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DICTIONNAIRE
ÉTYMOLOGIQUE
DU
PATOIS LYONNAIS
PAIt
N. du PUITSPELU
LYON
LIBRAIRIE GÉNÉRALE HENRI GEORG
65. Rue de la République, 66
HftliB MAISON A BALS KT A QKNÉTK 1890
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MON PAYS
LYONNAIS
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DICTIONNAIRE
ÉTYMOLOGIQUE
DU
PATOIS LYONNAIS
PAR
N. du PUITSPELU
- 1-. -, '\ c ,
LYON
LÎBHAIRIE GÉNÉRALE HENRI GEORG
65, Rue de la République, 05
MÊME MAISON ABALE £T A GENÈVE
1887-1890
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INTRODUCTION
Ce dictionnaire comprend les mots du patois lyonnais actuel. Je suis loin de prétendre qu'il les contienne tous ni presque tous. Tel qu'il est, il dépasse de beaucoup l'importance des travaux de ce genre consacrés jusqu'à ce jour à des dialectes aussi humbles que le nôtre.
Mais d'abord qu'est-ce que le patois lyonnais? — Je lisais naguère « qu'il n'existe pas à vrai dire de patois lyonnais, mais bien des patois de telle ou telle commune du Lyonnais ». Autant dire qu'il n'existe pas de dia- lecte provençal, mais seulement des dialectes de telle ou telle commune de la Provence. La vérité, du moins admise jusqu'ici, c'est qu'il y a des dialectes embrassant des contrées plus ou moins étendues, et que ces dialectes se divisent en sous-dialectes, et que ces sous-dialectes présentent des diver- gences de village à village (1). Mais vouloir se restreindre à n'étudier que le patois d'un seul endroit, c'est se priver volontairement des ressources si pré- cieuses de la comparaison, et la conséquence serait qu'il faudrait, pour bien connaître les patois de la France, dresser trente-sept mille cinq cent quarante- huit phonétiques, en y adjoignant trente-sept mille cinq cent quarante-huit glossaires, ce qui ne laisserait pas de former une bibliothèque possible un peu encombrante.
Mais s'il ne faut pas trop se restreindre, il faut se maintenir dans une éten- due de pays où les caractères phonétiques généraux soient les mômes, où l'on n'ait à constater que des divergences de détail, en un mot dans une région qui présente un tuUo continuo, pour employer l'expression de M. Ascoli» C'est ce qu'on a tâché de faire ici.
(1) On a pu soutenir, non sans justesse, que dans une masse linguistique comme la nôtre il n'y a pas de dialectes; mais la phrase doit être entendue dans ce sens qu'il n'y a pas de limites précises aux dialectes, mais non qu'il n'existe pas en France des parlers différents, ayant des traits linguistiques particuliers» tout en ayant à côté de cela, bien entendu, des traits communs. Il y a des patois d'oc et des patois d'oïl, et des patois intermédiaires d'oc et d'oïl, sans qu'on puisse les délimiter d'une façon rigoureuse, comme on délimite une circonscription administrative. Si j'étends sur du papier une teinle d'aquarelle rose, et si je juxtapose, avant que la première soit sèche, une teinte bleue, les deux teintes se fondent au point de contact, en se détachant de plus en plus à partir de ce point jusqu'à un autre où le rose sera pur et où le bleu sera pur. Il me semî)le que c'est très exaclemant ce qui se passe pour les dialectes.
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En quittant Lyon par la route de Bordeaux, qui se dirige à l'ouest, vous atteignez Oraponne à la distance d'environ huit kilomètres à vol d'oiseau : de là, sur la môme route, jusqu'à Yzeron, vous avez, toujours à vol d'oiseau, dix kilomètres. Dirigez-vous sur Saint-Martin -d'en-Haut. au sud-sud-ouest (six kilomètres); de là, au sud-sud-est, sur Riverie (six kilomètres); de là, à l'est sur Mornant (près de six kilomètres), et revenez de Mornant à Lyon (un peu plus de dix-neuf kilomètres), vous avez tracé sur la carte un poly- gone fort irrégulier dont- la plus grande longueur est de vingt-deux kilo- mètres, et la plus grande largeur d'un peu plus de onze kilomètres. C'est à l'espace compris dans ce périmètre que s'applique l'étude phonétique qui précède ce dictionnaire. Ajoutez-y, de Riverie, un crochet sur Rive-de-Gier, à sept ou huit kilomètres de distance. Je crois que les résultats de cette étude n'auraierit pas éb^ changés si le temps et les circonstances avaient permis d'agrandir ce périmètre à l'est, en y englobant Givors et en remontant le Rhône jusqu'à Lyon.
Il n:e semble que c'est bien dans cette région que se marquent avec force non seulement les caractères phonétiques du patois lyonnais, mais sa physio- nomie morale, pour ainsi parler ; une certaine accentuation narquoise intra- duisible, une prononciation traînarde et comique, quelque chose d'absolu- ment « génuine ». Je crois que c'est pour cette région qu'on pourrait, répétant le mot de Froissard, dire que «si le Lyonnais était un œuf, elle en serait le moyeuf ».
Dans toute cette région le traitement de Va tonique est le môme ; celui de Va protonique est le môme. A tonique libre y est devenu <5, un ô si long, si emphatique, que la plupart des patoisants le transcrivent par au. Ceci est le trait caractéristique du patois proprement lyonnais. Partout aussi le traite- ment de a tonique soumis à rinfluence d'une palatale est le môme. Partout, sous cette influence, les verbes de la première conjugaison substituent à la dési- nence 6 la désinence î. Mais si l'on remonte au nord, jusqu'à Villefranche, les caractères changent promptement. Ces verbes n'ont plus la désinence en î mais en ie(r), comme dans le patois bressan et le patois dauphinois (1). Si, au nord-ouest, on va jusqu'à Amplepuis, on arrive dans la contrée où a tonique n'est pas passé à <5, et à deux pas de notre périmètre, à Lentilly, Tarticulation lyonnaise de c initial latin devant a, c'est-à-dire ch, est devenue is. A Touest, vous atteindrez assez promptement la phonétique forézienne, où a tonique est resté a. Au sud, on atteindra Saint-Etienne, le noyau du parler forézien.
' Dans toute notre région, a libre protonique hésite entre a et <5, avec ten- dance croissante à passer à ô. Partout e fermé a donné ei, qui s'est nuancé de ù à (?. Nulle part cet ei n'a passé à oi comme en français. Partout o fermé libre a donné primitivement ou, qui partout aussi a passé à o ou tend à y passer. A Lyon et à Craponne seulement, o fermé donne souvent u. Il a été facile de noter ces différences dans l'étude phonétique. Partout encore le traitement des consonnes est le môme, sauf dans la région de Riverie, Rive- Il) La phonétique de Villefranche est absolumont distincte de la nôtre. Par ex. a-\- j devient r< : nwnsionem =m(îjon, ■
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m
de-Gier et Saint-Martin, où t devant i se nuance en tch^ ts, et d devant i en dj. Il serait fastidieux de pousser plus loin ces comparaisons, puisqu'on les retrouvera dans la phonétique.
Je dois pourtant noter encore deux phénomènes importants et qui ne se démentent nulle part. Le premier, c'est la persistance de a post-tonique lors- qu'il n'est pas dans le voisinage d'une palatale, et son changement en i, quand il en subit Tinfluence ; le second, c'est l'assourdissement de cet a et de cet i patois post-toniques en e muet pour le pluriel de tous les noms de la première déclinaison.
Je ne m'abuse pas, et je sens tout ce que l'étude à laquelle est consacré ce livre offre encore d'incomplet. Pour donner un travail tel que je le conçois, il eût fallu, en agrandissant le périmètre étudié, relever, dans tous les villages, sans exception, qu'il comprenait, les différences de traitement, si faibles fussent-elles, de chaque voyelle et de chaque consonne, puis dresser une série de cartes où, par des couleurs différentes, on eût indiqué les limites de chaque phénomène phonétique. C'est là une tâche que j'entreprendrai cer- tainement un jour aussitôt que j'aurai vingt-cinq ans.
Pour le surplus, je me consolerai en pensant à ce que disait Cabat à l'un de ses élèves qui ne pouvait jamais se résoudre à faire un croquis de paysage sur nature, parce qu'il ne pouvait y mettre tous les effets d'un tableau : « C'est vrai qu'un croquis ne vaut pas un tableau, mais c'est vrai aussi qu'un bon croquis vaut mieux que rien du tout. »
Les mêmes raisons d'impérieuse unité de dialecte n'existaient pas pour les mots à insérer dans le dictionnaire. La très grande partie appartient à la région étudiée dans la phonétique, mais on ne s'est point interdit d'y adjoindi'e un certain nombre de mots soit de la région de Tarare et dePanis- sières, dont la phonétique est à très peu près semblable à la nôtre, soit de la région de Villefranche, soit du Franc-Lyonnais, c'est-à-dire de la zone étroite de l'ancien Lyonnais qui s'étendait sur la rive gauche de la Saône. On ne s'est astreint à d'autres limites pour l'insertion des mots dans le diction- naire qu'à celles de l'ancienne province du Lyonnais, en y comprenant à peine deux ou trois villages-frontières. Cela était nécessaire, non seulement pour justifier notre titre, mais encore parce que, comme le dit judicieusement le poète Ponsard :
Quand la borne est franchie. Il n'est plus de limites.
Il n'y aurait eu aucune raison, en dépassant le Lyonnais, de s'arrêter à un point plutôt qu'à un autre. On a donc proscrit, malgré leur intérêt, tous les mots du Forez, du Dauphiné, de la Bresse, etc., et par conséquent beau- coup de ceux que M. Onofrio avait fait figurer dans s^ Essai d'un glos- saire des patois de Lyonnais, Fore^ ai Beaujolais.
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IV
*
C'est un truisme de dire que le lyonnais, comme tous les dialectes romans, a pour « substratum » le latin vulgaire. Il ne diffère pas sous ce rapport de ses congénères.
Après le latin, ce sont les langues germaniques qui ont fourni le plus gros contingent, et après elles, bien loin, le celtique, quoiqu'il ne soit pas impossible que des mots dont nous retrouvons les types dans le germa- nique nous soient venus par le celtique, les deux langues ayant en assez grand nombre des racines communes. Mais les documents que nous possé- dons sur les langues celtiques sont trop peu nombreux pour pouvoir nous éclairer à ce sujet. On peut supposer d'ailleurs que les mots, en moindre quantité qu'on ne le croirait, dont on ne reconnaît les types nulle part dans les langues-mères à nous connues, sont d'origine celtique. Enfin il n'y a pas à douter que beaucoup de noms de lieux n'aient une origine gauloise; mais cette étude, pour laquelle Tauteur se sentirait d'ailleurs insuflisant, ne rentrait pas dans son cadre. Il est à noter que, encore bien que Lyon fût le siège d'une nombreuse colonie grecque, et bien qu'on y prêchât en grec, il est à peine demeuré deux ou trois mots (on n'est bien sûr que d'un seul) provenant directement de cette langue.
Le patois lyonnais appartient à la branche des dialectes romans que M. Ascolia nommé le franco-provençal, c'est-à-dire « à un type idiomatique qui réunit avec ses caractères spécifiques plusieurs autres caractères en partie communs au français, en partie au provençal, et qui ne provient pour- tant pas d'une conjonction secondaire d'éléments divers, mais atteste avec certi- tude une indépendance historique analogue à celle par laquelle les autres principaux types se distinguent entre eux ».
« L'ample étendue des dialectes dans lesquels on peut encore aujourd'hui reconnaître le type franco-provençal suppose, comme dans tout autre ensemble néo-latin, des subdivisions ; mais ce type constitue également dans l'ordre géographique un ensemble continu (1). » Le Lyonnais, la portion septentrionale du Dauphiné, la Bresse, le Bugey, la Savoie; en Suisse les cantons de Vaud, de Genève, de Neuchâtel, la plus grande partie de celui de Fribourg, la portion occidentale du Valais et finalement la vallée d'Aoste et le Val Soana, en Piémont, forment le domaine franco-provençal.
On ne peut ni ne doit, dans cette introduction, exposer les caractères détaillés du franco-provençal. Disons seulement qu'un de ses traits les plus marqués est celui d'avoir ie, t, e pour a tonique latin libre précédé d'une arti- culation palatale, et de consen^er au contraire généralement cet a dans les autres circonstances. De même l'atone finale a persiste ou se modifie également selon qu'elle n'est pas ou qu'elle est soumise à l'action d'une palatale. Or, ces phénomènes sont précisément au nombre de ceux signalés plus haut pour la région lyonnaise étudiée dans ce présent livre.
(1) Ascoli, Schizii franco provensalù
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Ces phénomènes se montrent dans les textes vieux lyonnais que nous possé- dons et qui, sauf le fragment d'Alexandre, de caractère douteux, ne remontent pas au-delà de 1225 (Carcabeau de Givors), Ces textes sont d'ailleurs abondants pour la lin du xiii* et pour le xiv siècle (1). Parmi les prin- cipaux il faut placer, avec le Carcabeaii, les œuvres de Marguerite d'Oyngt, prieuresse de Poleteins, divers tarifs ou leydes, et des pièces de comptabilité.
Les documents se font rares et peu importants à partir du xv siècle, à cause de la substitution du français au lyonnais dans tous les actes ofliciels non en latin. On peut, il est vrai, glaner dans les nombreuses pièces en français, surtout dans les Registres consulaires, beaucoup de mots locaux intercalés dans la rédaction française; mais ces mots, précieux pour un lexique, ne suflisent pas à fournir les éléments d'une phonétique. Le xvr siècle nous offre un noël, une chanson satiriciue, deux ou trois courts fragments des Chevau- chées de rAsne. Le xvir fournit une très médiocre comédie populaire, la Bernarda Buj/andiri ; le xviir, une courte pièce, Lyon en vers burlesques, où se trouvent des fragments patois ; quelques noôls, parmi lesquels le plus important est le Noël satirique de 1723, et quelques chansons de Revérony, presque contemporaines de la Révolution. Le commencement du xix* siècle a les paraboles recueillies par Cochard et son vocabulaire patois inédit, dont il sera parlé plus loin. Le patois contemporain a les œuvres assez consi- dérables de Roquille, quelques pièces de Gutton et quelques-unes de Monin, et c'est tout. La moisson est maigre.
Il faut y ajouter les pièces en langage canut du premier tiers du siècle. La plupart sont d'Etienne Blanc, et admirables. Mais ces pièces ne sont pa.s en patois; elles sont écrites dans l'argot canut, langage qui s'est développé à Lyon au xviii' siècle, et dans lequel on trouve certainement quantité de mots de source patoise, mais qui n'est pas le patois. On n'a pas fait tigurer ces mots dans le présent dictionnaire; ils feraient l'objet d'une publication spéciale, déjà en partie préparée, si l'on avait jamais la possibilité de la mettre au jour.
On n'exposera pas ici l'histoire du patois lyonnais. Il nous a paru bien préfé- rable de donner en note, à propos de chaque phénomène phonétique signalé pour le patois moderne, l'état de ce phénomène au xiip et xiv« siècle, et. (]uand cela sera possible, dans les siècles suivants jusqu'au nôtre. L'histoire du patois lyonnais se présentera ainsi d'elle-même méthodiquement.
M. Gustave Véricel, érudit lyonnais, ayant rencontré un jour, chez un bouquiniste, une malle pleine de papiers, parmi lesquels se trouvaient des brouillards et manuscrits divers de Cochard, acheta le tout,et, en les compul- sant, y découvrit le manuscrit d'un vocabulaire du patois lyonnais. Cochard, dans les premières années du siècle, vers 1807, je crois, eut, en qualité de conseiller de préfecture du Rhône, à s'occuper de recueillir, pour le dépar-
(1) Voir à la fin de celte introduction, la bibliographie lyonnaise.
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Vï
tement, les traductions de la parabole de VEnfant prodigue, demandées par le Bureau de statistique au ministère de l'intérieur. L'idée de ce vocabulaire lui fut sans doute inspirée à cette occasion. M. Véricel a bien voulu mettre ce manuscrit à notre disposition. Il y avait quelque prix à recueillir ici les mots colligés par Oochard, soit parce que certains ont disparu, soit parce que les formes se sont modifiées. Nous les avons donc fait figurer dans le présent dictionnaire, en les marquant en tête d'un astérique. Nous avons dû en élaguer un grand nombre à cause de leur parenté ou de leur identité avec le français. Ceux qui restent ne forment qu'une petite partie du présent dictionnaire, un cinquième environ.
Il n'est pas sans intérêt de connaître ce qu'était Cocbard. Né en 1763, il mena d'abord de front les études de Tart héraldique et de la jurisprudence, et publia, à dix-huit ans, un mémoire intitulé Généalogies, qui fut inséré dans VÉtat de la noblesse pour 1782. Il était procureur au baillage de Vienne, lorsqu'on 1785 il fut revêtu de la charge de procureur du roi en la justice de Sainte-Colombe- lez- Vienne. Il publia des travaux d'histoire locale, de statistique, de jurispru- dence, fut appelé par l'assemblée électorale de l'Isère au conseil général de ce département, et par l'assemblée du district de Vienne au tribunal de cette ville; fut administrateur de THôtel-Dieu, du comité philanthropique et du collège de Vienne, se maria et se livra à l'agriculture dans le domaine de Sainte- Colombe, que sa femme lui avait apporté en dot. En Tan IV, il était président du canton de Sainte-Colombe , en l'an VI, juge de paix de ce canton et membre de l'administration centrale du Rhône. Peu après, nommé membre du direc- toire du département, il se fixa à Lyon et, lors de la nouvelle organisation administrative, échangea son titre contre celui de conseiller de préfecture. Il occupa ce poste jusqu'en 1815, où la réaction politique le fit révoquer.
De cette époque jusqu'à sa mort, en 1834, il continua de s'occuper activement de travaux de statistique, de recherches historiques, etc., et fut, avec ses amis Breghot du Lut et Péricaud, et quoique avec un ensemble de connais- sances inférieur, l'un des trois érudits lyonnais qui ont marqué cette période féconde. De 18^4 à 1831, il s'occupa activement d'un recueil précieux sous le rapport local, les Archives historiques et statistiques du département du Rhône, où il publia quelques pièces patoises. Cochard attachait de l'importance à l'étude du patois. L'habitude des recherches, le goût de la précision, contracté dans la pratique administrative et les études statistiques, doivent inspirer de la confiance en ses constatations, tout en faisant la part, bien entendu, de l'insuffisance des connaissances propres au temps. Il paraît avoir mis du prix à son vocabulaire, car dans un rapport adressé en 1822 à M. de Tournon, préfet du Rhône, au sujet d'un projet de Statistique du département du RJiônc, que M. de Tournon avait en vue, et pour lequel il avait consulté Cochard, celui-ci prend occasion de parler de ses travaux et cite parmi eux f un vocabulaire du patois de ces contrées qu'il a dressé et qui n'a pas vu le jour (1) *.
* *
La première remarque à faire sur le vocabulaire de Cochard. c'est (jue par- tout a tonique libre y est exprimé par a (vb. apparu, arregarda, dèson-
(1) Retue du Lyonnais, V'> série, t. xviii, p. 404.
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- vu
dra^ mena, semena, etc.; subst. ana, rada, etc.). Il ne faut pas le moins du monde en conclure que de son temps a égalât a. Dans toute la partie du Lyonnais étudiée dans ce présent livœ, a, au commencement du siècle, égale déjà ô, Dialêgxœ en patois de Saint-Symphorien : ètrôblot (stabula), pore (patrem)y alau « aller », intrau [intrare)', parab. de Saint-Symphorien : paure, amassau t amasser », aportau (ad port arc); parab. de Condrieu : pore, allô, tomba, se </a/d (vieux fr. galer); parab. de Fontaines ; appela, apporta, regalô « régaler ».
Mais la région qui n'est pas proprement lyonnaise, comme celle de la parab. des frontières du Forez et de la parab. d'Amplepuis, ont a = a. Cette région garde encore aujourd'hui la même phonétique.
De même le Bois-d'Oingt, à cette époque, avait encore a =i a. Parab. amassa, dissipa, rentra, garda. Aujourd'hui cette contrée a suivi le mouve- ment qui entraîne k 6 \ pô (passum), bô (bassum), tçanto {cantare), effilô « eflilé (1) ». Les quelques mots d'Alix, du Bois-d*Oingt, de Villefranche, que contient notre dictionnaire, confirment cette évolution. Beaujeu, quoique beau- coup plus loin de Lyon, avait déjà a = d au temps des parab. : pore, frôre, ramtissô, retrovô, graus (grassum).
Or il n*est pas vraisemblable que Cochard soit allé puiser ses mots dans la région particulière et écartée d'Amplepuis ou des frontières du Forez; il a dû évidemment les puiser dans les endroits avec lesquels il était le plus familier: Lyon, d'abord, où à cette époque le peuple parlait encore patois ; puis Sainte-Colombe, qu'il habitait l'été, et où il avait des propriétés (il y est mort); Condrieu, où il possédait des vignobles et dont il a écrit une Statis- tique très détaillée; Amplepuis, Tupin-Semons, sur lesquels il a aussi écrit. De plus il a intitulé son dictionnaire : Vocabulaire des mots patois usités dans le département du Rhône; c'était dire qu'il ne dressait pas le vocabu- laire de quelques communes éloignées (2).
Je n'ai donc aucun doute que Cochard a substitué partout a à <5 de sa pro- pre autorité, et simplement parce qu'il a considéré que ô était une pronon- ciation défectueuse de l'a étymologique. Il a cru donner la forme plus scientifique du mot. Ce qui prouve surabondamment le fait, ce sont quelques lapsus. C'est ainsi qull ècv'xHiègeo, regiffto, en oubliant de rectifier en liégea, rcgiffla. Nous avons mis partout la forme patoise réelle, sans répéter la forme de iZochard quand il n'y avait pas d'autre différence que celle qu'on vient de signaler.
il) Revue des Patois, tome I, p. 129 et suiv.
(2) A quelle époque remonte le changement de a en o? Il est probable qu'il duf s'opérer dans les campagnes avant Lyon, car les changements phonétiques ne se font pas comme une révolution politique, et le phénomène, pour s'étendre de Condrieu à Beaujeu, dut mettre d'assez longues années. Il dut se passer alors ce que nous voyons se produire pour a protonique, qui se transforme peu à peu et n'a encore passé à ô que dans un nombre restreint de mots, où souvent les deux formes coexistent encore. A Lyon a tonique = d apparaît a peine sporadiquement aux dernières années du XVIII* siècle, i^e noël de 1753 a partout a = a. De môme pour la chanson faite contre Perrichon par Laurès, en 1740 0<?^a, montra). Il faut arriver à 1776. à la chanson de Revérony (publiée dans la Revue du Lyoïui., V» série, t. I, p. 293) pour rencontrer quelques mots môles à ceux en a : patafina (de putidam finem), raconta, chanta, rolonta,èi côté de môre, flaume, (flamma), tausse « lasse », grauce[gratia)^cahriolau
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VIII
Cette préoccupation fâcheuse de rectifier un mot que l'on croit corrompu, et qui a pour résultat de créer un mot faux à côté du vrai, je l'ai rencontrée plus d'une fois chez les lexicographes. Elle ne laisserait pas d'ôter une grande partie de sa valeur au vocabulaire de Cochard, si elle se retrouvait ailleurs que dans le fait signalé; mais un examen attentif ne nous a pas fait décou- vrir d'autres déformations volontaires des sons. Partout ailleurs il s'efforce de les exprimer par les signes, et, lorsqu'il n'y parvient pas, il est facile, avec quelque connaissance du patois actuel, de rétablir le mot. C'est ainsi que nous savons que lorsqu'il écrit gorjnie, il veut exprimer la prononciation gôgnî.
Il est inutile de dire qu'il n'y a pas dans Cochard un seul exemple de a protonique = (5, puisque cette transformation, toute moderne, n'est qu'en voie d'accomplissement. Si elle eût existé de son temps, on en trouverait des traces, car le plus souvent il aurait ignoré si cet ô répondait ou non à un a étymologique, et n'aurait pas éprouvé le besoin de le changer.
Mais en retour on y trouve partout la forme archaïque ta des participes passés des verbes en y1 (cberchia, ccarmaillia, ècarquilUa, goucliia), et il con- fond môme parfois cette forme participiale avec l'infinitif du verbe (1), qui est en yi, après avoir dû être jadis en yer. Aujourd'hui, malgré parfois quelque hésitation encore existante, ce participe, par un besoin logique, s'est scindé en deux flexions : yî pour le masc, ia pour le fémin. : « Celo raisin est gouchî, cela vindômi est gouckia, »
On doit signaler un point intéressant du traitement de Vo fermé, soit libre, soit entravé. Dans le vocab. de Cochard, cet o = ou, tandis que dans nos campagnes o fermé entravé égale invariablement o, et o fermé libre tend de plus en plus à passer à o. C. donne écoulail les (acolailles), encoubles (incobles), poutringâ (potringô), jpourpa (porpa), gour (gor), mouttet (mottet), otirles (orles), maïotLsses [mayosses). Je crois que cette différence de traitement doit tenir surtout à ce que C. a puisé beaucoup d'exemples à Lyon, où l'on dit encore ourles, pourpe, goxir, A côté, C. a patrolli, polailli, trolli, qu'il a sans doute puisés dans la partie rurale, car à Lyon on dit encore patrouille^ poulaille, trouille, trouiller. Je vois donc moins dans les formes de C. des archaïsmes que des formes dues à une phonétique différente, tout en reconnaissant qu'avant d'être o, o fermé libre ou entravé a été ou.
Mais un archaïsme est à noter, c'est o fermé post-tonique représenté par ou dans emou (estimum), à Lyon ème. Cet ou post-tonique était de régie au xvir siècle, mais je ne le vois figurer nulle part depuis lors. Il existe encore dans le forézien.
t danser ». En 1784, dans \?i Chanson sur l'Ascension ajrostatique, il y a encore de Tincertitude : complimentau, biiclau, dïnau, invitaUt mais alla « aller », coûta € côté », enleva [in-levaré)^ inflave {in-f!abat), bramace « criait ». Vers 1807, dans le Dialogue entre deux habitants du Mont-d'Or {Rev. du Lyonn. loco cil.) a=ô : compaure (cum-patrem), brauve « brave », pau (passum); il est vrai qu'on rencontre nas (nasum)f mais comme il rime avec pas, négation, écrit plus haut pau, il n'y a pas à douter que ce ne soit une faute du copiste. L'unanimité des pièces du patois rural doit faire croire que ce changement était consacré dans les campagnes avant de l'être à Lyon. On verra d'ailleurs que, sous les traits communs généraux, il y a des différences phonétiques entre le pitois de Lyon-ville et celui du domaine rural. C'est le contraire qui étonnerait.
(1) Par exemple, naisia, rouir, qui doit être nai;l, partie, naisia.
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IX
Le vocabulaire de Cochard offre une autre particularité assez difficile à expli- quer. D'un bout à Tautre de Touvrage, dans tous les exemples donnés, le pronom personnel ille est exprimé par ou devant les consonnes et oui devant les voyelles. Or j'ignore complètement dans quelle partie du Lyonnais il a puisé cette fonne singulière. La parab. de Condrieu a è et c/ (employés actuel- lement à Villefranche). Les parab. de Saint-Symphorien, d'Amplepuis, du Bois-d'Oingt emploient a et al, comme, du reste, aujourd'hui tout le territoire dont la phonétique a été étudiée dans ce livre. La parab. de Fontaines, comme les chansons de Revérony, a t et iL Je ne connais au xviir siècle qu'un seul exemple de ille ■= oui, c'est dans le Noël de Jean Capon, édité par Cochard : « Ow/ en a yu, la charopa... (1) » — Peut-être était-ce une forme usitée à Vienne ou à Sainte-Colombe. Nous en sommes réduits aux conjectures.
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On doit parler en passant de l'orthographe des mots patois suivie dans le présent livre. L'auteur devait- il, comme on l'admet aujourd'hui pour les glos- saires patois méthodiques, adopter une orthographe purement phonétique, en supprimant toutes les lettres étymologiques et en employant, pour exprimer les sons qui exigent en français la réunion de plus d'un signe, des signes dia- critiques particuliers? — Gela était matériellement impossible, du moment que le dialecte lyonnais possédait des textes que l'auteur devait utiliser et où il devait puiser des citations. On voudra bien admettre qu'il ne pouvait trans- crire en une sorte de volapuk scientifique les textes du xiir siècle, dont on discute encore la prononciation exacte. Ce qu'on ne pouvait faii-e pour les textes les plus anciens, pouvait-on le faire pour les auti^es ? A quelle époque fallait-il abandonner l'orthographe des auteurs pour employer le volapuk ? Etait-ce au xvi% au xvii* ou au xviir ou enfin au xix* siècle ? Mais on a utilisé aussi des textes contemporains. Il eût été possible de rectifier leur orthographe, dh-a-t-on. Mais aloi-s quelle ressource aurait offerte ce dictionnaire à ceux qui, en lisant une pièce de Roquille ou de Gutton, sont arrêtés par l'ignorance de la signification de quelque mot (dont ils ne connaissent pas môme la prononciation) ? Ils auraient dû commencer, avant de chercher un mot, par le traduire d'abord en volapuk. On voit dans quel dédale d'inextri- cables difficultés c'était s'engager.
Il a donc semblé à l'auteur que l'orthographe phonétique, excellente lors- qu'il s'agit d'un patois qui ne possède aucun texte écrit, devait être ici abso- lument repoussée.
Il fallait pouitant représenter les sons de façon exacte, car ils sont souvent dénaturés de la manière la plus étrange par l'orthographe fantaisiste des écri- vains patoisants. Il était facile d'annver à ce résultat en indiquant entre paren- thèses, à la suite du mot, sa prononciation, comme Littré Ta fait pour le fran- çais. On a pensé satisfaire ainsi à la fois et à l'exactitude des textes et aux justes exigences de la phonétique.
Yoici donc les règles que l'auteur s'est posées :
(1) Ma mère, qui me chantait ce noël dans mon enfance, disait ainsi te vers : c 01 atx^otf, la charopa... » 01, oui pouvaient donc être parfois employés à Lyon.
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!• Dans tout mot tiré d'un texte dont on ignore la prononciation exacte, se bomer à donner le mot sans indication de prononciation.
2" Dans tout mot connu, existant dans un texte, donner l'orthographe du texte, et si cette orthographe est défigurée, en donner à côté une plus ration- nelle, mais en tenant compte cependant, par analogie avec le français, de certaines lettres étymologiques qui peuvent faciliter au lecteur, familier avec le français, Tintelligence du mot; par exemple en écrivant ant, le suffixe pro- venant d'antem, ous le suffixe provenant d'osws, ou le suffixe provenant d*orem. On n*a pas écrit our le suffixe provenant dorem, ni ôr le suffixe provenant d'are, parce que, en français r final se prononce après ou, o, et que le lecteur aurait été trompé sur la non-prononciation de la lettre étymologique.
3" Dans tout mot dont on connaît la prononciation, figurer rigoureusement celle-ci entre parenthèses, sauf à ne pas la répéter pour toutes les formes loi-s- qu'elle est suffisamment éclaircie par la prononciation d'une des formes précé- dentes.
4* Donner cette prononciation en procédant le plus possible par des notations connues de tout le monde.
Nous avons pu généralement atteindre ce résultat presque à l'aide des seuls signes français, en y ajoutant les signes Ih et nh, comme en provençal, pour indiquer / et n mouillées. Nous avons dû créer les signes é, en, an, on, dont on expliquera les sons plus loin. Pour le g palatal dur (devant e, i) nous l'avons exprimé, comme l'italien et comme Littré, par le signe gh, encore bien que gk = g dur soit un peu en contradiction avec n/i, Ih := n et / mouillées; mais cette notation avait l'avantage d'être déjà connue.
Nous avons laissé à la diphtongue oi (excessivement rare en patois) la gra- phie française, bien que divers auteurs aient cru en exprimer la prononciation par la graphie oua; mais celle-ci accuse toujours l'idée d'une diérèse qui n'existe pas dans oi.
Nous avons exprimé le son de Ve muet français (qui n'existe guère à l'état de post-tonique que dans les pluriels féminins et dans cei-taines formes verbales en patois) par e. et non, comme Littré, par une virgule supérieure. Nous croyons qu'en français Ve muet, lorsqu'il ne s'élide pas, représente une sonorité et non simplement la continuation de la consonne qui le précède (1). On doit pro- noncer roze et non ro^\ et ce qui le prouve, c'est la succession, exigée en pro sodie, des rimes féminines aux rimes masculines, dont elles ne différeraient sans cela, et encore pas toujours, que par la prononciation de la consonne finale quand elle termine un mot masculin. C'est dire que luth rimerait avec lutie, ce qui n'est pas encore admis (2).
(1) Il est par exemple impossible de prononcer triste temps comme trist'temps.
(2) Nous devons confesser ici une insufflsance dans notre transcription de la série des sons de la lettre e. Le français actuel connaît quatre sons pour e : e muet (crim^, Madeleine;; é formé {péché), è ^ ait bref (distrait, concret^ suivant les dictionnaires riment bien); ê, qui par la confusion des sons n'est parfois qu'une variante orthogra- phique {benêt ne se différencie guère de cornet), mais qui a cependant un son dis- tinct quand il est suivi d'une consonne qui se prononce (tempête, quête), et que nous avons adopté pour son correspondant en patois dans le dernier cas. Mais il aurait fklluun cinquième signe pour représenter un ê encore plus ouvert et pour qui la graphie française al (paît) est même insuffisante. Ce son, dans le territoire étudié, est particu-
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XI
On voit que Tauteur s'est efforcé de ne rebuter le lecteur par aucune diffi- culté de forme ou de prononciation. Il doit avouer qu'il l'a fait dans Tespoir, fondé ou non, de rencontrer des lecteurs parmi les Lyonnais, surtout parmi les étudiants, qui, possédant quelques connaissances en matière de philologie romane, seront désireux de les étendre dans le champ de leur dialecte local. Cette préoccupation expliquera aux romanistes de profession et leur fera excuser, je Tespére, ce qui sera souvent pour eux de vaines superfétations.
Les mômes préoccupations ont fait adopter un plan qui, au moins, je crois, a le mente de la clarté, mais dont la conséquence a été une augmentation considérable de travail.
On sait que M. Brachet, dans son Dictionnaire étymologique, a pris le parti, pour l'explication de chaque transformation de chaque mot, de renvoyer à un mot particulier où la loi était indiquée. Il nous a paru que ce plan pour- rait être très heureusement modifié, en dressant d'abord une phonétique méthodique, où les formules seraient inscrites par ordre de numéro, puis en renvoyant, pour chaque mot du lexique, au numéro de la formule. C'était se condamner, en vue de lecteurs problématiques, à un travail long, fastidieux et absolument inutile pour les romanistes. Je souhaite, sans trop oser l'espérer, que ce travail n'ait pas été absolument perdu.
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On a proscrit de ce dictionnaire non-seulement les mots empruntés au français, mais encore ceux qui, pouvant venir directement du latin vulgaire, ont une telle ressemblance avec le français, qu'il ne peut exister de doute ni sur leur signification ni sur leur étymologie; mais on a conservé ceux qui pouvaient avoir quelque particularité remarquable de sens ou de forme.
Autant que faire se peut, Ton a indiqué les formes particulières aux villages connus de Fauteur. Les fonnes où cette mention n'existent pas peuvent passer pour générales.
Enfin on n'a pas négligé d'y faire figurer certains mots du vieux lyonnais qui ont paru mériter un intérêt particulier, soit parce que le sens n'en avait pas encore été expliqué ou l'avait été de façon erronée, soit parce qu'ils pré- sentaient quelque particularité phonétique. On a, bien entendu, laissé ceux de ces mots qui sont communs avec le vieux français.
De plus, ce dictionnaire est étymologique. C'est ce qui a constitué sa principale difBculté. De toutes les parties de la philologie, l'étymologie est
lier à Graponne; il existe à Panissières dans les préfixes verbaux de dis et ex(dêquiotti). Nous avions représenté ce son par al, puis nous y avons renoncé (lorsqu'il n'était plus temps de créer un signe) pour ne pas exprimer un son unique par une diphthongue gra- phique Il suit de là que ê ne représente pas toujours, dans notre graphie, un son suffi- samment ouvert. Nous y avons quelquefois suppléé par l'annotation : t é prononcé très ouvert »; mais nous reconnaissons que ce procédé n'est pas très scientifique. Il y a là une lacune qui ne porte heureusement que sur un petit nombre de mots.
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XII
la plus Ingrate, pour ne pas dire la plus vaine. On y oscille peipétuellement entre le truisme et l'hypothèse. Quand les étymologies sont sûres, elles sont peu intéressantes. Il n'est pas très intéressant de vous apprendre que le lyonnais luna vient de îuna. Et si l'étymologie n'est pas sûre, vaut-il la peine de la donner ?
Devions-nous donc nous en tenir aux seules étymologies certaines? Nous ne l'avons pas cru . Même une hypothèse a son prix, parce que des mots découverts dans d'autres dialectes peuvent venir en démontrer plus tard l'exactitude ou l'inanité. Si de l'étymologie on devait bannir toute hypothèse, combien faudrait-il brûler de pages de YEtymologisches Woerterbuchf — J'ose ajouter que ces i*echerches sont les plus attachantes. Rien ne pas- sionne comme la poursuite de l'impossible.
On a donc divisé les étymologies en trois catégories :
!• Les ceitaines ou probables; 2" les douteuses ou fort douteuses, qu'on a marquées du signe (?); 3" les inconnues. On prévient d'ores et déjà que la discussion qui accompagne la mention : ètym. tnconn. n'a d'autre prétention que de soulever des hypothèses plus ou moins bien imaginées.
Un auteur est assez mal venu à parler du soin apporté à son ouvrage, qui est toujoui*s supposé. Il sera permis de dire cependant que les plus grands efforts ont été faits pour écarter de celui-ci les erreurs. On ne parle pas seulement des recherches personnelles de toute nature ; mais l'auteur a désiré de plus contrôler ses propres lumières par celles de personnes qua- liDées. Son collègue et ami, M. Vachez, érudit lyonnais, dont les travaux d'histoire et d'archéologie locales jouissent d'une si grande considération, et qui possède une connaissance approfondie du patois de la région dont Riverie est le centime, a bien voulu non seulement nous foumir les rensei- gnements les plus précieux, mais encore pi'endre la peine de lii*e le manus- crit de cet ouvrage pour le corriger s'il y avait lieu, et aussi pour le com- pléter.
Ce que M. Vachez a fait à l'égard du patois, un jeune ami, M. E. Langlois, professeur à la Faculté des lettres de Lille, ancien membre de l'École française de Rome, l'a fait en ce qui touche la philologie. Il n'a pas reculé non plus devant la tâche fastidieuse de lire d'un bout à l'autre ce long ma- nuscrit et de présenter ses remarques et objections lorsqu'il y avait lieu. Ses observations m'ont été précieuses, et toujours, car s'il m'arrivait de persister dans une opinion, elles m'obligeaient du moins à répondre par anticipation à des objections que je n'aurais su prèvoir.
Enfin, M. Ghabaneau, l'éminent professeur à la Faculté de Montpellier, a bien voulu lire attentivement, à mon intention, les trois premières livraisons de cet ouvrage et me communiquer ses précieuses observations, que j'ai consignées dans le volumineux supplément; et il a lu de môme, mais cette fois en manuscrit, la quatrième livraison et le supplément lui- même.
Je ne saurais oublier de mentionner ici M. Deresse, qui s'est occupé de recherches sur Je patois de Villefranche et a mis avec une inépuisable
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obligeance les i*ésultats de ses études à ma disposition ; ni MM. G.-M. (1) et G. Guigue, qui m*ont obligeamment fourni divera renseignements.
Je prie toutes ces personnes bienveillantes de recevoir ici l'expression de ma gratitude.
Malgré les recherches et les efforts qu*a coûtés ce livre, l'auteur ne s'abuse pas, et il ose dire qu'il en connaît toutes les imperfections. Il croit qu'une grande partie en aurait pu être évitée si un état de santé qui lui inter- disait « les longs espoii's », sinon « les vastes pensées », ne l'avait contraint à faire imprimer Touvrage au fur et à mesure de sa rédaction. Il savait combien un livre posthume, malgré le zèle de l'éditeur, est exposé à trahir souvent les intentions de Tauteur. Mais il en est résulté ce qui était facile à prévoir, c'est qu'au cours de l'impression, de nouvelles recherches, des ren- conti*es fortuites, des éclaircissements apportés par l'élude d'un mot nouveau ont modifié des opinions, fait découvrir des erreui*s ou des omissions. De la sorte, l'auteur a été obligé parfois de contredire à la un de l'ouvrage des opinions émises au commencement. De plus, des mots qui auraient gagné à être placés sous une rubrique commune, sont dispersés. Bref, on conçoit combien l'ouvrage eût eu plus de corps, plus d'unité, si l'auteur avait pu se livrer à une révision générale du manuscrit (2). On s'est efforcé de rectifier les erreui*s, de combler les lacunes, dans un supplément qui doit toujours être consulté concurremment avec le dictionnaire proprement dit. Mais les défauts subsistent, et l'auteur peut répéter les paroles de t L'oiseau de Tourval, Parisien, au favorable Lecteur François » en tôte du dictionnaire de Cotgmve : « Lecteur, TAuleur de ce livre, après avoir péniblement veillé et travaillé par plusieurs ans, sur cet œuvre, non moins, certes, ingrat que laborieux ; En fin est contraint de le laisser partir de ses mains, plutôt vaincu par la nécessité, que satisfait en son ûme de son propre ouvrage. »
Nyons, 23 mai 1889.
(1) Depuis que ces lignes ont été écrites, M. G.-M. Guigue, hélas, est mort.
(2) G'est ainsi que Tauleur n'a eu que tardivement l'idée de faire figurer les préfixes dans son étude. Il en résulte qu'on y trouve l'élude des préfixes ra^ ta, . lesquels sont peu importants ou douteux, et qu*il faudra aller chercher au supplément Tétude du préfixe ca, qui lient une grande place dans nos mois lyonnais.
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BIBLIOGRAPHIE CHRONOLOGIQUE DU DIALECTE LYONNAIS
XI* ET XIM SIÈCLES
I. — Fragment de V Alexandre, d'Albéric de Besançon; Bartsch, Chresto- mathie de l'ancien français^ 5* édition, Leipsig, 18S4, p. 18 : 42 vei-s. — Paul Meyer, Recueil d'anciens textes bas latins, provençaux et français, Paris, Vieweg, 1877, 2* partie, ancien français, p. 282, 105 vers.
M. Bartsch place V Alexandre au xi* siècle, et M. P. Meyer au commence- ment du xir. M. Conrad Muller (Die Assonartsen im Girart von Rossillon; Romanische Studien, Bonn^ t. m) attribue à la contrée lyonnaise Torigine de ce fragment. Il a été appuyé par M. Hermann Flechtner [Die Sprache des Alexander fragments des Alberich von Besançon, Breslau. 1882), qui y a recueilli des relations de sons et de flexions avec le texte de Marguerite d'Oingt(l).M.P. Meyer propose de lire AlbhHc deBriançon aulieu de Besançon,
XIII» SIÈCLE
II. — 1225. Le Carcabeau du Péage de Givors, publié par M. Georges Guigue, Lyon, 1883.
III. — 1260 circa. Terriers de Saint-Germaiii-au-Mont-d'Or et de Poleymieux, publiés par M. Philipon, Revue Lyonnaise, tome ix, p. 420,
IV. — 1277-1315. Tarif du péage de Lyon, inséré dans le Cartulaire muni- cipal de la ville de Lyon, recueil formé au xiv* siècle par Estienne de Ville- neuve, publié d'après le manuscrit original, avec des documents inédits du xir au XV* siècle, par M. M.-C. Guigue, p. 406.
V. — 1286-1310. Œuvres de Marguerite d'Oyngt, prieure de Poleteins, publiées par M. Philipon, Lyon, 1877. La première partie du livre, comprenant les pages 36-78, et les pages 90-93 sont en dialecte lyonnais.
VL — 1395 circa. Tarif des droits qui doivent être perçus sur les marchan- dises entrant dans la ville de Lyon, Cartulaire municipal (v. IV), p. 419.
XIV* SIÈCLE
VII — 1300. Acte de fondation de la Confrérie de la Sainte Trinité, Statuts et ordonnances de la confrérie, reproduits par M. Onofrio dans V Essai d'un Glossaire des patois de Lyonnais, For e^ et Beaujolais, Lyon, Scheuring 1864, p. XLII.
(l) Il est certain en tous cas que V Alexandre appartient à une langue intermédiaire, comme notre dialecte, entre le provençal et le français.
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XV
VIII. — 1300 ctrca. Leide de FArchevôché, publiée par M. Philîpon, Jîo- mania xm, p. 568.
IX. — Commencement du xiV siècle. Terrier de Roche for l, ibid. ibid., p. 582.
X. — 1314-1344. Le livre de raison d'un bourgeois de Lyon, texte en langue vulgaire, publié par G, Guigue, Lyon, 1882.
XI. — 1320. Décision arbitrale de Jean de Long-Mont, 9 lignes de texte en dialecte lyonnais, Cartulaire (voy. IV), p. 447.
XII. — 1340 circa. Reconnaissance aux citoyetis lyonnais du droit de 'peser leurs marchandises à domicile, publiée par M. Philipon, Romania, xiii, p. 570.
XIII. — 1341. Taille communale, id. id, p. 571.
XIV. — 1346-1376. Compte des fortifications de la ville de Lyon, Les Tard- Venus en Lyonnais, Fores et Beaujolais, par Georges Guigue, 1 vol. in-4», Lyon, 1886, p. 393.
XV. — 1350. Li contios por allar abatre Nerveu et Fouris en Foreis, Notice sur la destruction du château de Nervieu et de la maison forte de Foris, par M. A. Vachez, Vienne, 1877, p. 8.
XVI.— 1350. Li contios de allar abatre Peyraut. Notice sur la destruction du château de Peyraut, en Vivarais, par M, A. Vachez, Lyon, 1879, p. 23.
XVII. — XIV* siècle. Fragment d'un terrier lyonnais, publié par M. Philipon, Romania, xm, p. 584.
XVII (bis). — 1351. Règlement fiscal, publié par M. Philipon, Lyon-Revue, tome V, p. 178, 228, 280.
XVIII. — 1352. Inscription reproduite par Artaud. Notice des antiquités et des tableaux du Musée de Lyon, 1808, p. 57, par Comarmond, Description lapidaire du Musée de Lyon, p. 102, et par Onofrio, Essai, etc. (voy. VII), p. XLIV.
XIX. — 1352. Syndicat ou procès-verbal d'élection des conseillers de la ville pour Vannée 1353, Cartulaire (voy. iv), p. 455.
XX. - 1355. Id. id. pour l'année 1356, id. id., p. 462.
XXI. — 1358. — Id. id. pour l'année 1359, id. id., p. 466.
XXII. — 1358. Id* id. Tarif des droits à percevoir sur les marchandises entrant à Lyon. Convention entre les délégués du Consulat et Bernard de Varey, publiée par M. Philipon, Romania xm, 574.
XXIII. — 1373. Compte rendu aux religieuses de Saint-Martin-le-Paul, par Pierre de la Bète, clerc, leur procureur, dans le Polyptiqu^e de la Collégiale de Saint-Paul, publié par M. M.-C. Guigue, 1 vol. in-foL, Lyon, 1875, p. 209.
XXIV. — 1383. Compte de Jehan de Durche , dans Un Lyonnais à Paris, au XIV siècle, par M. Philipon, Lyon, 1883, p. 15.
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XVI
XV SIÈCLE
XXV. — 1410. Les possessions duprieui^è d'Alix^ par M. G. Guigue, Lyon, 1883, texte patois, p. 10. Ce fragment n'est qu'à demi-lyonnais et doit avoir été écrit par un Forézien.
XVr SIÈCLE
XXVL — 1526 circa, Noël Lessi chôma le pioche, dans le Recueil des Noëls vieux, Lyon, 1746, p. 121, réédité par M. Philipon, Lyon-Revue^ t. ix, p. 26.
XXVIL— I'* moitié du xvi* siècle. Noél Maigna, maigna, bien devons Noé chanta, id. id , p. 126; aussi réédité par M. Ph., loco, cit., p. 3i.
XXVIII. — 1566. Recueil faictau vray de la chevauchée de l'asne, Lyon, 1566, réimprimé dans les Archives historiques et statistiques du Rhône, t. ix, pp. 345 et 405 ; Recueil de la chevauchée faicte en la ville de Lyon, le 17 de novembre 1578, reproduite dans les Archives historiques, x, p. 401. Ces deux recueils ont été réunis dans un vol., Lyon, 1862. On y trouve un dialogue patois, p. 34.
XXIX. — 1594. Formulaire fort récréatif.,, par Bredin le Cocu, Lyon, 1594 et suiv., réimprimé par Techener, 1831. Une chanson patoise se trouve à la page 46. Le Formulaire a été reproduit en 1846, dans la Collection des Biblio- philes lyonnais,
XVII* SIÈCLE
XXX. — 1627. Entrée magnifique de Bacchus avec Madame Dimanche grasse, sans date ni nom d'imprimeur, réimprimé par Boitel, Lyon, 1838. Un couplet patois se trouve à la page 39.
XXXL — 1658. La Bernarda buyandiri, tragi-comedia, la l'* partie réim- primée par Techener, 1840; les 2 parties ont été réimprimées par M. Philipon dans La Revue lyonnaise, tome viii, pp. 474 et 616. Il en a été fait un tiré à part.
XXXII. — 1683. La Ville de Lyon en vers burlesques, rééditée en 1728 et 1750 à Lyon, réimprimée en 1846 dans la Collection des Bibliophiles lyonnais. Facéties lyonnaises, et par M. Philipon dans La Revue lyonnaise, tome viii, p. 673.
XXXIII. — 1690-1703. Chanson contre le due de Savoye et le prince Eugène, version bressanne, publiée parPh. Leduc, Chansons et lettres patoises. Bourg. 1881; version lyonnaise publiée par M. Philip. Lyon-Revue, t. xii, page 81 (1).
CD On a assigné à cette chanson la date de 4589-95; mais, outre d'autres raisons, il n'est pas admissible qu'on ait fait figurer un prince de Carignan comme général du duc de Savoye en 1589 95, lorsque la branche de Carignan ne fut fondée qu'en 1596.
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XVII
XVIII* SIÈCLE
XXXI V^. — 1723. Noël satirique en patois lyonnais^ publié très incorrec- tement dans la Collection des Bibliophiles lyonnais, Facéties lyonnaises, réédité par N. du Puitspelu, qui en a donné deux éditions, la !'• en 1882, la 2* en 1887, corrigée, Lyon, Storck.
XXXV. — 1730. Noëls nouveaux sur la naissance de notre Rédempteur^ Lyon, Revol. Contient le noél Lo polet ne fait que chanta, réimprime dans les Archives historiques, t. xiii. p. 'J51; dans la Collcct. des Biblioph, lyonn., et par M. Philipon, Lyon-Revue , tome ix, p. 63.
XXXVI. — 1740. —Chanson contre Perrichon, procureur du roi, par Laurès, imprimée dans VEnirée magnifique de Bacchus, Lyon, 1838, p. 46.
XXXVIL — 1744. Chanson des Taffetatiers lors de leur révolte à l'occasion des machines inventées par Vaucanson ; imprimée en 1744, reproduite dans VaiM^anson à Lyon, par Gonon, 1844, p. 83, et dans le recueil des Chansons, Noêls, etc., de la Collection des Bibliophiles lyonn.
XXXVIII. — 1744. Nouveau vaudeville patois chanté à la Comédie fran- çoise (1744), à Toccasion de la convalescence du Roi, contenant 9 couplets. Biblioth. de la Ville, no 12434.
XXXIX. — 1747. Recueil de nocls nouveaux^ composés par S'A. R., Lyon, Vialon. Noôl Levons-nos, mon grou Cola, réimprimé par M. Philipon, Lyon- Revue, t. IX, p. 68.
XL. — « Môme recueil, noôl Quentendo-ju marmota, réimpr. par M. Phi- lipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 71.
XLI. — 1751. La Fleur des Noels nouveaux, s. 1. n. d. Noël Prêtez l'oreille, habitants de la terre, où les paysans parlent patois, réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 75.
XLII. — 1751. Même recueil, Dialogue Tes veyquia donc compare::. Se trouve aussi dans La Fleur des Novls nouveaux sur la naissance de N.-S. J.-C,, Lyon, Juttet, 1752; réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix,p. 114.
XLIII. — 1752. La Fleur des Nof'ls nouveaux, édit. 1752, contient le noél Maty, reveilles-vous, Maty, réimprimé par M. Pliilipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 120.
XLIV. — 1752. Môme recueil. Noôl Allons donc vite, cher voisin, où se trouvent des couplets patois, réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 121.
XLV. — 1755. Recueil de Nocls nouveaux, Lyon. Noôl On fin vas-tu, grou Piro, réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 123.
XLVI. — 1757. La Fleur des No:'ls nouveaux, s. 1. n. d. (permis d'imprimer de 1757). Noôl dit de Jean Capon, réimprimé, mais sur une ancienne copie, par Cochard, dans les Archives du Rhône, t. xii, p. 231, réimprimé pai* M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 125,
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XVIÎÏ
XLVII. — 1757. Môme recueil . Noël Di-may Claitdot , n'enten-tu pas f réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t/ix> p. 127.
XLVIII. — S. d. Noôl Je pinsave mo cotairo, imprimé d'après une copie de Cochai'd par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, page 130. J'ai souvent entendu chanter ce noêl à ma mère, mais avec des variantes considérables.
XLIX. — 1773. Chanson à Toccasion du mariage du comte d'Artois par Revérony, dans le Recueil des chansons, noels, de la Collect, des Bibliopli. lyonn,
L. — 1776. Chanson sur le souhait d'une fête, par Revérony, publiée dans la Revue du Lyonn, V* sér. t. i, p. 295.
Ll. — 1784. Chanson sur l'expérience aérostatique, par Revérony, publiée dans V Homme de la Roche, de Cochard, 1828, dans la Revue du Lyonnais, Ir« série, t. vu, p. 478, et dans les Premiers voyages aériens, par R, de Ca- zenove, Lyon, 1887, p. 32.
Ll bis, — 1786. Chanson politique, par Revérony, publiée dans la Revue du Lyonn,, V« série, tome vi, page 260.
LU. — 1790. Chanson noiwelle sur la Bastille, publiée dans les Tablettes chronologiques de Pèricaud, Annuaire du département du Rhône pour 1833.
Lin. — 1794. — Chanson sur les Jacobins, par Revérony, UUniver et la patria, Biblioth. de la Ville, n« 12481, reproduite incorrectem. dans le Siège de Lyon, par Perenon, Lyon, 1825, p. 71.
XIX» SIÈCLE
LIV. — Peu après 1807. Parabole de V Enfant prodigue en patois de Condrieu, publiée dans YAlmanach historique et politique de la ville de Lyon, p. civ. La notice qui la renferme a été tirée à part.
LV. — Id. id. Parab, en pat, de Saint-Symphorien-le-Château, publiée dans les Archives du Rhône, t. iv, p. 148. La notice qui la contient a été publiée à Lyon, BaiTet, lb27.
LVL — Id. id. Dialogo de doux homos de la parochi de.,,, conte patois, publié dans la Revue des patois, t. i, p. 110.
LVII.— Id. id. Dialogue entre deux habitants du Mont'^d'Or, publié dans la Revue du Lyonnais, V série, t. i, p. 299.
LVIII. — 183. .. Ba//on d'essai d'un jeune poète forèsien (1), par G, Roquilli, R.-de-G., Magissol. Comprend 7 pièces patoises.
LIX. — 1836. Breyou et so disciplo, par le môme, vait Vardegi chis Piarre Guilleri, cofetsi, et vait Givors chis Dufornè.
(î) HoqulUe prend le litre de poète forèsien, Rive-de-Gler faisant auJourdUiui partie du département de la Loire; mais outre que le dialecte est lyonnais, Rlve-de-Gler avant 89, était paroisse et seigneurie du Lyonnais, archlpr. de Mornant.
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XIX
LX. — 1838. Lo Deputo manqua, par le même, à Rive-de-Gier, chez Point, cafetier.
LXI. — 1840; Lo Pereyoux, par le môme, à R.-de-G., chez l'auteur.
LXII. — 1843. — La Ménagerie, par le même, Lyon, Nourtier.
LXllI. — 1846. Hymna à la concorda, oux flfros de Mornant, pai*Condamin (Gutton), Lyon, Bourg (catal. de la Biblioth. Coste, n»» 12649, nouveau 715).
LXIV. — 1856. Le Ganduatses, par G. Roquille, 3 pièces, Lyon, Nigon.
LXV. — 1857. Poésies patoises et françaises, par le môme, Lyon, Nigon. Contient, outre les pièces ci-dessus, la Gorlanchia,
LXVL — 1858. Discours en vers patois, par le même, Lyon, Louis Perrin.
LXVIL — 1859. Rive-de-Gier (en français) suivi de lo Procès pardzu, Lyon, PeiTin.
LXVIIL — 1877 et suiv. Allons tous à la vogue, la Vogue du pays, la Vogue de Losanne, la Vogua du Zhorno, Félicitations aux habitants de Marcy- l'Etoile, 2e partie de la chanson de Marcy, Plaidoirie de l'avocat Jean Lioudo, chansons en feuilles, par Dubost, de Lentilly, horriblement incorrectes comme prosodie, mais où se rencontrent quelques mots intéressants.
LXIX. — 1883, Œuvres complètes de G. Roquille, Saint-Etienne, imprim. du Républic, de Za Loire. Réédition assez incorrecte, sans notes ni éclaircissements, des pièces de Roquille énumérées ci-dessus.
LXX. — 1887. Chansons populaires en patois du Bois-d'Oingt, publiées par le 1)»^ Gonnet dans la Revue des patois, t. I, p. 129.
OUVRAGES OU FRAGMENTS écrits en français, mais où les formes françaises se rencontrent.
XIII» SIÈCLE
LXXL — 1286-1310. Œuvres de Marg. d'Ovngt (voy. V), partie française p. 80-90.
LXXIL — 1389. Venu^e faicte à Lyon au Roy Charles, dans le Cartulaire (y. IV) p. 369, et Notes historiques, p. 371.
XIV* SIÈCLE
LXXIIL — inventaire de la Comptabilité de la ville, dressé par M.-C. Guigue (inédit).
XV SIÈCLE
LXXIV. — 1416-1421. Registres consulaires de la Ville de Lyon, par M.-C. Guigue, 1 vol. in-f, Lyon, 1882.
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XX
XVI» SIÈCLE
LXXV. — 1566. Chevauchée de Vasne, partie française (voy. XXVlll). Tous les auteurs lyonnais de cette époque ont des mots du dialecte lyonnais, notam- ment Paradin, du Troncy (v. XXIX) et même Rubys. On en rencontre aussi quelques-uns, plus rares, dans les auteurs du xvii* siècle
XVill* SIÈCLE
LXXVI. — 1795. Les premières pièces en argot canut sont deux placards : Déclaration d'amour.., et Réponse... Biblioth. de la Ville, n» 12402. Elles sont pleines de Tesprit lyonnais et fourmillent de termes techniques, ainsi que de mots patois francisés, mais sont très libres. Les prétendues lettres sont datées de 1795, mais je nhésite pas à les attribuer à Et. Blanc, qui revint de l'armée en 1798, et dut les faire paraître peu après, sous une date supposée.
XIX- SIÈCLE
LXXVIL — De 1798 à 1832. Œuvres d'Etienne Blanc, réunies en 1865 en un recueil intitulé Les Canettes de Jtrome Roquet, Lyon, Méra, imprimé par Perrin. Ouvrage curieux et très remarquable. C'est le modèle du geni*c lyon- nais. Quantité de vieux mots à y puiser.
LXXVin. — 1831. Cirqvllaire demi-rable des cordons biens, Lyon, chez les marchands de nouveauté, en feuille; très médiocre pièce politique, à propos des élections de Trévoux.
LXXIX. — 1831 circa. Le Songe de Guignol, publié par A. Fraisse dans le Salut public du 14 février 1865.
LXXX. — 1849-1854. Lettres à mon cousin Greppo, par M. Pérouse, publiées dans le Courrier de Lyon et réimprimées en brochure.
LXXXI. — 1* Les Embellissements de Lyon, pochade rimée ; V Les Embel- lissements de Lyon {suite et fin), par M. Pérouse.
LXXXII. — 1860. Visite à l'exposition de la Société des Amis-des-Arts, pièce signalée par M. Onofrio et que je ne connais pas.
LXXXIIL— 1865. Théâtre lyonnais de Guignol, publié pour la première fois, avec une introduction et des notes (par M. Onofrio), 1 vol. in-8«, Lyon. Scheuring, imprimerie Perrin.
LXXXIV. — 1870. Id. id. 2« série, môme éditeur et môme imprimeur.
LXXXV. — 1876. 1' La Consulte ; 2« Le Prix des coups de bâton. Deux pièces du Théâtre Guignol, par Louis Josserand, publiées par Élardin, tour- neur en bois.
LXXXVL — 1879. La Leçon de musique, scène du Théâtre-Guignol, par Laui'ent Mourguet, arrangée par son petit-fils Louis Josserand, publiée par Élardin.
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XXI
LXXXVII. -- 1882. Les Tribulations deDxiroquH, pièce de fabrique en trois longueurs (par Eug. André), in-8% Lyon 1882. La !'• représentation doit dater de 1860 environ.
LXXXVIIL — 1883. 1' Au Clair de la lune, pièce en 1 acte; 2» Le Déména- gement de Guignol, scène comique, par Laurent Mourguet, arrangée par son petit-fils Louis Josserand, publiées par Élardin.
LXXXIX. — 1883. Guignol député, pochade en 3 actes, par Coste-Labaume, représentée pour la première fois le 4 mars 1883, à Toccasion du banquet des anciens élèves du Lycée.
XC. — 1884. Le Pot de confitures, pièce en un acte, publiée par Élardin.
XCL — 1886. Gnafronfils (P. Bonnardel), 77ië<î<re, saynètes et récits, 1 V. in-8% Lyon, Bemoux et Cumin.
r
XCIL— Sans date (1887). Mémoires de V Académie du Gourguillon, tome I", Théâtre, 1 v. petit in-4% à Lyon-sur-Rhosne, chez 1" imprimeur-juré de l'Aca- démie. Le volume contient 5 pièces : Guignol député, les Maiins du Gour- guillon, les Fourberies de Guignol^ l'Instruction obligatoire, les Tribulations de Duroqttet.
XCIIL — 1890. Les Classiques du Gourguillon (recueil de pièces du Théâtre-Guignol), 1 v. in-S», Lyon. Le vol. contient 6 pièces : Guignol avocat» le Tonneau de Harengs, les Tribulations de Lacorne, Voiture à vendre, le Voyage à Fontaine, le Tambour de Chaponost, la Déclaration du petit Guignol,
XCIV. — 1890. Théâtre lyonnais de Guignol, Lyon, Mad. Monavon. Réédi- tion du théâtre publié par M Onofrio (v. LXXXIII).
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TRÈS HUMBLE ESSAI
DE PHONÉTIQUE LYONNAISE
NOTIONS GÉNÉRALES
Dans tout mot latin, français, ou patois, il y a une voyelle sur laquelle la voix porte plus que sur les autres. On l'appelle voyelle tonique ou accentuée. Les voyelles non toniques sont dénommées atones.
En latin, la voyelle tonique était l'avant dernière, , si elle était longue; et l'antépénultième, si Tavant-dernière était brève.
En français, Taccent est sur la dernière voyelle, quand celle-ci n'est pas un e muet, et sur l'avant dernière, quand le mot se termine par un e muet.
En patois, l'accent est, comme en français, tantôt sur la dernière voyelle, tantôt sur l'avant-dernière; mais dans ce cas, au lieu de se terminer par un e muet, le mot peut se terminer par a, e, i, o, atones, mais non par u, ni aujour- d'hui par ou. Au XVII* siècle, ou post -tonique existait, comme aujourd'hui en Forez.
Les voyelles, toniques ou atones seront divisées en deux classes : !• Les voyelles libres, c'est-à-dire qui sont finales, suivies d'une consonne unique, ou des groupes pr^ hr, ir, dr; 2* les voyelles entravées, c'est-à-dire celles qui sont suivies d*un gi'oupe de consonnes autres que les groupes ci-dessus. La con- sonne qui suit la dernière voyelle atone d'un mot ne peut jamais faire entrave.
VOYELLES LYONNAISES
A. — !• a = a dans mare; 2* à, dit a bref, i= a dans patte (l) ; 3* d, dit a long, = d dans âme; 4' a + n non suivie d'une voyelle = an dans manche; 5* à + n non suivie d'une voyelle est un son intermédiaire entre an et in, qui n'est guère usité que dans les verbes pour les 3* personnes du pluriel de certains temps.
E. — 1* e muet = e dans manne; 2* c^ dit e fermé = é dans vérité; 3* è, dit c ouvert, = è dans sévère; 4" é, dit e très ouvert, =: é dans même; 5* il existe un e encore plus ouvert, qui est môme insuffisamment représenté par ai dans paît; 6* è tonique = e français dans le enclitique : fais-le; ê tonique + ;i, non suivie d'une voyelle qui se prononce {en) est un son intermédiaire entre un et in;7^ e '^- u =: eu dans jeune (2); mais ce n'est pas un son proprement patois, et il n'existe guère que dans des mots introduits.
(1) Dans la graphie, la consonne double qui suit o,et qui est le plus souvent tt, marque a d'un caractère bref.
(2) Nous n'avons placé ni eu ni ou parmi les diphtongues, parce que ce sont des sons simples.
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xxm
I. — V tz= i dans ta ; 2' i + n non suivie d'une voyelle = in dans vin.
O. — !• 0, dit o fermé = o dans C(5^c'; 2" ô, dit o ouvert, = o dans co^^e (1); 3* ôf dit o très ouvert, est insuffisamment représenté par 6 dans dôme; 4* ô + n non suivie d'une voyelle qui se prononce est un son nasal inteimédiaire entre on et an français, et si voisin de an qu'une oreille qui n'est pas très exercée les confond facilement. 11 est surtout usité dans les verbes, pour les premières pei*sonnes du pluriel de certains temps.
4' o + w z= ou dans loup.
U. — !• M = te dans unité; 2^ u + n non suivie d'une consonne qui se pro- nonce =: un dans Melun, mais n'existe que dans les mots empruntés. Encore cet un passe-t-il le plus souvent à un son inteimédiaire entre un et in.
Diphtongues
AI, El, 01. Ces diphtongues n'existent guère que dans la région de Momant. Craponne n en connaît aucune. L'accent porte sur la première voyelle, et la prononciation de i doit à peine se faire sentir. AI = ai dans ail; El =: ei dans pléiade, méteil; 01 = oy dans noyé, prononcé à la lyonnaise, c'est-à-dire no-yé. En somme ces diphtongues sonnent comme les mômes diphtongues dans la prononciation adoptée pour le grec classique.
SEMI-VOYELLE uommée yotte, du nom de la lettre allemande comme laquelle elle se prononce. Ce son = î, y français en hiatus, comme dans7)te(i, allions, yeux.
VOYELLES LATINES
Ces voyelles sont A, E, I, O, U. ^
Dans le latin classique, chacune de ces voyelles se divisait en longue et en brève.
A long et A bref se sont confondus dans le latin vulgaire et ne se com- portent pas de façon différentes.
E bi-ef avait le son de c ouvert. ,
E long et I bref avaient tous deux le son de è fermé.
I long se prononçait t.
O long et U bref avaient tous deux le son de o fermé.
U long avait le son ou. Le son de u français n'existait pas.
Diphtongues
AE se confond avec E ouvert. OE se confond avec E fermé.
(1) M^me observation que pour a, note 1.
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XXIV
ÉTUDE DES VOYELLES C)
1. A latin libre = 0 (2).
Sanitatem = sandô Bladum = blô Pavum rs pôvo (Grap. )
Hapa = r6va Nasum = nô(s) Sibilare = sublô
Rem, — 1. Flatum =;fla(t), probablement parce que t final s'est fait stntir plus longtemps. Cependant à Gi*ap. il est déjà fi6.
2. SousTinfl. de lagutlur. (c, g, yotle), qui le précède, A devient 1 :
Casis = cbi(s) Gara = cliira Gabra = chivra
Scala = échila Cathedra = chira (3) (v. les vb. au { 16).
8. Dans les participes en ata et les substantifs en atem, k persiste maigre la pre- senca de la gutturale :
Medietatem = métia De In. virl = Tiria, tournée
Cruciata sa cruèzia De fr. bras =s brassia, brassée (4)
On a pourtant les deux formes média et mécliô (misculata)
Mais atum, précédé de la guttur .= I :
Carricatum = chôrgt Secatum = sévi Calcatum = choucht (5)
(1) Dans les notes les numéros entre parenthèses et en chiffres romains indiquent les numéros correspondants de la bibliographie.
(2) Jusqu'à la fin du xvm« siècle, A= A : xui« s., sal=: sal (II, p. 9, l. 10); XIV» s., levare = levar (XIII, art. 1) ; xv« s., rasum = ras (XXV, p. 13, 1. 13) , XTi« s., bladum = bla (XXVI. p. 29,1. 11); xvii» s., cantave = chanta (XXXI; ft* partie, v. 158); xviii* s., natum = na (XXXIV, v. 3). En 1776, on trouve déjà animas =saumes, in/lammat = inflaume (L, 6» couplet).
(8) Au xiii«s. cet A =: lE : carus = chiers (V. p. 56, 1. 14); caprae = chievres (VI, p. 419, I. 28); mais quelquefois A = E: capras^=i chèvres (IV, p. 409, 1. 2); casis :ss ches (XXI, p. 468, 1. 10). Au xvii*s. lE est réduit à I : capva ^chivra (XXXI, !'• partie, V. 14); cathedra = chira (XXXII, v. 96).
(4) De même au xin«s. pietatem = pidia (V, p. 77, l. 17), mais on trouve aussi pidie (V, p. 57, 1. 2, et 58, l. 17) ; medietatem s= meytia (VI, p. 419, 1. 11).
(5) Jusqu*à une date toute récente, cet atum = ia : xiv« s. mercatum = marchia (IV, p. 406, 1.30 et 3i;; paca<am = paia (X, p. 27, l. W), calcatum = chauchia (XVII, art. 59); laxitsitum= laissisi (XXVIII, p. 35, l. 6). Au xvii^s. on trouve peccatum = pechi (XXXI, 2* part., v. 302}, mais ia persistait dans les participes, et Cochard, dans son vocalmlaire, a encore ca/crt<«m = choitchia.
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PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXV
4. Dans un certain nombre de subst. fém. répondant au!C subst. fr. en ée, ata est devenu èya, certainement par l'intermédiaire du fr. ée : é-y-e éya èya. Ce phénomène a dû se produire par analogie avec les mots en eta* Au xiv* s. moneta = monneia (XVII bis. p. 193, art. 28).
Armata = armèya Spata = êpèya Liberata == livrèya, ruban (1)
Cet èya est aujourd'hui quelquefois devenu ê, écrit aX pour marquer Texcessivi ouverture du son. Ainsi livrèya est devenu livrai à Lentilly (LXVIII).
2. Nous avons expliqué que le groupe TR, DR, BR, ne constitue pas d'entrave. Aussi A suivi de ce groupe se comporte-t-il comme dans le n*l. Il importe peu que la première lettre du groupe tombe en patois, ni môme que le groupe latin ne soit pas BR,TR, si au contraire celui-ci existe en patois :
Patrem s= pore Ma(r)m(o>r = môbro
Quadrum = quore A(r)b(o)r = 6bro (8)
A entrave a sicbi des modifications diverses suivant les consonnes qui formaient l'entrave.
3. A suivi du groupe EL = Ô :
Tab(u)Ia =r trôbla Stab(u)la = étrôbla Amab(i)lem = am6blo (3) Rem, •— A a persisté dans sab(u)la = sabla.
4. A entravé par un groupe dont la première consonne est R = 0. 11 en est de même si cette consonne est L en latin, devenue R en patois :
Largum = lôrgi Partem ^ pôr(l) Lardum = lôr(d)
Harpa = ôrpa, griffe Barba = bôrba Balma = bôrma, coteau (4)
5. A entravé par JSS, ST (peu importe que le groupe persiste ou tombe en patois) = 9 :
Lassa =s lôssi Pasla = pôla Repastum = repô(s)
(1) Même phénomène en lim : épèyo, marèyo, marée (Ghaban). A Lyon, ces termes n'apparaissent pas que je sache, avant le nviv s. On trouve destinèya, anèya (XXX r part. V. 135).
(2) xm« s. patremzs pare (V, p. 43, L 5) ; xiv«s. fahrum = favro (XV, p. 12, 1. 18). Toutefois il arrive aussi que, v se vocalisant, on a fauro (voy. 164, 8*).
(3) Au xui« s. Diaholum =: Dyablo (V, p. 53, 1. 19;.
(4) A, dans ces conditions, persiste en vin. Au xiw s clarta (V, p. 63, 1. 2); au XIV s. sarssiy serge (XVII bis, p. 231, art. 16). Sur l'infl. de R pour l'élargissement de A en Ô, cp. son infl. pour l'élargissem. de E en A (voy. n» 24).
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XXVI PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES
6. r Si A, libre ou entravé, est suivi de L sèciie persistante, il y a hésitation entre le maintien de A et son passage à Ô :
Exemples du passage de A à Ô Gicala =s cigôla Galia = gôla, gale Pallidum =; P61o
Exemples du maintien de A Ala = ala Pala = pala, pelle Caballa = cavala (l)
2* A suivi de L mouillée donne lieu à 2 traitements.
à) Si L est mouillée par influence d'un yotte latin^ A persiste :
Seminalia = senalhe(s) Palea = palhi Formalea = formalhe(8), fiançailles
h) Si L est mouillée sous une autre influence que celle d'un hiatus latin, A passe à Ô :
Mac(u)la s= môlhi Qwaq(wi)la =;c61hi
Masc(u)lum = môclio, colique Demonac(u)Ium = demonôclio
7. Hormis les cas spécifiés ci-dessus, A entravé (peu importe que l'entrave ait cessé en patois) = A, et se prononce bref:
Vacca s vacbi Pacta = pachi. marché Mappa = màpa, plan cadastral
Maie hab(i)tum = mal ado Salvat(i)cam=: sarvajo Gatta = GhÀta
8. A, libre ou entravé, devant une nasale (n, m) non suivie d'une voyelle en patois, persiste nasalisé :
Sanum s=: san Panem = pan Sanctum = san(t)
Infanlem = efan(t) Levamen s levan Gamba = chamba (2)
Rem. — Sous Tinfl. de la gutlur, A + N a passé au son IN dans canem = chin, mais le même phénomène ne s*est pas produit dans ligamen =lian, ni dans paganum t=s pacan. Il est vrai que ce dernier vient du provençal.
9. 1* Si la nasale est suivie en patois d'une voyelle, A persiste sans se nasaliser :
Grana s grana Plana = plana Graminem = gramo, chiendent (3)
(1) De môme, en français, A tonique libre a aussi des tendances 'à se maintenir devant L : malum =a mal; eqwaîem z=zégal; legalem^^ loyal; regalem = royaL
(2) De même en vin. à toutes les époques. Au xiir s. panem = pans (VI, p. 419, 1. S2) ; manus=: man (XII, art. 1). An xvii* s. ma?^ deman (XXKI, !'• part. v. 27. 28) ; maie sanum = mal sin (id.. v. 198) est une infl. dVil.
(8) De môme en vin. Au xiv© s. fontana, lana (VIII, nrt. 20 et 25).
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PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXVII
2*» Il en est de même si L est mouillée : Castanea=:chôtagni Avôllanea = aulagni Planea = plagni, plaine
Rem» — 1. A Morn , Yzer. planlle =plôni, plôgnî, petit pré. Il est à croire que le passage de A à 6 prendra le dessus. A Crap., lana = léna sous infl. du fr.
2. A R.-de-G. et aux environs, A plus nasale non suivie d'une voyelle en roman =i souvent ON:
Manus =s mon De mane = démon Famen s fon Sanguinem ss son
Mais panem = pan, sanctum = san, infantem = ëfan, et canem = chin, comme dans le reste du Lyonnais.
10. A, suivi d'une gutturale, elle même suivie d'une consonne qui se prononce en patois = AI (prononcé un peu moins ouvert que È) ou É, suivant les villages (1).
Facta =faila, féla Aqw(il)a = aiglo,églo Acrem =algro. égro
Fraxinum = fraissi on fréno Aqwa = aigui (2) Fag(i)na = faina, fouine (3)
11. Mais A, plus gutturale, non suivie d'une consonne qui se pro- nonce, ne devient jamais É et garde le son AÎ (prononcé plus ouvert que Ê français) :
Illac = ilal, là Lactum = lal(t) Faclum = fat(t) (4)
Plaga = plai(e) Magidem = mai(e) Magis =: mai, davantage.
De môme, par conséquent, dans le suffixe ACUM, ACUS : Athenacum =: Ainay (5) Bessenacus = Bessenay Brenacus = le Barnay (6)
Il en a été de même pour le suffixe lACUM, lACUS dans les noms de lieux suivants :
Prisciniacum = Brignai(s) Cassiliacum =Chas8elay Poloniacum = PolHonay Salsiacus = Sarcey Garniacus = Gharnay Cabiniacum = Ghevinay
(1) Craponne est particulièrement adonné aux formes en é,
(2) Dans aigui^ il n'y a de lyonnais que la désinence. L'origine est prov. {oiga).
(3) Au xii« siècle, facit =zfag{l, v. 59), facere = fayr (Id. passim); aigui (V, p. 74, 1. 9, 15, 2*2, 23): adfactala = afaitia (IV, p. 406, 1. 13). Le Garcabeau a eiguy (II, p. 8, 1. 12) ; au xv« siècle, aygui (XXV, p. 12, 1. 12) ; au xvu* siècle, aiguë (XXXI, 2* part., V. 176) ; acrem=. aigrou (Id., 2» part., v. 156).
(4) A R.-de-G. le c tombe sans laisser de trace : factum = fa(t),
(h) Au xiu» s., Athenacum = Eynai (IV, p. 408, 1. II) pour Aynai, Gela prouve que les prononciations de ai et ei étaient à peu près équivalentes.
(6) Dans le Beaujolais, soumis à une autre phonétique, acum a donné as; Arna- cum r= Ama(8) *» Avenacus = Avena(8); ï'rontanacum = Frontena(s).
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XXVIII PHONÉTIQUE, VOYBLLliS TONIQUES
12. Mais lACUM, lACUS donne communément Y en lyonnais par la résolution de la triphtongue lAI, lEI en I :
Ireniacum = Irigny Albiniacum = Albigny Maximiacum = Messimy
Thiziacum =: Thizy Sessiacum = Ghessy Vimiaciim = Viiny (1)
Rem. — Dans la Dauphiné et le Bugey lAGUM» IA.GUS ont donné «eu, ietix (Lali- niacu8= Lagnieu; Ambariacus =Ambérieu; Quintiacum = Quincieux, etc.) pro- bablem. par la chute du c. La forme daupliinoise se retrouve en lyonnais dans
Amberiacum = Amhériett(x) Gondriacum = Gondrieu Floriacum = Fleurieu
13. !• Le suffixe ARIUS, ARIUM = î :
Februarius = furt Vervecarius = bargî Asinarius =: ont
Hastellarium = ôtelt Nucarium = noyf Bucarium =s buyt, cuvier à lessive.
2* Le suff. ARIA = IRI :
Garriara = charriri, rue Avenaria = aveniri, champ d'avoine.
Gasearia = chasiri, panier à fromages Bucataria = buyandiri, blanchisseuse.
Mais lorsque ARIUS ARIA ne sont pas à l'état de suffixe, ils égalent AIRI:
Paria == pairi
Bem, — 1. Dans un assez grand nombre de noms de métier, arius a donné airo assé à éro dans certains villages.
Marrarius = marrairo, terrasier De In. grolla = groUaire, regrolleur
Molarius = amolairo, rémouleur Pectinarium = pignairo, peigneur de chanvre
De patta = patairo, chiffonnier Sectarius = Setairo, scieur de long (2).
(1) En Beaujolais iacum = ié : Julliacum = Jullié; Lentiniacum = Lantignié; Riniacum =s Régnié; Quinciacum = Quincié; Serciacus = Gerdé. Parfois môme l'yotle est tombé : Mauriacum = Moiré, Morenciacum = Morancé.
(2) On a expliqué le double traitement de arius en vin. de la manière suivante : !• Le suff. iarius (= carius, garius) a donné ter en vin. (il en est de môme si la gutlur. est séparée de a par une cons.) : precoria = preyeri (V, p. 53, 1. 20); domi- 7iiarium = dongiers (V, p. 73, 1.28); sextarium = sestier (IV, p. 408, 1. 20); tegularius = tiolier, clocarium = c/oc;iier (Arch. m. GC, 191); 2* le suff. arius, aria, non soumis à Pinfl. d'une palatale aurait donné eyr, er, eri : Volttntarius = volunteyrs (V, p. 46. 1.21); primaritts = primer (VIII, art. 2i); canabarîus = chenaver (XVII, art. 22). Puis, pendant le xiV s., la terminaison ier se serait substituée, par analogie, à la terminaison er eyr. On pourrait conclure de là que les mois actuels en airo seraient des mots qui auraient résisté à l'influence analogique. Mais il existe des mots en airo où l'infl. de la palatale aurait dû se faire sentir. Si, au XIV» s. tegularius a donné tiolier, sectarius n'aurait pasdûdonner setairo, mais setier sefl; pectinarius n'aurait pas dû donner pi^watro, mais pignier pignt. Il paraît donc probable que, dans ces doubles formes en ier et en airo, il y a la rencontre de deux phonétiques. Il est à remarquer que les formes en l sont de préférence employées aux
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PHONKTIQUB, VOYELLES TONIQUES XXIX
2. Par analogie on a forgé des mots où le suffixe atro n'a pas le carac- tère de nom de métier :
De lingua = lingairo, bavard De bibere = bevairo, buveur
Hem. — Dans le territoire étudié dans cette phonétique, ces mots ont cela de parti- culier que le féminin est formé irrégulièrem. par la désinence uza : linguza, bevnza, ce qui indique que dans ces mots, récents. le féminin a été fait par analogie av. le sufT. fr. euse, et que le masc. airo est lui-môme substitué au fr. eurÇi).
INFINITIFS EN ARE
On a vu (i 1) que A ionique libre ^ Ô : aimô^ chaniô. Toutefois des influences dont il a été parlé plus haut ont modifié cette loi dans un grand nombre de cas, et alors ARE = î. C'est ce que nous allons étudier ^ en exposant d'abord tous les cas où Vinfinitifest en 0,puis tous ceux où il est en î.
14. ARE = 0,
1* Quand il est précédé d'une dentale (t, d) non précédée elle-même d'une gutturale, soit que la dentale persiste, soit qu elle tombe en patois :
Movitare = modo, s'en aller Nodare = nuô
Ad-badare = abadô, ouvrir Putare = pouô, tailler la vigne
2* Quand il est précédé d'une labiale (p, 6, /*, v) :
Crepare = crevô Galefare = charfô
Gubare = covô Lavare = lavô
3* Quand il est précédé d'une liquide ou d'une nasale (r, /, n, m) non mouillée, sauf r précédée de i :
Âd-parare = apparô, retenir un objet Sonare = sonô, appeler Sibilare = sublô Pumare = fumô
environs de Lyon, et que celles en airo se développent à mesure que l'on s'approcbe du Forez. Elles sont dans leur plein à R.-de G.
Quant au suff. anus, il n'est jamais traduit en vin. par airo, mais par er, eyr. Déjà, au xi% xn«8., on trouve volunteyr (I, v. 77). 11 serait plus que surprenant que partout la graphie ey eût été substituée à la graphie ai, qu'on retrouve pourtant dans paria = pairi. Gela donnerait créance à l'hypothèse de la substitution, en latin vul- gaire, du suff. erius au suff. arius, proposée par M. Groeber, quoiqu'on y oppose l'ubjection que mereat^ où e se trouve dans la même situation que dans erius, a donné m/re. Mais on sait que les mômes voyelles, employées comme surfixesou dans le corps du mot ne subissent souvent pas le même traitement. Il est à remarquer que, dans le même fragjnent d^ Alexandre, cité plus haut, on trouve primier et non primeyr, sans qu'on puisse trouver un motif pour la différence de traitement enti'e primariiis et voluntarius,
(1) Ne pas confondre le suff. oiwt, d'or la, avec la forme fém. de airo, ïna bavouéri, i Yzer. une bavarde, est fait par le radical bav et le saff* d'oria*
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XXX PHONBTIQUE, VOYELLES TONIQUES
4'* Quand il est précédé d'urte gutturale (e, g) dure en patois. Dans ces mots Ô n'est pas le produit d'une transformation directe de ARE; ce sont des mots introduits de dialectes étrangers, ou des dérivés formés généralement sur un substantif, ou enfm des onomatopées :
Pr. frascar = defracô, briser De In. glga = gingô, regimber
Pr. bolegar = bolicô, agiter De brlga =s s'embringô, s'embarrasser
De fr. sac = se sac6, se blottir De onomat. roc = rocô, heurter (1)
15. ARE = î toutes les fois qu'il se trouve dans le voisinage d'une articulation palatale (?). On peut classer les faits sous les catégories suivantes.
1* Quand le verbe latin est terminé par eare, iare :
Pretiare =: prisî Drictiare = dresst Scoveare = coivt, Imlayer
Minatiare = menacî Molliaro = môlhî
2* Quand il est précédé d'une gutturale fc, gj) soit que cette gutturale persiste sous une forme adoucie, soit qu'elle soit devenue yotte :
Exemples du premier cas
Circare = Gharchî Manducare = mingt
Praedicare = prakht Fodicare = fougî, labourer à la bêche
• Exemples du second cas
Pacare = payf Âpplicare = applayt, meUre au joug
Secare = seyî, faucher Jocare = joyî
3' La finale est encore en î lors môme que la gutturale est séparée de A tonique par une dentale (t^d.s) ;
Affeclare = affeilî. cribler le blé Inteclare = inloyt, mellre à Tabri
Impactare = impachî, empêcher Ajutare = aldî
A'»acsare = baissi, baisser Lacsare = lalssî
Jactare = jitô est une exception qui s'est également produite dans le Tieux franc. getter pour gettier (3). Dans succutare = secoyî, l'influence de la gutturale paratl •*ôlre fait sentir, même malgré la barrière interposée par la voyelle u.
(l)Tous les verbes compris dans ces quatre catégories donnent A en vin.
(?) Aux xiii«, XI v«, XV» s., I moderne était 1ER : deleilier (V. p. 39, 1. 5); laysier (V, p. 65, 1. i8); changier (VI, p. 4*23, 1. H); tailliev (Id. p. 423, 1. 18); sonhier (XXV, p. 16, l. 9). Au xvr s. cet ler se réduit à i; 6ai7/y(XXVIII, p. 36, dern. l.).
(3) Voyez le Dictionnaire à jiiô.
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PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXXI
Rem* — 1. La finale du verbe est encore en 1, si la dentale s, au lieu d*étre précédée d'un yotte est précédée d'un i voyelle en patois, quelle que soit d'ailleurs Tétymologie :
Bris!, briser . Frist. friser
Pissi, pisser Batist, baptiser (1)
2. La sifflante dure S (= ss) détermine le plus souvent une finale enl :
Lôssi (2), lasser Oahossi. bossuer Tussl, tousser
Possi, téter Conlraci, contrarier S'acassi, tomber de fatigue
Imbrassi^ embrasser Gassi, secouer Crossi, bercer
î)ansi, danser Tracassi, tracasser Agaci, agacer
Petassi, mettre des pièces Perd, percer Depilhorci, écaler
Deborsi, enlever l'enveloppe épineuse des châtaignes (3).
Le phénomène est en voie de formation, ce qui expUque les exceptions (4) :
Gassô, casser Se trossô, se trousser Passô, passer
Lossô, lasser, à côté de lôssi Pressô,àcôté de pressa, presser
3. Mais la finale 6 persiste lorsqu'elle est précédée en patois de s douce i
Peso, peser Epousô, épouser
Posô, poser Rasô, raser
4" La finale du verbe est en I toutes les fois qu'elles est précédée d'une liquide ou d'une nasale qui s'est mouillée (c'est-à-dire de Ih ou de gn) en patois pour une cause quelconque, et quelle que soit d'ailleurs rétymologie :
Bailli, donner Folhi, fouiller Barfolhi, bafouiller
Pitrogni, manier grossièrem. Gagni, rabrouer Ghancagni, gronder
(1) Ce phénomène étant en voix de formation, souffre des exceptions; on dit hatisô à côté de batisi, et môme de hatéyX,
(2) Concuremment avec lossô.
(8) On a contesté cette influence de la sifflante dure, mais elle n'est pas douteuse. La finale t, prétend-on, serait due à l'interposition d'une palatale et à la création de types bas latins, tels que hassiare, cabossiare, c La sifflante dure n'aurait pas d'action sur a, ainsi que le prouveraient les formes passar, pensar, eonfessar dans le vieux lyonnais ». Le phénomène étant, comme le passage de a tonique à ô, tout récent, il est certain qu'on n'en doit pas trouver trace dans le vieux lyonnais, et encore plus certain que beaucoup de ces mots n'ont pas été faits sur des types bas latins. Je ne pense vi-aiment pas que cabossi ait été tiré d'un latin vulgaire ca6o5^tare. On a fait la môme observation sur i post-ton. précédé de s, et on cite tôssa, gvossa (pour groussa)^ elc. Cela prouve simplement que le phénomène est en voie de formation. A Paniss., vapi- dosus a donné vadou, fem. vadoussi. Dira-ton qu'il y a eu un vapidotia, fém, de vapidosfM f Maseuîatum, à Morn., a donné mac/ta, fém. maclia,ssi, Dira-t-on qu'il y eu un type mascuîatia t
(4) Ces exceptions ne représentent cependant qu*une petite minorité.
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XXXn PHONÉTIQUE, VOYELLES TONIQUES
5* La finale du verbe est en I toutes les fois qu'en patois elle est pré- cédée du groupe IR (1).
Deguiri, déchirer Tiri, tirer
Viri» tourner Impiri, empirer
Rem, « Dans les verbes & infinitif en t, cet i a protégé a dans les participes passés, et ta n'est jamais deyenu iô. Ainsi, tandis que cantatum donnait chantô, carricatum donnait chargia. Cette forme en ta qu'on trouve invariable dans Goch., est à peu près disparue au masc.,et a été conservée au fém. pour marquer le genre, de sorte que Ton a aujourd'hui carricatum = chargt et carricata = chargia. Au plur. carricata et carri- catae = chargié(s). Dans les adjectifs à désinence verbale, mais dont l'infinit. n'existe pas, la forme ta persiste intégrale. Aisia signifie aisé et aisée. On n'a pas aist
E
16. E dit E fermé (comprenant E long, I bref, Œ des classiques), libi-e et suivi d'une consonne qui se prononce en patois = Ê, Cet È tend, dans le patois moderne à passer à É (2).
Potere = pouére, pouére, pouvoir Avena =r avèna, avéna, avoine Stela = étèla, étoile Strena = étréna, étréna, étrenne
Pœna = pèna, péna, peine Mlno = je mèno, je méno, je mène
Rem. — 1. A Mornant feria = fieri. C*est Tyotte de la diphtongue primitive dans feiri, qui a passé devant e.
2. Dans vldva = vava, influence de la labiale.
8. Dans t6(g)ula = tioala, la chute de ^ a mis en contact ei et te, ce qui a formé une triphtongue dont le 3* élément s'est emparé de l'accent. La l** partie, devenue atone, s'est facilem. réduite à t.
(1) Cette influence est déjà marquée dans le vieux lyonn. CtViVr, sceller, dans les Comptes municipaux du XIV* s, ; Retiri (XXXI, !'• part. v. i66). M. Ascoli a remar- qué le môme fait dans le dauphinois : virié^ tiriè {Schizzi franco-prot>ençali, p. 81). Il se retrouve fréquemment dans les patois franco-provençaux.
(2) En vieux lyonn, cet Ë était El (noté aussi ey^ ay, ai). Il n'y a pas de doute qu'à l'origine la diphtongaison de El se faisait sentir, xiii* s. iela = teyle (II, p. 5, 1. 18) ; te{n)sa = teise (id. 8, 1. 13). xiv« s. me{n)sem = meis, pe{n)sum = peis (XII, n* 8) ; heri scrum =s arseir (X, 27, 1. 18); xvi» s. fidem =s fey (XXVIU, p. 39, 1. 9); xvn« s. habere = avey (XXXI, l'* partie, v.2); regem = Ray (XL, p. 72, 1. 11). La graphie ei est encore usitée par beaucoup de patoisants.
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PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXXIl!
17. Lorsque É est suivi en latin d'une dentale (t, d) qui tombe, plus une voyelle qui persiste, le lyonnais introduit un yotte pour détruire riiialus, et E fermé devient È :
Seta =r séya, soie Meta = mè-ya, meule de blé
Credo = je crè-yo Fêta = fè-ya, brebis
Rem. — On dit aussi faya et maya. Peut-être le passage de e à a a-t-il eu lieu sous riiifluence de y (1)? Mais on n'a ni saya ni crayo.
18. Le phénomène suivant est particulier à Craponne.
E fermé = Ê prononcé extrêmement ouvert et habituellement écrit AÎ pour mieux marquer Touverture du son :
!• Quand il est libre et suivi d'une consonne qui ne se prononce plus^ en patois;
2* Quand il est entravé par une gutturale, plus consonne, qui ne se prononcent plus en patois.
EXEMPLES DU l** CAS
Sérum . s sai Patrie(n)8i8 s= patuat, patois
Habere = aval Nivem = nat
Rem, 1. — Vicis a donné le plus souvent vè, & R.-deG. vé.
EXEMPLES DU Z* CAS
Serpic(u)lum = serpat Vermlc(u)lum = Tarmat
Ârtlc(u)lum = artaf . Nlgrum = naf
Rern, 3. — Les mots ci-dessus, qui ont donné Al dans la plaine, aux environs de Lyon, ont généralem. donné è plus loin, et é à R.-de-6.
3. — Tandis que E tonique libre, dans la finale ERE des verbes de la 2* conjugais. lat. = AÎàiix environs de Lyon, et Ê à R.-de-Q„ il = I àMorn., sans doute parce qu*on a. fait passer c^s verbes dana la 4« conjugais.
Habere = avi Valere == vali
Volere s=s voli De sapio = sachi
4. — Quelques infinitifs des verbes de la â« conjugais. ont été refaits sur le participe passé. A Morn.,implere = implore, debere = dure.
19. E fermé, plus gutturale suivie d'une consonne qui se prononce (pourvu que cette consonne ne soit pas L mouillée) = El, ainsi ortho- graphié dans les textes,. et dont le son est intermédiaire entre Ê et É ;
Picata = feigi, foie Nlgra = nelri, paresse
I4g(e)rim = Leiri,. Loire (ii)
(1) Le xin- s. a feya (II, p. 10, 1. 31).
(2) Au xwi* Éisferim^Leîri (XV, p. Il 1. 7) ; lignum = leigny (Id., id., 1. 10).
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XXXIV PHONETIQUE, VOYELLES TOXIQUES
20 E fermé, suivi d'une gutturale plus L mouillée = I (1):
Apicula = avilhi Cornicula = cornilhi, crossette de la vigne
Vigilia = vilhi Lenlicula = lintilhi
21. E fermé, variable ou entravé, suivi d'une consonne qui se pro- nonce = È :
Fleb(i)lem = fèblo Fém(i)na = féna, fëna
Missa ^ mëssi Sem(i)no := je sèno
Rem. i. — Grap. dit sôno, fôblo.
2. — Filicem = fugi, probablement par Tintermédiaire dune forme fengi, où Il provenait de la yocalisation de l.
22. E fermé, plus nasale (n m) non suivie d'une nasale qui se prononce = IN (peu importe que in soit final ou ou suivi d'une consonne qui se prononce) :
Hacemum = résin Lingua =: lingua
Venenum = vérin Ginerem = cindra
Rem. i. — Ce groupe e plus m adonné tan dans
Fimum = flan in simul r=: insian
2. — La rencontre de de et t dans de-intus a donné diens (di-in) à Gondrieu.
8. — Si la nasale est suivie d'une voyelle, E ne se nasalise pas et rentre dans la loi générale 16 (ex. pena, str6na, avena, etc.).
23. E fermé libre, précédé d'une gutturale et suivi ou non d'une con- sonne qui se prononce = I :
Mercedem as marci Geram = ciri
Licere sa leizi, loisir Desce(n)sa = decizi^ descente au fil de Teau
Page(n)sem s pa-y Ecciesiam = élhisi
24. E fermé, E ouvert ( = E bref, iE des classiques) entravé par R plus consonne = A (comparez avec § 4) ; peu importe que l'entrave soit lalîne ou patoise :
Pertica s parcbi Nervum nàr Infemum = infàr
Versus = vâr(8) Viridum = vàr(d) Ferrum = fâr (2)
Rem. 1. — Â se conserve môme après que R est tombé: perdere =:pâdre.
2. — Persicum fait exception. Il a donné persi, pèche. Je ne doute pas que R.-de-G. ne dise parsi. De même ferire = fierdre, mais R.-de-G. dit je fiardo.
3. — Si Eest entravé par RR suivis d'une voyelle. Il persiste. Serra = 8611^, werra = guerra; vitrum, où i est devenu entravé en patois, n'a pas donné varro, mais verro.
(1) En français, dans ce même cas, c'est-à-dire devant l mouillée, et s'est maintenu au lieu de devenir oi: apicula «= abeille, cornicula «= corneille, tandis quTiabere = avoir, fidem = foi, etc.
(2) Ce phénomène est moderne. Au xiv« s. ferrum = fer (XVI, 26, 1. 1).
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PHONÉTIQUE, VOYELLES TONIQUES XXXV
25. E ouvert, libre = ï. cet i est le résultat de la réduction de la diphtongue lE (1) :
Pe(d).et)[i =: pt Be(d)um = bi, bief Cathe(d)ra = cadiri
Fe(b)rem =s flra Pe(t)ra = pira Illa hedera = Tira
Neb(u}la = gnibla Petia = pici
Rem. 1. — Si Ton analyse ces exemples, on verra que, dans tous, sauf pi et gnibla e est suivi d'une r en roman ou bien s*est trouvé dans le voisinage d'un hiatus. Dans quelques formes verbales, e a persisté comme dans le vieux lyonnais :
Levât = a lève Tenet = a tin(t)
Bram = j'èro (St-Symph.)
2. — A R.-de-G, E ouvert libre = E dans médium = mé, per médium = parmé.
26. E ouvert libre, suivi de R (ou de L devenue R en patois), lorsque celte R est finale en patois = lA. La diphtongue lE, au lieu de se réduire, s'est ainsi élargie. Ce phénomène qui commence à s'accuser à Mornant, est dans son entier développement à Rive de-Gier.
Ferum = fiar Heri = hiar Mel = miar
Fel = fiar Gelum = ciar (2)
Rem. — Il en est de même lorsque E ouvert est entravé, pourvu que la consonne qui suit R ne se prononce pas :
Fer(i)t = a fiar(l) (R.-de-G.) Serv(i)t = a siar(t)
27. E ouvert, libre ou entravé, suivi d'une gutturale = I.
EXEMPLES DU 1*' CAS
I^egere = lire Decem = di(i)
Nec = ni Pejus = pi(s)
EXEMPLES DU 2* CAS Secs = 8i(xj Tecstere = tistre Pectinum = pigno
Rem, — Mais la dipbtongais. a persisté dans lectum = lie[t), sex = siai (Morn.)f sié (R.-de-G. )« média = mié, moitié.
(1) En vieux lyonnais E bref ne parait pas avoir été représenté par t^ comme en français. Dans la majorité des exemples il est représente par e : Deum =z Deu (V, p. 37, 1. 4) ; bene = ben (Id., p. 88, 1. 3) ; caelum = cel (Id. 39, 1. 20); pe^ra = pera (Id, 59, \. 16) \sedium r= secho (Id. 66, 1. 5); levât = levé { IV, 406, l. 1); petia =peci (Id-, 407, L 12) ; Petrum s= pero (îd. 408, 1. 11) ; nebulas = ncbles (VI, 408, 1. 23) ; taeculem = seglo (VI, 419, 1. 3). Les formes avec dipbtongais, peuvent être dues à des influences du français, ou au voisinage d'élémenls palataux» ou à l'influence de r. Tels sont pe{d)es = pies (V, 43, 1. 16) ; petia = pieci (VI, 421, 1. 14) ; petra = piera (Id. 4fô, 1. 13); légère = liere (V, 38, 1.4). Ces formes diphtonguées ont pris le dessus, puis ei a passé à t. C'est ainsi que nebula = neble au xiv« s. est aujourd'hui gnibla.
(2) Ce changement de la voyelle est moderne. Au xiv« s. celum = cel (V, 39, 1. 20).
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XXXVI PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES
28. E ouvert, en hiatus latin ou patois avec la voyelle suivante = I, et l'accent dans ce cas, se transporte sur la 2* voyelle:
Ne(b)ala := niôla Le(p)ora = livra Deinn =s Din
Rem, — A R.-deG. Deam = Dzo.
29. E, plus nasale (n m) non suivie d'une voyelle— IN:
Rem == rin Ventrem = \lntro Sementes = es8emln(8) (1)
Rem. — De même que A plus nasale s= ON à R.-de-G. (v. 9, rem. 2), de même £ ou I plus nasale y prennent parfois le même son. Tempus = tsom, rem = rion, rien, et in simul = insion. Du reste il est parfois difficile de saisir si le paysan dit insion ou insian, tellement les sons se rapprochent.
80. E ouvert entravé = È :
Septem = sè(l) Fresca = frèchi
Gapiteltum = cadë(t) Sella = sëla, chaise
Rem. ^ A Crap. è final en roman s'est assourdi en ë dans le suffixe eltum iUum, et dans ec(um.
Gapitettum =: cadë *Gaminettum = chiné, chenet
Directum = drë . Lectum r= lift
81. E ouvert, suivi de ST ou SP = É dans les villages aux environs de Lyon; à Morn., à R.-de-G. il = È.
Bestia = bèti, béU Vespa = gûépa, guèpa
Testa = téta, téta Mespum = nèpia
Rem, — A Lyon éme, intelligence, d'estimare'; ailleurs émo.
82. ELLUM, ELLEM = IAU (2).
Vitellum = Tiaa Gastellum = chôlian Pellem = pian (3)
Rem. ~ R.-de-G. dit castellum = chotsau.
(1) Môme phénomène en vieux lyonn. Bene = bin (V, p. 40, 1. 20), à côté de bein (Id., 88, 1. 18; 39, 1. 22); venit^vin (IV. p. 407, 1. 11); bene = bein ^X, p. 4d5. 1. 2i).
(2) Probablement par l'intermédiaire e-au, devenu eau = d en français, et i-au = iô en lyonnais.
(8) Le XIV* s. a el, Castellum ^chatel (XVI, p. 23, 1. 8); mais déjà le xvii* s. a ion : cultellum = coutiau (XXXI, 1" part., vers 176).
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PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES : XXXVII
/ bref a été traité avec E fermé 33. I long, libre ou entravé = I :
EXEMPLES DU l^' CAS
Apricuin ^ ourri, abri Tina = lina, vase vinaire
Ludovicuin = Loyt Pila = pila, colonne
Finire = fignt Vinea = vigni
EXEMPLES DU 2* CAS
Tristem = trislo Villa = villa Peryllo z= je brilho
Rem, 1. — Â Crap, I, à la finale des verbes de la 4* conjugais. =: É r Ovré, sarvé, vené, au liea d*uri, sarvi, vegni. Cette r^gle est sans exception. II en est de même pour lin certain nombre de substantifs : nidum = né, apricum = avré, mantile = mante, mais à côté on a amicum z=: ami, filum = f!.
2. — I plus labiale passe volontiers à u: Wipera s jnrio, givre.,
33 hx%, I long, plus nasale non suivie d'une voyelle en patois = IN :
Pinum = pin Vinum sss vin Gaminum = chamin
Rem. ~ Si I long, plus nasale, est suivi d'une voyelle, il rentre dans la loi raie (| 33)* V. les ex. tina, vlnea.
0
O fermé (comprenant 0 long et U bref des classiques = le plus sou- vent 0(1) i .
Ad horam =s vorre, maintenant (Duerne) Co(n)s\iere = codre
Cotem == co(t), pierre à aiguiser Poma = poma (Ci*ap.)
Movito == je modo,je m*en vais Gorona = corona
Tropo = je trovo, je trouve Populum = poblo
(1) En vieux lyonnais 0 fermé libre = ou : amour (V, p. 39, 1. 10) ; creatour (Id. 41^ 1. 7); creatour (Id,, 39. l. iO); co/our(VI, 421, 1. 15); valour (Id. 421, I. 25); priour (XXV, 11, 1. 30). Dans X, tous les o fermés sont écrits par u, mais il est à croire que Ce tf se prononçait 0 M, et qu'il en était de mémepoiir les formes où. o fermé est^epdu, par o, comme dans hoiraoi = ora (V, p. 61, L 11), et hora (Id., p. 56, 1. 10).
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XXXVni PHONETIQUE, VOYBLLBS TONIQUES
Mais il = ou dans un certain nombre de mots :
Ad horam =r Tonrre (R.-de-G.) Nepotem == nevou (Morn.)
Ploro = je plonre Nodum = Dou(d) (Morn.)
Succutere = secourre (River.) Poma = ponma (Morn.)
Aux environs de Lyon (Crap. par ex.) il = U :
Hora = VLvo ^Bolico == je bnge Nojlum = nu(d)
Nepotem = nevn Ck>lIoco, je cnche Populum = pnblo
Rem. 1. — Lorsque o suivi de r muette est final en patois, il = ou ou u^ mais jamais o : Cantorem = chanton; muccatorium = mocht<; mais si r final se prononce, 0 = 0; cantorem = chanter, colorem = color (Crap.).
2. ~ Dans cotem = co(t), 0 se prononce très bref. C'est le fait de la dentale qui suit 0.
8. — Lnpum sa loa(p) sous infl. de la labiale, mais lova, parce que 0 est suivi d'une consonne qui se prononce.
4. — La tendance générale de ou est de passer à o. Les mois français qui possèdent un ou, tonique ou atone, libre ou entravé, ont des correspondants patois qui ont 0 : couveuse (cova), douve ("dova), tout (toi), double (drobli); à Lyon coufle (coflo); couple (cobla) ; à Lyon courle (coda) ; bouquet (hoquet), etc.
34 bis. OREM, ORUM = OU dans la plus grande partie du Lyon- nais : .
Cantorem = chanlou Meliorem =: meliou lUorum = liou, leur
Rem. 1 . — A Craponne orem = or :
Cantorem := chantor Colorem = color Calorem =: chalor
2. —Le féminin des mots masculins est en uza^ par analogie avec le franc, etcse^ fém. de eur.
Chantou^fém. chantuza. chauteuse Mijon, mangeur, fém. mijuza
3. — Il existe encore, surtout aux environs de Lyon, un certain nombre de substantifs en eiro dont le suffixe répondrait à orem, et dont le féminin est aussi uza. Ces mots ont été formés par analogie avec ceux du suffixe arius (J 13, rem. 1).
Manducatorem = mingeiro, uza Bibitorem = beveiro, uza
Pediiorem == peteiro, uza De relevare = relevuza, accoucheuse
85. Dans OSUM, 0 fermé = U ou OU selon les lieux A mesure que Ton s'éloigne de Lyon pour se rapprocher du Forez, on rencontre le son OU. Mornant, Riverie, Saint-Martin sont des pays d'où.
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PHON^TIQUB, YOYBLLBS TONIQUBS XXXIX
BXBMPLBS DU PÀBMIBR CAS Âmorosum = amoru Âmistosnm = amiquiu De catullire &= câtilin
BXBMPLBS mi SBCOND CAS Pietosum = pidou PaTorosum = pourou PioroBum c= plordn (1)
36. Dans OBIUM, 0 fermé donne également U ou OU dans les mêmes conditions que ci-dessus. Il existe en lyonnais un certain nombre de substantifs, représentant des objets moyens d'action, obtenus par des procédés de dérivation, et dont le suffixe U, OU répondrait à un latin aiorium^ aorium^ orium. Comme cette transfo rmation est fort étrange, à cause de la disparition de Tyotte, je crois qu'il y a eu confusion avec le suffixe orem.
Les endroits où orium = u sont les mêmes que Ceux où o3um = w, et réciproquement pour les endroits où osum = ou.
BXBMPLBS DU PBBMIBR CAS
Jactorium ss jetn, pochon à long manche Affectatorium = affetu, crible Suecutatoriom = secoyn, panier à salade Fissatorium = fessa, pioche
BXBMPLBS DU SECOND CAS
D'excnssum -= cosson, fléau De ad-biberaré = aburoQ, abreuvoir
Golatorium = colon, filtre pour le lait
87. Dans ORIA, O fermé ne se comporte pas exactement comme dans ORIUM : il = U, jamais OU ;
Dolaloria = doliuri Golatoria = coluri, glissoire
*Bealatoria = bialuri, rigole dans les près Batuatoria = battnri, baratte
Rem. —Oria = oiri, uéri, quand il s'agit des personnes. Il prend alors un carac- tère péjoratif. Cette forme paraît être une corruption du fr. oire :
De bav + atoria = bayouéri, bavarde De pat + atoria = patoire femme lambine De bonrd «f atoria == bourdoiri, hanneton et personne étourdie.
(1) Marg. d'Oyngt a delicioiis, gloriousa, piedousa, charitousa^ curiotisa, mirati' lions, pretious. Au xvu* siècle, à Lyon a déjà u, La Bernarda Buyandiri a qiie- relu, amoiru^ peraisu (paresseux).
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Xt, î>HONBTIQUE, VOYELLES TONIQUES
88. 0 fermé, entravé ou variable (peu importe que l'entrave soit latine ou romane) = 0, prononcé en général très bref (1) :
ÇQUic(o)la== cologni De-gutta =r dego(l) Furca t= forchi
Bnrsa = boisa Surdum = 8or(d) Furnum = for
Rem. 1. — Olla a donné oula et ula (2) sans doute par une forme ola,
2. -^ Sulphùr = snpro n'est pas une except., car par suite de la chute normale de / dans le groupe If et de la métath. de r.u est suivi par pr, groupe qui ne constitue pas d'entrave.
' 3. -.. Sxir acucula = ulhi^ y. ulli au Dictionnaire,
4. — Dans pUlverem = poussa; dulcem = dou(s); colcat zzase couche, vocalisât, de l en u.
89. 0 ouvert (=: O bref des classiques) libre = 0 (3) :
Parochia^^ = parochi Novum = novo Morior =i je moro
Mola = mola Schola = écola Volo=jevolo
Propago = prova, provin Propium = prochi Folia= folhi
Rem, 1. — Rosa = ronsa. De même en fr. rose au lieu de reuse> Sans doute, dans le latin populaire, o bref était devenu long.
2. —Les formes diphtonguées s'expliquent presque toutes. Du^r, douar, deuil, est le vieux français doel, de dolere; suel, suer, aire pour battre le blé n'est pas solum, mais soleum ; cuer, couar, cuir, au lieu de cor a pour cause l'yotte de ium ; la forme est du reste empruntée au pr.
3. ' -r Dans les mots suivants, le passage de o à ou a été motivé par la vocalisât, de / qui le suit, ou par la labiale :
Linteolum = linçon Filiolum = filion
Novem = non Bovem = bou
(1) 11 en est de môme en vieux lyonnais Tutti =i toz ; diurni = Jor (V, p. 87. 1. 28) ; diurnum ss jor (Id., p. 64, 1. 19) ; gutta = gota (Id., p. 47,. 1. 16) ; russum = ras (IV, p. 406. 1. 8) ; purpura =zpopres (VI, p. 421, 1. i) ; de^ubtus = dessoz (Id., p. 421, 1. 31) ; hursas = horses (X, p. 20, 1. 12). Cependant on rencontre quelquefois la notation ou: Diurnum = jour (XIX, p. 456, 1. 86) ; curtis = cour (Id., p. 457, l. 31) ; ce sont des influences françaises.
(2) On a déjà ula au xrv* s. Ollas =± ules (X, p. 24, 1. %
(3) De môme que E bref libre ne parait pas s'être diphtongue en vieux lyonnais, de niômeO bref, au lieu de se diphtonguer comme en français, a donné généralement 0 : Volunt = volont (V; p. 46, 1. 2); potest = pot (Id., p. 45, 1. 10;; novùm = novo (IV, p. 406, 1. 2) ; botes = hos (Id., p. 406, 1. 28) ; tolunt = volont (VI, p. 423, 1. 12) ; forum (?) = fors (VIII, art. 26) ; foris = fors (VI, p. 419, 1. 10) ; volunt = volent (XIX, p.. 456, 1. 19); movent =zmovont (XXV, p. Il, 1. 40); Jovis dies =Jos (X, p. I7r- 1. 4). Mais on trouve puot (V. p. 46, 1. 2 , à côté de pot; corz=.cuors, (Id./p.43, 1. 18) ; chorum = cuors (Id.,p. 58, 1. 19 et 22) ; populum^ipuobles (XIX, p. 456, 1. 19). On trouve aussi de temps en temps la diphtongue française ue.
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PHONliTIQUR, VOYBLLES TONIQOliS XLI
4. Dans novo = uovo, neuf, l;i diphtongais. eu ou Q*a pas eu lieu par analogie avec le fém. nova.
5. Oleum a donné nlo au lieu de olio (comme folia = folia). Irrégularité analogue à celle du français qui a donné huile an lieu de euille.
40. 0 ouvert entravé = 0, prononcé bref (1) :
Rocca = rochi Soî(i)do = je sodo, je soude Ornum — oruo, frône
Morteai = mor(i) Mordere = modro Porta = porta
Rem. A Craponne, lorsque o est suivi de r il a une tendance à passer à ô. On dit môdre, porta, niôr(t).
41. 0 (que je crois ouvert dans tous les exemples) suivi de ST ou SS = OU (2) :
Costa = coûta Grossum = gron Bene tostum = béton, peut-être
Vostrum = voutron Propos(i)tum = parpon, propos
42. 0 suivi 'd'un yotte ou d'un groupe dans lequel se trouve un yotte, se diphtongue de diverses manières :
1* 0 fermé, plus gutturale finale ou suivie d'une voyelle qui ne se prononce pas, se diphtongue en OÎ*, OUÈ (devenu souvent OUÉ, UÉ), selon les lieux (3) :
Nucem = noï (Morn.) Nucem = noué (Grap.) Nucem = nué (R.-de-G.)
Vocem = vouôfs) Apud hoc = avoï (Morn.), avouai (4), avec
2* Si 0 fermé ou ouvert, est suivi d'une consonne, plus yotte, Tyotte saute par dessus la consonne et se diphtongue avec 0 en AI, 01 (devenu parfois OUA), selon les lieux :
Gloria = gluairi Pluvia = plalvi (^Joriun i=couar (R.-de-G.)
R^stn. — A Crap. corium = cuair, cuèr.
(1) En vieux lyonnais, il en est de même. La règle est fidèlement observée par Marg. d'Oingt, qui, au cas-sujet singulier, écrit saoors (sapor'J)s), amors {Qmor{i)s), temors (iemor{i)s)^ et au cas régime singulier, sacour (naporem)^ amour {amoreiu), temour (Jiemorem) ; et au cas-sujet et au cas-régime pluriel, savors (sapor{e)s), etc.
(2) De môme en vieux lyonnais. Tostum = toust (XX, p. 4G5. 1. 11); et, dans la Dernarda huyandiri^ groii, noutron^ plulou,
(3) Le cas ne changerait sans doute pas si l'on avait une consonne non finale. Tinicles^^ trotjles (VI, p. 420, 1. 5); conucula =z coloigni (Id., p. 42?, l. 1).
(4) Au XVI» s. atoy.
0
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XlAl PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES
3* 0 ouvert, plus gutturale suivie d'une consonne (que celle-ci se prononce ou ne se prononce pas) se diphtongue en El, 01 (devenu le plus souvent OUÊ, OUÉ), selon les lieux ;
Octo = vuey Noctem = iiey (I) De coctare, à la couèti, à la hâte
Cocere= couère, couére Bacsum = boue Cocsa = colssi, couôssi
Pocs (pour post) = pouai, pouô
Rem, — i. A R. de G. coctum = co(t) (2).
2. Autour de Lyon, et aussi à Morn.« R.-de-G. pocs a donné pu{s), certainement par rintermédiaire du français puw réduit à pu{s).
4* Quand la gutturale qui suit O est double et suivie d'une voyelle qui se prononce, il n'y a pas de diphtongue, et 0 persiste, proaoncé très bref :
Butca = bochi Socca = socliia, charrue
5** 0 ouvert, plus gutturale, plus U bref se diphtongue en UÈ (3).
Jocum = juè Focum = fuè
Rem. — A Graponne^'aé*, fué.
6* Lorsque 0 ouvert est suivi d'une dentale, plus I ou yotte, la den- tale tomba, et I ou yotte se diphtongue avec 0, et donne UEI, devenu UÊ, UÉ.
Bo(d)ina = boèna, buéna (4), borne Ho(d)ie = huey, vuey
42 bis, 0 plus L plus consonne = OU (5).
Dnlcem = don Palverem = ponssa Pulsum = pou
43. 0 fermé ou ouvert, plus nasale non suivie d'une voyelle = ÔM ; Bonum =bôn Pontem =s pôii(l; Illum môntem = lômôn, là-haut
Rem. — Get on passe quelquefois à an, A Morn. frontemss fran(t). Se rappeler d'ailleurs que ôji est intermédiaire entre on et an français.
(1) Le vieux lyonn. a noyt (V. p. 53. 1. 16) ; coxa = coyssi (IV, p. 408, 1. 24).
(2) Au XIV» s. coctos ■=. coz (XVI, p. 29, 1. 15). On trouve la même forme dans XXII, art. 5. Mais à côté on a noctem = noyt (V, 53, l. 16) et cocta = coiti (XXIÏ, art. 76).
(3) Dans le vieux lyonn» cette diphtongue est tta. Marg. d'Oingt a focum = fua, locum = lua (40, 1. 16, et p. 51, 1. 4 et 25) au cas régime, mais le cas sujet est lues, (40, I. 40).
(4) Près de Lyon, buéna, s'est réduit à 6w;*a.
(5) De même en vieux lyonn. Multum=:moutf dulcem=^ dons (V, p. 36, 1. 11 et 17)î Ultra = outra (Id. p. 41, l, 3); culcitras = coutres (IV, p. 422, I. 35).
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PHONBTIQUE, VOYELLES TONIQUES XLIU
44. Mais Si 0 plus nasale est suivi d'un yotte, le groupe se diphtongue en UIN :
Longe = luin ' Somnium = suin Unctum s juin, graisse
•u
U bref a été iraiiè avec O fermé.
45. U long libre = U français (1) :
Nodam = nu Cmdum = crû Pertusum s= parlu, trou
Marnm = mur Mnla ss miila Luna se luna
46. U long, entravé en latin, parait hésiter entre U et 0. Malheureu- sement, les exemples sont peu nombreux.
EXEMPLES DU PRliMIEK CAS
Justum = ju(l), élrait Jnxta s=ju(t), auprès
Fnstum = fu(t), bnreiile Puliccm = puzi
EXEMPLES DU SECOND CAS
Prunum = porna Incudinem = incliono
Ductile = dolhi, douille Lurridum = lor(d)
47. U long, plus nasale non suivie d'une voyelle qui se prononce = UN, ON, IN, et môme ÎN, suivant les lieux (2) :
Dies lunae s dilun Trunca = tronchi, tronc d*arbre Ungula = onglia Unum = in (Morn.) Unum = yon(3) (R.-de-G.) Unum = un (Grap.)
Unum = In (R.-deO.) Lugdunum = Lion
Rem, — De môme que, en quelques endroits, frontem a donné fran(t), de même fnnda a donné franda, et frando, je })ille un chargement (terme de voiturier) à Grap. Profundum adonné pran(d) a Morn.
(1) En vieux lyonn. il en est de môme : Mensura = m$sura (XIL, art. 6), mula = mula (IV, p. 407, 1. 1), mais à côté on a (ibid.) mulum ts mois. Mois serait-il mul{u)st On trouve aussi mûri s= mours (XX, p. 465. 1. 5),
(2) En vieux lyonn. UN = ON : Alumen = alon (IV, p. 406, 1. 11), Aliquem unum =s alcons (V, p. 40, 1. i3, et XX, p. 468. 1. 16); unum = on (V, p. 62, 1. 14); nec unum = nigon (XVI, p. fô, 1. 15), secundum = segont (XX, p. 461. 1. 18); Lugdu- num = Lyon (VI, p, 419, I. 13) mais l'acuité de la nasalisation s'accuse dans Lyan (V, p 91. l. 4) et Lian (VIII, art. 4).
(3) Seulement quand il est pris substantivement : Yen de voutros commis, un de vos commis (Roq.)
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LXIV PHONKTIQUR, ACCENT TONIQUE
48. U long libre, plus gutturale, forme avec cette dernière une diphtongue UI, UÉ, qui se réduit à U :
Ad-dncere = Adziure (R.-de-G.)i aduére (Grap.). addure (Morn.) Ex-sugare = essuire, essuie Buca = bn-ya, à Lyon, bule, lessive (1)
DIPHTONGUES
L AU = OU (2).
Paucum s= poa Claudere = clioare Pauperem = pouro
De pausare ss repoii(8) Paulum = Pou (R.-de-G.) Causa = chousa
Bem. 1. — De môme que, en bas latin, aurum avait passé à orum, pauso à poso, aura a passé à ora s= ora, vent, brise, et cata(b)ula = cadaula à cadola, petite cabane.
2. AU = ON dans rauca = ronci, rauque (U.-de-G.)
3. AU a persisté dans Claudia = Liauda.
DÉPLACEMENT DE L'ACCENT TONIQUE
1" PAR RÉGRESSION
60. L'accent tonique a rétrogradé dans quelques verbes de la qua- trième conjugaison, 3oit parce qu'ils ont été refaits, soit parce qu'en Gaule, il y a eu hésitation sur la place de Taccent. On trouve en effet constamment la forme régulière à côté de la forme régressive.
Sorllri = sôtre, sorti Venire = viendre (vi-Indre). vegni
Incandire s= chandre, chandt, récbaiiiTer Sentire = sintve, sinte. sintt
Bem, i. — Dans deberc = durre.il n'y a pas eu régression d'accent, il y a eu for- mation sur le participe dû. De même dans essure, sécher, il y a formation sur essu, quoique ex-sugere ait pu donner essure, comme facere a donné faire.
2" PAR PROGRESSION
61. Lorsque, par suite de la chute d'une consonne entre deux voyelles, la voyelle tonique se trouve en contact avec une voyelle post-tonique,
(1) Je n'ai pas sous la main d'exemple rigoureusement semblable en vieux lyonn., mais U plus cons. plus yotte donne également ni : pecunia = pecuyni (XXIT, art. G .
(2) De même dans le vieux lyonnais : clSLUstrum = clonsire (LXXII, p. 869, l. 9): causa s= chousa (VI, p. 428, 1. 7); pauperes s= pauvres (XIX, p. 457, 1. î^i); claudere = clourre (CartuL, p. 201, 1. 7); mais à côté on trouve au =: o t causae = choses
VI, p. 423, 1. 5); causa = chosa (Id., p. 422, 1. 10).
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PHONÉTIQUE, VOYELLES l'OST-TONIQUES LXV
l'accent se porte le plus souvent sur celle-ci, soit qu'elle soit pénultième, soit qu'elle soit la dernière :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Te(g)ula = tioula, tuile (1) Ne(b)ula = niôla, nuage
EXEMPLES DU SECOND CAS
Ko(l)a = roa, roua Coda = coa, coua Vila = via
Gornuta = cornua, benne Ruta = rua, rhue Ruga = rua
Rem, — 1. Au plur. on a roè roue, cornue cornuô, etc.
2. Notons quelques déplacements d'accents exceptionnels :
Lacryma = agrima (8) (Gondrieu) Melancholia = malincognia, ëlat maladif (3) Propagincm = prova, provin
VOYELLES ATONES
POST-TONIQUES
On appelle post-toniques les voyelles placées après la voyelle ionique. Dans un mot latin il peut y avoir une ou deux post-Ioniques. Ex. du premier cas catella; ex. du second, stabula.
52. Lorsque le mot latin a deux post-toniques, la première tombe :
Stab(a)la = étrobla Slup(u)luni =r étroblo Feni(i)iia = fëna
Tab(u)la = trobla (4) Gop(ii)la =- cobla Dies domen(i)ca = dimingi
53. Lorsque le mot latin a une ou deux post-toniques, si la post- tonique est A, ou si la dernière des post-toniques est A, cet A persiste ou se transforme en I sous certaines influences (remarquer qu'il s'agit toujours de noms féminins) :
CAS OU A PEKSISTE
1*» Après une dentale (t, dj, non précédée d'une gutturale, soit que la dentale persiste, soit qu'elle tombe en patois :
(1) De même en vieux lyonn. Tegulae = iioles (VI, p. 423, 1. 13). i'Z) Au xui» s. layg'mes (V, p. 65, 1. G).
(3) Emprunté à l'italien malinconia, avec la progression d'accent que nous av«tns opérée dans tous les paroxytons italiens.
(4) En yieux lyonn. trahla (V, p. 67, 1. 14, et X, p. 24, 1. 3).
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xlvi phonetique, voyelles post-toniques
Exemples du premier cas Porta = porta Ascita = aisséta Bibenda = buvanda. piquette
Exemples du second cas Gornn(t)a = cornua, benne Bota = roa Co(d)a = coua
2* Après une labiale (p, b,v):
Pulpa = porpa, Tiande charnue Râpa = rôva Faba = fôva
Rem. — Malva = morve, au lieu de morva.
3" Après une liquide (r, /) ou une nasaie (n, m) non mouillées, sauf R précédée de I :
Guerra = guéra Terra = tèra Stela = etèla
Feni(i)na = fëna Avena = avéna Balma = bôrma, coteau
4* Après une gutturale dure (^, c) en patois :
Fica = figa Lingua = linga Biga = biga, mât (1)
Rem, — Exception pour aqtia = aigui, mais qui, à Y/eron = aiga,
54. Cas ou la post-tonique devient I.
RÈGLE qénéuale. — Le voisinage d'une articulation palatale change A en I. On peut classer les faits sous les catégories suivantes :
!• Lorsque le mot latin est terminé par EA, lA, A tombe, et I (yotte; persiste seul :
Pelia = pieci Glacia = liassi Feiia = feiri
Filia = fillii Palea = palhi Castanea = chôtagni
Rem, — Si un hiatus ea oa aa n'appartient pas au type latin, mais n*a lieu qu'eu palois par suite de la chute de la consonne entre deux voyelles, le lyonnais introduit un y pour rompre l'hiatus, mais ce yolte n'a plus l'influence du yotte étymologique et la finale A est conservée :
Fata = fèya, fé^ Fœta = féya, brebis Mela = mèya, meule de blé
2 Lorsque A post-tonique est précédé en latin d*une gutturale (c,g) devenue ch ou c doux (= ss) ou g doux (=:/), ou simplement lorsque,
(1) Ces lois sont les mômes en vieux lyonnais : Terra (II, p. ô, 1.4); canella (Id.. 6, 1. 12); forma (Id. 8, L S2); atiUa (IV, 406, 1.7); grana (Id. 406, 1.8); no^rra (V, 37, 1. 20): alcuna (Id., .%, 1. 5); fesla (X, 17, \. 8.i; do7\a (Id., 17, l. 7); teÀla (Id. 24. 1 4), etc.
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PHONETIQUE, VOYELLES POST-TONIQUES XLVil
en patois, il est précédé d'une de ces gutturales douces, quelle que soit d'ailleurs Tétymologie :
EXEMPLES DU PREMIER CAS Bucca=bochi Brocca = brochi Balga=: bpgi, sac
EXEMPLES DU SECOND CAS
De minare == minochi, sorte de labour Cacarpuchi> bossQ à la t^te
Drugi, fumier Anicrochi, difficulté
Rem, 1. — La séparation en latin de la gutturale et delà post-ton. par une dentale n'empêche pas l'aclion de la première :
De sectare sseiti, scie Puncta = point! Pacla = pachi, marché
2. Si la guttur. laline, au lieu de se transformer en ch, g^ est tombée ou s'est trans- formée en yotle, la finale A persiste :
Arnica = àmia Auca £= oya, oie Bnca =: bnya, lessive
3' La finale du nom est en I lorqu'elle est précédée d'une liquide ou d'une nasale qui s'est mouillée (c'est-à-dire de / mouillée ou de gn) en patois pour une cause quelconque, et quelle que soit d'ailleurs Tétymo- logie :
^e»
Naric(u)la = narJlhi, naseau Lenticula s= lintilbi Quaquila:= côlbi
Dagni, tige de chanvre Pogni, sorte de gAteau Viôlhijoue
4' La finale du nom est en I toutes les fois qu'en patois elle est pré- cédée du groupe IR (peu importe d'ailleurs Torigine de ce groupe :
Cera= Giri Cathedra =5 cadiri Gongeriem -:=: conziri, amas de neige
Rem. — 11 en est souvent de même du groupe patois er, surtout si e y représente une diphtongue primitive ei :
. . ligerim = Leiri, Loire Nigra = néri, paresse De fumare = fuméri, fumée
5* La finale du nom est en I, lorsqu'en patois elle est précédée d'une sifQante dure {ss) ou douce (z) :
EXICMI-LES DU PUEMIEU CAS
Bossi, tonneau Radissi, brioche Dinsi, ngacement des dents
•>or8i, cosse Gordéssi, lien du joug Panossi, personne molle
Bièssi, bouleau Couléssi^piècadu pressoir Carabas^i, calebasse
Chambossi, timon de la charrue Mayoussi, fraise des l)ois
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XLVIII PHONETIQUE, VOYELLES POST-TONIQUfiS
EXEMPLES DU SECOND CAS
Symaisi (xvi* s.) lonueau Larmouôzi, lézard gris
Brisi, miette Bisi, bise(l)
« Rem. — La formation élant moderne, il y a des exceptions : Risa, nom d'un cours d'eau; braisa, miette. En général, la finale t est surtout appelée quand un i précède le s, et 3 appelle moins volontiers i que ss.
55. A + S muette dans tous les pluriels de la première conjugaison = E muet : peu importe que le singulier soit en a ou en i (2).
EXEMPLES DU PREMIER CAS Avenas = ayéne(s) Horas = hore(s) Feminas = fëne(s)
EXEMPLES DU SECOND CAS Gastaneas = chôtagne(s) Ferias = felre(s) Calhedras =: cadire(s)
Tous les mots féminins en i ou en a au singulier, quelle que soit d'ailleurs leur origine, qu'ils aient été formés par dérivation ou emprun tés, ont pris, par analogie, E final au pluriel :
La filochi, le filoche(s) La bigorna (vieille bigote), le bigorne(s)
La bugni (gâteau) le bugne(s) La cova (poule couveuse), le cove(s)
Rem. — L'influence de s s'est fait sentir non seulement sur a atone mais sur ia tonique, qu'elle a transformé en iedans les participes fém. au pluriel.
56. Les voyelles post-toniques autres que A tombent en lyonnais excepté quand elles sont protégées par certains groupes de consonnes. Dans ce cas la post-tonique est O pour tous les noms masculins.
(1) Sauf le cas de a précédé de ss ou s, qui est de formation moderne, le vieux lyonnais a les mômes règles : faci (V, p. 37, 1. 8); grSLci (Id.,36, 1. 5); innocenti (Id., 37, 1. 5) ; patienci (Id., 38, L !); concienci (Td., 38, 1. 4); peci (IV, 407, 1. 12); provinci (VI, 420, 1. 37); grasi (X, 23, 1. 10); chargi {II, 5. 1. 14); 5«/7i(V,76, 1. 20); moniaygni (V, 75, 1. 12); vachi (11, 10, 1. 28); bochi (V, 40, 1. 12); douci (Id., 39, 1. 9); conca = cunchi (X, 2i,l. b): lenticuîa = lentili {Y, (jô,\. 2ô)\ furniîli (YU420, 1.22); ira = iV/(V, 71, 1. 18); 7iigra = neyri (V, 54, 1. 18); chieri (V, 60, 1. 11); dies domoiica = diomeini (X, 21. 1. 1); cera = siri(là., 26, 1. 17), etc., etc.
Il n'y a pas de doute que ia a d'abord été iV, puis i: gracie, puis graci. Pour la formation née d'une gutturale, il est probable que a a passé par e pour arriver à i : bucca = boche puis bochi.
(2) Au xiri* s. on a de même au sing. verchëri (III, p. 42i, art. 35) et au plur. ver- chères (l<i., art. 30); au sing. persona (V, p. 43, 1.2), er nu plur. persones (Id., 57, 1. 18).
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PHONETIQUE, VOYELLES POST-TONIQUES XfJX
Cet o ne paraît pas avoir été à Torigine une simple lettre d'appui, nciais la représentation de o fermé dans les finales en um au singulier et en os au pluriel, car on ne retrouve dans le vieux lyonnais que ces seuls mots qui ont la post-tonique o. Les autres ont la post-tonique e représentant la voyelle latine correspondante (1).
Mais, par analogie, la désinence o s'est appliquée à tous les noms nciasculins, et dans le patois moderne, o n'est plus qu'une lettre d'appui commune à tous ces noms (2).
Pour que le groupe exige la consonne d'appui, il faut l'une des condi- tions suivantes (3) :
r Ou que le mot latin soit terminé par Thiatus twm, précédé d'une liquide ou d'une nasale.
Trifollium= trioulo, trèfle AjçrifoUium = aingrulo, lioux
Somnium = sonjo
2* Mais si ium est précédé de ^ ou c non précédé de f , il ne donne pas de voyelle d'appui :
Solalium = sola(s) Givortium = Givor(s) Triguntium = Trioii(s)
3<» Si ium est précédé de tï, te, il y a voyelle d'appui : Servilium = sarvicio Praecipitium = parcipicio
4" Si ium est précédé d'une labiale f>, 6), il y a voyelle d'appui :
Sapium = sagi Apium = api Propium = prochi
Rubeum = roge Rabiem = ragi
5' Si tum est précédé de c? précédé d'une voyelle, il y a hésitation sur le traitement :
Médium = mi, miô Wadium = gagi
(i) Dans V on trouve palrem = pare (48, p. L 5); fratrem =z frares (57, 1. 10); hominem = orne (41, 1. 10); noh{i)lem = nobles (43, 1. 21), et librum = livro (40, 1. 3) : mundum = mundo (41, 1. 8); nostrum = nostron (52, 1. 9). Les exemples de ce phénomène sont assez peu nombreux, mais la loi est confirmée par d'anciens textes bressans.
Dès le XIV» siècle, l'o était devenu la désinence de tous les mots masculins.
(2) Pore, môre, frôre ont conservé Ye muet qu'ils avaient dans le vieux lyonnais. Do môme les noms propres Piare (Petrum), Ghôrle (Garolum).
(8) Ces conditions ont ëté très délicatement étudiées pour le français par M. L. Clédat, dans la Reçue de Philologie, 3» année, p. 3. Nous n'avons eu qu'à nous inspirer do son travail.
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L PHONETIQUE, VOYELLES POST -TONIQUES
6' Si ium est précédé de d précédé d'une consonne, il y a voyelle d'appui :
Hordeum = orgi (1)
7* Si la dernière consonne du groupe est une liquide précédée par une autre liquide, ou par une nasale, ou par une dentale, ou par une labiale, il y a voyelle d'appui :
Mei\u)lum = marlo Mol(e)i'e = modre Car(o)lam = Chôrle
Dies Ven(^e)ris = divindro Am(e)rium = ambro Ad-pon(e)re = apondre
Patrem = pore Aratrum = arôro Vitrum = verro
Novembrem = novimbro Pop(u)lum = publo, peuplier Febrem = Fira
8' Quand le groupe latin final est oc(u)luni uc(u)lum ic(u)lum, il n*y a pas de voyelle d'appui, mais si cl est précédé d'une consonne il y a voyelle d'appui.
EXEMPLES DU PREMIER CAS Solic(u)lum = solaf P6dac(u)lum = pion Arliculum = artal
EXEMPLES DU SECOND CàS Glrc(u)lûm = çarclio Goperc(u)lum = covarclio Masc(u)lum = môclio
9^ Quand r finale est précédée d'une gutturale qui fait diphtongue avec la voyelle précédente, il n'y a pas de voyelle d'appui, mais si la gutturale persiste, il y a voyelle d'appui ;
EXEMPLES DU PREMIER CAS Nigrum = nai
EXEMPLES DU SECOND CAS Macrem = mégro Acrem = égro
!()• Quand le mot se termine par une nasale précédée de r ou de pn^ il n'y a pas de voyelle d'appui :
Garnem = chair Infernum = infàr Hibernum = hivar
Pugnum = poiii(g)
(i) En vieux lyonnais ium persistant est représenté par io : gagio (IV, 423, 1.1); prejudicio (Gart. JI. 457, 12, et 459, 22).
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PHONliTIQUE, VOYBLLIiS PROTONIQUES INITIALES LI
!!• Quand la nasale est précédée d'une /, d'une autre nasale, d'une dentale, d'une labiale ou d'une «, il y a voyelle d'appui :
Alnum =: orno Gram(i)nem = gramo Hominem = omo
Rhodfajnam = Rôno Gannab(i;nuin = chanèvo A8(i)num = 6no
Dans la plupart des autres cas, il n'y a pas de voyelle d'appui.
57. Pour tous les noms féminins non terminés en latin par a, une voyelle d'appui est venue marquer le genre.
Cette voyelle d'appui est A lorsqu'elle est précédée d'une dentale, d'une labiale, d'une nasale ou d'une liquide non mouillée.
Elle est I lorsqu'elle est précédée d'une gutturale, d'une liquide ou d'une nasale mouillée qu d'une sifflante. Il suffit que le phénomène existe en patois.
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Magr'i)dem = maya, table de pressoir Pulv(e)rem = poudra
Banna, corne Narein ^. nara, narine
EXEMPLES DU SECOND CAS Fll(i)ceni = fugi Dali», faux Mogni, force physique Dorsi, cosse
VOYELLES PROTONIQUES
De même que nous avons appelé voyelles /îo«/-toniques celles qui sont après la tonique, de môme nous appellerons /^rotoniques celles qui sont avant.
Nous les distinguerons en
Voyelles initiales, c*est-à dire placées au commencement du mot;
Voyelles médialea, c'est-à-dire placées dans l'intérieur du mot, mais bien entendu, toujours avant la tonique.
PROTONIQUES INITIALES 58. A, libre ou entravé =A(1):
(l) Il en est de même en vieux lyonnais : cas tanças = ch%faignien (1 V. p. 408, l 38); cai-ritas = charretes ( V, 75, L 13) ; capellanos = chapelans (X, 18, l. 2). etc.
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LU PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUBS INITIALES
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Platana = platana Apicula == avilhi Tabanuin = ta van
Avena = avena Sallita = salita, oseille Gaminum =: chamin
EXEMPLES DU SECOND CAS Articulum = arleï Ascoltare = acolô Garraria = char riri, nie
59. Cependant il arrive souvent que A libre = Ô. Cette transfor- mation est en voie d'accomplissement. Elle a été faite par analogie avec celle de A tonique en Ô (voy. n" 1).
Catabula = cotola, birloir Avellanea = ôlagni
De pannum = ponÔman, essuie-mains De pallidum = pôle, pâlir
Asinata = ônô, charge d'un âne De planile = plôgni, petit pré Taràtra = lôrôra, tarière.
Rem. i ^ La transformation de a initial en 6 est surtout marquée lorsqu'il s'agit de A entravé en patois par R, plus consonne (comp, avec le n® 4) :
Garricare = cbôrgî Môrchî, marcher Parabolara = pôrl6
Fabricare = fôrgt De partem = pôrtagt. partager De largum = élùrgt
2. — Même observation pour A entravé par ST, SS, SP (comp. avec le n* 6) :
De passer = pôssera(t), moineau De pasta = pùtô, pétrir
Rastellarium = rôtell Elastellarium = ôtelt Gastanea = chôtagni Fastigare, fôchi, Rasparium = rôpî, piquette
8. — A = I dans caballum sschivau, ad-cap(i)tare = achitô, de caminum = chine, chenel. Ce passage a eu lieu sous influence delà gutturale initiale (comp. n* 1, rem 2) (1).
40. A, plus nasale non suivie d'une voyelle qui se prononce, se nasalise en AN (comp. n* 8) :
Gantare = chantô San(i)tatem s sandô Van(i}tare = vantô
Rem. i, ^ lue voisinage d'une gutturale ou d'un yolte change AN en IN :
Manducare = mingt Gambiare = cliingt D*exlrancum = étringt, étranger Fr. dangier = dingî
2. — Dans quelques mots eniprunlôs au fiançais, la confusion de an et do en a changé a»i en in .* ambitionom =^ inibilion.
(1) Môme phénomène, et plus accentué, en vieux lyonnais. De expandicare = espan- chiment (V, p. 89, 1. 2); lavQa mente = largimeni (Id. 45, 1. 18); pergamenum = parchimin (Id. 04, 1. 6>: frauca mente = franchimenl (VI, 4?3, 1. 2); judicamentiim = jugiment (XX, p. 408, 1. 35)
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PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUKS INITIALES LIU
61. A plus gutturale plus consonne = AI (comp. avec le n** 11) :
Pacsellum s= paissiau, échalas Macsilla = maissèla. mollaire
Tacsonem =- taisson De racemare = raisimolô, grappiller (1)
E
62. E fermé ou ouvert, libre = (2), prononcé comme E muet fran- çais :
EXEMPLES DE E FERMÉ
Debere = Devat Seminare =: semenô De pœna = penablo, difflcultueux
Minatiare = menact De fsBnum = fenairt, faiier Misellum = mesiau, rogneux
EXEMPLES DE E OUVERT
Recipere = recevaî (h*epare = crevô Nepolem = iievou
Benedicere = Benayî Venenum = vérin Feneslra = fenélra
Rem. 1.— Dans dies lunae = dilun, i bref = i. De même dans le fr. lundi. Conclu- sion, que î était devenu long en bas latin.
8. E a passé h é dans quelques mots ou E muet devenait d'une prononciation difficile : glenare = liénô; de pœna = pénô, faire efifort.
3. Influence de la gutturale initiale pour le ch de ae en i dans quaerire = quirt appeler.
4. Dans bibenda = buvanda, piquette, februarium == furrt, lisez soit Tinfluence, soit la vocalisation de la labiale, qui a donné heuvanda, puis buvanda, etc.
5. Dans ericionem = urisson, il ne faut pas voir la transformation directe de e fermé en u, mais la transformation intermédiaire de eu en u d'une forme euvisson qui existe encore en dauphinois.
6. Dans femella = fumèla, fimariinn = fumî. jul-Hrmare = afrumô, la transfor- malion de e en u est due à l'infl. des deux labiides f m
(1) De même en vieux lyonnais : xi^.r facUi menie = perfai/tamenl (V, p. 42, 1. 10); facienlem = faisan: (Id., p. 5(), l. 23); ud-factnta = afaylia (IV, 400, 1. 13); ma- cellum= maisel (Id., id., 1.30); a(f>}elban\z:^aifjneil (\l, 419, 1. 30). Mais il arrive aussi que le son est rendu par ci, ey : abacuare = abeissier (V p. 74, 1. 15; vacsel- larios = veisseliers (VI, p. 420, 1. 2h)-^j)lacUare=z plcidier {W\,Ahl y 1. 30). Ationem est indifféremment traduit par eyso7i ou ayson.
(2) De même en vieux lyonnais : debere ^ deveir (XII, art. 4); Desiderare = desirrar (V. p. 39, 1.12).
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LIV PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUES INITIALES
63. E fermé, E bref entravés — È :
Pelraria = perrîri, carrière de .pierres Gessare = cessô
Reslare = reslô Persicarium = persî, pêcher De messem = messolor,
moissonneur (1)
63 bis. E plus gutturale, plus consonne = I (2) :
Pectinare, = pinô Licsivum = lissiô Leclionem = lission
64. E, suivi d'une nasale, = souvent A (3J :
Genonem = janon, genou Qinarium == jagnî, genêt (3)
Item. — Action identique de s dans de vfr. gésine = jaciniéri, femme en cou- ches (4).
65. E fermé, E bref, plus nasale non suivie d'une voyelle qui se pro- nonce = IN (comp. n" 29) :
Lenlicula = lintilhi Senlire = sinli Vindicare = vinjî
66. E fermé, E bref, entravés en patois par un groupe dont la pre- mère consonne est R = A (comp. n* 24) :
Pertusum = partu Virlutem = vartu Viridarium = varsî, verger Mercedem = marci Circare = charchi Serpenlem = sarpln (5)
Bem. 1. — L exerce quelquefois la même influence : de gelare= jaliri, gelée (6).
2. Dans primarium = parmé, il y a métathèse de r qui a sauté par derrière f\ et a ainsi fourni Tenlrave demandée.
(1) De même en vieux lyonnais ; vervecariiim = berçier (Arch de la ville, GC, f« 873). etc.
(2) 9n vieux lyonnais le même e = ey, devenu aujourd'hui i : signatttm = seignia (II, p. 9. l. 5); deleitare = deleitier (V, 39 1. 6); electuarium = leyiuares (V, 45 1. i6); veciura=, veytura (VI, 423, 1. 5).
(3) Je ne connais pas d'exemple de ce phénomène en vin., mais le vfr. a seniorem =■ sanior, reneget = raneiet^ et on trouve samaine pour semaine. En lyonnais 7i paraît avoir eu une influence analogue sur u bref dans dejutifpcrtim = jaîiuriot.
(4) On trouve en v. fr. astail pour estait,
(5) On trouve de même, en vieux lyonnais : veracum :=zvarag (V, p. 40, l. 20): serpentum =sarpent (X, p. 25, 1. 2).
(6) De même, en vieux lyonnais, Delphinum =Dalphin (V, p. 74, L 7; eliganles = allisan, pelletarios =paleters {Syndicat de 1368).
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PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUES INITIALES LV
67. E fermé, E ouvert, suivis d'une gutturale précédant la Ionique dans les verbes qui deviennent YI en patois, se changent en A ou Ê, probablement par dissimilation avec I final :
Necare =s neyî, nayî, noyer Precare = prayî
Secare = sèyî, suyî, faucher Plicare = playî
Rem. — Mais ligare a donné lèyî et non layî.
I
/ bref a été traité avec E fermé. 68. 1 long libre ou entravé à l'initiale = I (1) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Fidare = fiô Liberare = Livrô Divisare = Divisô, causer
De filum = filogni, étoupe Dimidium = Dzimé (R.-deO.)
EXEMPLES DU SECOND CAS Villaticum = Villajo B(e)ryllare = brilhl
Rem, — Dans vicinum = vaizin, la dipht. ai doit être attribuée à l'infl. de la gutturale.
68 bis. Devant les labiales (p, è, m) I long = U :
Pipata = pupô, une pleine pipe Sibilare = subl6
De cimicem = sumata, punaise Limacia .= lumassi
0
69. 0 fermé (= 0 long, U bref), libre ou entravé, = 0 prononcé bref (2) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Gubare = covô Subinde = 8oviii(t) De gula = gole(t), petit détroit De cotem aes coyI, ëtui de la queux Colare = colô
(i) La loi est la môme en vieux lyonnais. Les exemples semblent inutiles.
(2) En vieux lyonn. O ferme et O ouvert donnent aussi O. Exemples pour O ouvert : porroi(y, 36; 1. 9); trova^et (Id., p. 89. 1. 18); molinum == molin (VI, p. 419, 1. 20); Johan (XIX. 456, 1. 23); poveir (Id., 467, 1. 31. Exemples pour 0 fermé ; fro- ment (1^, 408. L 19); coreyt (V, 52, 1.7); sochon (VI, 420. 1. H); colourÇld., 421, 1. 15); adobas (Id., 421, 1. 19).
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LVI PHONETIQUE, VOYELLES PROTONIQUES INlTfALES
EXEMPLES DU SECOND CAS
Muccare = mochl Ructare rotô Putrlre = pore (Crap.)
Butlicula =5 botilhi De nutrire = norici, nourrice
Re7ii. i.— Lorsque 0, fermé ou ouvert, est suivi de L, plus consonne, il passe à OU (1) qui, aux environs de Lyon, devient lui-même souvent U :
GoUocare = cuclit Multonem = mouton Solidare = soudô (2), souder Pulsare = boussô, pousser (en parlant des végétaux)
2. Suivi de R, 0 a une tendance à passer à OU, U (3) :
Plorare = plourô ad-rorare = arouzô De golh. fodi = fourô, fourrer Curllle = curti Florire = fluré (Crap.)
70. 0 ouvert, libre ou entravé = 0 (coinp, n'' 39 et 40 (4) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Jocare = joyî Locare = loyî Tropare = trovô
Volere = volaî Gorona = corona Soiiare = sonô, appeler
EXEMPLUS DU SECOND CAS
Apotheca = botica Corbicula = corbilhi De mortem = amorlî, tuer Tortiare = torchi D'ortica = ortie(t), ortie Tornare = tornô
Rem, 1. — Dans op(e)rire = urri, coop(e)rire = curri, o ouvert a été transformé en u sous infl. de la labiale (comp. 62, rem. 4) (5).
2, — 0 plus r a passé à ar dans de furnum = farnô, faire cuire légèrement au four; de fr. hochepot =:archipo(t).
71. 0 entravé par ST ou SS = OU (comp. n» 41) (6) : Gustare = goutô De grossum = grousst, grossir Go(n)star6 = coutô
(1) De même en vieux lyonnais : vousist(Y, p. 61. 1. 5 et 6); vondroy (Id., 57, l. 3); moutonines (IV, 406, 1. i6); pulletrellumsrzpoutrex, (Id., 407, 1. 1); sepuUuvas = sepoutures (Gartul., p. 21, 1. 2).
(2) Mais on a aussi sodô.
(3) On trouve de même, au xvii* siècle : de inoolare = voiilexir^ sortiavia = sour» ciri, chordaria z=. courdirif de fortetn = effourcy, portabat =. pourtave, mor- seîlum a= mourciau (XXXI). Mais dès le xvm* siècle on trouve porta, retornerant (XXXII).
(4) Voir les exemples vieux lyonnais p. LV, note 2.
(5) De môme en vieux lyonnais, operire = uvriv (Y^ p. 40, 1. 6); sxiffeHre =z suf- frir (Id., 43, 1. 17); ohlitatum = uhlia (Id., 64, 1. 15); coopertum = envers (Id., 69, 1. 19).
(6) On a de môme, en vieux lyonn., de costuma = acoustuma (XIX, p. 4.'Mj, 1. 20).
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PHONETIQUE, VOYELLES PBOTONIQUBS INITIALES LVII
71 bis. 0 plus gutturale plus consonne, 0 plus consonne plus yotte se diphlonguent en 01, qui a passé à OUÊ OUÉ (1) :
Goctare = couéti, se hâter De vocitum = vouéri, égrener
Scopeare = couèvî, balayer Gobionem = goifon, goujon
Scuriolam = écouôru
72. 0 fermé ou ouvert, libre ou entravé, plus nasale non suivie d'une voyelle, = ON (2) :
Domitare = dondô Mundare = mondô, éplucher Gonsilium = consftl
Cundire = condi, assaisonner
Rcm.l.— La nasalisation a pris un caractère plus marqué d'acuité dans de condire= qnindura, sauce. C'est Taction de la gutturale initiale.
2. Gomme ON tonique (Voy. n» 43, rem.), UN, UM protonique passe quelquofois à AN :
De funda = frandô, lancer avec force UmbiUeum = ambouni, nombril
•U ■
U bref a été traité avec 0 fermé.
73. U long libre = U (3) :
Putare s= puô, pouô (4), tailler la vigne Pulere = pué
Sudare = suô Durare = durô Uiiionem = ugnon
Muralea = murailli Luminarius = luminl, marguiller
Bem, 1. — Curatarius = corralî, coureur, par confusion av. l'étym. currere.
2. De junepurum = janurio(t). Phénomène analogue à celui signalé au n» 64. U a été transformé en (^ sous l'influence de la nasale qui le suit.
3. Dans coriosum = quirioa(8) le passage deuk i est dû à l'infl. de la guttur. init. Gomp. 1, rem. 2.
4. Dans tuberem = triffa, tubare= tibô, fr. tupin= tipin, influence singulière de la labiale. Mais ces formes sont locales.
(1) De même en vieux lyonnais : cognoyssies (V. p. 60, 1. 13); approximabat ^ approymctve (Id., 64, 1. 18); boyssons (Id., 76, 1. 1); Scuriolum = ecoyreux (VI, 421, 1. 7) : scppeare = quoivy (XXXI, 2* partie, vers 238).
(2) En vieux lyonnais un plus consonne = un : mundo (V, p. 89, 1. 6); profundia prevondia (Id., 69, 1. 24); concha = cunchi (X, 24, 1. 5); uncles (Id., 26. 1. 1).
(3) Dq même en vieux lyonnais : curiosa =. curiousa (V» p. 50, 1. 17); de plus = l)/iwor*(Xni,art. U).
(4) Une plus grande facilité de prononciation fait passer facilement puô à pouô. En retour, nodare a fait no6 nou6, puis à Graponne nuô, parce que nodum y égale jia(d).
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LYIU PHONETIQUE, DIPHTONGUES PEOTONIQUBS INITIALES
74. U long entravé = U :
Purgare se = se purgl Fustarium = fustl, charpentier
74 bis. U long plus gutturale = UI, qui se réduit souvent U : Lucidare = aluidi, faire des éclairs Mucere = mu si
Sur U plus nasale (que je crois d'ailleurs bref en général), voy. 0 , n* 72, rem. 2.
DIPHTONGUES
76'. AU = OU (comp. n' 49) (1) :
Ausaro = ousô Paupertatem =r pouretô
Saltare = soutô Haustare = outô, ôter
Retn. 1. — AU passe souvent à O : aiwicula = orilhi ; pau-de-ferro est devenu podefèr.
2. OU de AU a quelquefois passé à U aux environs de Lyon, comme ou de o fermé est devenu souvent w. Dans celte catégorie rentrent Sanctum Mauritum = San-Muri; germ. kausjan = chusé, choisir (Ca*ap.)'
3. Dans aucellum = iziaa, la transformation de au en t a dû s'opérer plutôt sous l'influence de la gutturale initiale que par dissimîlation (2).
VOYELLES PKOTONIQUES MÉDIALES
VOYELLES PROTONIQUES MÉDIALES LIBRES NON PRÉCÉDÉES d'uN GROUPE DE CONSONNES ET PRÉCÉDANT IMMÉDIATEMENT LA TONIQUE
76. A persiste :
!• Dans les dérivés, qu'il fût tonique ou post-tonique dans le simple
(1) De même en vieux lyonnais : falcUatetn = fouceta (V, p. 38, 1. 5); aîtar$ outar (Id., 55, 1. 8); salinatarius = souner (XVII bis, III, art. 6).
• (2) Voy. iziau au Dictionnaire.
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PHONETIQUE, VOYBLLBS PROTONIQUES MEDIALBS ZVX
EXEMPLES DU PREMIER CAS
De minatia = menacl D$ lavare = layîimitt(t), lavement
De jurare = juramint De commendare = commendamiii(l)
EXEMPLES DU SECOND CAS Pe grana= granatl, grainetier De cura = corratî, qui a l'habitude de courir
2" Dans les composés lorsqu'il était post-tonique dans le simple ; Sola = mente = solamiii(t) Bona-mente = bonamiii(t)
77. Dans les autres mots A est tombé, au moins dans le langage moderne :
Manduca(t)orem = mijon Jocula(t)orem = jonglou SibiIa(t)orem =r siflon
Rem. — Dans ces exemples, a, par la chute do la dentale, s'est trouvé en hiatus avec la tonique, ce qui a amène sa chute. Au xvi» s. on a operatorium ==. ovraor. On a aussi mirabilious de mirabiliosum et meravilles de mirabilia^ qui indiquent la persistance de A. Le patois moderne marmlles est d'influence française.
78. Les voyelles protoniques médiales, libres, autres que A, et non précédées d'un groupe de consonnes, tombent :
Jud(i)care = jug! Praed(i)care = praïchi Dom(i)tare = dondô
Turb(u)lare = troblô Di8hon(o)rare = desondrô, défigurer Sem(i)nare = senô
Rem. 1. — On a aussi semenô. Est-ce une forme demi-savante ou une forme archaïque (1) ?
Dans de racemare = résimolô, il y a eu sans doute formation sur un simple résimô.
2. — Notons, au contraire, une nouvelle chute en roman de la protonique dans baju- lare habeo, devenu je baillerai, puis je barai.
3. — Pour le surplus, la plupart des mots dans lesquels la protonique a persisté, sont introduits du provençal ou sont des infinitifs formes sur le présent de l'indicatif.
Adobare =. adobô, aiTanger Bulicare = bolicô, brasser
Bajulare ssbayoulé, bercer un enfant en le portant (2).
79. La protonique a été conservée ou remplacée par une voyelle d'appui, lorsqu'elle était post-tonique dans le simple :
De caput = capitô, rencontrer De caput= cabuchè, plonger en parlant d'un bateau
(1) Comp. anima = aneme avant d'être anm^puis âme.
(2) Mot peu usité, venu du bas Dauphiné.
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LX PHONÉTIQUE, VOYBLLBS PROTONIQUES MBDIALES
VOYELLES PROTONIQUBS MÉDIALES ENTRAVÉES
80. Elles persistent ou sont remplacées par une voyelle d'appui :
Capillare = chavelô, peigner Hibernare = ebarnô, ouvrir portes et fenêtres Gommis8ura= commissura (1), assemblage de deux trains de voilure
VOYELLES PROTONIQUES MÉDIALES LIBRES
PRÉCÉDANT IMMÉDIATEMENT LA TONIQUE, MAIS PRÉCÉDÉES ELLES-MEMES d'un GROUPE DE CONSONNES
81. Le plus souvent elles persistent ou sont remplacées par une voyelle d'appui :
Hirpiciare s= harpayî (2) UmbiUcum = ambounî Petroselinum = pirassè Aptiflcare = attofayî, élever, nourrir Succulare= Secoyi
Hortulaticum = ortolajo, légumes
Rem. i. — Si le groupe est formé d'une labiale et d*une dentale, ou de deux labiales la proionique n'est pas conservée : comp(u)tare = comtô, blasph(e)p[iare = blamô, sep(ti)mana = semana.
2, Dans torculare = trolbi, presser le raisin, la chute a été facilitée par la méta- thèse der.
82. Dans les composés où la protonique, aujourd'hui médiale, était initiale dans le simple, elle est conservée sans exception :
Ad-buccare =: abocht, tomber en avant De ad-sedem = asselô, asseoir
In-dui*are = indurô Dis-setare =: dessiô, désaltérer
83. Lorsqu'une voyelle d'appui remplace la protonique, cette voyelle est généralement A, quelquefois E. Cette règle s'applique surtout à la protonique I dans les mots dont la finale est en I accentué (comp. avec len*67):
Hirpiciare = harpayl Aptiflcare = attofayî Benedicere = benayl
Obedlre = obayî Petroselinum =s pirassé.
(1) Il y a eu chute dans le forëzien. consure, même sens.
(2) Le groupe n'a pas.sufti à protéger la voyelle dans le français herser.
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PHONÉTIQUE, CONSONNES PATOISBS LXI
ÉTUDE DES CONSONNES
CONSONNES PATOISES
Les mêmes qu'en français. Elles ne sont atteintes que par quelques phénomènes locaux, affectant seulement les gutturales et les dentales.
L'articulation exprimée graphiquement par le groupe CH se prononce comme en français dans la plus grande partie du Lyonnais : Lyon, les environs, Craponne, Yzeron, Mornant, Givors, ainsi que dans la contrée d'Amplepuis.
Cependant elle se prononce TS (1), comme en langue d'oc, dans une région qui ^st précisément la plus éloignée du pays d'oc : le Franc- Lyonnais, les bords de la Saône, Couzon jusqu'au Beaujolais (qui est aussi le pays de ts), la vallés de TAzergue, Lentilly, etc. On y dit tsantô pour chantô, tsapotô pour chapotô. etc.
Rive-de-Gier prononce CH comme en français : chousa = chose; chô-yon = cha-un; chantô = chanter, mais, chose curieuse, ce sont le / et le rf qui engendrent des articulations complexes. Devant a, o, on, patois, T, D restent intacts : paupertatem = pouretô; dubitare = dotô; tantum = tant; tuttus = to(t); ital. cartone = carton; mais devant e, i, u, T se prononce TS et D se prononce DZ :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Tempus = tsom(s), temps De sequere =s de suitsi, tout de suite
Teren == tsirl, tirer De magister =magistratsara, magistrature
Gastellum = chôtsau, château Quaestionem = quetson, question Fr. petit = pilsl(t)
EXEMPLES DU SECOND CAS
Dimidium = dzimé, demi Perdilum = pardzn, perdu
Dicere = dzire, dire De viduum = vouêdzi, vider
Disnare = d^inô, dfner Darum = dzur, dur
Cependant on a Deum = dzo, parcequ'il a été d'abord Dzio*
(1) Il serait plus orthodoxe d'écrire que G latin devant A à produit GH dans tels endroits. TS dans tels autres, mais c'eût été anticiper sur Tétude de la transformation des consonnes. Dire que GH se prononce TS n'est d'ailleurs pas une bélise aussi grosse que cela en a l'air, car les gens de Lentilly ont la ferme intention de pro- noncer GH. Quand l'Auvergnat dit : « Nous chavons bien que cha n'est pas chale >, il est persuadé qu'il dit : « Nous savons bien que ça n'est pus sale », et la preuve, c*est qu'il récrit ainsi.
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LXII PHONETIQUE, CONSONNES LATINES
A Saint-Martin-en-Haut, Riverîe, T ne se modifie que devant t, et alors il devient, non plus ts, mais tch : maitchia pour maitia, moitié ; tchioula, pour tioula (tuile); fagotchî pour fagottî (littéralement fagottier), bûcher; impuntchî pour impuntî (de pwnctum), exciter, etc.
D devant i devient non plus DZ mais DG : Tandgiri pour Tandiri (servante de cheminée, de landier)\ essordgi pour essordî, assourdir; madgignîpour matinî(matinier); cundgî la sopa pour cundî (condire) la sopa, etc.
A Paniss. le groupe cl devant i se prononce comme le th anglais dur. Clèya, porte à jour, se prononce thlièya.
Je crois que nous aurons épuisé le sujet lorsque nous aurons dit que dans la plupart des villages, N se mouille devant i : nidum = gnl(d), venire = vegnî: genista = jagnî, genêt; flnire = fignî, finir; neb(u)la gnibla, (1), brume; de farina = fargniri, dépense de cuisine. Lorsque, dans les mêmes mots, au village d'à côté, î tonique est remplacé par un é, N ne se mouille plus : né, nid; fine, finir ; vené, venir. Il en est de même lorsque deux mots consanguins se terminent l'un par t, l'autre par a. Dans jaléna, poule, n est sec, et mouillé dans jalegnî, poulailler.
CONSONNES LATINES
On les divise aujourd'hui en
EXPLOSIVES (C, QW, G, T, D, P, B) ainsi nommées, parce que, pour les articuler, il faut que Tair passe entre des parois brusquement écartées.
CONTINUES (S douce, S dure = SS, F, V) parce que pour les pro- noncer il faut que Tair passe entre des parois relâchées lentement.
FRICATIVES (FoM yotte.J, W) parce que, pour les arliculer, il faut que les parois de l'occlusion s'entre-friclionnent.
Hors cadres les
LIQUIDES (r,/);.
NASALES (n, ;??).
Ces catégories se subdivisent en trois séries suivant l'endroit de la bouche où se produit l'obstacle : gutturales, dentales, labiales. Enfin, elles ont deux modalités. Elles s^ont sourdes ou sonores,
(1) Concurremment avec niôla.
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PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLÉKS
Lxm
Tout cela, plus compliqué en apparence qu en réalité, est résumé dans le tableau suivant :
BxPLOfilVKS
Continues
Fricatives
Liquides
Nasales
Gutturales
Dentales
Labiales Gutturales (pas} Dentales
Sourde = G, QW
Sonore r= G
Sourde = T (3)
Sonore = D ^ Sourde = P ( Sonore = B
IG vêlai re = k dans ka, ko, Au (1) ■ Gpalatal = A.dansAi, Ao (5î). ÎG vélalre= ga, go, gu. G palatal = gui, guf.
■î
Sourde = S douce (=z) Sonore = S dure (ass)
Labiales
Sourde = F Sonore = V
Gutturales = yotte, J Dentales (pas) Labiale W (4)
Gutturale = R Dentale = L
Dentale = N Labiale = M
Les consonnes sont initiales, finales, mbdiales.
Elles sont encore isolées, doubles ou en groupe.
Nous étudierons d'abord les consonnes initiales, en considérant suc- cessivement les consonnes isolées ou en groupe (il n'y a pas de consonnes doubles initiales ni finales).
CONSONNES INITIALES ISOLÉES
En général, saufC vélaire devant A, et C et G palataux devant E, /, elles persistent sans modification de prononciation, .
(1) Son de c français dans car et de qu dans qualité, {t) Son de qu français dans quel,
(3) Le ^ se prononçait dur dans tous les cas, même devant t / nationerii ti'Onem,
(4) Exemple dans quo = qvoo, prononc. quouo.
r= nu-
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L.XIV PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLEES
EXPLOSIVES GUTTURALES
C VÉLAIRE .
84. C devant A = CH(1):
Cadere = cheire Gapra = chara Gaballum = chiviaa
Cavare = chavô, creuser Garrus = char Garniacum =r Cbarnay t
Rem, — G devant A = K dans un certain nombre de mots généralement empruntés au provençal :
Cathedra = cadiri, chaise De catullire =: catilia, chatouilleux
Gara = cala, mine De calare = calô, glisser
86. C vélaire devant A se transforme quelquefois en G dur, mais les mots sont tous importés :
Gavellum = gaviaa, poignée de sarments Gattum = galte (2) (f.yon) Calla = gôla, gale KaXayorstv = galafatô, calfeutrer
86. QW Vélaire = K (3) :
Qware = côr Qwarlum = quôr(t) Qwadrum = quorre, angle
Qwalem quem = quaaque Qwadratam = caréte, ustensile du canut
Rem, — Gassi, secouer, n'est-il pas qwassare = kassar = gassar î
87. C Vélaire devant 0, U = K (4) :
Goctare se, se couêti, se presser Goratà = corô, viscère du bœuf
Gopula = cobla, iCttelage double Gorna = cornua, benne
Gupa = cnva, cuve Gabare = covô Gooperire = currl
Reni. — G vélaire s'est changé en g dur dans
Gurculionem = gourguillon, charançon Gonflare = gonflô
De coque = gogasson, beignet Gupellum = goubiaa, verre
88. C palatal (= KE, Kl) devient sifflant (=j S dure ou SS) : Géra = ciri (5) Geremilia = cermilhi, cerfeuil Ginerem = cindra
(1) De môme en vieux lyonnais : cdballos = ckavaux (IV, p. 407, 1. 1); de capui = chaton (V, p. 58, 1. 6); càminum = chami (XXV, p. 10, 1. 15).
(2) Emprunté à Titalien.
(3) De môme en vieux lyonnais: qwalem •=: cal (V, p. 66, 1. 1); qjoadrellum zsicav- reuz (V, p. 53, 1. 8).
(4) Les consonnes se comportant en général en vieux lyonnais: comme dans le lyon- nais actuel, nous ne mentionnerons que les faits particuliers.
(ô; De même en vieux lyonnais : Cera = ciri (XXV, p. 26, 1. 17).
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PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLÉES LXV
89. QW palatal = K :
Qwerere = qnarre. chercher Qwerire = quiri, appeler
De q wies = se quaisl, se taire Qwindecim = quinzi
Rem. — QW palatal est devenu S dure dans qrvinqwe = cin.
90. G vélaire (= G dans GA, GO, GU) devant A s'adoucit en CH ou J :
Gamha = chamba (1) GalUna = jaléna (R.-de-G.)
Germ. gar = jôr, dard des abeilles Du celt. gar = jarrola, traînard
Rem. — Mais il s'est conservé dans quelques mots importés : De gamba = gambilhi, boiteux Germ. garn = gargni, aiguille des pins
91. G vélaire devant 0, U, se maintient :
De gobionem goifon, goujon Quia = gola
De gonna = gonô, mal vêtu Gurgitem = gor, creux d'une rivière
92. G palatal (= prononcé en latin comme G dans GUE, GUI) = J Genus = gin, rien Gentes s gin(ts] Gerulam =s jarla
Rem. — G vélaire est remonté à G dans quelques mots importés :
It. gabano = caban De gamba (2) = camborlë, cagneux
EXPLOSIVES DENTALES
93. T initial persiste :
Tabana = tanna, guêpe Tarati*a = tarôra, tarière
Rem.^ Lorsque T, D. àTinitiale, sont suivis d'une voyelle plus PL, BL, une R est insérée entre l'initiale et la voyelle (8) :
Tab(ïi)la = trôbla Dnplum = drobli, char double
(1) Marg. d'Oingt a aussi chanba (p. 75, 1. 17).
(2) Je ne suis pas certain qu'il soit exact de dire qu'ici G soit remonté à G, car le v. esp., lepiém., lelgd. camba, semblent indiquer qu'il y a eu, antérieurement à gamba, un latin populaire camba, dont lemotlyonn, peut être tiré.
(3) Ce phénomène est ancien : Tabulai. trablaiV, p. 67, I. U),
9
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LXVI PHONRTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLÉES
94. D initial persiste :
Divisare = dlvisô, causer Doga = dova, rejet de la terre d*un fossé
Dorsa = dQrsi, gousse Dactile r= dolhi, douille
Rem, — D plus I en hiatus (yotte) est devenu J dans diurnum =« jor, mais le plus souvent il persiste : Deum = diu, die dominica s diuméni.
EXPLOSIVES LABIALES
95. P initial persiste :
Pala = pala Pipulum = pivo, peuplier Palpa = porpa
Rem. — P init. est devenu B dans pulsare =s boussô (peut-être sous influence de bout), et dans pedare = bide, mesurer avec le pied.
96. B initial persiste :
Balcha =r bauchi, fane Bene =s bin Bovem s=s bou
Rem. — B est remonta à P dans
Boscalem = pocherla, fauvette Vfr. beloce = pelossi, prunelle
CONSONNES CONTINUES
DENTALES
97. S douce (= Z) ==: J :
Zelosum = jaloa(8)
98. S dure (= SS) persiste :
Sapidum = sado Secare = sayl, faucher Sibilare = sublô
LABIALES
99. F persiste :
Faseola = faviola Femina= fêna De filum = filogni, étoupe
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PHONETIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLEES LXVn
100. V persiste :
Vices = vey(s), fois (1) Villa = vila
Viudemia = vindémi . Yoluta = vote, boni de corde replié
Rem, — V (sans doute W à l'origine) = GW dans
Vespa = guôpa Vadare = gaffô, passer à gué
Vofiacum = Goiffiea, nom de lieu
2. — V est remonté à B dans
Visculanum = beclien, raie du mouton (2) Vertebola = bartavella (3)
Vervicem s= bai-bi^s)
FRICATIVES
101. W = G dur :
Du germ. weidanjan = gognajo, rapport d'une terre
Golb. warjan s= gari, guérir Du nor. wante = agantô, duper
LIQUIDES
102. R, L persistent ; ^
Rana = rana, salamandre Labra = loura, lèvre Liçere = leizl
NASALES
103. N, M persistent le plus souvent :
Nebula = niôla Nodum = non Maleria = mayiri, chéné élronohô
104. M est quelquefois remplacé par N :
Mespilem = népio Mespnlla = nopôla, nôfie Myrtba = nerta
Rem. 1. — Dans beaucoup de lieux N devant E ou I = GN ou, ce qui revient au même, intercale un yotte entre N et la voyelle :
Nebula = gnibla Nidum = gnl Nescla = niëci, benêt
2. — M = B dans
Musari = abuizl, amuser Mitlere =: bettre (4)
(1) Il est intéressant de remarquer que 'taus les vieux textes ont veis. On ne trouve feis que deux fois (XXI, p. 4(38, 1. 6, et 469, 1. 1). Il est emprunté au français.
(2) Phénomène de prononciation gasconne.
(3) Sans doute par un latin vulgaire bertere pour vertere^ comme on a berbicem pour vervicem.
(4) Ce phénomène n'est* pas aussi unique qu'on le pourrait croire. Comparez musari = bourg, anbusai; pr. matafièu = In. batafi, bout de corde: Igd. amiatô = In. abiatô; mandibula = esp. bandibula; esp. mataralua = balafalua; vx esp. al-
bondocass esp. almondega ; fr. mitaine = ss.-rom. belanna. On en pourrait citer d'autres.
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LXVIII PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES GROUPÉES
CONSONNES INITIALES
GROUPÉES
Excepté dans SC, ST, la loi générale est la persistance.
Pas d'exemple d*explosive groupée avec explosive ou avec continue.
EXPLOSIVE AVEC LIQUIDE
105. CR persiste ou se change en GR :
EXEMPLES DU PREMIER CAS Grassa = crassi, crasso Cremare = crimô Grucem = cruey
EXEMPLES DU SECOND CAS Gratare = grattô Grassum = gr6(s), gras Grusta = grotta, morceau de pain béni
Bem. — Il arrive quelquefois que GR. GL laissent tomber la liquide :
Gramaculum = cumaclio, crémaillère Cribrum = cœuble
Vfr. escrabouiller = cabolh! De clap = cafi, serré
De clavum = kiavelhiri, vrille (Paniss.)
106. TR persiste :
Trepalium = travftr Tridentem s= triaii(t), outil à trois dents
Troculum (pour lorculum) = truey, pressoir
liem. — TR = DR dans vha. trngî = drugî, tromper.
107. CL persiste en insérant un yotte après L (1) :
Glavem = cliô Glassicum = cliôr, glas Glarum = cliôr
Glericum = clier De clida = clieda{t), barrière à jouer
Rem, 1. — GL est devenu GLdans classicum = gliô, glas (Morn.)
2. — G du groupe GL est tombé (certainement après avoir passé à GL) dans les mots suivants où yotte avait été aussi intercalé (comp. n* 109).
Claudium = Liaudo Glassicum s= liôr, glas (Crap.)
108. GR persiste :
Qracula = grôlhi, corbeau Grana = grana Gramen = gramo, cbiendent
(1) Ge phénomène est tout moderne : claritcUem = clarta (V, p. 58, 1. 14); clavel- lum = clavel (Id., p. 52, 1. 12); clavemss cla (Id., p. 77, 1. 5).
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PHONÉTrQUB, CONSONNES INITIALES GROUPÉES LXIX
109. GL, insère un yotte après L, puis laisse tomber le G (1) :
Qlacia = liassi Glandem = alhan Olenare = liénô
Exception : Glacium = glia, verglas.
Rem. — Dans de glociare= cliossi, poule couyeusê, GL a innéré un yotte, puis G est remonté à G.
2 — Dans gloria = gluairi, il n'a pas inséré d'yotte, peut-être à cause de quelque difficulté de prononciation dans ce cas spécial.
110. PR, BL, BR, BL persistent :
Precare = pray! Propago = prova, provin Planum = plan
Plicare = playî Bladum = blô Vha. blao = blu, bleu
Rem. — PR, PL deviennent quelquefois BR, BL :
De pruna = brignon, pavie De it. presto = breslô, hâter
Prisciniacum =- Brignai(s) Placium = blaze, bourre de soie
EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC NASALE Pas d'exemple.
CONTINUE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE
111. se perd l'initiale. L'explosive seule persiste avec la transfor- mation qu'elle avait pu subir antérieurement,
Scalja-toriuca = caille-tortae, tortue (Lyon) Scopa = couévo, balai
Yha. Scnm = cama, écume De sklna = chinard, os du porc
De Scala = charasson, sorte d'échelle Scalarium = chaliô, mur de soutien
Rem. 1. — Dans ces mots un £ avait d'abord été prépose, puis est tombé avec S. G*e8t ce qui se montre dans les mots suivants tirés du français :
Escafoirô = cafoiré (Lyon) Escorniflear = cornifloa Escroc = cro(c)
2. — Les choses se passent de môme lorsque G est précédé de EX(=: ECS) : Excarbuculare = charbolhî, écraser D'excussum = cossou, fléau (1)
d. — Dans scuriolum =: acuëroa, écureuil, même phénomène. Un A a éié prëposd au groupe, puis S est tombée.
112. ST, SP présentent les phénomènes suivants :
r Quelquefois le lyonnais prépose un E en conservant le groupe : Stomachum = estômo De sperare = à Tespéro, à TaiTùt
(1) Ce phénomène est aussi moderne.
(2) On a encore écossou et écossa concurremment avec cossoa et Ton a eu certaine- ment escossou.
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LXX PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES ISOLÉES
2* Le plus souvent il a préposé un E ou môme un A devant le groupe, puis S est tombée (1) :
Stare = éiô Stela = étèla Stupare = ëtu6, faire sécher
3* Dans ce cas, devant une voyelle suivie du groupe PL, BL le lyon- nais intercale une R après le T (comp. 93) :
Stab(u)la = étrôbla Slnp(u;lum = élroblo, chaume
4* Quelquefois S tombe et la seconde lettre du groupe persiste seule : Spalla = pala Sternutare = torgnt
CONTINUE AVEC LIQUIDE
118. FR persiste :
Fratrem = frôre Fraxioum = fraissi Frumenlum=rfromin(t)
CONSONNES FINALES ISOLÉES
Elles sont de deux sortes :
V Finales €71 latin; 2' Médiates en latin.
Nous examinerons successivement les deux cas.
EXPLOSIVES (c, ff, t, d,p, h)
114. !• C final en latin tombe (2) après E fermé, E ouvert et I long, après A et 0 fermé il se diphtongue avec la voyelle qui le précède (3).
(1) Dans les textes lyonnais du xvi« s. on a déjà sxiacium = epassio à côté d*es- pacio,
(2) Bien observer que nous appelons consonne qui tombe, toute consonne qui ne se prononce plus en patois quand même elle serait conservée dans l'orthographe.
(S) On remarquera que plusieurs des règles données à propos des consonnes finales ont déjà trouvé leur application à propos des voyelles toniques ou post-toniques. Nous recherchons avant tout la clarté, au prix môme de quelques répétitions. Ici les répé- titions sont le résullal d'une classification générale qui ramène parfois les mêmes lettres, lorsque l'on considère ces letlres sous leurs différentes situations.
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PHONETIQUE, CONSONNES FINALES ISOLl^ES LXXI
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Die = dl(8) Nec = ni (1) Sic :=: si
EXEMPLES DU SECOND CAS Apud hoc = avouai (2), avec Ulac = ilat, là -bas
Rem, — Cet ai ayant cessé depuis longtemps de se diphtonguer, est exprimé en réalité aujourd'hui par ê,
2'* Les explosives labiales et dentales tombent :
Ad = a, à, au Et s e(t)
115. C, G, vélaires ou palataux, médiaux en latin, devenus finals en patois (3), forment diphtongue, savoir :
!• Après A;
Athanac(um) = Ainay, nom de lieu Salsiac(um) =s Sarcey, nom de lieu
2* Après E fermé :
Leg(em) = lual Reg(em) = rai Nig(rum) sss nat, né
3* Après 0 fermé :
yoc(em) = vouai Nucem = noï, noué
4* Après 0 bref :
Foc(um) = faè Joc(um) = jué (4)
116. C, soit vélaire, soit palatal, tombe, savoir :
1** Après E bref, en altérant la voyelle qui le précède :
Dec(em) = di(s)
2* Après I long et après U, sans altérer la voyelle :
Amic(um) = ami Ludovic(um) = Loyi
Apric(um) = ouri, abri Pauc(um) = pou (5)
(1) En disant que C tombe, on ne prétend point^ que ce soit sans laisser de trace. Ainsi dans nec = ni, le passage deek i est dû à l'influence de c.
(2) De même en vin. Pacem =3 pays (V, p. 54, 1. Il); illac = Zay (V, p. 44, 1. 22) ; veracum = veray (V,69, 1. 22); apud hoc =3 avoy (V, p. 42. l. i3, et X, p. 29, 1. 14). Au xiv siècle hoc = o;/, mais dans le patois moderne oy s'est réduit à 0, pronom employé seulement au neutre, c'est-à-dire comme sujet indéfini.
(3) Les consonnes médiales en latin, devenues groupées par la chute d'une voyelle puis finales en patois, trouveront leur place aux Consonnes finales groupées»
(4) De même en vx lyonnais ; locum = lua, au cas oblique (V, p. 51, l. 1 et 4); focum=fua, aussi au cas oblique (Id., p. 52, 1. 1).
(5) En vx lyonn. po (V, p. 71. l. A et 4).
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LXXII PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES ISOLEES
3* Si G final prend un suffixe en patois, il se comporte comme médial {yoy. 182) et devient yotte :
De fag(um) = fayôrd, hêtre D'un rad. drag = drayf, cribler
117. Les autres explosives, médiales en latin et devenues finales en patois, tombent :
Arat(um) = arô, champ labouré Bedum = bi, canal d'arrosage
Ped(em) = pi Nld(um) = gni Prod(est) = pro, assez
Rem, 1. — Après U, p et & se vocalisent :
Lap(um) = loa(p) Tub(um) s= toa, canal
2. — T devant lU devient SS, puis tombe dans la prononciation :
Solat(ium) = sola(s) Pret(ium) = pri(s)
CONTINUES («, z, /; v) i 18. S, finale en latin, tombe :
Nos = noCs) Homines = homo(s) Vivis = vi(s) Latus = lô
2* S médiale en latin, finale en patois, tombe :
Nas(um) =s nô(s) Gas(is) =r chi(s), chez Pertns(um) = partu(s), trou
119. F, V. Pas d'exemples de F ni de V finals en latin. F médial en latin, devenu final en patois, tombe :
Joseph(um) = José V devenu final après 0 se vocalise en U :
Bov(em) s= boa Novem = non
Après les autres voyelles, il tombe :
Suav(em) = suô (l) Glavem = cliô
Mais si V est suivi d'un U, il se vocalise après toutes les voyelles : Clavum ss cliou Eiv(um = ria
FRICATIVES 0, yotte, tr) Pas d'exemples.
(1) Au dictionnaire j'ai mis suavem = suau, en supposant la vocalisation de v, C*est une erreur. Il faut lire sua(vem] = sua, puis suô.
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PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES ISOLEES LXXIH
LIQUIDES (r, /)
120. R, finale en latin, persiste en patois :
Per = par Por (pour pro) = par
2* R, médiale en latin, finale en patois, tombe (1) :
Gantar(e) = chantô Licer(e) = leizl, loisir Canlor(em) = chantou
Rem. 1. — Conformément à la règle, habere a donné aval, avoir, mais R a persisté dans le subst. abar (River.), aveir, patrimoine; heri-ser(um) = arseir, ce soir. Il à persisté aussi dans amorem = amour, mais le mot est tiré du français.
2. On a vu que les mots populaires en orem se terminent par ou. Pour les mots savants, le patois a emprunte la finale française eur, où alors r finale se fait sentir : seigneur, terreur, extracteur (dans les mines), etc.
3* Dans les monosyllabes R a persisté le plus souvent :
Mar(em) = mà,r Cor(ium) = couar Her(i) = hier
Mur(um) = mur Secur(um = sûr
Rem. — Pourtant il est tombé dans ser(um) = saî, mur(um) :a mu (Saint-Mart.); dur(um) = dzu (R.-de-G.).
121. 1" L, final en latin, ou médial en latin et devenu final en patois, = R, et persiste sous cette forme (2) :
Mel = miâr Fel = fiàr Gapital(e) = chatôr, cheptel
Gael(um) = ciar Tinal(em) =: tinôr, endroit où l'on met les tines
Canal(em) =? canôr Gel(u) = giàr Vfr. faudeteul = fauteur
Trepal(ium = travà-r Sitel(lum) = sà,r
Rem. — Cette r persiste dans les mots composés : De mal(e) et cor = se marcourô, se miner de tristesse.
2* Mais après A, 0, il arrive souvent que L final se vocalise ei\ U(3):
Sal = sau Mal(um) = mau Caul(em) = chou
Filiol(um) = filhou, filleul Linteol(um) = linçou, drap de lit
(i) Il est probable que, en vieux lyonn. r ne se prononçait déjà plus, du moins après a. On trouve, il est vrai, dans Marguerite amar, chantar, mais on trouve à côté révéla^ desirra^ entra^ regm'da^ ce qui indique que la persistance de r dans les autres mots est purement graphique. Quant à /fa, qu'on trouve dans Marg. p. 47, 1. 12, ce n'est pas le subst. verb. âe flairer^ comme on l'a cru, mais flattis.
(2) Ce phénomène est moderne.
(3) Il n'en est pas de même en vieux lyonnais; souvent l tombe : Quales = qHas{Y, p. 61, I. 3). corporalem z=z corpora^ (Id.,62, 1.4); xWatalem= Xua(X^p. 28, l. 17); et pour la chute de / après e, porcellum z=.porces (V, 47, 1. 11). Dans les autres exemples l persiste ordinairement.
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LXXIV PHONÉTIQUE, CONSONNliS FINALEfS GROUPÉES
3** Après I, L finale tombe (1) :
Fil(um) = fi Mantil(e) = manti, nappe Pil(um) = pey
Lol(iuiïi) s= joi, ivraie Tortil(c) = torli, claie
NASALES
122. N, M, finales ou médiales en latin et finales en patois, précédées d'une voyelle, persistent dans la graphie et tombent dans la pronon- ciation, en affectant d'un son nasal la voyelle qui précède (2) :
Pan(em) = pan Fam(em) = fan In = in
In sim(ul) = insian Un(um) = in Bem = rin
Rem. ~ M finale, par exception, a persiste dans ram(ura} =ram.
CONSONNES FINALES GROUPÉES
La tendance générale est la persistance de la seconde^ et la chute ou la diphtongaison de la première suivant les cas.
EXPLOSIVE AVEC EXPLOSIVE
• 128. CT, GD, médiaux en latin, devenus finals en patois, changent la gutturale (c, g) en yotte qui se diphtongue avec la voyelle ; la dentale tombe dans la prononciation (peu importe que le groupe existe en latin ou seulement en patois) :
Fact(um) = fai(t) Lacl(em) = lai(t) Lect(um) - lie(l)
Drictfum) == di-ai(t) Noct(em) = ney(t) Frig(i)d(um) = frai(d) (3)
Rem. — A R.-de-G. il arrive quelquefois que c ne laisse pas de trace : Noct(em) = no(t), coct(um) = co(t).
ri) De môme en vieux lyonnais, suhUlem=i sustiz (V, p. 45, 1. 6), htimilem = humis (V, 50, 1. 7), mais on a la vocalisation dans filium z= fiuz (V, p. 30, 1. 17).
(2) Dans XXV, et par conséquent au xv« siècle, le suffixe inum = i : Caminum = chami (p. 11, 1. 5, 7, 8), molinum = moli (p. 11, 1. 5), matutinum = ma<i(p. U, 1. 26J. Mais ce document n'étant que semi-lyonnais, ces formes me paraissent méridionales. En effet, dans XVI on trouve caminos = chimins (p. 27, 1. 16).
(3> En vieux lyonn. la résolution n'est pas encore accomplie dans paclum = pag (XV. p. 9, 1. 12).
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PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES GROUPÉES LXXV
EXPLOSIVE AVEC LIQUIDE
124. lo CL final en patois, formé de deux consonnes médiales en latin et groupées en patois par la chute d'une voyelle, change C en yotteaprèsA, E.Cetyotte se diphtongue avec la voyelle précédente, et L tombe ;
Solic(u)l(um) = sola! Serpic(u)l(um) = serpaf Galic(u)l(um) = chouleï, lampe Gane8tic(u)l(um) = canasteï, corbeille
Après U le groupe entier tombe :
Peduc(u)l(um) = pion, piu
2* TL se comporte exactement comme CL, ce qui indique que le second avait remplacé le premier en bas latin :
Sit(u)l(um) = sicl(um) = sat, seau
CONTINUE AVEC EXPLOSIVE 125. ST tombe dans la prononciation (1) :
Fust(em) = fû(t), tonneau Justfum) = ju(l), étroit
Gonist(um) = jagnî, genêt Bene tost(um) = bintou(t;, peut-ôlre
Rem. — S s'est changée en R après la chute de T dans lesl(uin) = ter, teur, tesson.
LIQUIDE AVEC CONSONNE EN GÉNÉRAL
126. RG, RT, RD, RS, RN, conservent R et laissent tomber la seconde consonne, que le souvenir étymologique a fait garder souvent dans Torthographe. RV, RN conservent de môme R, et la seconde con- sonne tombe :
Burg(nm) = bor(g) Gooperl(um) =covar(t), toit Dies Marl(is) = dimôr Tard(um) r= tôr(d) Lard(um) = lôr(d) Vers(us) = vô,r(s)
Nervum = nô.r Infern(um) = infâr Hiber(num) = hivà-r
2^ LT, LS. — T OU S tombe et L se vocalise après 0, U:
Vult = a vou(t) Puis = pou, bouillie Pulsuni = pou(ls)
3' LP tombe tout entier :
Golp(um) = co(p)
(1) S était tombé de bonne heure, ainsi qu'en témoigne Crit (V, 36, 1. 17) à côté de Crisl (V, 38, 1. 21); juslum =jut (X, p. 17. l. 6, 9); Augustum = Ot (V, p. 21, 1. V2),
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LXXVI PHONETIQUE, CONSONNES MODULES ISOLÉES
Rem, — P est tombé avant L» et n*a été rétabli dans récriture que [sous le souvenir du français. On trouve col aux xiii* et xiv* siècles (1).
4« LL. La seconde tombe, la première se vocalise : Agrifol(lium) = agrevou, houx
NASALE AVEC CONSONNE EN GÉNÉRAL
127. NT, ND, MP, ML. La nasale persiste dans la graphie et tombe dans la prononciation en nasalisant la voyelle qui précède; la deuxième consonne tombe :
Amanl(em) = amaii(t) Infaiil(ein) = efan(t) Ind(e) = in, en pron. relaL Temp(u8) = tian In sim(u)l = insian
CONSONNES MÉDIALES ISOLÉES
c'est-a-dire entre deux voyelles qui persistent
Les tendances générales &ont les suivantes :
1* Les gutturales tombent ou se changent en un yotte qui se diphtongue avec la voyelle précédente. Dans quelques cas elles s'adoucissent simplement Explosives \ en passant de la forte à la douce.
2" Les dentales tombent le plus souvent.
3* Les labiales passent ordinairement de la sourde à la sonore. Quelquefois elles tombent.
4' Les spirantes ou continues dentales persistent,
Continues } ^^'^^ ^^^^ ''^^^^ exceptions.
5* Les labiales tombent ou passent de la sourde à la sonore.
6* Les liquides persistent ou s'échangent. ?• Les nasales persistent.
(I) Dans V, p. 37, 1.6; et dans XVI, p. 28, 1.0.
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PHONETIQUE, CONSONNES MÉDIALES ISOLEES LXXVII
EXPLOSIVES
GUTTURALES
128. C vélaire (= k dans ka, ko, ku) .
!• C vélaire, avant la tonique et devant A = Y (yotte), quelle que soit la voyelle qui le précède (1) :
Pacare = pay! Precare = prayî Locare = loyl
Jocare=joyl Focarium = foyl Bucataria == buyandiri, blanchisseuse
Rem. — Les mots ou ^ a persisté sont d*origine provençale : bulicare = bolicô. remuer.
2* Après la tonique, il tombe, puis est remplacé par un yotte pour détruire Thiatus (2) :
Aml(c)a = amia Bu(c)a = buya, lessive Au(c)a = oya, oie
• Rem. — Si, par suite de la juxta-position des deux voyelles, l'accent tonique passe de la 1" à la 2*, la production du yotte patois n*a pas lieu :
Garruca = charua Ruga = rua, rue (3) Verruca = varoa
129. C vélaire, avant ou après la. tonique, et devant 0, U, tombe :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Se(c)uriim = sûr Ne(r)-unum = niun Sau(c)ona = Sôna (4).
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE Jo(c)uni = juè Fo(c)um = fué
(1) Nous disons quelle que soit la voyelle qui précède, parce qu'il n'en est pas de même en français, où c«, précédé de o, u, laisse simplement échapper c(/ofarc = /oer, jocare =: jouer, carruca = charrue)^ sauf lorsque c est suivi du suffixe arium {foca- rium = foyer, nucarium z= 7ioyer),
(2) Il peut paraître puéril de vouloir distinguer entre le cas où c se change eu yotle, et celui où il tombe pour être plus tard remplacé par un yotte de formation romane, carie résultat est le même. Mais nous avons déjà fait remarquer (n» 54, 2', rem. 2; que la persistance de a post-ton. dans le second cas, au lieu de son remplacement par i, parait être un indice de cette formation.
(3) Dans ruga il s'agit de g et non de c, mais ces deux formes de la gutturale se comportent de même, et leur réunion évite des divisions qu'on pousserait à l'infini.
(4) Avant de tomber, c était passé à g. Nec tinum = neguns (V, p. 44. 1. 20); secundum = segont (Id., 69 1. Vh\ Saucona =. Saogona ; mais on trouve à la posi- ton, looum = lues, lua (V, 40, l. 14, 16), focum = fua (Ibid., 51, 1. 25).
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LXXVIII PHONÉTIQUE, CONSONNES MÉDTALES ISOLÉES
130. C palatal (= k dans ke, ki) = S douce (= Z) :
Licere = leizi, loisir Placere = plais! Vicinum = vaizin
Rem, 1. — Cette transformation ne s*est pas accomplie sans affecter parfois les voyelles qui précèdent ou qui suivent (v. 23, etc.).
2. — Lorsque G palatal est suivi de e ou i en hiatus, il se transforme en S dure (=SS):
Ericionem = urisson Glacia = liassi Limacia = lumassi
131. QW (= Qit des classiques). — Q tombe :
Se(q)were = sioure Se(q)wit = a siou(t;
Rem. — Encore bien que cet exemple soit unique, il me parait caractériser la for- mation. iEquare = aigô, ajuster, arranger, est provençal. Aqwa = aigui est d'orig. provenç., si d'ailleurs il ne faut pas lire acqua, forme dont il y a au moins un exemple; disliqware = délingué, décliner, est d'origine méridionale (1).
182. G vélaire (= g dans ga, go, gu), avant ou après la tonique et devant A est tombé, puis un yotte a été inséré (2) :
Ligare = leyî Rigarium = rayî, sillon Plaga = plaie
Rem. 1. — Dans ru(g)a = rua, rue, G vélaire est tombé, non parce qu'il était précédé de u, car buga n'a pas fait bua, mais buya, mais parce que l'accent s'est porté sur la 2* voyelle.
2. — G vélaire persiste dans quelques mots empruntés au provençal, comme biga = biga, mât. Dans paganum = pacan, rustre, g est même remonté à c.
138. G vélaire, avant ou après la tonique et devant 0, U, tombe :
La(g)ona = lôna, lagune Tiigusta = liuta, sauterelle
Sao(g)onna = Sôna, Saône (8; Tri(g)untium = Trion, nom de lieu (4)
Te(g)ula =tioula, tuile
(1) En vieux lyonn. on trouve m seqmentem. t=: ensegont (X, p. 21, 1. 12^; e7i seouant (XVI, p. 23, 1. 18); enseguenl (XIV, p. 398,1. 0), qui est le parlic. de syegre (XX, p. 464, 1. 30), d'orig. prov. et qui existe encore sous la forme sègre
(2) De même* en vieux lyonn. Legalem = leal (XXII, art. i8) à côlé de leial (XXII, art. 85); regalimen = ?'ei/a/mo (XXII, Conte7ition,^x'i, I).
(3) De même en vx lyonn. Saogon^ia ■=. Satifia.
(4) Triguntium,SLpp\\qnè à l'endroit, existe dans un texte de 932 signalé par M. Guigue. L'étymologie a été contestée, mais elle ne fait pas doute, comme en témoigne l'ancienne forme Trions (XIV, p. 101. 1. 38; p. 184. 1. 18: p. 398. 1. 0; p. 899, 1. i), seule usitée). On objecte que Triguntium aurait dû donner Trioncyo, et on cite à l'appui quinque untias = quinconce. Il n'y a pas parité. Dans once^ e est le représentant de a tonique, qui doit persister. Triguntium, au contraire, donne Trions, comme Pentium a donné [SaintyPnns (voy. 56, 2*). On assigne en place à Trion l'étymologie trivium, qui est iainossible, v ne pouvant tomber ici, et trivium ayant d'ailleurs donné treyvo.
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PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLÉES LXXIX
134. G palatal (= gue, gui), avant ou après la tonique tombe :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE Ma(g)istruni = maitro Be(g)ina = reina Tri(g)inti s trinta
EXEMPLES APRES LA TONIQUE Ma(g))idem = maie, table de pressoir Tii(g)arim = Leiii, Loire
Rem, — G devant l'hiatus e, t, plus voyelle = J :
Horologiuni := relojo
135. T tombe soit avant, soit après la tonique :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Cri(t)are = criô Re(t)orta = riôta, branche flexible
Ro(t)undum = ron Po(i)ere = pouére Sa(i)ullum = soû
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE Gornu(t)a = cornua, espèce de benne
Rem, — Entre A et A, E et A, T est remplacé par un yotte pour rompre rhiatus (comp. 54, rem. 1) :
Fa(t)a = fèya, fée Me(l)a = mèya, meule de blé
Fœ(t)a = fèya, brobis Se(t)a = sèya, soie
136. T médial, avant ou après la tonique = D dans un certain nombre de mots, qui ont subi des influeftces particulières :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE Pietatem = pidi (1) Gatella = cadèla, poulie Mat(u)tinum = demadin
De fr. pitance = pidanci, manger beaucoup de pain avec peu de viande.
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Galata = calada, parvis Dies samati = dissandro
Po(t)ete = pouède(s) Sequite = sioude(s)
Rem. — Dans pielalem, l'hiatus ie a pu servir d'entrave; cadèla est d'origine prov.; dans mat(u)tinum, la chute delà protonique a forme entrave; calada est d'orig. pr. ; dans dies samati, sequite, la chute de la l^^ post-ton. a formé entrave. On voit que la chute de t est bien la règle générale.
(1) Vx lyonn. ptcfte (V, p. 58, 1. 17).
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LXXX PHONETIQUE, CONSONNES MÉDIALES ISOLEES
137. T médial a persisté dans quelques mots qui ont aussi subi des influences particulières :
Medietatem = maitia Birota = bariola, brouette
Rem. — Medietatem est dans les conditions de pietatem; bariota a été formé sur un primitif baro(t). On voit que ces exemples n'altèrent pas la règle générale.
138. T médial devant un E ou un I suivi d'une voyelle :
1' Avant la tonique il = Z :
Puteare = poïzt Acutiare = èguizl Pretiare = prizl
Rem. — Menacl a été formé sur minatia.
2" Après la tonique il = S dure :
Gratias = grôce(s) Petia = pici
Minatia = menaci Platea = placi (1)
Exception : Minutia = menuze(8), menues parties du porc.
139. D médial, avant et après la tonique, tombe (2) :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Misfi(d)are = mefi6 No(d)are = nuô Tci(d)entem =trian(t), outil
Obe(d)ire = obayt Die(d)omenica = diumaini (3) Me(d)ulla = mi61a
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Ga(d)ere =s cheire Po(d)ia = poya, montée Cre(d)o =: je crèyo
Rem, — D médial, avant ou après la tonique, a persisté dans un certain nombre de mots, dont la plupart sont importés ou dérivés :
Ad-badare = abad6, ouvrir De ad-satum = s'assad6, se désaltérer
Re-dimare = redimô, diminuer De radere = radouôri, instrument
Claudum = Liaudo Videte = yéde(s)
139 bis. V D avant la tonique et devant E, I, plus voyelle = J : Âssediare = assigt, placer le linge dans le cuvier
(1) Cette loi est aujourd'hui plus que contestée. Cia, ttta seuls deviendraient 5^6 ; tia deviendrait ze, lyonn. si; et minutia = menuise, pretiat = priset donneraient la règle. M. G. Paris explique pièce psiv pecia, masse p^r mattea;}A, Suchier explique place par plattea sous infl. de pîattus ; M. Mussaûa explique menace par minacia^ et considère grâce comme savant.
(2) Au XIII» s. vadit = vait (III, art. 16 et 41).
(3) Vx lyonn. diomeini(\, p. 2i, 1. 1).
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PHONétrQtJÊ, CONJiJblfïNES MÉDIALteS ISOLÉES LXKXI
2* Après la tonique il = Z :
S^dfum s= sèzo, sozo» cu?ier Rem» — Cepîiidant G)chard donne lu forme sujo.
140. P, avanl ou après la tonique, = V ;
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
di'êpâi'e = treià Aplcula = avilhl Nepotein = neroa
' j • . • .
EXEMPLES APRES LA TONIQUE
Sapa = sa va Propago = prova, provin Gupa = cuva
Rem, 1. — P médial a persisté dans quelques mots le plus souvent importés:
De caput = capitô, rencontrer De caput = capochi, gros clou
De caponem = capon, poltron Sinapia ^ sen^pi, grain de moutarde
3. — Il est devenu B dans un petit nombre de mots aussi importés ;
De caput = cabuché, plonger De caput = caboclii, gros clou
3. — Il est tombé dc^ns un certain nombrç de mots, apiès 0» U priiicipalemeq) et non sans avoir exercé une influence sur la voyelle 0 qu'il fait passer à U H):
Coo(p)0rta = cuerla, couverture ' Goo(p)erculam ^ cu^clio, touvôf'cle
0(p)erire «B uri 0(p)ertum = uer(t) De stu(p)aaaB etuô, faire sécher
Lu(p)a = loua Sa<'p)iebaiTius r= sayan(8) Sa(p)iunt = san(l)
B
141. B médial, avant ou après la tonique = V :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE Trepalium = travàr Gaballum = chiviaa IIabere= aval
EXEMPLES APeès LA TONIQUE '
Faba = Côva Proba= prova Cantabam = chanlÔK^
142. Mais dans le voisinage d'un Ù, B médial tombe, soil avant, ôoll après la tonique : *
Sa(b)ucarium = sayî, sureau Se(b)um = siou
Cu(b)at =z eue Ne(b)ula = niôla
(1) ËQ réalité, il s'agit d'un phénomène de vocalisation, et ayant de se vocaliser, P a passé à V. D'où OP = OV --: OU = U. ' . • . .
11
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LXXXH PHONÉTIQUE, CONSONNES MEDTALES ISOLEES
Rem. — B médial a persiste dans habere r= avar; patrimoine; faba = ftiba (à côté de fava); tubare = tubô, gonfler. Il est tombé dans tabana = tauna, non sans avoir peut*étre exercé une influence sur le passage de aa à au. Il a régulièrement passé à r, dans tabanum = tavan.
CONSONNES CONTINUES DENTALES
S douce (=Z). Pas d'exemple;(l). Je ne connais pas de mot latin, avec 2 médial, qui ait donné quelque chose en patois.
143. S dure raédialej avant ou après la tonique =: Z (= S fr-ançaîse entre deux voyelles) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS Pausare = posô Rasare = rasô Gasetum =: Gba/.ay, nom de lieu
EXEMPLES DU SECOND CAS Rosa =p ransa Causa = chou8a Curiosa ~ quiriousa
" Rem.i, — Z allemand. (qui répond à une articulation (s que nous ne possédons pas) = Z français dans éliza = alisa, alise, tairdis qu*il est tombé dtins le dérivé alal, alisier.
2. — s médiale devient J devant e, i en hiatus :
Faseola = fiajôla
3. — S médiale avant la tonique est tombée dans bi(s)accia = biassi, bosace ; fa(s)eola = fa[v]iola.
C0NS0NNP:S CONTINUES LABIALES
144. !• F, devenue: médiale par préposition d'Un préfixe, persiste : De foris = defor Traforai-e = trafor6 Hefutare =? r^fubô
2* Dans les autres cas, elle tombe avant la tonique :
Bi(Oaceni = biai(s), intelligence Agri(Oollium =^agrioulo< houx .
Profuudum = prail(d) (2) TrifpUium = trioulo^ trèfle
(1) S médiale en latin était dure, et rosa se prononçait rossa.
(2) Avant de tomber f avait passé à d : prôfunda, profundia =. prevonda, pre- vundia (V, p. 56, 1. i5, et 69, 1. 24).
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PHONBTIQUB, CONSONNES MEDIALBS ISOLÉES LJlJCXm
3" F médiale, avant et après la tonique, == quelquefois V : : : *
Refundere rs rerondre (1), enfonir ■ AgrifoUium &$ agrevoti
Sanctum SteDhanum = SanteliéTO
145. !• V médial persiste le plus souvent avant et après la tonique :
Leyare = lev6 Avena = aTëna Pavonem = pavon
2* Dans le voisinage de 0, U, il tombe :
Pa(v)orem = pou Cla(v)um = cliou Ju(v)eDem = juéno
3' Il peut même arriver qu'il tombe entre d'autres voyelles : Ri(v)ale = rian, ruisseau
UQUIDES
146. 1* R persiste généralenient avant et après la tonique ;
EXEMPLES AVANT. LA. TONIQUE Kricionem = urisson Scunolum = acuéroa Opeiire = uri
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE Aura =s ora Avarum = avaro Materia = mayiri, chêne étronclié
2* R médiale, avant ou après la tonique, devient quelquefois L : De gyrare = gilèta, giroueUe Cara = cala, mine
3*» Il arrive même que R médiale devient Z : Pr. cirampa = cezampa, bise violente
147. 1" L médiale persiste le plus souvent avant et après la tonique :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE Galare s calô, glisser Admolare = amolô, aiguiser Golacula = coldgni
EXEMPLES APRES LA TONIQUE Bila = bila Pila = pila, colonne Folia = folia
2* L médiale se change quelquefois en R :
Ad-bajulare = abari, élever des petits oiseaux
De solem = se sorèlhl, se chauffer au soleil De curlile = courterola, courtillière
(1) Nous avons dit à 144 que, dans les composés par voie de préfixe, Vf initiale du simple persiste; pourtant elle est quelquefois traitée comme médiale. Gela se rencontre aussi dans le français.
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LXKXIV PHQNBTIQUB^ CONSON'NES MRDIALBS 1S0LBB8
3" L médi^le se change quelquefois en N :
Oalare = canô, glisser (sens actif) Melancholia = malincognie, état maladif
Umbuliculum = amboun!, nombril
4® L médiale post-tonique tombe quelquefois (1) :
Mespilum = népio Mola = moya, tourbillon d'eau .
Rem, — L médiale insère parfois une R ehtre elle et la voyelle qui la précède : Buccalem = boucharla, barbuquet Boscalem := pocherlai fauvette
NASALES 148. N, avant et après la tonique persiste :
EXEMPLES AVAKT LA TONIQUE
Anilia = anilhi, béquiUe Sonare = sonô, appeler Ganioum = chanla,
[désagt-éâble
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE Tina &= tlna Avena = avena Rana s rana, salamandre
Rem, 1. — N = R dans venenum =i vérin, maladie contagieuse.
2. — N s'est mouillée dans tous les dérives de canem (probablem par Tit. cagna, cbienne) : cagni, paresse; cagui, rabrouer; cagnar(d), coin au soleil.
3. — N se mouille toujours quand elle est suivie de ea, ta :
Campaneas = champagne(s)j pâturages Castanea = chotagni Iranea = iragne
4. — Nous avons déjà expliqué, page Lxir, que dans toute la région de Morn., River., R.-de-G., Yzer., N se mouille devant I. Ainsi tarminô, terminer, à côté de tarmigni ; degrenô, dëgrainer, à côté de gragnt, grenier, etc.
149. M, avant et après la tonique, persiste :
EXEMPLES DU PREMIER CAS Amicum = ami Cremare = crimô Ramaticare = ramagf , faire du boucan
EXEMPLES DU SECOND CAS Poma = ponma, pomme Rama s rama, branchage pour les pois
(1) Je suis obligé de laisser subsister ce paragraphe, parce que le Dictionnaire y renvoie, mais depuis qu'il a èié écrit, j*en ai reconnu Tinexactitude. Népio n'est pas mespilum, mais mespum ; et moya n'est pas mola, mais mo(t)a, substant. verb de motare. De même en vieux lyonn. / médiale ne tombe jamais.
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PHONBTIQUB, CONSONNES MEDIALRS DOUBLES LXXXV
CONSONNES DOUBLES
En latin elles sont médiales.
Ces médiales en latin restent médiales en patois ou deviennent finales. Nous allons examiner les deux cas.
CONSONNES DOUBLES, MÉDIALES EN LATIN, FINALES
EN PATOIS
Je ne connais d'exemple que pour CC, SS, RR, LL.
150. CC tombe :
Be(cc(um) = bè Sa(cc(um) = sa
151. SS se réduit à S dans Torthographe des patoisants et tombe dans la prononciation :
Pas(8um) = pô(s) Bas(sum) = bô(s) Clas(8icuin) = clia(8), glas
Rem, — Celle S = R dans clas(sicum) = cliôr; et 'à Villefr. dans os(sum) = our.
152. RR se réduit à R et se prononce :
Fer(rum) = fàr Car(rus) = chôr
153. LL se réduit à L, et se vocalise après A, 0, U ; Gabal(lum) =: chiviau Fol(lum) s= fou Salul(lum) = soû
Rem, — LL réduit à L, au lieu de se vocaliser, est devenue R dans col(lani) = cor.
CONSONNES DOUBLES, MÉDIALES EN LATIN, MÉDIALES
EN PATOIS
EXPLOSIVE^ J64. CC =^ CH devant A :
Vacca = vachi Bocca = bochi Sacca = sachi, grand sac
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LXXXVI PHONETIQUE, CONSONNES MBDULES POUBLBS
J55. TT se réduisent à T dans la prononciation, mais elles ont pour caractère de marquer d'un son bref la voyelle qui précède :
Gatta = chàta Clavitta = cliavéla-, vrille Plalta = plàta, bateau à laver
Rem, — TT = quelquefois SS par quelque fait obscur de morphologie :
De battre = battacula et bassacula, culbute Butta = botta et bossi, sorte
[de tonneau De gamba = chambolta (1) et chambossi, limon de charrue
Dans ces ex. bassacula pourrait être influence par bas et bossi pourrait venir de ail. busse. Mais je ne vois pas d'explication pour chambossi. En tous cas, l'origine première est évidemment commune (2).
156. PP persiste :
Vha. krippea = crépi, crpclie
CONTINUES -
157. SS persistent, en allongeant la voyelle qui précède, lorsqu'elle est tonique :
De passum = je pôsso Bassa s bôssi Tassa = tôssi
Bessenacum =:Bessenay
Rem. 1. — De môme que CH est devenu quelquefois SS, de môme SS est devenu GH dans vpr. cabussar = cabuché, plonger.
2, — SS a pass^ à la douce dans de paresse s: s'apralsi, faire le paresseux.
LIQUIDES
168. RR se réduisent à R dans la prononciation ;
f ■ t ' .....
Marra = mara, pioche Serra = sera, scie Ferratarius =: fèratî, quincailler Rem. — RR post-ton. intercale parfois un D :
Currere = codre Fer(e)re = tierdre, frapper
159. LL se réduisent à L dans la prononciation :
Folla s= fôla Caballa = cavala Gallina == jalèna
Rem. — LL persistent en se prononçant mouillées devant yotte : MoUiare = molhî, pleuvoir
(1) Chamhotta répond au français jamhetle.
(2) Comparez nlddam = Tattique TrÀarrw; tocto-w = Tattique Tarrw,
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PHONÉTIQUR, CONSONNES MKDIALES GROUPÉES PAR DEUX LXXXVII
NASALES
160. NN se réduisent à N dans la prononciation, mais elles ont pour caractère de marquer d'un son bref la voyelle qui précède :
Canna = càna, roseau Personna=3 parsôna ,
Rem. — NN n*a pas rendu bref (au conlraire) A dans Johann a = Jôna, mais cela tient au contact de O initial : Jo(h)anna.
CONSONNES MÉDIALÈS GROUPÉES PAR DEUX
161. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE.
La loi générale, soit avant, soit après la tonique, est que la première tombe dans la prononciation et que la seconde persiste, intacte ou modifiée. Mais lorsque la première est une gutturale, elle se diphtongue le plus souvent avec la voyelle qui la précède.
Il ne paraît pas, dans la majorité des cas, y avoir de différence dans le traitement lorsque le groupe est latin ou lorsqu'il est seulement formé en patois par la chute d*une cofisonne intermédiaire. Mais cette loi souffre des exceptions.
CT, CD, avant ou après la tonique, changent le plus souvent Ç en yotte, qui se diphtongue avec la voyelle précédente, et conservent la dentale (1) :
EXEMPLES AVEC LE GROUPE EN LATIN Âfiectare sr afeiti, cribler Facla = faita De coctare = à la.ooili, à la hâte
EXEMPLES AVEC LE GROUPE EN PATOIS
Explic(i)tare = apleitô, atteler Luc(i)dare = aluidi, faire des éclairs
Rem. — Si le groupe CT est de formation romane, il arrive quelquefois que T 8*adoucit en D :
Plac(i)tare = plaldi De voc(i)tum = vonôdi, vider (*2).
(1) De même en vin. Fadas = faytes (V, p. 40, 1. 21); deleciare = deleitier (Id., 39, 1. 5); frticta = fruyti (VIII, art. 8); coda î= coiti (XXI f, art. 76).
(2) De même en vin. Cogitavit = cuydiet (V, p. 54, 1. 13); ad-placUare = apleydeer (XX, 463.1.40).
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LX XX VIII PHONliTIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAU DEUX
2' CT, avant ou après la tonique = quelquefois CH (sans doute par métathèse en TCj ; CD devient J :
Pacta = paclii (1,\ marché Ad-spectare = apincbt (2), guetter
Impactare = impacht Coactare = cachl . FI4(i)ca = feigi, foie
3* CT devant E ou I suivi d'une voyelle = SS :
Lectionem = lission Goctionem =: cosson, brûlure par gelée
4" GD avant la tonique. — G devient yotte et se diphtongue; D persiste. — Après la tonique, D toiribe :
EXEMPLE DU PREMIER CAS
Mag(i)darium =: maidl (3), table de pressoir
EXEMPLE DU SECOND CAS Mag(i)dem = maye, table de pressoir
5* TC, TG, DC avant ou après la tonique et devant A : la dentale tombe et la gutturale se change en J ou CH :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Ablat(i)gare = ablagt, ravager Fod(i)care = fougl. labourer
Jud(i]care » jugi Rad(i)ca «= ragi
EXEMPLES DU SECOND CAS Pred(i)care = pralchl Perl(i)ca = parchi
Rem, — Certain villages de la montagne disent partchi, mais ici i ne représente pas le T de pertica. Il est simplement le fait d'une prononciation particulière de il devant I (v. p. lxii).
2. -» Le suffixe aticum a donné ajo, sans qu*on puisse l'expliquer par at(i)cum, car c devant u = À ou ^. Il faut donc admettre ati(c)um, où tium ne s^est pas com- porté comme la finale latine tium^ laquelle a donné s dans solatium = sola(s) (voy. 58, 2«) (5). Dans ati(c)um il y a eu consonniflcalion de l't, d'où atjo, ajo. On comprend d*ailleurs facilement que tium, de formation romane, ne se soit pas comporté comme le tium originaire du latin. Quoi qu'il en soit,
Villati(c)um = vilajo Missati(c)um =s messajo, domestique
Hibernuli(c)um = vernoge, frais, humide
(1) Au XIV s. pag (XV, p. 9, 1. 12).
(2) Gomp. vpr. expinctar, pr. espinga, môme sens.
(3) Voir le Dictionnaire au mot ramadi.
(4) Voir le Dictionnaire au mot ramadi.
(5) De même le suffixe arius ne s'est pas comporté comme aritis de varias.
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PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAR DEUX LXXXIX
6* PT, BT, DT. Il faut distinguer :
a) Si le groupe est latin, P ou B ou D tombe et T persiste :
Gaptivum = chett, chétif Rupta:= rota Sabta= sota, fossé
De crnpta = crùtn, grêlé De redd(i)tum =5 arrentô, louer à bail (1)
b) Le groupe est-il patois? — Alors avant la tonique, P tombe et T persiste :
Cap(i)tale = chatôr, cheptel Dub(i)tare = dotô Accub(i)tare = côtô, mettre une cale
c) Et après la tonique (toujours dans le groupe patois) P ou B tombe et T devient D :
Cab(i)tum = côdo Maie bab(i)tum r=rmalado Sap(i)ti8 = 8aide(8)
Rem, 1 . — De même, dans le groupe PD, P tombe et D persiste :
Sap(i)dum sr sado Vap(i)dosum = vadoa, fade
2. — PT = FT dans
Cap(i)tana = cheftaine, sœur directrice aux hospices
De captare = inchaftô, inchafetô, donner un croc en jambe
T BH se comporte comme B médial et comme lui se change en V (2) : Âbhorrere as aveurl, prendre à répugnance
162. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC CONTINUE.
!• es (= X des classiques) = ISS, ou devient CH par métatlièse, devant A (3) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Fraxinum = fraissi Coxa = couéssi Texare = tissl
Lixivum = lissiô Vaxellum = vaissian Maxilla = maissèla, dent màchelière
EXEMPLES DU SECOND CAS Laxare (lascare) = lôchl Taxare (tascare) = tôchî
2^ TZ, PS. — L'explosive tombe, la continue persiste :
De ail. butze = abosô, s'écrouler Capsiculum = chanseï, cercueil
(i) De même en vin. CapUvus sschaitis (V, p. 79, 1. 16); ruptas = rotes (XV, p. 10. 1. 25).
(2) On sait d'ailleurs que H, primitivement gutturale, avait cessé d^exister dans le bas latin.
(3) Celle métathèse est aujourd'hui discutée. Elle n'est pas admise par M Grœber et M. Bœhmer. On explique lâcher par laxicare\ tâcher par taxicare. J'ai conservé le paragraphe primitif parce que le Dictionnaire y renvoie à plusieurs reprises, mais l'opinion de M. Bœhmer et de M. Grœber me parait très fondée.
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XC PHONÉTIQUE, CONSONNES MÉDIAXES GROUPÉES PAR DEUX
EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC FRICATIVE
163. P, plus yotte en hiatus, avant ou après la tonique, tombe, et Tyotle devient CH ou J :
Propium = prochi De sapiam = sachl Pipionem =: pinjon
164. EXPLOSIVE GROUPEE AVEC LIQUIDE.
!• CR. — Deux traitements :
a) Si le groupe est latin, il = IGR (I se diphtongue avec la voyelle) :
Acrem = algro Macrum = maigro
b) Si le groupe est roman, C devient I et R persiste :
Trac(e)re = traire Fac(e)re = faire
Duc(e)re = luire Adduc(e)re = aduire (1)
2* CL, GL. — Divers traitements. a) Avant la tonique :
Si le groupe est latin, il se comporte comme à Tinitiale (v. 107 et 109) et persiste en insérant un yotte après L :
D*ex-clarare = écliôr In clausum = incliou
Re-glenare = reglianô Reclusum = Recliou, nom de lieu (2)
Si le groupe est roman et précédé de A ou U, il = CL et insère un yotte :
In-lrag(u)lare = intracliô, enchevêtrer Jug(u)lare = joucli6 Bi8-oc{u)lare = bicliô, loueher
Rem, — Cependant on a ci'amac(u)lare = cramalht, écraser; carbuc(u)lare = car- bolhl, écraser, où CL s'est comporté comme lorsqu'il est précédé de I.
Si le groupe est précédé de I, il = LH (3) :
Fod:c(u)lare = folhl, fouiller Fraudic(u)lare = froulhl, tricher
(1) C'est par erreur qu'au mot ancrt^ le Dictionnaire renvoie à 164, !•, rem. Voyez 181 2-.
(2) On remarquera que dans tous ces mots CL est simplement précédé d'un préfixe.
(3) Dans la graphie des pièces paloises, cette La été doublée pour indiquer, quoique imparfaitement, le mouillement.
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PHONBTIQUB, CONSONNES MÉDIALBS GROUPEES PAR DEUX XCI
b) Après la tonique :
Devant A, le groupe CL laisse tomber C et conserve L en la mouil- lant (2} :
Mac(u)]a =r môlhi, câble Apic(u)la = avilhi Auric(u)la = oiilhl
Vitic(u)la = vilhi, vrille de vigne Peduc(u)la = pedolhi, poux
Rem, ~ On a joaclia, corde du joug, mais on peut Texpliquer, de préférence à jag(u)la, par un substant. verbal de joucliô.
Devant U, le groupe CL persiste en insérant un yotte : Demonac(u)lum = demoniôclo Gramac(u)lum = cumaclio, crémaillère (1)
c) La finale tonique LHI s'altère en YL Cette transformation est récente.
Cramaculare = cramalhi, puis cramayl Bis-fodiculare = barfolht, puis barfoyi
3* TR, avant et après la tonique, conserve R et laisse tomber T , peu importe que le groupe soit latin ou patois :
Aratrum = arôro, charrue Ad-retrarium = arl Nutrire = norî
Patrem = pore Vitrum = vèro Excut(e)re = écoure, battre le blé
Rem, — TR= DR dans cinct(tt)ra = vin. cendre, cintre. 4* TL se change en CL et se comporte comme lui ;
Busl(u)lare = bucliô, griller le poil d'un porc Sit(u)la = silhi
Bot(u)lae = bôlhe(s), puis bôye(s)
5* DR, DL. — DR, après la tonique, laisse tomber la dentale et con- serve la liquide; DL devient DR :
Gred(e)ro = crére Quadrum = quôro, angle Amygd(a)]a =• amandra
Rem, — DR = TR dans chatrilhon = chadrilhon, chardonneret, de carduum.
6* PR, avant et après la tonique. P se vocalise (après avoir passé par V) (2) ; R persiste :
Apricum = ouri, abri Goop(e)rire = curî Junep(e)rarium = janurl
Lep(o)ra = liura Op(e)ra = oura Wip(e)ra = jurio, givre
T PL, avant et après la tonique = BL :
în-cop(u)lare = incoblô, entraver Duplum = droblo Stup(u)la = étroblo
(1) De môme en vieux lyonn. saeculum = seglo (V, p. 39, 1. 10, et VI, p. 419. 1. 7).
(2) La vocalisation de lu labiale est moderne. Ainsi, en vieux lyonn. cuprum = covro (II, p. 6, 1. 40), cotivro, cuvro (XXII, art. 28), et au xv« s. coyvre (1458-1466, Inv. de la C); opéra = ovra (XV, p. 1.3, 1. 1)'. Pourtant M. Vachez donne la forme oura (XVI, p. 23, 1. 15, et p. 31, 1. 11 et 15^, mais ce n'est peut-être qu'une lecture dif- férente lie ovra.
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XCn PHONÉTIQUE, CONSONNES MliDlÂLBS GROUPEES PAR DEUX
8* BR. — B se vocalise, R persiste (1) :
Labra = loura Ad-bib(e)rare = abeurô Februarium = furl
Rem, 1. — Abeurô s'est réduit à aberô.
2. — BR = quelquefois BL :
Gribrum = cœuble, crible
3. — PR, BR après 1 se changent souvent en VR :
Ebriaca = ivraya, ivresse Librum =s livro
9* BL. — Deux traitements :
a) Il persiste avant et après la tonique :
Sib{i)lare = sublô Neb(u)la = gnibla Tab(u)la = Irôbla
b) Quelquefois BL vocalise B, et L persiste :
Neb(u)la = niôla Gatab(u)]um s cadaala, cabane
Tab(u)lata = taulô, réunion de personnes
Rem., — BL = PR dans aU. sab(e)l = sôpro, sabre.
165. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC NASALE. !• CN, GN. — Deux traitements.
a) Si le groupe est latin, il persiste :
Agnella = gnèla, jeune brebis
b) Si lé groupe est patois, la gutturale se transforme en yotte et se diphtongue avec la voyelle précédente, N persiste :
Fag(i)na = faina, fouine 2° DN, BN laissent tomber Texplosive, la nasale persiste :
Rbod(a)nun[i = Rôno Incud(i)nem = incliôuo
166. CONTINUE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE.
1* se. — Deux trailenienls.
a) S'il n*y a pas métathèse, S tombe, C se comporte comme initiale fvoy. 84, 87, 88) :
Mu(s)ca = mocbi Au(s)cultare = acolô Ne(s)cia = niéci, soUe
(1) En vxlyonn. Fabrem =• Fauvro (III, art. 1 et U).
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PHONETIQUE, CONSONNKS MEDIALES GROUPÉES PAR DEUX XCUI
h) SHl y a raétathèse, il = ISS:
Rusca = (rucsa) = brissa, ruche Besca (becsa). = bèssa, bèchc
Ascitta (acsilta) = aisséla, herminette
2* ST, SP, avant ou après la tonique, laissent tomber S. La seconde consonne se comporte comme initiale (voy. 93 et 95) :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Gaslanea = chôtagne Haustare = outô
Hastellarium = ôtelî Raspare = rôpô
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Ligusta = liuta, sauterelle Tesia = téta
Grista = créta, crête Mespum = nêpio, nèûe
Rem. 1. — ST suivi de l'hiatus ea, ia = SS :
Brustia = Les Brosses, nom de lieu
2. — ST a persisté dans les mots suivants :