l’autre qui agit.
Pour opérer nos perforations, nous mastiquons les valves, dans leur position naturelle, au bout d’unetige en bois, qui nous sert de poignée, et que nous tournons du pouce et de l'index, travaillant dans l’eau, dont le bois est déjà grandement pénétré. Dans un bois déjà perforé
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de Tarets, nous avons creusé un trou de 30 millimètres de profondeur sur 33 de circonférence, dans l’espace de quatre heures et demie. Dans l’acajou, déjà également perforé, avec les valves que nous en avons retiré, nous avons percé un trou de 11 millimètres de profondeur sur 18 de circonférence, dans l’espace de cinq heures et demie de travail. Nous engageons à répéter nos expériences.
Sur la perforation chimique, M. Fischer dit : « Lei les « objections ne manquent pas contre l'acide des Mollus- « ques perforants. Aussi, répéterons-nous encore ce que « nous disions, en 4855, à propos des perforations faites « par le Pholas candida. Cet acide devrait être insoluble « dans l’eau, sans action sur lanimal et sa coquille cal- « caire, mais efficace sur la roche calcaire, propre à dis- « soudre bois, sable, gneiss, calcaire, argile, etc. »
Ici encore on cite comme perforation par lacide, le Pholas candida ; mais nous n’avons exclu du mode de per- foration mécanique aucune espèce de Pholade, le candida est cité et reconnu dans notre Mémoire, jugé concluant pour les Pholades par M. Fischer lui-même, qui fait iei nécessairement erreur.
« Get acide devrait être insoluble dans l’eau. » Nous avons indiqué un moyen assez plausible : d’abord, pour l’introduire, etle Mollusque, une fois dans son trou, peut facilement en rejeter l’eau et boucher l’ouverture de son trou avec ses siphons, pour se mettre à labri de l’eau de mer, lorsqu'il fait usage de son acide (1).
« L’acide, sans action sur l’animal » c’est ce que nous nous sommes appliqué à démontrer par la comparaison que nous en avons établie, en creusant le calcaire de
(4) Mémoire cité, p 33.
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Malte, déjà renfermant des Pétricoles, et le marbre le plus compacte des côtes de Gênes renfermant des Mo- dioles lithophages (1). Dans le premier, en dix heures de travail, nous avons creusé une excavation oblongue de h5 millimètres de circonférence, sur 5 de profondeur, agitant le liquide avec une estompe en peau à dessiner. Sur le bloc de marbre, dans l’espace de neuf à dix heures, nous avons fait un trou circulaire de 28 millimètres de circonférence sur deux de profondeur, avec des liqueurs acidulées les moins inoffensives du monde, puisque tous les jours elles entrent dans nos aliments; c’est du jus de pêche, de pruneet du bon vin de Sauterne. Ges liquides, sans préparation aucune, suffisent pour dissoudre et creu- ser les roches calcaires. Le jus de nos fruits, notre vin, seraient-ils dans les récipients de nos Mollusques, ils pro- duiraient le même résultat plus fortement encore que leur sécrétion, Pourquoi la nature, en leur donnant un acide, ne le leur aurait-elle pas donné analogue à celui de nos fruits, et ce, en attendant que nos chimistes veuillent bien nous faire connaître la nature positive de cet acide.
On demande un acide sans action sur la coquille cal- caire. Nous avons prouvé que le Mollusque à le pouvoir d’en paralyser l’action ; rien de plus positif, il dispose son acide et le répand où il lui est nécessaire, au dehors de sa coquille, pour accroître ou prolonger sa demeure; dans cet acte de travail, les coquilles sont préservées par un épiderme corné, sur lequel lacide n’a pas d'accès ; par exemple, la Modiole lithophage, dont l’épiderme est à l'épreuve même de l'acide nitrique (2).
4) Mémoire cité, p. 35.
(2) Mémoire cité, p. 34 et 27.
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Que cet acide, dit-on, soit efficace sur la roche cal- caire? Nous n'en doutons pas, nous en connaissons assez les résultats.
Maintenant, une chose qui nous ferait rétrograder en- core, Comment se fait-il que l’on nous dise toujours, en parlant du Pholas candida : « Son acide devrait être pro- pre à dissoudre, bois, sable, gneiss, calcaire, argile, etc.» Quoique nous nous soyons appesanti dans notre Mémoire sur ce sujet, on nous demande encore un acide qui aurait un tel pouvoir. Nousn’en connaissons pas; mais nous con- naissons deux modes de perforation, l’un mécanique, autre chimique. Nous croyons avoir suffisamment dé- montré que l’acide des Mollusques perforants, n’est pas appelé à dissoudre le bois, le sable, le gneiss, l'argile (1) ; toutes ces substances, auxquelles nous ajouterons le cal- caire, pour les Pholades seulement, sont perforées par la classe des Mollusques travaillant mécaniquement, n'ayant pour ce travail rien à attendre de l’acide, tandis que les roches calcaires pour d’autres, les polypiers, les têts des coquilles, toutes substances calcaires enfin, sont perforées par le procédé chimique dû à la sécrétion aci- dulée de ces Mollusques.
M. Fischer semblerait douter de la présence de l’a- cide chez les Acéphalés. Nous l'avons cité dans dix-sept espèces, et il serait facile de répéter nos expériences dans les mois de juillet, août, avec nos huîtres, retirées de leurs coquilles ; si l’on en place une douzaine sur une plaque de marbre polie, il s’en trouvera assurément la. mGitié qui, en dix minutes, auront suffisamment rongé le marbre pour en enlever le poli, ou bien avec le pa-
A4) Mémoire cité, p. 31. 34, 47
— 137 — pier sensible, on constatera l'existence de leur accide.
Nous avons dit que certaines érosions, bien distinctes dans les Galatées et autres fluviatiles, étaient encore dues à ces Mollusques, qui devaient ainsi s’entre-ronger leur coquille, mais tout en faisant observer aussi que d’autres érosions étaient produites par l’usure des sables et autres frottements. Nous n'attribuous donc pas toutes les éro- sions des Mollusques à Paction de Facide, comme on paraît le dire dans l'analyse de notre Mémoire.
Nous regrettons que M. Fischer s’abstienne de se pro- noncer sur nos observations relatives aux Oursins perfo- rants, sur lesquels nous préparons une seconde notice. Il serait à désirer qu'avant de jeter des doutes sur des faits acquis par de longues expériences, on prît la peine de les répéter soi-même pour s’en convaincre. F. C.
Note sur différents Mollusques de la Guadeloupe,
Envoyés par M. Schramm,
Par M. G. P. DESHAYES.
$ 1.
Ceux des naturalistes qui ont visité l'Exposition uni- verselle de 1855, ont dû examiner, avec un intérêt spécial, les productions naturelles de la Guadeloupe, parmi les- quelles brillait une très-remarquable collection de Moi- lusques. Gette collection, la plus complète que l’on eût
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encore réuni dans notre colonie, est due aux soins et aux recherches de M. Schramm. Quoique ce naturaliste ne puisse consacrer que de courts loisirs à ses études de pré- dilection, cependant, par un zèle et un dévouement dont on ne saurait trop le louer, il est parvenu à faire d’inté- ressantes découvertes, Voyant l’espèce d'abandon dans lequel la plupart des collectionneurs laissent l’étude des Mollusques, M. Schramm s’est adonné à leur recherche et, doué du talent de dessinateur, il a appuyé ses obser- vations sur des dessins d’une grande exactitude, qui suffi- raient, au besoin, pour reproduire, par la gravure, les animaux si variés de couleur et de forme que l’on ren- contre abondamment dans les mers tropicales.
Les efforts de M. Schramm ont été couronnés de suc- cès, et la récente communication qu’il nous a faite de ses observations, prouve combien la science doit attendre du zèle et de l’aptitude de ce naturaliste. Nous en donnerons une idée très-succincte aujourd’hui, nous réservant, pour un avenir prochain, le soin d’une publication plus com- plète des matériaux importants dont la science est enri- chie par ses soins.
$ 2.
Dans la classe des Mollusques lamellibranches, nous avons à signaler la découverte d’une nouvelle espèce du genre Solemya. Jusqu'ici ce genre est réduit à un petit nombre d’espèces; cinq seulement sont connues; nous en rappelons la nomenclature :
SOLEMYA, Australis. Lamk. Nouvelle-Hollande. — Borealis. Totten. Les côtes septentrionales des États-Unis,
— 139 — SOLEMYA Mediterranea. Lamk. La Méditerranée et, assure-t-on, les mers du Sénégal.
— parvula. Sow. Espèce douteuse, figurée par Sowerby dans le Genera of Shells, mais d’une manière insuffisante. Point de des- cription. Aucune indication de localité.
—. velum. Say. États-Unis.
L'espèce des Antilles, pour laquelle nous proposons le nom de Solemya occidentalis, est un peu plus grande que le Parvula de Sow. Elle est étroite et les valves sont moins aplaties ; son épiderme est d’un brun pâle.
Une Modiole de la section des Lithophages, ayant l’ex- trémité postérieure des valves prolongée par un appen- dice unguiforme, contient un animal qui ne diffère en rien de celui du Hytilus lithophagus de Linné, chez lequel ces appendices n’existent jamais.
Il existe, dans les mers d'Europe, plusieurs espèces de Lucines, l’animal de l’une d’elles a été connu de Poli. Ge célèbre anatomiste en a donné la figure et la description, sous le nom de Loripes, dans son grand ouvrage sur les Mollusques des Deux-Siciles. L’espèce décrite porte des dents à la charnière, et il était intéressant de s’assurer si les deux espèces édentées sont habitées par un animal semblable. Le Luana edentula, qui se trouve abondam- ment aux Antilles et que nous a fait parvenir M. Schamm, est un véritable Loripes. I n’y aurait donc aucune raison de former de ce groupe d’espèces un genre particulier, comme quelques conchyliologues ont de la tendance à le faire.
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Les Gastéropodes ont offert à M. Schramm un bien
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plus vaste champ d’observation; leur nombre est plus considérable ; souvent ils vivent à la portée de la main du naturaliste, Ilen est une partie, souvent négligée des ama- teurs de coquilles, et qui, cependant, offre non moins d'intérêt; c’est celle qui comprend les Mollusques. Les faits les plus nombreux et les plus intéressants recueillis par M. Schramm, ont particulièrement rapport aux Nudi- branches, ou à d’autres Mollusques qui n’en sont pas éloignés.
Le genre Elysia de Risso, connu aussi sous le nom d’Ac- téon, est devenu, pour le savant et à jamais regrettable Souleyet, le sujet d’un travail anatomique des plus remar- quables, inséré dans le premier volume de ce Journal. Le nombre des espèces à nous connues dans ce genre, se réduit à quatre ; elles ont été mentionnées à la fin du Mémoire de Souleyet, dont nous venons de parler; nous pourrions ajouter une cinquième espèce, découverte par nous dans la Méditerranée, non encore publiée. M. Schramm vient d’en découvrir une sixième à la Guadeloupe; elle est un peu moins grande que le Viridis; mais parfaitement dis- tincte de toutes ses congénères par son manteau bordé d’une ligne orangée et par ses tentacules un peu plus courts et teintés de cette dernière couleur:
Le genre Aplysie, déja nombreux, est enrichi par M. Schramm de trois espèces ; deux d’entre elles, par la conservation de leur couleur, pourraient être figurées et décrites comme si elles étaient vivantes. La plus remar- quable, ApcysiA Schrammii, est d’un blanc jaunâtre uni- forme, et toute la surface du corps est agréablement or- née de petits cercles noirs inégaux et très-irrégulièrement disséminés, L'autre, presque aussi grande que PAPLYSIA Depilans : Apzysia Cailleti nob.. est irrégulièrement
— 1h14 — marbrée de brun verdâtre, très-sombre, sur un fond d'un blanc lavé de brun-rougeûtre ; les bords flottants du man- teau se terminent par une large zone de la même couleur plus pâle,
Un genre HERMÆA, décrit et figuré pour la première fois par MM. Alder et Hancock, dans leur magnifique ou- vrage sur les Mollusques nudibranches de la Grande-Bre- tagne, fait partie des Mollusques les plus intéressants, découverts par M. Schramm. Voisin des Eolides, ce genre est caractérisé par la forme de la tête et des tentacules, et pour lui, ainsi que pour plusieurs autres dont nous allons parler, M. Schramm a suppléé, par de très-bons dessins faits d’après l’animal vivant, à la dégradation qu’éprou- vent les Mollusques plongés dans l'alcool. L'espèce de la Guadeloupe est certainement nouvelle, car le genre HER- MÆA ne contient que les deux espèces décrites dans lou- vrage que nous venons de citer. Celle-ci pourra prendre le nom d’'HermMzxa viridisnob. ; l’animal est d’un vert foncé et tous ses appendices branchiaux , ainsi que ses tentacules, sont parcourus par des vaisseaux d'un vert plus foncé, ce qui fait ressembler ces parties à de petites feuilles vertes dont les nervures seraient d’un vert plus intense. Aussi animal se confond avec la petite plante sur laquelle il vit. Ceite plante est une algue marine qui porte le nom de Briopsis ramulosa, dont les tiges et les folioles ressem- blent pour la forme et la couleur à Panimal dont nous venons de parler.
Un autre auimal que nous a envoyé M. Schramm, ac- compagné d’un dessin détaillé, constitue, pour nous, un genre particulier sur lequel nous donnerons plus tard des détails plus étendus ; il n’est pas éloigné des Tritoma, inais l’organe branchial, au licu de former des arbores-—
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cences détachées et pédiculées, se présente sous la forme de deux larges expansions membraneuses de chaque côté du corps, prolongées en arrière au-dessus du pied, où celles d’un côté se réunissent à celles de l’autre; les bords de ces membranes sont profondément contournées à la manière des feuilles de laitue. Nous proposons pour le genre le nom de TribacHIA, et pour lespèce, celui de M. Schramm auquel en est dû la découverte.
Un beau Pleurobranche a été étudié avec soin par M. Schramm, dont les dessins sufliraient pour en donner une bonne figure. Il est voisin du Pleurobranche orangé, peut-être même a-t-1l été confondu avec lui, et pour parvenir à le distinguer, il faut se livrer à des recherches étendues que nous réservons pour un avenir prochain. Nous ferons de même pour quelques petits Mollusques à coquilles des genres Narica, Stomatella, etc.
Parmi les plus remarquables, nous voulons signaler ’Ovura grbbosa, dont l’animal est orné detrès-vives cou- leurs ; le manteau, le pied, la tête, sont d’un orangé pâle de la même nuance que la coquille; le pied, entouré d’an bord jaune de chrôme, est orné de nombreuses linéoles noires ; la tête, les tentacules, louverture du siphon, sont bordés de noir ; mais le manteau, renversé sur la coquille, est couvert de taches à peu près égales, rappro- chées, d’un rouge briqueté foncé, circonscrites par une ligne noire.
Ç ki. Deux Céphalopodes paraissent assez communs à ja
Guadeloupe, tous deux nous ont été envoyés dans an état parfait de conservation. L'un est déjà connu, il est de la
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famille des Lorico, c’est l'ONYCHOTEUTHIS angulata de Lesueur ; l’autre appartient au genre SEPIOTEUTHIS, et il nous semble nouveau, du moins nous n’avons rien trouvé de semblable dans les ouvrages actuellement publiés.
Ç 5.
Depuis que nous avons écrit ce qui précède, M. Schramm nous a adressé quelques observations intéres- santes que nous nous empressons de transcrire presque littéralement.
Au sujet de l’Elysia, voici ce que nous dit notre zélé conchyliologue : « Si, par des attouchements répétés, on contrarie la marche lente de ee Mollusque, il s’arrondit et répand en abondance une mucosité incolore, au milieu de laquelle it se tient immobile ; mais si lon continue à l’exciter, alors il se contracte violemment, et, dans cet état presqne convulsif, il détache des lambeaux de son manteau, qui elles-mêmes persistent douze à quinze heures
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dans leurs contractions ; le Mollusque, rendu à sa tran- quillité, continue à vivre malgré sa mutilation volon- taire. »
L’individu du Sepioteuthe envoyé par M. Schramm, a environ 20 centimètres de longueur, sans y comprendre les bras ; mais cet animal, très-commun dans le port du Moule, atteint quelquefois 60 centimètres de longueur.
A ces détails intéressants, M. Schramm en ajoute d’au- tres sur une espèce probablement nouvelle d’Eolide, dont les tentacules buccaux non contractiles, sont courbés en avant. Lorsque nous l’aurons reçue, nous nous empres-
serons de la faire connaître avec plus de détail. D.
— Ah —
Sur le développement des GChiton (1).
Par M. S. Lovén.
Quelques individus du Cæiron marginatus Pennant (cinereus L.), qui avaient été mis à part, pondirent sous de petites pierres, leurs œufs, unis faiblement entre eux par groupes de sept à seize. Chaque œuf possédait une enveloppe qui lui donnait une forme vésiculaire et dont l'épaisseur atteignait environ la moitié du rayon total. Au moment où commencaient ces observations, toutes les périodes de segmentation étaient déjà passées et l’œuf contenait un embryon mobile et bien formé.
L'embryon a 0,""18 de longueur; sa forme est à peu près ovale ; il n’y a pas de trace de coquille ; ilest partagé par une ceinture de denticulations (cercular indentation) en deux parties presque égales ; à ce cercle sont attachés des cils, au moyen desquels Pembryon se meut.
Au milieu de la partie supérieure de embryon, on voit une touffe de filaments très-déliés, qui se meut rarement, Sur la moitié inférieure et près de la ceinture ciliaire, apparaissent deux points obscurs, un de chaque côté; ce sont les yeux, dont on ne peut cependant apercevoir, bien distinctement, qu’un seul. La forme générale de Panimal varie un peu, la partie inférieure pouvant donner nais- sance à un prolongement effilé.
Après leur éclosion, les petits nagent autour des grou- pes d'œufs; leur forme est plus allongée ; leur partie an- térieure n’est pas pourvue de vela, mais de minces cils,
(4° In ann. and mag. Hist. nat London, 2: série. p. 413 (4856,)
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qui, sans doute, existaient préalablement, et de la toulfe de filaments, étendue en long, rarement agitée par l’ani- mal, et seulement avec lenteur. Rien n’indique encore que cet être sera un Chiton; mais bientôt la partie posté- rieure de lanimal commence à grossir plus rapidement que lantérieure qui reste plus conique. A la partie infé- rieure, on remarque deux sillons qui séparent le dos du inanteau, et une division de celui-là en segments, dont sept sont nettement distincts; des granulations nom- breuses, répandues à leur surface, forment les premiers rudiments de la coquille.
La partie antérieure de l'animal est couverte de tuber- cules aigus qu’on retrouve aussi sur les bords du man- teau, L’animal se courbe fréquemment ; il est assez tran- quille et peut seulement nager; mais bientôt après il commence à ramper. En dessous, la ceinture ciliaire s6- pare du pied les bords du manteau, et chaque lamelle reste libre. On aperçoit les yeux plus distinctement qu’au- paravant ; ils sont situés au côté ventral, et l’on a de la peine à les voir d’en haut. Les parties articulées du mar- teau se séparent davantage; leurs bords sont limités par de petites pointes. La partie conique et antérieure de l'animal est à présent plutôt élargie et chargée de tu- bercules pointus, surtout à la face supérieure.
Je ne pouvais alors observer aucune trace d’ouverture buccale ; lanimal nageait ou rampait indifféremment. Vers cetie époque, les commencements des pièces testa- cées apparurent sur le dos, sous la forme de bandes trans- versales, étroites, à bords irréguliers. Je n’en aperçus que sept; les trois ou quatre pièces antérieures étaient presque égales entre elles ; les postérieures diminuaient rapidement, les cils vibratoires tombèrent alors.
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Un changement considérable a lieu maintenant; on n’apercoit plus la partie antérieure conique de lanimal, pas plus que la touffe de filaments qui la surmontait ; elles sont remplacées par une tête munie d’une ouverture orale bien caractérisée et surmontée des replis festonnés qu’on trouve chez lanimal adulte. Les yeux, placés de chaque côté sur des protubérances distinctes. ont l’apparence de points colorés par la matière pigmentaire. Le pied a quelque peu augmenté, mais il n’atteint pas encore les dimensions qu’il aura plus tard, proportionnellement à la tête. Aucune trace de branchies; à la place qu’elles-oc- cuperont dans la suite, on aperçoit des sortes de cellules. Le manteau a déjà recouvert la tête, et une des pièces testacées s’est placée au devant des yeux. On distingue très-bien ce développement du manteau dans la figure 6, mais elle montre seulement sept pièces testacées; en avant de la plus antérieure, il existe une surface plane portant des tubercules aigus ; c’est tout ce qui reste de la partie antérieure conique de l’embryon. Cette surface diminue graduellement, en même temps qu’en arrière ap- paraît la huitième pièce testacée poussant en avant la septième.
Si on examine avec plus d'attention la formation des coquilles, on voit en premier lieu, qu’à l’exception de la huitième, elles sont constituées presque simultanément dans les premières périodes ; c’est-à-dire que les pièces antérieures sont d’abord d’une taille égale aux posté- rieures, relation qui cesse plus tard. Ainsi la première est d’abord une arche transversale, d’égale longueur la deuxième et à la troisième; ensuite la proportion à changé, et elle changera encore davantage.
La première n’occupe pas sur l'animal la même largeur
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que Îes trois suivantes; l’ovale devient de plus en plus visible à mesure que la dernière pièce croît en largeur. Les pièces antérieures acquièrent leur forme plus prompte- ment que les postérieures ; ainsi la première aura acquis sa disposition en croissant avant que la dernière ait sa forme propre.
Les coquiiles apparaissent d’abord comme d’étroites bandes dont les bords sont irréguliers et croissent en lar- geur et épaisseur par le dépôt successif de couches nou- velles et plus étendues. Dans la fig. 6, chaque